RÈGLES POUR L'INTERPRETATION DES MÉTAPHORES BIBLIQUES
Tunitx^, et les portes de l'enfer, la contradiction, Thérésie, le schisme, les révolutions, ne l'ébranleront jamais.
Cette quatrième règ-le est applicable à tous les g-enres du style métaphorique qu'on rencontre dans la Bible : allégories, paraboles, visions allégoriques (i), fables, etc.
(i) Cf. Act., X, 10, seq. coll. x 1, 5, seq.; Job, I, 6. seq.
LEÇON DEUXIÈME
L'(( Usus loquendi », ou les hébraïsmes de la Vulgate latine.
Particularités de 1' « Usus loquendi » de la Vulgate latine. — Quatre sortes d'hébraïsme? dans la Vulgate. — Hébraïsmes des noms . — Hébraïsmes des verbes. — Hébraïsmes des phrases. — Hébraïsmes des particules. — Conclusion.
iec^;X*i^"'rk'Yiiî- • — ^^ version Vulgate est la version officielle des livres gale latine. saints dans l'Eg-lise catholique. Beaucoup même ne peu-
vent lire l'Écriture que dans cette traduction. Très généralement fidèle, elle a parfois les défauts de ses qualités, car elle reproduit assez souvent d'une manière trop servile les textes originaux. De là maintes locutions et formules étrangères au génie de la langue latine, et qui déroutent le lecteur. Objet de la leyon. jNJous sigualcrous Ics prlucipalcs, en indiquant la manière de les interpréter.
Quitre sortes dhé- 2. — Ccs locutious hébraisantcs de la Vulgate se répartis-
braïsmes dans la ïii iiii
Vulgate. sent en quatre groupes : les hébraïsmes des noms; les hébraïs-
mes des verbes; les hébraïsmes des phrases; les hébraïsmes des particules,
1) Hébraïsmes dos l) HÉBRAÏSMES DES NOMS.
noms ;
n) substantifs la- 3. — a) Nombre de mots latins perdent dans la Vulgate
tins à signification , . .^ . • • n
hébraïque; Icur siguihcation origmellc pour revêtir un sens entièrement
hébraïque. Tels les substantifs : verbum qui signifie à la fois parole^ fait^ chose {d. Luc.^ i, 87, 38; 11, i5); — nomen qui désigne tantôt la personne même {cLExod.,x\^iii, 1 1 ; HI Reg., VIII, 29), tantôt son action efficace (cf. Ps., xix, i ; lui, 3); — virtus qui signifie force (cf. Ps., lxxix, 5,8, i5, 20), ou œuvre de puissance (cf. Ps.,xx, i4); — veritas qui est synonyme de fidéhté (cf. Ps., xxxiv, 11;// Esd,y ix, 33); — fides qui parfois aie même sens (cf. Os.^ 11, 20); — sancttis qui veut dire séparé, consacré (cf. Exod., m, ^y;Levit,,xx, 26; xxi, f)); — justltia qui désigne souvent toute sorte de vertus (cf. Gen.,
HÉBIlAISiVIES DES NOMS ET DES VERBES ^91
XV, G; Deut,, xxiv, i3; // Tlm., iv, 8); — anima qui signifie la vie, la personnalité, le moi (cf. Ps.^ xxxvii, i3 ; Matt., vi, 26); — vasa qu'on doit faire parfois synonyme d'instruments (cf. Gen.j xLix, 5 ; /?., xiii, 5; Rom., xix, 21, 22, 23).
h) substantifs à 4. — ^) Certains mots latins sont employés à V abstrait
Tabstrait pour le ..^i #*•• • ^ , • -,
concret; pour siguiticr Ic coTicret, Amsi, vàmtates desig-ne souvent les
idoles (cf. IV Reg., xvn, i5; Ps., xxx, 7); — captivitas désigne quelquefois bs captifs (cf. Deict., xxx, 3; Ephes., iv, 8); — conclusio est synonyme de chaîne (cf. 7^., xlh, 7); concupiscentia signifie l'objet désiré lui-même (cf. Eccli., XVIII, 3o) ; etc.
