LE PARALLÉLISME ET SES VARIÉTÉS
Lapides ceciderunt :
Sed quadris lapidibus a;dificabimus ; Sycomores succidcrunt :
Sed cedros immutabimus (/s., ix, lo).
Le parallélisme synthétique:
exeinpl«s ;
Le parallélisme
verbal :
exemples
7. — 3) Le parallélisme synthétique. Il consiste seulenieiil, dit Lowlli (i), « dans une similitude de construction. Le mot ne correspond pas au mot, ni la pensée à la pensée, par équivalence ou opposition ; mais la correspondance et Téquivalence existent entre difterentes propositions par rapport à la forme, et à la tournure de la pensée incomplète, ou de ses parties intégrantes, de sorte qu'un nom répond à un nom, un verbe à un verbe, un membre à un membre, une négation à une négation, une interrogation à une interrogation ».
Exemples :
Lex Domini immaculata,
Gonvertens animas ; Testimonium Domini fidèle,
Sapientiam praestans parvulis ; Justitiae Domini rectse,
Laetificantes corda ; Prœceptum Domini lucidum,
Illuminans oculos, etc. (Ps., xvin, 8, g) (2).
8. — Le parallélisme verbal repose sur l'identité ou l'équivalence des mots, des formules, des expressions qui se correspondent dans la simple prose,
Kohlgruber donne en exemples les deux phrases suivantes. L'une est de saint Jacques, 11, 17 : y) Tciaxtç v£y,pà àaii
xa6'éaur/)v. L'autre est de saint Luc(^c^., xxviii, 16) : tw HauXo) exeipà^Y] [j-£V£iv y.aÔ'eauxcv. On rencontre dans ces deux phrases la même formule -/aO'iauTYjv, y.aô'£auTbv, employée vraisemblablement dans le même sens. Le parallélisme est verbal.
Le parallélisme réeZ; 9. — Le parallélisme réel est fondé sur Tidentité ou l'analogie des choses, et sur la parenté des doctrines.
Il se subdivise en parallélisme historique, ti en parallélisme
didactique, selon qu'il s'agit de faits, ou d'enseignements.
exemples Excmplcs. Lc chapitre V, i-io, du second livre des Rois,
et le chapitre xi, 1-9, du premier livre des Paralipomènes,
parce qu'ils relatent les mêmes faits, présentent un parallé-
(1) Dictionn. of the Bible, Uehvtw f^oetry.
(2) Cf. Lowth, De sac. Hebr. poesi, pp. 221-224. Ed. cit.
5io
lisme réel historique. — Les passages de Gal.^ v, 6; vi, i5; de / Cor., vu, 19; de Rom., vu, 5, 6, i4-25; parce qu'ils renferment la même doctrine sur la restauration par la grâce de notre nature viciée, offrent un parallélisme réel didactique.
Comment découvrir les lieux parallèles.
10. — Pour découvrir sûrement les lieux parallèles de TEcriture, Fexégète usera surtout de deux moyens, i) Il fera de la Bible sa lecture quotidienne. Ainsi acquerra-t-il la connaissance, non seulement des admirables doctrines que renferme ce divin livre, mais encore des expressions, des formules et tournures littéraires, qui lui sont propres (i). — 2) 11 se servira également, au besoin, de Concordances , soit réelles, soit verbales. — On appelle concordances réelles ces sortes de dictionnaires de la Bible qui, sous des titres déterminés étranges alphabétiquement, reproduisent tous les passages scriptur aires, se référant au sujet du titre (2). — Les concordances verbales sont des dictionnaires encore, où tous les mots de l'Ecriture sont disposés selon Tordre alphabétique, avec indication du livre, du chapitre et du verset dans lesquels ils se lisent (3).
Règles à suivre pour l'usage du parallélisme en herméneutique.
i" règle;
exemples :
11. — La comparaison des lieux parallèles dûment établie (4) facilite beaucoup l'intelligence du texte sacré. — Voici quelques règles touchant F usage à faire du parallélisme en herméneutique.
i^^ REGLE. — L'interprète recourra aux lieux parallèles POUR PRÉCISER LE SENS DES MOTS ET EXPRESSIONS QUE LE CONTEXTE LAISSE INCERTAIN.
