‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 214 sur 251 · L'EXÉGÈSE CATHOLIQUE N'ENTRAVE POINT LES SCIENCES · texte numérisé non relu

L'EXÉGÈSE CATHOLIQUE N'ENTRAVE POINT LES SCIENCES

en raison de leur contenu ou de leur objet, peuvent être divisés en deux catég-ories : i) les textes qui ne se rapportent ni directement, ni indirectement, à la foi ou aux mœurs; 2) les textes dogmatiques. — Ces derniers sont de deux sortes : il y a : a) ceux dont le sens a été authentiquement arrêté par les Pères ou par l'Ég-lise, et b) ceux sur le sens desquels ni l'Église ni les Pères ne se sont prononcés.

P^'euves: 30. — Or, i) les conciles laissent à Texég-ète toute liberté

d'interpréter comme il pourra, à Taide des principes de l'herméneutique rationnelle, les nombreux passages des Écritures, où la foi ni les mœurs ne sont intéressées. Une seule chose est exigée de lui, c'est que son interprétation ne blesse en rien l'infaillible véracité des saints livres. Ainsi, que personne ne s'avise de contester que Samuel, par exemple, fut le fils d'Anne et d'Elcana (cf./ Reg., i); ce serait supposer que la Bible qui l'affirme, s'est trompée sur ce point d'histoire. Or, la Bible, livre inspiré, ne peut ni errer ni mentir (i).

2^ 2) Quant aux passag-es dogmatiques dont le sens n'a pas été

authentiquement fixé, l'exégète reste libre encore de leur donner telle interprétation qui lui semblera la meilleure, pourvu qu'elle ne contredise point l'analogie de la foi. « Il peut même arriver, observe à ce sujet Léon XIII, que, par un miséricordieux dessein de la Providence, les recherches savantes des commentateurs chrétiens mûrissent des questions, que tranchera plus tard le jugement de l'ÉgHse » (2). De fait, à notre époque, l'étude approfondie des textes relatifs à l'Immaculée- Gonception de Marie, et à l'infaillibilité du Pontife romain, a préparé la proclamation solennelle de ces deux dogmes.

3) Enfin, s'il s'agit de passages dont le sens a été défini, l'exégète n'a qu'à embrasser l'interprétation authentique de l'Église; mais il ne s'ensuit pas que son rôle doive se borner là. Il s'efforcera, enseigne Léon XIII, de rendre plus claire pour les simples fidèles l'interprétation traditionnelle du texte sacré, d'en démontrer pour les savants la vérité et l'exactitude, de réfuter les objections des incrédules et des hérétiques : toutes choses qui exigent beaucoup de pénétration, de recherche, d'étude (3).

(i) cf. Saint Thomas, Surtïm. theol.,1,, p. qusest. xxxii, art* 4« -^ Voir ce que nous avons dit plus haut sur les rapports de la Bible avec les sciences. (2I Cf. Encyc. cit., p. 24.

(3) Cf. Ibid., p. 24.

LëçoNs D^Nt, — 35

Aussi bien les sciences scriptiiraires ont-elles fleuri toujours dans l'Eg-lise, avant comme après le concile de Trente, et — quoi qu'on en ait dit, — les commentateurs catholiques qui se sont fait un nom dans l'histoire de l'exég-èse, ne le cèdent aux commentateurs protestants et rationalistes ni par le nombre et la profondeur des travaux, ni par l'érudition et le génie (i)-

(i) Cf. Encyc. cil., pp. lo-iG.

APPENDICE

LEÇON UiNIQUE Les différents moles d'exposition du sens biblique.

Les principales manières d'expos3r le sens biblique. — La version; ses qualités. — La paraphrase ; SCS caractères; ses qualités. — La scolie; ses caractères. — La glose', les glossaires. — Le commenlaire ; ccueils à éviter dans le conmentaire. — La dissertation ; ses variétés. — Uhomélie ; ses qualités.

Vingt-quatre ma- ^ ^ — Lg domînicain Sixte de Sienne ne compte pas moins de

mères d exposer le il

sens de la Bible. ving-t-quatrc manières différentes d'exposer le sens biblique (i). Qu'il nous suffise de rappeler ici celles qui furent ou qui sont encore le plus en usage, et d'en bien préciser la nature.

