‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 216 sur 251 · QUATRIEME PARTIE PRÉCIS D'HISTOIRE DE L'EXÉGÈSE BIBLIQUE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE PRÉCIS D'HISTOIRE DE L'EXÉGÈSE BIBLIQUE

LEÇON PREMIÈRE Idée générale de l'exégèse biblique chez les Juifs.

Les premiers interprètes des Ecritures chez les Juifs. — Les écoles d'exégèse juives avant J.-G. —

Méthodes d'exégèse adoptées par les Juifs de Palestine avant J.-C. Le péchât, le derâsch, les

midraschim. — Les premières luttes chez les Juifs sur le terrain de l'exégèse. — La méthode d'exégèse des Juifs hellénistes avant J.-C; l'allégorisme des Alexandrins, de Philon. — Les écoles juives d'exégèse après J.-G. — L'école ialmudique; ses principales productions. — L'école caraïle ses principes. — L'école cabalistique ; ses procédés d'exégèse .- ghematria, nolariqon, témurah, — L'école théologique. — L'école critique. — L'école moderne.

iel^rèi^rdîn %'- ^' — Q"^ ^^ science et le ministère de l'interprétation des vies chez les Juifs. ÉcHtures aient été en honneur chez les Juifs, dès les temps les plus reculés, c'est ce dont il n'est pas permis de douter, car

i) Dieu donna aux prêtres d'Israël grâce et mission pour trancher les difficultés, qui s'élèveraient par rapport à l'intellig-ence de la Loi (cf. Deut., xvii, 8-12; xxi, etc). Aussi les voyons-nous, à l'époque des rois et plus tard, enseignant le peuple, et commentant devant tous le texte sacré (cf. // Par., XVII, 7 ; xix, 8); d'où cet axiome rappelé par Malachie : Labia sacerdotis custodient scientiam, et legem requirent ex ore ejus (11, 7).

D'autre part, 2) il semble bien que la création des « écoles de prophètes », désignées par les rabbins sous le nom de maisons d'interprétation, eut pour but d'initier certains esprits d'éhte à l'étude plus approfondie, plus complète, de la nnn(i).

Les écoles d exé- 2. — Toutcfois, c'cst dcpuis Pexil, et notamment vers la fin

gèse chez les Juifs j , j a > 1 ' l jv * > ^ .-

av. J.-C. du règne des Asmoneens, que les écoles d interprétation scnp-

turaire prirent, chez les Juifs , plus d'importance. Quiconque avait l'honneur d'enseigner, ou d'expliquer la Loi, jouis-

(i) Cf. Vitringa, De aynagnqà vetere, pp. 35o-352 ; Zschokke, Hist. Ant. Test., p, 180, not. 9., éd. 4; Mangenot, art. Écoles des prop/ièles, dans le Dic/ionn. de la Bible,

sait de restime universelle (i); on lui donnait, au temps du Christ, le titre très respecté de rah (maître), de rabbi (mon maître), de rabhan (grand maître), de rahboni (mon ^rand maître) (2). C'est pourquoi les Pharisiens, comme le leur reprochait Notre Seigneur, aimaient tant à être salués dans les places publiques et appelés du nom de maître, — rabbi (3). Les rabbins, du reste, abusèrent souvent de la trop crédule confiance du peuple. « Si Jérusalem a été détruite, répétaiton aux foules, n'en cherchez pas d'autre cause que le mépris qu'elle a eu pour les disciples des sages » (4).

Méthodes dexégè- 3. — Quaut aux methodcs d'interprétation en usage chez

se chez les Jiiif^ de

i^iie^tinc av. j.-c. Ics juifs dc Palestine avant Jésus-Christ, nous ne savons pas par le détail quelles elles furent, mais il y a probabilité qu'elles ne différaient pas essentiellement de celles que suivirent plus tard les talmudistes. Elles se ramenaient d'ailleurs sûrement au péchât (-axi^D) et au derâsch (\27n).

Le péchât consistait à expliquer rigoureusement les mots et les phrases d'après leur sens prupre (y^;ra), à la lumière de la philologie, de la grammaire, de l'archéologie sacrée et profane. C'était l'interprétation strictement dite. — Le derâsch consistait à commenter le texte biblique, de manière à le mettre en harmonie soit avec la loi orale ou écrite, soit avec la loi morale, positive ou naturelle. C'était l'interprétation libre de la Bible.

Le pcchàt.

Le di'ràsch.

La halakha.

4. — Or, ces interprétations développées de l'Écriture constituaient la halakha (n^bn de ^Sn), et la haggâda {rM'^T\ de TUn)- — La première portait sur des faits de jurisprudence ou de pratique religieuse, et avait pour but de régler les rites et l'exercice extérieur de la religion ; c'était l'exégèse halakhi- Le hn <\dn 9^^^ ^'^ légale. — La seconde portait sur les vérités dogmatiques ou morales, et poursuivait la sanctification de l'homme intérieur ; c'était l'exégèse haggadirjue ou morale.

Les résultats exégétiques ainsi obtenus par le derâsch formèrent le midrach, les midraschim.

(i) Cf. Edcrshcim, SIcalches of jewish life al Ihe limes e/J.-C, cliap. VIL

(2) Cf. MIL, xxni, 7 ; Me, x, 5i ; Joan., i, 5o; xx, i6. — Voir Lighlfoot, Hoi^se hehr. et ialm., ad Mit., xxiii, G; Schlcusner, Lexicon, s. v. pa6€l.

(3) Mil., xxiii, 7.

(/|) Traité Scfiahhath, fol. 119, col. 2. — An moyen ât^o, les rabbins cnseif^naient des absurdités comme celle-ci: « Si nii rabbin vous dit i\\ie votre main gauche est à droite, et votre droitcà gauche, vous devrez le croire avec la [)lus complète soumission ». Cité par Edersheim, loc. cit.

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