Exemples, i) Ecce Virgo (ncSirn) concipiet (Is., vu, i4)- Le contexte ne détermine pas rigoureusement le sens du mot Virgo (noSy) ; d'où plusieurs (Aquila, Symmaque Théodotion) se sont crus autorisés à le traduire par y; vsâvi?, puella, adolescentula. Or, si l'on se reporte aux passages parallèles: de Gen,^ xxiv, 16, 43; Exod., 11,8; Ps., lxvii, 26; Gant., VI, 7; Prov.j XXX, 8-19, le doute n'est plus possible. Virgo, naSyn, dans haïe, vu, i4, signifie la Vierge, y) iiapôévc;.
(1) Cf. saint Augustin, Dé docl. christ., lib. II, cap. 8. g, i^.
(a) Les concordaacca réelles les plus connues sont celles de Merz, de Matalènc. de James, de Bernliard, etc.
(3) Les meilleures concordances verbales pour la Vuls:ate latine sont celles de Luc de Bruges, Peultier-Eliciine-Gaiitois, (Paris, i8fj8), de Dulripon, de Kaze-Lachaud-Flaiidrin (i3«édit. Paris, 1895), de Bcchis (Turin, 1887), de Legrand (Bruges, i88«j), de Cooruaert (Paris et Bruges. i8(j'j). Pour- les concordances verbales des textes originaux, hel)raïque et grec, voir Maugenot, art. CoficordanceSf dans le Dicl. de la Bible, l. II, col. 889-903.
(4) Voir dans Hanolder (Hermeneut. bibl. qener.^ p. 118, cd, îî). Kohigruber {op. cit., pp. aaa- 32U), Zaplctal (o/y. cit., pp. 81-82), etc., la mesure ù garder dans l'emploi des lieux parallèles.
USAGE HERMÉNEUTIQUE DU PARALLÉLISME 5ii
— 2) Le contexte n'offre rien non plus qui tempère l'apparente dureté de cette parole du Sauveur dans Luc^ xiv, 26 : Si guis.,, non odit patrem suicm, et matrem... non potest meus esse dlscipulus ; quiconque veut avoir le vrai sens de cette phrase, doit consulter le passage parallèle de Matt., X, 37.
2. règle; 12. — 2* REGLE. — L'interprète se servira des lieux
PARALLÈLES POUR DECIDER SI LES LOCUTIONS ET LES MOTS SONT A PRENDRE AU PROPRE OU AU FIGURE.
exemple. Excmplc. Le parallélisme révèle que l'assertion de saint
Luc, dans Act.^ ii, 4 • ^^ cœperunt loqui variis linguis^ doit être entendue au sens propre, car sa parallèle dans Me, XVI, 12 : Signa autem eos qui crediderint hœc sequentur : — llnguis loquentur novis^ etc., écarte évidemment toute interprétation métaphorique (i).
3e règle; 13. 3^ REGLE. A LA LUMIERE DU PARALLELISME HISTO-
RIQUE ET DIDACTIQUE, l'iNTERPRÈTE NON SEULEMENT COMPLÉ- TERA LES RÉCITS ET LES ENSEIGNEMENTS DES AUTEURS SACRES, MAIS ENCORE IL DECOUVRIRA MIEUX LES DEVELOPPEMENTS LOGIQUES d'un DOGME.
exemples: Excmplcs. i) Si l'ou vcut avoip uuc connaissance exacte
et plénière de la vie publique de Jésus-Christ, il faut de nécessité comparer entre elles les narrations parallèles des quatre évangélistes. — L'histoire des rois d'Israël et de Juda demande aussi à être étudiée parallèlement dans les quatre livres des Rois, et dans les deux livres des Paralipomènes .