Les six principales Qu pcut Ics ramcucr à SIX prlucipalcs : la vei^sion, la »a*

manières. ^ ^ *■. ^ ■*

raphrase., les scolies et les gloses, le commentaire^ les dissertations, Y homélie (2).

l) LA VERSION.

Définition de la version.

2. — La version est la première et la plus élémentaire manière d'interpréter les pensées d'un auteur.

On la définit : Une opération littéraire consistant à faire passer un ouvrage d'une langue dans une autre. Deux catégories de Si la traduction est faite sur le texte original, on dit que la version est immédiate : telle la version des LXX (Ane. Test.). — Si la traduction est faite sur un texte qui est déjà lui-même une version, on appellera cette Seconde version médiate: telles les versions arabes qui dérivent de la version des LXX.

Ouaiitésdune 3. — Qu distiu^uc trois qualités principales d'une bonne

bonne version. , n t i' r \ / »i»'7'

version des Ecritures : la fidélité, la clarté, 1 élégance.

i) La fidélité demande que, pour le fond, le traducteur

(i) Cf. Blbliotheca sanda, lib. m, t. i, p. 289 ; éd. Mitante.

(2) Nous ne mentionnons point Vanalyse. parce qu'elle ne comporte pas l'interprétation du texte à proprement parler. Néanmoins, quand elle est faite avec soin et intelligence, cette dissection méthodique et logique des pensées jette la plus vive lumière sur un livre tout entier, et sur le sens de chacune de ses propositions.

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reproduise les pensées de l'original telles quelles, sans les développer (i),sans les mot/Z^er (2), surtout sans \es fausser (^)^ — et que pour la forme il g'arde, autant que possible, celle de l'auteur^ conservant à la poésie son allure et son brillant, aux figures leurs caractères, à tout l'ouvrage son originalité et sa physionomie propre.

2) La clarté exige la propriété des termes (4), et dans le nombre des mots cette juste sobriété qui exclut le pléonasme et la périphrase.

3) \J élégance requise dans la mesure où elle ne nuira pas à la fidéhté, l'exactitude et la clarté demeurant les deux qualités maîtresses d'une bonne version.

Il) LA PARAPHRASE.

L& paraphrase. ^ — j^^ paraphrase est un simple développement explicatif du texte, dans lequel entrent les mots mêmes^ les expressions, et toute la phraséologie de V auteur. Le paraphrasle n'ajoute donc que ce qui est nécessaire, soit pour montrer la liaison des idées, soit pour suppléer des indications qui manquent, soit pour compléter la pensée de l'écrivain.

^''Sôîe'''^^ ^- — I^ s'ensuit que la paraphrase diffère i) de la version,

4) de la version, laquelle sc contcntc de reproduire avec fidélité les mots du texte dans une autre langue, sans faire disparaître nécessairement l'obscurité du fond, ni expliquer le sens du texte ; — 2) du commentaire proprement dit, o\x l'interprète expose ses réflexions personnelles et expHque à sa manière, et savamment, le sens d'un auteur.

Qualités dune 6. — Uuc paraphrase sera très utile à la condition d'être

uonne paraphrase. /. 7, . / .

fidèle, claire et brève.

Or, i) elle sera fidèle^ si elle traduit complètement la pensée de l'écrivain, sans l'exagérer comme sans l'atténuer. — 2) Elle sera claire, si elle dissipe toute obscurité et ambiguïté à l'aide de circonlocutions convenables, d'additions opportunes, et d'explications solides, empruntées aux lieux parallèles, à l'archéologie, etc. — 3) Elle sera brève, si elle ne porte que sur

(i) Autrement la version deviendrait une paraphrase.

(2) En prêtant, par exemj)Ic, aux mots un sens précis qu'ils n'ont point. Ainsi Schott a eu tort de traduire cette phrase de la / Vet., v,i3 : Woizili-a.^ wj.i; ri lèv BxZuXô^n^ auve/Ae^cW;, par Salutat vos uxor (mea) una inccuin elecla.

(3) Schott encore a chan;i,-c complètement le sens de évcsat; ^'Xwaaai; dans Ad., u, 4, en traduisant

Y^r- noms lonuendi raiionibus. ' '

(/|) La IraJuction latine des psaumes dans la Vulgale pèche beaucoup sous ce rapport, comme chacun sait. or i t r »

2) du commentaire-

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