c) mots latins pris 5, — A D'aulrcfois, Ics mots latins échanc:ent leur sens
au sens moral. '' ' r) ^ ^^j^x^i,
physique contre un sens moral. Co7itriUis, par exemple, exprime assez souvent l'idée de repentance (cf. Ps., l, 19) ; — initium, capui, principium, expriment l'idée d'important, d'essentiel ; d'où la phrase fieri in capite pour signifier « devenir le maître )>. Par contre, des mots latins dépouillent leur signification morale naturelle pour en revêtir une différente : humilis ne signifiera plus les humbles, mais les hommes de condition sociale inférieure (cf. Ps., x, 18); — humilitas a fréquemment le même sens; etc.
'^^ ^"vl%T: ^"" II) HÉBRAÏSMES DES VERBES.
^^ ^^\™mDs'"" ^^^ ^' — ^) ^^ Vulgate pei'mute les temps des verbes, le/>rejfeVeV, étant souvent mis à la place du présent^ du futur, on réciproquement le futur étant employé à la place du présent, du passé. Ces anomalies proviennent de ce que le traducteur latin a rendu trop servilement l'original, sans faire attention que l'hébreu, dépourvu du présent, le supplée par le prétérit. Exemples, a) Prétérit pour le présent : Reatus vir qui non ABîiT in consilio impiorum, et,., non stetit, et... non SEDiT (Ps., I, i) ; il faut entendre ces verbes au temps présent, abit, stat, sedet. — '^) Prétérit pour le futur : Emitte lucem tuam et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt et adduxe- RUNT... {Ps., XLU, 3); c'est deducent, adducent qu'on devrait lire. — y) Futur au lieu du présent, ou à\i passé : Ego occi- DAM et ego vivere faciam {Deut., xxxii^ 39); le contexte demande que les verbes soient au présent, occido, vivere facio. — 0) Futur au lieu du passé : Humiliabam in jejunio animam meam, et oratio mea in sinu meo convertetur {Ps.,xxxiVy 3);
c'est évidemment le passé, ou l'imparfait, convertebatur\ qu'il faudrait ici.
L'interprète a le devoir de tenir compte de ces anomalies.
b) répétition dn 7. — b) Voxxv marqucr l'intensité de l'action, ou la réité-
mcme verbe; . DP-i-fri a/^i i i
ration d un tait, la Vulgate tantôt répète le verbe; exemple : Plorans ploravit in nocte {Lament., i, 2), pour multum ploravit l tantôt elle se sert de la locution acldldit, adjeclt^ comme dans ces textes de I Reg.^ m, S^ 21 : Et adjecit Dominus et vocavit Samuelem ; Et addidit Dominus ut appareret, pour vocavit iterum^ apparuit iterum. En ces derniers cas les verbes sont employés adverbialement.
c) verbes changeant 8. — c) A l'instar dcs substautifs, Ics verbes échangent
parfois leur signification d'ordre physique contre un sens moral. Ainsi respiceî^e, intelligere^ désigneront, surtout quand il s'ag-it de Dieu, la faveur, la protection, la miséricorde, ou au contraire la vengeance, la punition, les représailles (cf. Ps.^ x, 5; Exod., XIV, 24; Ps., xxxii, i5). Réciproquement, d'autres verbes latins dépouilleront leur signification morale naturelle pour en revêtir une toute différente. Ainsi, converti, eonverter^, signifient revenir, faire revenir (cf. P^.jLxxix, 4; cxxv, i, 4).
d) verbes revêtant une significalion toute nouvelle.
