NI DIEU NI L'ÉCRIVAIN NE SE TROMPENT DANS LA BIBLE
ég-ard. « Non licet dicere, enseigne saint Augustin, auctor hujus Ubri (sacri) non teniùt oerltatem, sed ant codex mendosus est, aut interpres erravit, aut tu non intelligis » (i). L'interprète catholique ne doutera donc jamais de la vérité objective d'une proposition d'autorité diviîie, il se préoccupera uniquement d'en bien découvrir le sens , et quand il l'aura sûrement trouvé, il le tiendra pour vrai, sauf à attendre d'ailleurs, s'il n'en saisissait pas toute la portée, une lumière plus abondante. Agir différemment, conclut Léon XIII (2), serait compromettre la notion même de l'inspiration, ou laisser entendre que Dieu s'est trompé, ou nous a induits en erreur.
(1) Cont. Fausium, 11, 3.
(2) Encyc. cit., et loc. cit.
LEÇON DEUXIÈME
Devoirs de l'interprète chrétien et catholique en face des apparentes contradictions ou erreurs de la Bible.
fnerrauce de la Bible. — Causes générales des antilopes bibliques. — Trois sortes d'antiloe^ies bibliques. — Antiio^ies doctrinales ; quatre règles pratiques pour les résoudre. — Anlilogies historiques; quatre règles pratiques pour les résoudre. — Antilogies p/ophétigues ; trois règles pour les résoudre.
rcellcs.
La Bible exempte 1. — Nous affifmons d'abord qu'il n'existe aucune contrarie contradictions t .• / n i • • i • -, % , • i
diclion réelle, — historique, doctrinale, prophétique, — dans la Bible.
Les contradictions de ce genre ne sont pas plus possibles
QUE l'erreur dans LES PROPOSITIONS AUTHENTIQUES DE l'EcRI- TURE, QUI EXPRIMENT LES PENSEES DE DiEU, OU LES PENSÉES DE
l'auteur sacré parlant au nom DE Dieu.
Preuves : 2. — Cette asscrtiou incontestable repose
1) Léon xiii; j) SUT l'autorité de Léon XIII, qui rappelle lui-même et
sanctionne la doctrine unanime des Pères, et des Docteurs, à
cet ég-ard : « Adeo Patribus omnibus et Doctoribus persua-
sissimum fuit divinas Litteras, quales ab hagiographis editœ
sunt, aô omni omnino errore esse immunes, ut propterea
non pauca illa quœ contrarii aliquid, vel cUssimile^ vide-
rentur afferre,... non subtiliter minus quam relig-iose com-
ponere inter se et conciliare studuerint )> (i).
2; argument théoio- Au surplus, 2) u'cst-il pas évideut Que si la Bible, en raison g'^ii'c; ... .. . .
de son inspiration divine, ne contient ni ne peut contenir
aucune erreur, elle doit être aussi exempte de toute contradiction? Car, de deux propositions contradictoires l'une est nécessairement vraie, et l'autre fausse . 3) témoignage 3) Tcl cst l'enseignement des Pères. Ils n'admettaient abso-
s. Justin. lumcnt pas que l'Ecriture puisse se contredire quelque part.
Ecoutons saint Justin : « Scripturas inter se pugnare nunquam audebo nec cog-itare nec dicere, sed si qua proponatur 1 Scriptura quic ejusmodi esse videatur, et praHextum quasi \ alteri csset contraria j)rœbeat, ego, cum persuasum habeam
(i) Eiictjc. cil., p. /|0.