— De même, les deux livres des Machabées s'éclairent l'un l'autre et se complètent. — 2) Quiconque désire prendre une idée nette de la justification d'après l'Ecriture ne se contentera pas de lire les chapitres m à v de VEpître aux Romains; il rapprochera ces passages a) de ce que saint Paul écrit ailleurs dans VEpître aux Galates, 11, i6-v; b) de ce que saint Jacques enseigne à son tour (cf. /ac, 11), et même c) de ce que les Prophètes, notamment Isaïe (cf. /y., lui), laissent déjà entrevoir sur le sujet.
** règle 14. — 4e REGLE. — L'interprète apprendra par les
LIEUX PARALLÈLES s'iL DOIT ETENDRE OU RESTREINDRE LA POR- TEE DE CERTAINS MOTS ET DE CERTAINES EXPRESSIONS.
(i) Coiiip. Act.,x, 44-40; XI, i5.
exemple: Uii seul cxcmple suffira pour justifier cette règle. Le pas-
sage où saint Paul semble exclure le libre arbitre de toute coopération au salut (cf. Rom., ix, ii-23), s'explique par cet autre de / Cor., xv, lo, où nous lisons : Gratta Del sum id quod sum^ et gratia ejus in me vacua non fuit^ sed abundantius illis omnibus labordvi. Saint Augustin (i) a donc eu raison d'écrire : « Ad obscuriores locutiones illustrandas de manifestioribus sumantur exempla, et quœdam certarum sententiarum testimonia dubitationem de incertis auferant » (2).
(i) De doctr. christ., lib. II, cap. 9. Comp. lôid., lib. III. cap. 2G.
(2) Sur rusaj;^e à faire du parllaélisme en herméneutique. voirMicliaëlis. Dft usu parallelixmi membrorum henneneutico, dams Lowûi, op. cit., cdit. de Koscnrnùller, pp. 543-549; Schleusner, De parallelismo sententiarum eyregio subsidio intet-pfelationis ; Koh)gruber,ojL/. cii., pp. 220-222; Jahu, op. cit., pp. 91-94.
LEÇON SIXlExME
De l'usage à faire en herméneutique de l'argument et de l'occasion du livre, du dessein de l'auteur, etc.
Nécessité pour l'interprète de connaître l'argument, le but, l'occasion du livre. — Raisons qui établissent cette nécessité. — Moyens pour découvrir l'occasion, le but, l'argument des livres sacrés. — Règles qui dirigent dans l'usage à faire en herméneutique de la connaissance de l'argument, de l'occasion, du but.
La connaissance ^ — PouF Interpréter commc il convient un texte donné,
de 1 argument, au r 7
but, de voccasion, l'exéo^ète dcvra, dans la plupart des cas, connaître au préa-
est necessau'e. ^ '^ ri' r
lable^ et étudier bien i) la nature du sujet traité, ou /'argwnent général du livre, du discours, du passage; — 2) le but que s'est proposé l'auteur; — 3) Voccasion qui l'a déterminé à écrire.
Pourquoi il ira- Q. — Eu effet, c'cst uu prlucipc incontestable de psycholo-
porte de connaître ^ ri i. J
Yargnment, Vocca- ^\q gyç. iq^\^ houime scusé conforme toujours son lan^as^e
sion, le dessein du -^ -^ a J o o
livre, etc. aux choscs dont il parle. S'il enseigne, il sera simple, clair,
précis; s'il raconte, il sera simple encore, mais il pourra se permettre ici et là quelques métaphores; s'il prophétise, il donnera à sa phrase plus de vivacité, plus de feu et d'enthousiasme; s'il est poète, il revêtira son style de l'éclat et des parures de la poésie.
ii^j dessein particulier de l'auteur influe pareillement sur sa mahi^ère d'écrire, et de présenter les choses, attendu que la fin commande les moyens^ — ceux-ci devant être proportionnés à celle-là. Ainsi, nos xj^udiive, Evangiles diffèrent assez notablement, entre eux quant à la méthode d'exposition, et à l'agencement des récits, parce que chacun des auteurs de ces narrations sacrées s'est proposé un but spécial à atteindre.