3) Hébraïsmes des phrases :
9. — d) Certains verbes latins présentent un sens étranger au génie de la langue de Rome; tels les verbes judicare avec le sens de gouverner, de régir (cf. I lîeg., viii, 20 ; III Reg., III, 9) (i); — confiteri avec le sens de louer, de bénir (cf. jP.ç., IX, 2 ; XXXII, i\Is., XII, i) ; — prophetare avec le sens d'agir extraordinairement, sous l'influence d'une cause supérieure et divine (cf. Eccli., xlviii, i4 ; xlix, 19) ; — ponere ou apponere cor avec le sens spécial de faire attention, de refléchir (cf. Ps., xlvii, i4; Prov., xxii, 17).
m) HÉBRAÏSMES DES PHRASES.
a) phrases péchant IQ. — o) Nombrc dc phrascs, dans la Vulgate, présentent
contre les règles de ' . . , . .
raccord; uuc constructiou grammaticale que la langue latine ne permet
point. Ainsi, le neutre est employé au lieu du masculin, ou bien le féminin remplace le neutre. — Exemple. Dans le texte de la Sagesse (i, 7) que l'Église chante à Vhitroït de la Pentecôte, nous lisons : Spiritus Domini replevit nrùcm
(1) Cf. Gosciiiiis, IViesaums. p. \/iC>3.
HÉBRAISMES DES PHRASES 498
terrarum, et hoc quod continet omnla sclentiam habet vocis. Il faudrait hic qui continet, et non pas hoc quod continet, — mais la faute vient de ce que le latin est calqué matériellement sur le g^rec original, où le substantif HvsujjLa, Spiritus, étant du neutre, exige un pronom corrélatif neutre. — Dans le Ps., cxviii, 5o, la Vulgate emploie hœc pour hoc : iiJEC me coNsoLATA EST iTi humUitate rnea, La raison en est que la version latine copie mot à mot l'hébreu, sans prendre garde que l'hébreu, n'ayant pas le g-enre neutre, le supplée par le féminin.
6) phrases expri- H. — b) Contrairement aux usag-es du latin, la Vulg-ate
niant le comparatif, 7•/•^^7•^^^ i
le superlatif, etc. ; rend le Comparatif et le superlatif a 1 aide de lormules toutes particulières ; tantôt, au moyen du positif suivi de la conjonction quam ; tantôt, au moyen de la préposition a ou ab avec Vablatif ; tantôt, par la répétition du nom au génitif pluriel, ou par l'adjonction du génitif singulier Dei; enfin, quelquefois par une négation.
Exemples. Positif suivi de quam : bonum est confidere in Domino ouam confidere in homine (Ps., cxvii, 8), pour melius est,., quam. — Préposition a ou ab avec Vablatif : A MARI... abundavit cogitatio ejus^ et consilium illius ab ABYsso MAGNA [EccH., xxiv, 39),pour : ses pensées (de Jéhovah) sont plus vastes que la mer, et ses conseils plus profonds que l'abîme. — Répétition du nom au génitif pluriel : Sanctiim SANGTORUM pour sanctissimum ; Cceli gœlorum pour Cœli altIssimi; vanitas vanitatu3i pour vanitas absoluta; etc. — Adjonction du génitif singulier Dei : montes Dei pour montes altissimi ; cedri Dei pour cedri sublimes, etc. — Négation ou contraire : Miser icordiam volui et non sacrificium (Ps.,iv, 6) pour plus quam sacrificium. — Jacob dilexi, Esaii auiem oDio HABui {Mal., 1, 2, 3), pour Esaû amavi minus quam Jacob (comp. Luc, xiv, 26 ; Jean, xiï, 25).
Ces locutions insolites sont évidemment copiées sur l'hébreu, qui ne connaît point les formes comparatives et superlatives de nos langues occidentales.
12. — On trouve c) dans plusieurs phrases de la Vulgate c) phrases où le le même nom répété deux fois de suite, et au même cas, pour même''casr^^^ ^^ cxprimcr uu sens augmentatif, ou l'idée de collectivité. Alors la Vulgate se traîne sur le mot-à-mot de l'hébreu. Exemples. Le Psalmiste, rappelant que Jérusalem est le centre religieux de toute la Palestine {Ps., cxxi, 4)> s'écriait ; Illuc
enim ascenderunt tribus, tribus Domini; on doit traduire omnes tribus..*
rf) phrases où le ^3, — ^\ La Vulffate cmploic souvent aussi le nom et le
nom et le pronom /Or
dondance'''^ ^" '"' pronom cn redondance, comme dans les phrases suivantes : Afferte Domino gloriam nomini ejus (Ps., xxvni, 2) pour date gloriam nomini Domiîii ; — Dominus in cœlo sedes EJUS {Ps.,x^ 5), pour Domini sedes in cœlo; — Filii hominum dentés eorum arma et sagittœ (Ps., lvi, 5j, pour dentés liominum arma et sagittœ. Toutes ces expressions reflètent évidemment l'original hébreu.
