‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 211 sur 251 · MOYENS POUR CONNAITRE L'INTERPRETATION DE L'EGLISE · texte numérisé non relu

MOYENS POUR CONNAITRE L'INTERPRETATION DE L'EGLISE

déjà de son temps cette doctrine (i), et les Acta du concile du Vatican révèlent que telle était la pensée commune des Pères de cette illustre assemblée. Et à bien prendre, l'Esprit- Saint qui assiste TEg-lise, et qui inspira l'Ecriture, n'est-il pas la source première de toute vérité, — des vérités naturelles comme des vérités surnaturelles ?

S) Moyens pour 9. — 3) Ouaut à V interprétation elle-même, authentique et

connaître l'interpré- , p .,,., i T i,t^ ,. ,.

tation de 1 Église, miaillible, dc 1 Eglise, nous pouvons la connaître directement

ou indirectement.

a) v.o^Qm directs : Directement, par les définitions solennelles des conciles et

des souverains pontifes (2).

les conciles;

10. — à) Les conciles ont eu parfois à déterminer contre les hérétiques, et à préciser le sens de certains textes intéressant le dog-me ou la morale; mais le nombre de ces textes est relativement fort peu considérable. On cite le texte de Jean, exemples; "1? ^ • ^^^^ 9'^^^ renatus fuerit ex agua et Spiritu Sancto, non potest introire in regnum Dei, expliqué authentiquement par le concile de Trente, Sess, F, can. 4, et Sess. VII, can. 2 ;

— le texte de Jean, x, 3o : Ego et Pater unum sumus, expliqué par le concile de Sardique (3) dans le sens de l'unité de substance du Père et du Fils ; — le texte de Jean, xx, 25 : Accipite Spiritum Sanctum, quorum remiseritis peccata remittuntur eis, et quorum retinueritis retenta sunt^ défini par le concile de Trente, Sess, IV, cap. i et can. 3; — les textes de Jean, xxi, iS-iy (coll. Mtt., xvi, 16-19) • Pf^sce agnos meos, pasce oves meas, expliqués par le concile du Vatican, Constitut, « Pastor œternus », dans le sens d'une primauté de juridiction universelle conférée à saint Pierre ;

— le texte de saint Paul, Ro?n., v, 12 : Per unum hominem peccatum intravit in mundum, et per peccatum mors, et ita in omnes homines mors pertransiit, in quo omnes peccaverunt, entendu par le concile de Trente, Sess., v, can. 2 et 4? du péché d'origine; — les textes àe Mtt., xxvi, 26-28; 3Ic., XIV, 22-24; Lîcc.f xxu, 19-20, avec les parallèles de 7 Cor., XI, 23-25, visés par le concile de Trente, Sess., xiii, can. I et 2 ; — le texte de saint Jacques, v, i4, i5 : Infirmatur quis in iwbis ? Inducat presbyteros Ecclesiœ et orent super eum, ungentes oleo , etc., entendu formellement du

(i) Cf. Saint Augustin, De Gènes, ad litt., lib. I, cap. 21, n. 41.

(2) Ci'. Concil. Vat., sess. 111, cap. 3, De fide.

(3) Sur le concile de Sardique et son autorité, voir Mgr. Héfélé dans le Dictionnaire de la Ihéo' logie caLliol. de Wetzer, Irad. Goschler, t. XXI, pp. 21g, ss.

les souverains pontifes.

b) Moyens i n direct s.

l*..\cmples.

sacrement de rExtrême-Onction par le concile de Trente, Sess., XIV, b) cap. i, et can. i-4; etc. (i).

Id. — b) Les souverains pontifes, quand ils parlent ex cathedra, — au nom et comme pasteurs de TEg-lise universelle, comme vicaires de Jésus-Christ et lieutenants de Dieu (2), — peuvent fixer aussi, ou au moins éclaircir, le sens de certains passages dog-matiques. L'interprétation qu'ils donnent, ou celle qui découle comme un corollaire immédiat de leur définition doctrinale, doivent être embrassées par l'exég-ète catholique. Ainsi, la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception de Marie, par Pie IX, a jeté un jour abondant sur le premier membre du verset i5^ du chap. IIP de la Genèse.

12. — On peut de trois manières connaître indirectement l'interprétation que l'Eglise propose d'un texte : a) par les condamnations portées contre les interprétations des hérétiques; — ^) par la définition de points de doctrine en connexité nécessaire avec des textes bibliques; — c) enfin, par la pratique et la croyance universelles de l'Eglise.

Exemples, a) L'Église a condamné l'hérésie des millénaires, qui appuyaient leur erreur sur Apoc, xx, 4- Nous connaissons donc indirectement par là quel sens il convient d'attribuer au texte de saint Jean. — b) L'Église, dans le concile du Vatican, a défini l'infaillibilité du vicaire de Jésus-Christ. Il nous est donc permis d'après cela de préciser le véritable sens des paroles de Notre-Seigneur dans Luc, xxii, 82. — c) L'Église depuis de longs siècles n'administre plus le sacrement de l'Eucharistie que sous une seule espèce. Cette pratique nous révèle évidemment dans quel sens il faut entendre les textes de Jean, vi, 54-57 ; 1 Cor., xi, 26-27. — d) L'Église a toujours cru universellement à la virginité perpétuelle de Marie. Ce fait nous éclaire sur le sens à donner aux mots priynogenitus (cf. Matt., 1, 20); fratres (Jesu) (cf. Matt., XIII, 55; Marc, vi, 3).

neuUqu^è^ ^mt/wli- 13. DaNS LES CHOSES DE LA FOI ET DES MŒURS, SE RAP-

tionciesPèreZ'*^'*' PORTANT A l'ÉDIFICATION DE LA DOCTRINE CHRETIENNE, l'eXÉ- GÈTE CATHOLIQUE REGARDERA COMME LE VRAI SENS DE l'EcRI-

(i) Il ne faudrait pas assimiler à ces dôfinilions solennelles les explications de textes bibliques que IcscariciU's font entrer dans les considérants d> leurs décrets. Ces considérants « lanlum valent, observe Kolili^ruber (op. cit., p. 203), (luanlum ad veritatcni comprobandam pollcnt ».

(a) Cf. Pesch, Prselect. dogm., l. 1, pp. ^oi-Iioa.

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