‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 197 sur 251 · De cette manière, l'exégète apprendra · texte numérisé non relu

De cette manière, l'exégète apprendra

i) à donner un sens mitigé à telles expressions trop dures, ou qui rendent avec trop de véhémence les sentiments de ame.

Exemples. Les imprécations de David ne doivent pas être prises dans un sens incompatible avec l'esprit de douceur ordinaire au pieux monarque. Pareillement, sur les lèvres d'un Oriental à l'âme ardente et expansive, les plaintes amères, presque désespérées, que Job fait entendre (cf. Job, m; vi, 8, 10; VII, i5; X, 18, 19), n'ont rien qui choque, et il est facile de les réduire à leur vraie signification.

L'exégète apprendra encore par là

2) à redresser maintes interprétations fausses, ou malveillantes, de certains commentateurs modernes*

Exemples. Le cri de Jésus sur la croix : Deus meus, quare me dereliquisti (Ps., xxi, 2), ne fut ni un reproche, ni un accent de désespoir; l'amour filial du Christ pour Dieu, et sa sainteté infinie y répugnaient. • — De même ce n'était point par orgueil, par ostentation, que saint Paul écrivait : Imitatores met estote [I Cor., iv, 16; xi, i; Philip,, m, 17); sa modestie bien connue (cf. / Cor,, xv, 8, 10; Eplies,, in, 8) nous en est garant.

Enfin, 3) l'exégète apprendra à faire la part de l'accessoire

(i) Sur le sens de la formule Quid mih'i et tihi est? dans saint Jean, 11, 4> voir Boiirlier, les Paroles de Jésus à Cana, dans Rev. bibl., juillet 1897, pp. 4o5-422; Berger de Xivrey, Étude sur le texte et le style du N. T.

{9.) Il suffit de lire l'Écriture pour connaître quels étaient le caractère et les sentiments des principaux personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament. La Bible renferme aussi certains détailîî qui nous révèlent les dispositions morales de ceux qui parlent ou qui agissent.

(3) L'Historia d'Eusèbe de Gésarée, par exemple, peut être pour l'exégète d'un grand secours.

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LEÇONS D'INTRODUCTIOiN GÉNÉRALE

et du principal dans les locutions hyperboliques (cf. Levit., XXVI, 36; Is., XXXIV, 4) ; etc.

Influence sur le style résultant des conditions de ceux à qui l'auteur s'adresbc, ou dont il parle.

Exemples :

Autres exemples.

11- — Disons quelques mots de Tinfluence que peuvent exercer sur le style d'un écrivain les conditions morales, ou sociales, des personnes à qui cet écrivain s'adresse, ou dont il rapporte les paroles, les actions. L'étude de ces circonstances n est assurément point sans importance, ici, ni sans intérêt, car tout homme, qu'il parle, qu'il écrive, ou qu'il enseigne, a en vue ses lecteurs et ses auditeurs, et il approprie à leurs dispositions et capacités ses pensées et son style.

Notre-Seigneur en donne des exemples dans l'Évanî^-ile. Sachant bien que ses disciples ne pouvaient tout comprendre, il se met à leur portée, et ne leur livre sa doctrine que dans une sage mesure {Jean, xvi, 12); c'est donc à tort qu'on l'accuse d'avoir usé de réticences et de compromis. — Il en va de même des écrivains du Nouveau Testament, de saint Paul en particulier. Si l'Apôtre, dans son Epitre aux Roinains^ a traité en termes exclusifs de l'inutilité de la loi pour le salut (cf., m, 28), c'est qu'il parlait à des Chrétiens, qui faisaient dépendre de l'observation des préceptes mosaïques leur vocation au christianisme. Saint Jacques, au contraire, a enseigné avec insistance que la foi n'est rien sans les œuvres (cf. Jac, 11, 24), parce qu'il écrivait à des fidèles, dont les convictions chrétiennes étaient exposées aux dangers de la persécution.

Pareillement, si saint Paul s'est attaché à prouver longuement l'excellence de Jésus-Christ sur Moïse et Aaron, dans VEpître aux Hébreux, c'est qu'il avait pour lecteurs des judéo-chrétiens, dont les préférences à l'égard des us et coutumes mosaïques étaient trop grandes.

L'interprète courrait donc risque de s'égarer souvent, s'il ne se renseignait point auprès de Thistoire sur les conditions particuhères des personnes, à qui les auteurs sacrés ont écrit.

12. — C'est rhistoire encore, qui donne la pleine intelligence de certains faits plus inarquants, racontés dans l'Ecriture.

Ainsi, le massacre des enfants de Bethléem (Maft.,u, 16, 18) ne surprend plus, quand on connaît le caractère ombrageux et cruel d'ilérode le Grand. — La pusillanimité de Pilate s'exj)lique aisément, pour quiconque est au courant de la situation précaire, où se trouvait ce procurateur, désireux de plaire à

L'EXÉGÈTE DOIT RECONSTITUER LES MILIEUX 5oi

César, et de ménager en même temps les Juifs, dont les turbulentes agitations l'inquiétaient.

En un mot, l'exégète a le devoir de reconstituer, autant que possible, les milieux, et de replacer le texte biblique dans la lumière de l'histoire, s'il veut pénétrer à fond la pensée de celui qui parle ou qui écrit.

LEÇON QUATRIÈME

Le contexte. — Sa définition et ses variétés. — Son usage en herméneutique.

Herméneutique et psychologie. — Définition du contexte. — Ses variétés, — Le contexte logique prochain, éloigné. — Le contexte psychologique; sa nature; exemples. — Le contexte optique; exemples. — Le contexte historique; exemples, — Moyens de découvrir le contexte. — Usage du contexte en herméneutique. — Quatre règles pratiques à ce sujet.

Importance de la psychologie pour l'herméneutique.

Définition du contexte.

Sa nature.

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