^^ ^!t!wf '?' ^^^ iv) Hébraïsmes des particules.
particules.
Les trois particules eo.', e/, si.
14. — Qu'il nous suffise d'attirer l'attention de l'interprète sur l'emploi des trois particules ex, et, si, dans la Vulg-ate.
La préposition ex a souvent le sens comparatif : magis guam. Exemple. Mir aôilis facta est scientia tua ex me (Ps., cxxxviii, 6), pour mirabilior est, quam ut eam capere possim. — La conjonction et a fréquemment le sens causatif : ut, quoniam. Exemples. Quoniam ipsius est mare, et ipse fecit illud [Ps. xcîv, 5), pour çuia fecit ; — JDa mihi intellectum, et scrufabor legeintuam (P^.,cxviii, 34), pour ut scruter leg-em tuam. — - Enfin, la particule conditionnelle si a tantôt le sens interrog-atif; exemple : [Apostoli] dixerunt : Domine si percutimus in gladio {Luc, xxii, 49); tantôt le sens nég-atif; exemple ; Juravi in ira mea, si introibunt in reguiem meam (Ps. xciv, 11), pour ?7iinime i?îtroibu?it.
Conclusion. ^^' — Commc OU Ic voit, les hébraïsmes de la Vulgate
proviennent de ce que le traducteur s'est attaché à reproduire servilement la lettre même de l'original, surtout dans les parties poétiques, et notamment dans les Psaunies. Il s'ensuit que pour bien comprendre notre version latine l'exégète doit avoir au préalable quelque teinture de la langue hébraïque ; si la connaissance de cet idiome lui fait totalement défaut, il aura la ressource de consulter les commentaires, et les dictionnaires spéciaux, par exemple le Lexicon biblicum de Weitenauer (i).
(1) Sur, r<« Usas lofiuctuli « de la Vuli,-alc latine on i)eut consulter Haçen, Sprachliche Erôrlenmgen ziir I ulijala, el suitoulKauIcn, llandbucli zur Vulgata.
LEÇON TROISIÈME
Des circonstances de temps, de lieux, de personnes dans leurs rapports avec 1 « Usus loquendi » de la Bible.
Influences diverses qui modifient 1' « Usus loquendi » d'un auteur. — Influence des siècles. — Modilicalions survenues de ce chef dans le vocabulaire hébraïque. — Influence du milieu domestique, politique, religieux, physique. — Influence des conditions particulières et individuelles de celui qui parle ou qui écrit. — Corollaires pratiques. — Influence résultant des conditions spéciales de ceux à qui l'écrivain s'adresse, ou dont il parle.
peuple Je !lyie dun ^ ' ~ ^haquc natioR a sa langue, et chaque auteur son style ; nent sulWiu iThi- ™^i^ ^1 ^^^ incontestable que la langue d'un peuple change plus fiuences. Q^ niolus avcc les régions et les siècles; que le style d\ni écri-
vain se modifie suivant son âge, les vicissitudes qu'il traverse^ le milieu où il vit, les personnes à qui il s'adresse.
Parlons, d'abord, de l'influence du temps et du milieu sur
influence du temps.
la langue de l'écrivain.
Au cours des siècles, le vocabulaire d'un peuple change.
La langue hébraïque est demeurée plus immobile que nos langues occidentales.
