‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 219 sur 251 · sch = 3oo •> i = 10 n h · texte numérisé non relu

sch = 3oo •> i = 10 n h

Or, le mot serpent, en hébreu trn:, représente le même nombre, savoir ^

n h' = 8 ti; sch = 3oo = 358

Donc, selon les cabalistes, le Messie sera vainqueur du serpent (!).

autre exemple : Autrc excmplc. Lcs Icttrcs des deux premiers mots de la

Genèse, en hébreu, Bereschit bârâ, i<ll n^xirsii, forment le nombre 1 1 16, savoir :

tl7 sch = 3oo •î i inr 10

n t = 4oo = 913 a b = 2 1 r = 200 j< a =^ I = 2o3

Total : II 16

Or, on obtient le même nombre en additionnant les lettres qui composent les trois mots hébreux, X27N11, nj^n, N"13:, qui signifient : In principio anni creatus est. Ainsi

1 r r= 200 ;ï; sch = 3oo 2 b = 2

XÏ7 sch — 3oo n h = 5 X a = I

Les cabalistes concluaient de là que Dieu créa le monde (Gen,, 1, i) à l'équinoxe d'automne, qui marque le commencement de l'année civile chez les Juifs (^!j.

LE NOTARIQON ET LA TEMURAH

b) le notariqu jtx;

exemple

autre exemple

18. — Le notariqon enseignait à faire d*un mot une phrase, ou d'une phrase un mot.

Dans le premier cas, on prenait chaque lettre du mot, et on substituait à cette consonne un mot entier commençant par cette même consonne, de manière à obtenir une phrase complète.

Exemple. Le mot hébreu par lequel s'ouvre la Genèse, comprend six lettres : :i, n, ^<, ur, \ n. Or, en substituant à chacune de ces lettres initiales un mot entier, commençant par la même lettre,

= Creavit,

= Firmamentum,

=z Terrani)

de B, n je fais Bârâ

de R, 1 — Râçia

de A, N -^ Ke7^ets

de SCH, ti; — SŒiâynaim = Cœlos,

de I, •> — lâm = Mare,

de T, n — Team = Abyssum

Dinn

D'où les cabalistes se croyaient en droit de conclure que le premier mot de la Genèse renferme à lui seul une description de la création entière.

Dans le second cas, — pour faire d'une phrase un seul mot, — on réunissait les consonnes initiales de chacun des mots hébreux, qui formaient la phrase.

Exemple. Les initiales des mots hébreux composant cette phrase : Quis adducet [nos ad cœluni] ? sont les suivantes : a, % S, n. Or, en rassemblant toutes ces initiales dans un mot unique, j'obtiens le substantif '^^^''2, qui sig^nifie en rabbinique (i), clrcumcisio. Donc, c'est par la circoncision qu'on va au ciel. Comme, de plus, les lettres finales des mots hébreux de la phrase précitée, savoir, i, n, % n, forment par leur réunion le tétragramme divin mn'', les cabalistes ajoutent que Jéhovah ouvrira le ciel à quiconque aura été circoncis.

c)\a.iemurah; \Q — Enfin, la temurah enseignait à ti^r d'un texte de rÉcriture différents sens, soit en transposant les consonnes d'un même mot de manière à reconstituer un mot nouveau, soit en substituant aux consonnes du mot d'autres consonnes, par exemple, à la consonne iS la consonne n, à la consonne 3 a consonne ^, etc.

(i)Cf. Buxtorf, Lexicon talmud., col. 1177.

562 LEÇONS D'IiNTRODUCTIOiN GÉNÉRALE

exemple: Exemple. Dans Exod., xxiri, 20, 28, Jéhovah parle de son

ange, qui marchera devant Israël. Le mot qui sig-nifie ange se compose en hébreu de fjuatre consonnes : a, S, N, •], auxquelles s'ajoute la consonne du pronom suffixe v Or, je puis transposer ces lettres ainsi : D, ^ D, N, S, et hre S»st3"'>2. D'où je conclus, que Tang-e de Jéhovah n'était autre que l'archange saint Michel.

