‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 213 sur 251 · USAGE DE L'ANALOGIE DE LA FOI CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

USAGE DE L'ANALOGIE DE LA FOI CATHOLIQUE

mterpretari audeat, le décret de Trente équivaut à un précepte affirmatif; tout de môme que ce commandement divin : Non adorabis deos eorum (g-entilium) (i), emportait de soi l'obligation positive, pour Israël, d'adorer Jéhovali, X unique vrai Dieu.

*. C'est pourquoi 4) le décret de Trente ne réprouve pas seu-

lement les fausses interprétations de l'Écriture, données par les protestants au xvi"^ siècle; il condamne aussi par avance, et avec les réserves faites ci-dessus (2), toutes celles que n'importe quel exégète adoptera, en dehors des interprétations formellement arrêtées par l'Église (3).

3e règle dinter- 24. OuANT AUX TEXTES DOGMATIQUES DONT NI l'ÉglISE NI

rétalion catho'" ^

ne : l'analogie la foi catholique.

prétation catholi p. , , , i , ^

que : 1 analogie de LES rERES N ONT FIXE LE SENS, L EXEGETE LES INTERPRETERA

TOUJOURS CONFORMEMENT A L ANALOGIE DE (( LA FOI BIBLIQUE )) ET SURTOUT « CATHOLIQUE )) (4).

Ce qu'on entend 25. — G'cst à saîut Paul qu'cst empruntée cette exprèspar Y analogie de . j • j j r '

la foi. sion : analogie de la foi, àvako-(i(x xriç rdcxeiy^q (cf. Rom., xu,

6). — Nous désignons par là V ensemble des vérités que Dieu a révélées, considérées dans les rapports qu'elles ont entre elles.

^TolieTe^^a ^ot ^^ distingue l'analogie de la foi biblique, et l'analogie de la foi catholique. Celle-là n'embrasse que les vérités contenues dans la révélation écrite de Dieu, — dans l'Écriture; celle-ci, beaucoup plus large, comprend toutes les vérités révélées, et renfermées soit dans l'Écriture, soit dans la tradition. Les protestants, pour qui la Bible est l'unique norme de la foi, ne reconnaissent que la première ; les catholiques, en suivant la première qui, à bien prendre, n'est autre chose que le parallélisme réel ou doctrinal, dont nous avons parlé (5), s'attachent aussi, et davantage, à la seconde qu'ils regardent comme plus complète et plus sûre, attendu qu'elle joint la révélation orale à la révélation écrite, et qu'elle s'appuie, d'ailleurs, sur l'infaillible et vivant magistère de l'Église (6).

nafogTi^dTiaTiia- 26. — C'est donc à la lumière de cette analogie de la foi Sjèse/''"'"'* ^ catholique, que l'interprète expliquera FÉcriture.

(i) Exod., xxni, 24.

(2) Voir plus haut, pp. 536-537, 539-5Ao.

(3) Cf. Ranolder, op. cit., pp. 276-277; 295-3o?; Ubaldi, op. cit., t. lll,pp. 27/4-280.

(4) Cf. Encyc. cit., p. 24.

(5) Voir plus haut, pp. 5o9-5io.

(6) Cf. Ranolder, op. cit. pp. 32I-32G; Kohlgruber, op, cit., p. 261, not. 2.

Ainsi, i) le commentateur sera absolument certain de ne point se tromper. « Dieu étant en même temps l'auteur des saints livres, et des doctrines confiées en dépôt à TÉ^f^^lise, il est impossible de déduire de ceux-là, par une exégèse légitime, un sens qui soit en opposition quelconque avec celle-ci » (i). — De fait, 2) telle a été la méthode d'interprétation des Pères et des apôtres, — témoin saint Paul (cf. // Tim,, 11,2; I Cor., VII, [7), et saint Jean (cf. IJoan., ii^ 24, 27).

Règles directives dans l'usage à faire de l'analogie de la foi catholique.

Ire

27. — On tiendra compte en pratique des observations suivantes.

i) Toute interprétation contraire à l'analogie de la « foi catholique » est fausse et inacceptable, — Exemple. Cette phrase de saint Paul : Adimpleo ea quœ desunt passionum Christi in carne mea... (cf. Coloss., i, 14)5 ne signifie certainement point que la rédemption de Jésus-Christ fut insuffisante ; car un pareil sens répugne à la doctrine générale de l'Église (2), non moins, du reste, qu'à l'analogie de la foi biblique (3).

2) Cependant, toute interprétation conforme à V analogie de la « foi catholique » peut bien n'être pas nécessairement de ce chef la véritable, — Exemple. Conclure, avec les protestants, de ces paroles : Quorum remiseritis peccata remittuntur eis (cf. Joan., xx, 28), que les ministres de Jésus- Christ ont le devoir de prêcher, et d'affermir en prêchant dans le cœur des fidèles la foi chrétienne, principe de notre justification, c'est déduire un sens qui n'est assurément point en contradiction avec l'enseignement de l'Eglise ; et pourtant tel n'est pas le sens vrai de la phrase du Sauveur, comme on s*en convaincra en lisant le concile de Trente (cf. Sess., xiv, can. 3) (4).

Les lois d'hermé- 28- LeS LOIS d'iNTERPRÉTATION CATHOLIQUE EDICTEES

neutique cailioli(iue rri ir ^ > *

ne nuisent pointaux PAR LES CONCILES DE 1 RENTE ET DU VATICAN, LOIN D ETRE UN

piogrèb e exégèse. ^gg^^^-^E AUX PROGRES DE l'hERMÉNEUTIQUE BIBLIQUE, SONT POUR CELLE-CI UNE LUMIERE ET UNE FORGE (5).

Remarque.

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