2. — Le vocabulaire et la littérature d'un peuple subissent nécessairement au cours des siècles quelques variations; de nouveaux mots sont créés, tandis que d'autres tombent en désuétude; de nouvelles tournures remplacent celles qui deviennent surannées ; enfin, lors même que les mots et les expressions restent, leur signification ne laisse pas d'être modifiée par l'usage. C'est la remarque d'Horace :
Multa renascentur quae jam cecidere : cadentqiie Quse nunc sunt in honore vocabula, si volet usus (i)
3. — ■ Toutefois, il n'en alla pas de la langue hébraïque comme il en va de nos langues occidentales. Sans demeurer absolument immuable, l'hébreu ne changea guère depuis Moïse jusqu'aux Prophètes. C'est seulement lors de l'exil qu'il s'altéra davantage (2).
Malgré cette immot)ilité relative de l'idiome d'Israël, on découvre dans les livres de l'ancienne Loi, des mots, des tournures, dont le sens a varié selon les temps. Jahn en cite plu-
(1) Art. poef., 70-71.
(2) Voir plus haut, pp. 2o3, 207-20Q.
néanL^ns'ïïqocr- siciirs dans son Enchiridlon hermeneuticœ (i). Pareillement
qoes changements. ^ç\\q exprcssion ittconnue à une époque devient fréquente à
une autre. Exemple. L'expression Jehovah Deus Sabaoth,
qu'on ne lit nulle part dans le Pentateurjue,Josué, les Ju(/es,
est très usitée dans la littérature postérieure (2).
teiîir"com'^te^He1^i- ^' — Coucluons dc là quc l'interprète doit souvent tenir a7écu°" l'écrivain compte de Vépof/ue, pour donner aux mots et aux expressions d'un auteur sacré la signification convenable. Il y a plus; le sens de certaines phrases ne sera exactement saisi qu'autant qu'on se reportera aux circonstances de temps, où elles furent prononcées. Exemples, i) La défense de Jésus à ses apôtres : In viam gentium 7ie abieritis, etc. {Matt., x, 5), n'a pas un sens absolu ; elle n'obligeait que temporairement, c'est-à-dire jusqu'à l'inauguration de l'alliance nouvelle (cf. Matt,, xxviii, 19 ; Marc,, xvi, i5). — 2) Les imprécations du psalmiste {Ps,y XVI, i3, i4 ; Lxii, 7-10 ; Lxxviii, 7, 12, etc.), étant donnée la Loi ancienne, qui consacrait la peine du talion {Exod., XXI, 22, seq.; Levit., xxiv, 19, seq.; Deut., xix, 21), n'ont rien qui surprenne, et ne paraissent plus déplacées.
Influence du mi- 5- — Lc miHeii domestique, religieux, politique, physique,
lieu
OÙ l'écrivain sacré a vécu, dut exercer nécessairement quelque influence sur son style. L'interprète y prendra garde. i)(iu milieu i) Nombreuses, en effet, sont les allusions faites par les au-
domestique; i m t
teurs bibliques aux us et coutumes de leurs contemporains. exemples ; Exemplcs. Sur les lèvres de Job (xxxi, 27) la formule oscu-
lari manum signifie adorare. — Chez les Hébreux le mot canis {II Reg., m, 8), l'expression canis mortuus (I Reg., XXIV, i5), constituent une épithète des plus insultantes. — Les substantifs fratres , sorores , ne désignaient pas exclusivement, dans la langue des Juifs, les frères, les sccurs, mais encore les parents en géné'^al, même les amis, tous ceux en un mot que rapprochent des relations d'intérêt, de sympathie, ou de société (3). Renan a donc montré beaucoup d'ignorance ou une insigne mauvaise foi, en prétendant que Jésus avait àes frères, à'di^vès Matt., xii, 46, 4? (4)-
ft) Pag. 28-26.
(2) On la trouve pour la première fois dans / Rois, i, 3.
{'i)CA.Q.or\\iy,les hrèresde N.-S. J.-C; FouarU, les Frères de Notre-Seigneitr dans la Via dc N.-S. J.-C, t. 1, pp. 445-/(48.
(4) n Quatuor modis, dit saint Jérôme, in Scripluris fratres dicunlur : naluraf gente, cognatione, a/feclu. » Adu. Uelvid., 4. — Voir Gcseaius, Thésaurus, pp. 03-04.