DISPOSITIONS SURNATURELLES EXIGÉES DE L'INTERPRÈTE
xime necessai'ium; quoiiiam Doiiiiiius dat sapieiitiam, et a 1: facie ejus scieritia et intellectus, a quo et ipsum studiuin » (i).
En pratique, tous les Pères nous donnent l'exemple à cet é^ard. Avant d'étudier la Bible ils invoquaient les lumières de l'Esprit-Saint, que le B. Albert le Grand appelle « ostiarius Scripturœ, qui nisi aperiat divina virtute nemo ad intelligendum... divina intrare poterit » (2).
3) y humilité; 6. — 3) L'interprète de nos saints livres aura l'humilité
pour règ-le, car il est écrit : Ubi est humilitas^ ibi et sapientia (3). Cette disposition le préservera de ces écarts, de ces témérités regrettables, qu'une saine critique désapprouve, et que l'Eglise condamne. Il faut entendre là-dessus saint Augustin: « Gum primo puer, avoue-t-il avec simplicité, ad divinas Scripturas ante vellem afFerre acumen discutiendi, quam pietatem quœrendi, ego ipse contra me perversis moribus claudebam januam Domini mei... Super bus enim audebam quaerere, quod nisi humiiis non potest invenire... Ego miser, cum me ad volandum idoneum putarem, reliqui nidum, et prius cecidi quam volarem » (4).
4) la minuté de ^' — Enfin, 4) l'cxégète biblique aura cette sainteté de ^'^- vie, — sanctimonia vit ce (Léon XIII), — que Dieu exige de
tous ceux qu'il admet à l'honneur de sa familiarité. Étudier la parole inspirée, en scruter les mystères, l'exposer aux fidèles, la défendre, c'est vivre avec Dieu toujours ; or, il n'y a rien qui éloigne davantage de Dieu, partant de l'intelligence des saintes lettres, que le vice et le péché : Non est ejusdem ho- ?nin{s, observe saint Augustin, et aureos nummos et Scripturas probare, et degustare vina et prophetas vel apostolos intelligere (5). En effet, « animalis homo non percipnt ea quœ sunt Spiritus Dei » (6).
Autres devoirs de ^' — M^is l'cxégètc catholiquc a d'autrcs devoirs. Sa
l'exegète chrétien, cooviction intime sera que Dieu, la vérité par essence, ne
peut ni se tromper, ni nous tromper; il estimera dès lors que
sa parole dans l'Ecriture est à l'abri de l'erreur comme des
contradictions.
(1) Dedoct. christ., lib. III, cap. 87,
(2) Prolog, ad Jocl.
(3) Prov., XI, a.
(4) Sermo, li, 5.
(5) Ad Vigilant., Gi .
(6) / Cor., 1!, 14.
Coiiséquemment, Tun des premiers principes de son exégèse sera celui-ci :
Principe fonda- ToUïE PROPOSITION AUTHENTIQUE DE LA BiBLE EXPRIMANT LES
mental de l'exégèse > r^ T >
catholique. PENSEES DE DiEU, OU LES PENSEES DE L AUTEUR SACRÉ PARLANT
AU NOM DE Dieu, est exempte d'erreur; conséquemment, l'interprète catholique ne doit jamais, en pareil cas, douter de la vérité objective d'un sens exégétiquement vrai.
Rcmarfiues Q — Commcnçons par observer qu'il s'açrit ici des passa-
preliminaires. * , ' i ^ i
g-es et assertions de l'Ecriture, renfermant les pensées de Dleu^ ou celles de l'écrivain inspiré^ intermédiaire de Dieu, En effet, que Dieu parle lui-même, ou qu'il parle par la bouche d'un homme {prophète ou écrivain sacré) ^ il n'importe ; ce qui est dit sera toujours l'expression de la vérité.
Mais il arrive quelquefois que l'auteur inspiré relate dans la Bible les paroles des autres. Ainsi le psalmiste (cf. Ps.^ xiii, i) rappelle le blasphème des athées ; l'auteur du livre de Job expose au long- les plaintes du patriarche et les réponses de ses amis; saint Luc, dans Actes^ vu, 2-53, rapporte un discours de saint Etienne; etc. Or, il se peut que l'un ou l'autre de ces passages contiennent des erreurs. De fait, les théories des amis de Job ne sont pas de tous points irréprochables (i). D'aucuns, en outre, prétendent que le verset i6, dans Act.^ vu, renferme des inexactitudes (2). Il est évident qu'en pareil cas l'erreur n'est pas imputable à l'auteur • sacré, qui se contente de reproduire fidèlement les paroles et les discours, tels qu'ils furent prononcés. Aussi bien avons-nous restreint prudemment l'infaillibilité du texte biblique aux propositions, qui expriment les pensées de Dieu, ou celles de l'écrivain inspiré parlant au nom de Dieu (3).
Démonstration. 10- — Nul doutc quc ccs] propositious uc soicut toutes
vraies.
Car i) elles émanent d'hommes que l'Esprit-Saint assistait, — quand ils écrivirent, — d'une grâce surnaturelle, telle « qu'ils ont dû concevoir exactement, exposer fidèlement, et exprimer avec une infaillible justesse ce que Dieu voulait leur faire dire, et seulement ce qu'il voulait » (4).
D'ailleurs, 2) le sentiment des Pères n'a jamais varié à cet
(I) Cf. Jof), XLii, 7, 8. Voir notre ouvrai^c, L'Inspiration, pp. .tiS, ss. (3) Voir Melch. Cano, De loc. tfieoL, liï). 11, cap. iG.
(3) Voir Lln.fpiraiion, pp. 2o5-325,
(4) Encyc. cit., p. l\o.