Enfin, Voccasion qui détermina l'écrivain à prendre la plume exerça évidemment sur lui aussi quelque influence.
Remarquons, en passant, que Voccasion et le dessein d'un livre, d'un discours, sont étroitement connexes, et parfois même se confondent; néanmoins, on peut les distinguer toujours, et les analyser séparément.
Comment découvrir le sujet, l'occasion^ le dessein dun 3. — D'ordinaire, l'interprète découvrira sans peine l'argu-
5i4 LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE
ment général, l'occasion du livre, du discours, et le dessein de l'auteur.
En effet, i) il arrive souvent que l'auteur lui-même renseig-ne à cet égard. Ainsi, l'Ecclésiaste annonce clairement le sujet qu'il va traiter (cf. Eccl., i, 1-2); sa thèse est posée dès le début. Saint Luc (cf. i, 3-4) et saint Jean (cf. xx, 3i) font connaître également le but, qu'ils se sont proposé. Saint Paul, de même, insinue clairement Y occasion qui le détermina à écrire aux Galates (cf. Gai., i, G-7).
2) Lorsque l'auteur sacré se tait, les témoignages de la tradition peuvent suppléer souvent son silence. Ainsi, les Pères nous apprennent dans quelles circonstances saint Matthieu et saint Marc se décidèrent à écrire; etc.
Enfin, 3) à défaut de ces renseignements exprès, l'exégète aura recours à une lecture attentive, soit du livre entier, soit de quelqu'une de ses parties plus importantes. Ne suffit-il pas de parcourir V Evangile de saint Matthieu, par exemple, pour en connaître le dessein général, ou de lire même superficiellement tels Psaumes, — le 5o®, le io3% le 55^, le 58% etc., — pour en savoir le sujet et \ occasion ?
Usage à faire de 4. — \J argumcîit du livre, quand il est sûrement connu casfoTc"c. et bien déterminé, éclaire dans beaucoup de cas l'interprète
sur le véritable sens de l'auteur.
Voici quelques règles pratiques à suivre.
iro règle; i^^ RÈGLE. — Toute interprétation qui serait en opposi-
tion MANIFESTE AVEC l'aRGUMENT, LE BUT, OU l'oGGASION DU LIVRE, DU discours, DEVRA ETRE TENUE POUR MAUVAISE.
exemple. Excmplc. Prétendre avec les Calvinistes que les paroles de
l'institution de l'Eucharistie (cf. Matt.^ xxvi, 26-29; Marc, XIV, 22-26 ; Luc, XXII, 19, 20) n'ont qu'un sens figuré, c'est se tromper gravement, et montrer qu'on n'a rien compris, ou qu'on ne veut rien comprendre, au but que le Sauveur se proposa en les prononçant, ni aux circonstances qui le déterminèrent à instituer son sacrement adorable. N'est-il pas évident que Jésus, sur le point de quitter la terre, entendait nous laisser le testament de son amour? Le contexte du récit évangélique, et la formule dont le Christ se servit, le prouvent assez. Or, il répugne que, parlant dans un moment aussi solennel et désirant atteindre une telle fin, le Sauveur ait usé d'un langage rempli de figures et de métaphores, qui seraient insolites, déplacées même, et incompréhensibles.
USAGE HERMÉNEUTIQUE DE L'ARGUMENT DU LIVRE 5i5
uenwirqucs: 5. — Il nc s'cnsuit pas pourtant que toute interprétation
d'un texte qui cadre avec Targ-ument général soit nécessaire- *"• ment la vraie.
Exemple. Ag-g-ée a pour but, dans ir, i-io, de ranimer Tespérance des vieillards d'Israël, que la vue du second temple ne pouvait consoler de la disparition du premier. Or, le grand motif que le prophète invoque, afin de dissiper leur tristesse, est celui-ci : Et i^enlet deslderatus ciaictls geîitibus (Y\ûg.), — phrase que les uns traduisent : Et veniet Messias guem exspectant (jentes^ et les autres : Afferentur desiderabllia quœque i. e., opes omnium gentlum. La première interprétation ne cadre pas moins bien que la seconde avec le but du prophète ; elle est pourtant moins probable, comme l'on s'en convaincra en consultant l'hébreu (i), les LXX, le syriaque et le contexte.
