‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 217 sur 251 · LES PREMIÈRES CONTROVERSES EXÉGÉTIQUES CFIEZ LES JUIFS · texte numérisé non relu

LES PREMIÈRES CONTROVERSES EXÉGÉTIQUES CFIEZ LES JUIFS

ou^.mi Ion cum- 5^ — Qii nc Dcut nici" Quc la méthode midraschique n'ait

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de la niéihode mi- ^i^^ pratitiuce d'asscz bonne heure après l'exil. Nombre de

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passages ou d'indices, dans les derniers livres de l'Écriture, l'attestent. Plusieurs docteurs, qui vécurent avant la destruct'on du second temple, acquirent une grande célébrité par cet enseignement. Tel Siméon ben Cliatah (ioG-79 av. Jésus- Clirist); tels encore Chema'yah et Ablitalyôn, qui reçurent la qualification de darc/iâ?î, « prédicateur, interprète » de l'Écriture ; tels, enfin, ces « explicateurs des choses écrites », « des choses difficiles », qui commentèrent les saints livres après les Prophètes (i).

oium.i surgirent 6. — Dc bounc heure des systèmes contradictoires d'inter-

les premières con- ,. . .rri t-ita- ir-< i ,

iradi( tiens au sujet prctatiou surgircut. Zadoc, disciple d Antigonede Soccho, créa,

de l'interprétation • i ' i i i • • i •

de la Bible. OU au moius oevcloppa, un courant de doctrines qui devait

aboutir au saducéisme. D'un autre côté, Joseph ben Jochanam et Nathan d'Arbèle jetèrent dans le peuple des idées qui, plus tard, sous l'influence de Schammaï et d'Abtalion (2), assurèrent le triomphe de l'exégèse pharisaïcjue et rabbinique (3).

Les Juifsadmirent 7. — Eu tout cas, avaut commc après Jésus-Christ, les Juifs ia?on"typiquè!''^'^" admirciit toujours daus Icurs Ecriturcs, outre le sens littéral (^CUJa), des sens mystiques (typiques) ou spirituels. On en trouvera des exemples i) chez les écrivains sacrés eux-mêmes; voir Osée (m, 5), Amos (ix, ii), Ezéchiel (xxxiv, 23), etc., qui donnent au Messie futur le nom mystique de David ; — 2) chez les écrivains profanes d'Israël, tels que le pseudo-Aristée et Aristobule, antérieurs l'un et l'autre au christianisme (4).

Méthode d'exégèse 8. — Nous counaissous aussi la méthode d'exégèse adoptée

chez les Juifs helié- iT*i*iii'*i i ,i' i^ l17^ ^ >

nistes av. j.-c. par Ics Juiis helleuistes ou alexandrins, des avant 1ère chrétienne. Ce qui caractérise en général leur herméneutique, c'est une tendance marquée à expliquer le texte de l'Ecriture dans un sens figuré et symbolique. On admettait bien théoriquement le sens littéral, mais pratiquement on lui substituait d'ordinaire l'allégorie.

(i) Cf. Wogué, op. cil., pp. 188-189. <•

(2) Voir Hanebcrs", T^istoire de la révéla/ion biblique, t. II, p. i44; trad. Goschler.

(3) Cf. Montet. Esm'i sur les origines de< partis saducéen et pharisien. — Voir aussi les articles Sadncéens et Pharisiens, dans VEncT/clopédie de Lichtenberger.

(4) Voir plus haut, p. 287.

Lespremieis allégorisanls juifs.

Arislobule.

Les premiers qui usèrent de ce genre d'interprétation, à Alexandrie, furent le pseudo-Aristée et Aristobule fn« s. av. Jésus-Christ). Celui-ci, frappé des rapports que présentait la philosophie grecque avec la révélation mosaïque, chercha à concilier en toutes choses Tune et l'autre, sauf à recourir à l'allégorisme, quand la lettre du texte ne se prêtait point au rapprochement. Ainsi, pour lui, la description de l'œuvre des six jours ne signifiait rien autre chose que Tordre et la succession qui régnent dans le monde (i).

Philon.

9. — Mais c'est Philon (3o av. Jésus-Christ), qui contribua le plus à faire la fortune de la méthode exégético-allégorique. Non seulement il en détermina les règles dans son traité De somniis, mais il les appliqua dans ses nombreux travaux sur la Bible (2). « Philon, observe Wogué, fait un véritable abus [de l'allégorisme] : les hommes, les choses, l'histoire et la législation, il allégorise tout, souvent fort ingénieusement, mais au mépris de la vérité et du sens naturel. Les quatre fleuves du Paradis sont pour lui les quatre vertus cardinales; les cinq ^lles de la Pentapole sont les cinq sens, véhicule de toutes les passions, et, partant, de tous les crimes; les tables généalogiques de la Genèse sont des fictions morales, et tous les personnages marquants de la Bible représentent des idées ou des principes, des vertus ou des vices. Non qu'il nie absolument le côté réel des faits ; mais le côté typique (symbolique) y domine si fort que souvent il absorbe et annihile l'autre. Philon se plaît surtout à trouver un sens allégorique et mystique dans les nombres employés par TEcriture, et qu'on a appelés depuis « nombres sacrés », tels que 7 et 10 » (3).

Cette méthode d'interprétation allégorique était aussi celle des Esséniens (4). — Elle fut adoptée en partie plus tard par les docteurs du Didascalée.

dix? ôsr'ris'r' ^^* — Après Jésus-Christ, les écoles juives d'exégèse devin-

^'- rent plus nombreuses. On peut les ramener à six : i) l'école

talmudique ; — 2) l'école caraïte ; — 3) l'école cabalistique ;

(i) C'est dans ses E^yi-j-flatiç t-1; Mtouasto; ^pacpx? dont il ne nous reste (luc dos fragments, qu'Aris. tobule développe son système. — Voir Euscne, IHst. eccl , vn, Sa; Prœpar . (van;/., viii, lo.

(2) Cf. V\(^ouro\\x, M élan g e!f bibliques, pp. 20-33; Nicolas, art. École juive d'Alexandrie, dans V l'encyclopédie de Liclilenberger ; Vigouroux, Diclionn. de la Bible, t. 1, col. 3Go.

(3) Op. cit., pp. aon-rîoO. %

(4) On le pense communcmenl. Cf. Zschokke, op. cit., pp. 349-35o ; Cornely, op. cit., p. 621. — Sur les Esséniens <;t l'essénisme voir Haneberg-, op. cil., t. n, pp. i52-ir)8; Stapfer, art. Esséniens dans V Encyclopédie dv, Licblenber^er ; Ederslieim, op. cit., chap. .\v ; Ilergcnroelber, lîist. de l'Lqlise, 1. I, p. [\-}.o, trad. Hélet.

développèrent.

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