‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 193 sur 251 · RÈGLES POUR INTERPRÉTER LES MÉTAPHORES RIBLIQUES · texte numérisé non relu

RÈGLES POUR INTERPRÉTER LES MÉTAPHORES RIBLIQUES

Sa raison dètre. ^^^ "^^^s, qui soiciit Cil rapport immédiat avec l'objet de sa pensée (i). Telle est la loi fondamentale de la psychologie

du langage.

Exemples

Exemple. Jésus-Christ instituant l'Eucharistie dit à ses apôtres : Accipite et comedite; hoc est corpus meum {Mtt., xxvi 26). Rien ne nous autorise à prendre ces paroles autrement que dans leur acception propice, et ordinaire ; aussi est-il élrang-eque les Calvinistes les aient entendues au figuré (2).

Par contre, si pour une raison évidente le sens figuré s'impose, on interprétera le mot 011 la phrase dans le sens métaphorique. Exemple. Si oculus tuus dexter scandalizàt te, crue eum, et projice abs te... Et si dextra manus tua scandalizàt te, abscide eam; etc. (cf. Matt., v, 29, 3o) (3). Nul doute que le Sauveur n'ait voulu parler ici en figure (4). Origène eut tort de ne pas le comprendre en pratique.

SMègie. 11. — 2® REGLE. — Il faut prendre au sens littéral

PROPRE LES passages DE l'EcRITURE DANS LESQUELS l'aUTEUR INSPIRÉ SE PROPOSE UNIQUEMENT DE FORMULER UN ENSEIGNEMENT, OU DE RELATER UN FAIT.

Sa raison d'être. Nous uc prétcudous poiut quc Ic stjlc historiquc soit réfractaire à la métaphore, mais ordinairement l'écrivain qui raconte, use de locutions simples; à plus forte raison, celui qui expose une doctrine, s'appliquera-t-il à rendre sa pensée sans détour.

Exemples. Voilà pourquoi, par exemple, les récits de Tenfance de

Jésus, d'après saint Luc (i, 11), ne sont point susceptibles dans leur ensemble d'une interprétation métaphorique. De même, on n'entendra pas au figuré les paroles dont Notre Seigneur se servit pour instituer le Testament de la nouvelle alliance.

3» règle. ■j^2. — 3*^ REGLE. — Il faut prendre les mots et les phra-

ses de l'Égriture au sens figuré chaque fois que l'auteur sacré l'insinue, ou que la nature du sujet le demande.

Exemples: Ouclqucs cxcmplcs mettront cette règle en lumière.

Telles paroles de Notre-Seigneur dans le quatrième Évan-

(r) Voir plus haut pp. 447-448.

(2) Rien n'autorise non plus les protestants à prendre au sens mélaphoriqiie le discours de Notre- Seiiçneur sur l'Eucharistie. Cf. Joan., vi, 82-72.

(3) Voir encore Matt., xix, 12.

(4; Cf. Knabenbauer, Comm. in Mtt., t.l, pp. 224-225.

gile ne se comprennent bien qu'autant qu'on les rapproche de certaines remarques intentionnelles, faites par saint Jean luimôme. Ainsi, le dernier jour de la Scénopé^ie, à Jérusalem, Jésus disait à la foule : Si quis sitit^ veniat ad me et ùibat. Qui crédit in me... flumina de ventre ejus fluent aquœ vivœ (Joan., vu, 37-88). On ne peut douter que ce lang-açe ne soit métaphorique, car l'évang-éliste ajoute immédiatement : Hoc autem dixit de Spiritu^ quem accepturi erant credentes in eum (i). — Pareillement, quand l'Ecriture prête à Jéhovah les passions de l'homme, ou qu'elle lui donne des membres, des yeux, une voix (2), etc., il est clair qu'elle 'parle en images, puisque Dieu, essentiellement spirituel de sa nature, n'a point de corps. Dans ces cas le sens figuré s'impose.

4« règle. 13. — 4® RÈGLE. — Pour bien saisir le sens des méta-

phores BIBLIQUES-, IL EST UTILE d'ÉTUDIER LES RAPPORTS d'aNA- LOGIE QUI EXISTENT ENTRE LES DEUX OBJETS COMPARES.

Sa raison d être. Eu cffct, toute mctaphore renferme une comparaison implicite. Or, la comparaison suppose trois termes : un terme qui est comparé, un terme avec lequel on compare, et un terme commun qui sert de trait d'union entre les deux autres. Exemple. Excmplc. Jésus-Ghrist promit à saint Pierre la primauté

d'honneur et de juridiction en ces termes : Tu es Petrus, et super hanc petram œdificaùo ecclesiàm 7neam (Mtt., xvi, 18). Il est manifeste que le Sauveur entendait étabhr une comparaison entre Simon Pierre (i^^ terme), et le roc (i».® terme) auquel il le compare. Or, l'idée (3* terme), qui sert ici de trait d'union, n'est autre que l'analogie que Jésus découvrait entre le roc immuable et le chef des apôtres. Par conséquent l'interprète, s'il veut pénétrer toute la pensée du Christ, et connaître la place, le rôle de Céphas dans l'Eglise, doit chercher quel est le rôle de la pierre angulaire dans les substructions de tout édifice. La pierre, c'est i) le fondement de la maison entière; 2) de plus, elle donne la solidité, la cohésion aux différentes parties ; 3) enfin, elle est solide, résistante, inébranlable , dès là que l'architecte l'a scellée. Tel sera Simon Pierre dans TÉglise; celle-ci repose sur lui. Immuable lui-même dans son enseignement et sa foi, il la soutient dans

(i) Cf. Slapfer, La Palestine au temps de J.-C.,\*. 429, t'd. 3"; Godet, Comm. sur VÈranç]. des. Jean, t. m, pp. ()G-()8. — Comp. Joan.,\\, 19-21 ;xxi, 18-10.22-33.

(•}.)VJ. Ps., xvu, 'M'y; Lxii,9; lxxviii; cix, i; ix, 9; xxxii, 18; xxxiii, itl; Exod., vin, 19; Dent., IX, 10; Luc, XI, 20; fs., xxvii, i/j;xxviii, 3, 4» ^> 7. ^1 9! *'•*'•

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