6. — Si néanmoins l'interprétation qu'on donne d'un texte est la seule qui cadre avec l'argument général de l'auteur, le doute n'est plus possible ; celle-là seule sera la vraie.
■±- règle: 7. 2® REGLE. L' ARGUMENT GENERAL APPRENDRA A l'iN-
TERPRÈTE s'il DOIT ÉTENDRE OU RESTREINDRE LA PORTEE DE CER- TAINES FORMULES., PRENDRE TELLE PHRASE, TELS MOTS, AU PROPRE OU AU FIGURÉ, DANS UN SENS ABSOLU OU DANS UN ' SENS RELATIF.
exemples. Excmplcs. i) Quaiid saiut Paul enscigiie que la justification
se fait par la/<7?*(cf. Rom., iv; ix, 3o; Gai., ir, i6, m; etc.), il faut restreindre la portée de son affirmation, car le but de l'Apôtre, on le sait, était de montrer l'inutilité de la loi mosaïque par rapport au salut depuis la rédemption. — 2) De même, cette autre phrase du Docteur des Gentils : Factus sum Judœis tanquam Judœus, ut Judœos lucrarer (cf. / Cor.^ ix, 20), si l'on tient compte du sujet traité dans l'Épître (comp. vin, i-xi), ne signifie point que saint Paul accommoda jamais son enseignement aux fausses doctrines et aux préjugés des Juifs. — 3) Pareillement, si l'on se rappelle que saint Matthieu a pour but de prouver par les faits la messianité de Jésus de Nazareth, on se convaincra que ses citations des oracles bibliques ne sont point des accommodations fantaisistes, mais bien des rapprochements fondés entre la prophétie et l'histoire. — 4) Enfin, étant donnée Voccasion où elles furent prononcées, les paroles si affirmatives du Sauveur touchant
(1) Cf. Knabcabaucr, Comm. In h. t.
5i6 LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE
la promesse de l'Eucharistie (cf. Joan, vi, 54-57 coll. 53) ne peuvent s'entendre qu'au sens littéral propre.
3« règle; g — 3e REGLE. — La connaissance de l'argument, du
BUT, DE l'occasion, AIDERA l'iNTERPRÈTE i) A DEGAGER DES MÉTAPHORES ET DES FIGURES LA VRAIE PENSEE DE CELUI QUI PARLE
OU QUI Écrit; — 2) a distinguer dans un passage l'accessoire DU PRINCIPAL.
exemples. Exemples, i) Dans saint Matthieu, vi, 25-34, le Christ re-
commande aux siens de ne point se préoccuper outre mesure des biens nécessaires à la vie, et il rappelle à ce sujet que la Providence, qui veille sur toute créature, ne les abandonnera pas. S'ensuit-il que Notre Seig^neur autorise par là la paresse, et l'insouciance des choses temporelles? Assurément non. Ce que Jésus dit dans les versets 25, 3i, 32, 33, 34, révèle assez que son but était de condamner la sollicitude, exagérée et toute païenne, de plusieurs pour les biens de ce monde; partant, les comparaisons prises des oiseaux du ciel (cf. vers. 26), des lis des champs (cf. vers. 28), sont en partie pour l'ornement du discours, et l'on aurait tort de les presser trop pour en tirer des conséquences morales, outrées ou fausses. — 2) Dans la parabole des vierges sages et des vierges folles (cf. 3Itt., XXV, 1-12), tous les détails n'ont évidemment pas une égale portée; nous le savons, parce que Jésus-Christ se proposait uniquement en son discours de recommander la vigilance chrétienne. Sachons donc distinguer toujours l'élément doctrinal de l'élément purement littéraire.