I.a Bil)Ie de Sncy condamnée par Rome
Sa valeur au point de vue lill(^raire.
A Rome, les papes Clément IX en 16G8, et Innocent XI en 1679, condamnèrent le Nouveau Testament de Mons. Plus tard, Clément XI mit l'Ancien Testament de Sacy à \ Index. De fait, la Bible de Port-Royal reflétait les erreurs jansénistes.
Au point de vue littéraire, on ne peut nier que cette version française n'ait une réelle valeur. .Quelquefois pourtant elle tourne trop à la paraphrase (i). De nos jours, M. Fillion dans sa Bible (en cours de publication) Ta employée après l'avoir ici et là revisée.
3) La Bible du P. (Juesnel.
13. — Nous ne devons point passer sous silence la Bible du P. Ouesncl de l'Oratoire. Cette Bible n'était au fond que le Nouveau Testament de Mons, maïs âccompsigné de l(é/Ieœions ;?zora/^5, qui parurent pour la première ïoïs, complètes en 1687. Le tout fut condamné par Clément XI, le 1 3 j uillet 1 708 d'abord, et ensuite le 8 septembre 1713, dans la bulle a Unig-enitus ».
Bibles françaises du xviii* s.
n La Bible de Cal met.
2) La Bible de Carrières.
14. — Au xvnie siècle, la version de Sacy fut reprise et retouchée par plusieurs exég-ètes catholiques, notamment par Calmet, par l'oratorien Louis de Carrières, et par Etienne Rondet, abbé de Vence.
Calmet corrigea la traduction de Port-Royal, et l'édita (2) avec le texte latin de la Vulgate en reg-ard. Mais il ajouta i) des introductions particulières à chacun des livres; — 2) un commentaire sur les versets au bas des pages; — 3) des dissertations sur les passages les plus intéressants ou les plus difficiles. La Bible de Calmet est intitulée : Commentaire littéral sur tous les livres de V Ancien et du Nouveau Testament .
Le P. de Carrières utilisa à son tour la version de Sacy. Pour la rendre plus claire et plus intelligible, il y inséra, — à l'intérieur môme du texte, — une paraphrase imprimée en caractères italiques. La Vuljgate est disposée à la marge, et de courts avertissements placés en tête de chaque livre servent d'introduction. Cette paraphrase est généralement excellente (3); aussi a-t-elle été réimprimée fort souvent (4). Etienne Rondet l'a reproduite dans sa Bible dite f/e Vence.Ow la retrouve, jointe aux commentaires latins de Ménochius, dans les éditions de la Bible qu'ont publiées en notre siècle Sionnet et Drioux.
(i) Sur la Bible de Sacy, voir Richard Simon, op cit., pp. SqG-^SS.
(2) La première édition parut en 1707-1716, r>3 voLin-Zi"; la seconde en 171/4-1730, en 25 vol. in-A*; la troisième en i724-i7r>6 en 9 vol. in-fol. La Bible de Calmet a été traduite et souvent réimprimée.
(3) Voir Glaire, Introduction, t. I, pp. 207-208, éd. 3*.
(4) La première édition parut chez ditlerents libraires de Paris et de Reims, de 1701 à 17 iG; il en parut quatre autres encore de 1738 à 1750.
VERSIONS FRANÇAISES DU XVIIIe ET DU XIX« SIÈCLES 4^3
:<)UBii.kMieVence. Enfin l'abbé de Vence, Etienne Rondet, employa également la traduction de Sacy, qu'il réédita avec la paraphrase du P. de Carrières, et les notes, préfaces et dissertations de Calmet, sous le titre : Sainte Bible en latin et en français avec des notes, des préfaces et des dissertations (t ).
4) La Bible de Nico- ^r^ t o'ii/ i»i\iA,T' t -r
las Legros. lo. — La liiblc (completcjde jNicolas Leg-ros, qu'on donne
souvent comme une version française nouvelle des saintes Ecritures, n'est qu'une reproduction de celle de Sacy. L'auteur s'est contenté d'introduire quelques lég^ères modifications et de courtes notes. Elle parut pour la première fois à Golog-ne, en i73(); d'où son nom de Bible de Cologrie {-i).
5) Autres Bibles françaises partielles.
16. — Après ces traductions que nous venons de signaler, nous ne trouvons plus, au xvm« siècle, que des Bibles françaises partielles, — partie du Nouveau Testament.
Les principales sont celles de Richard Simon (3), de Martianay (4), de l'abbé de Barneville (5), de Mézenguj (6). Cette dernière est g-énéralement estimée.
Versions françaises du xix= s.
17. — Notre xix^ siècle a produit d'assez nombreuses versions françaises des saints livres.
\) Versions corn- Parmi Ics Biblcs complètes, mentionnons i) la Biblp
plètes. -' / i^io
de Genoude (Paris, 1820-1824,23 vol. in-8°); « elle fourmille d'inexactitudes» (7); — 2) la Bible de Bourassé et Janvier (Tours, 1866, 2 vol. in-fol.); elle est meilleure que la précédente; — 3) la Bible de Glaire (Paris, 1 871-1873, 4 vol. in- 18); « elle est d'une parfaite exactitude », dit Vig-ouroux (8) * le Nouveau Testament a été approuvé par Rome ; — 4) la traduction (inachevée) de Bajle, que l'on trouve dans la Bible dite de Lethielleux ; — 5) la Bible d'Arnaud (Paris, 1881 4 vol. in-80); elle est simple et élégante; etc. Toutes ces traductions suivent la Vulgate .
2) Versions françaises du Nouv. Test.