Inutile d'observer que ces combinaisons de chiffres et de lettres ressemblent moins à des procédés d'exégèse, qu'à de véritables tours de prestidigitation.

les jû'ifs''ïu^ mo7et 2^' — Parmi les docteurs juifs qui illustrèrent le plus ces ^®* différentes écoles, nous mentionnerons, en suivant l'ordre

chronologique, les suivants. — i) Jarchi {Raschi), né à Trojes (Champagne), en io4o, mort en iio5, très estimé des •^iens. Il fonda l'école talmudique française. Jarchi a laissé des commentaires sur tout l'Ancien Testament et sur le Talmud. Le caractère de son exégèse est d'être littérale, traditionnelle aussi, sauf pourtant dans les passages messianiques qu'il a interprétés différemment des A?iciens par haine du christianisme (i). — 2) Aben-Ezra, le Sage par excellence, né à Tolède en 1092, mort en 1167. Il a écrit des commentaires sur les livres (excepté les Paralipomenes) de l'Ancien Testament, et d'autres opuscules très goûtés de la synagogue, qui le regarde comme un de ses meilleurs interprètes. L'exégèse d'Aben-Ezra est savante, littérale, concise et serrée; elle aie tort d'être parfois trop indépendante et trop hardie. — 3) Moïse Maïmonide, espagnol de naissance, comme le précédent, né à Cordoue en II 35, et mort en 1204. Ses coreligionnaires l'ont surnommé le « flambeau d'Israël, la lumière de l'Orient et de l'Occident ». Il n'a point composé de commentaires proprement dits sur la Bible, mais il a publié de nombreux travaux sur la 3ïischna, sur les doctrines et coutumes religieuses du judaïsme. Le plus connu de ses ouvrages est intitulé Guide des égarés; c'est un trai^^ philosophico-théologique, tendant à concilier la révélation biblique avec la philosophie d'Aristote (2). — 4) David Kimchi (i 170-1240), originaire de Narbonne, fut exégète, grammairien, lexicographe. Son commentaire sur les Psaumes, où il ne fait pas toujours preuve^d'impartialité vis-à-vis du christianisme (3), est estimé. Kimchi doit principalement

(1) Voir Iloscnmiillcr, Scholin In Ps., f. I, p. 38 ôd. 2.

{?.) Voir sur Maiinonido, l'arlielc tle Sloni d:u\sVEncyclop.des sclenc. relig.; Wojjué, op. cit., pp. 233, ss.

(3) Voir dans Rosenmùller, loc. cit., ce que le rabbin tic Narbonne pensait de l'objet du psaume II.

LES ECOLES TIIEOLOGIOUE, CRITIQUE ET MODEKNE 503

sa réputation d'érudit à son dictionnaire hébraïque, ou « livre des racines ».

4) École jhéoiogî- 21. — 4) L'écolc dite théologique, et qui prédomina à par-

tir du XV® siècle jusque vers le xvni% fut une école « d'exégèse rationnelle sans témérité, pieuse sans servilité, également éloignée des licences de la spéculation libre, et des conceptions arbitraires, ou puériles, du mysticisme w (i). On étudia davantage le texte biblique à la lumière de la grammaire; on consulta le contexte et les lieux parallèles; l'interprétation de rÉcriture devint beaucoup plus littérale, plus exacte, plus historique.

Parmi les meilleurs exégètes de cette école, on distingue Abravanel (i437-i5o8), Elias Levita (1471-1549), Azarias de Rossi (i5i 7-1677), etc., etc.

5) École cn7i?Me. 22. — 5) Avcc Mendclssohn (1729-1786) apparaît l'école

dite cjntique. Ce rabbin fut à son époque ce qu'avait été Maïmonide au moyen âge, le restaurateur de l'exégèse et des sciences juives en général, y compris la science du Talmud. Les travaux de Mendelssohn sur le Pentateuque sont particulièrement estimés des Juifs. Son interprétation est grammaticale, serrée, savante; sa critique est modérée, sagace, consciencieuse; pour tout dire, il a fait école parmi ses coreligionnaires.

6) École moderne. 23. — 6) Enfin, l'écolc modeme, représentée par Munk,

Luzzato, Zunz, Geiger, Fiirst, Wogué, etc., préconise, comme la précédente, l'étude critique, grammaticale, historique, de la Bible. Plusieurs de ces savants ont même des idées plus larges, que beaucoup d'autres interprètes israélites des âgés antérieurs; ils ne dédaignent point de se servir parfois des travaux chrétiens sur l'Ecriture. Les catholiques peu^ vent aussi profiter à leur tour de ces travaux des Juifs modernes, où se trouvent de précieux renseignements touchant l'histoire, les us et coutumes, l'archéologie d'Israël (2).

(i) Wogué, op. Cit., pp. 282-283.

(2) Sur l'histoire de l'exégèse biblique chez les Juifs, voir Bartolocci, Bibliotheca rabhinica de scripioribus et scriptis hebv. et talm. ;WoU. Biblioth. hebr.; Bacherj Die Judisché Bibelexegese; Woguéj op. cit. ; etc.

LEÇON DEUXIÈME

L'exégèse biblique aux temps apostoliques et dans l'Église d'Alexandrie.

L'exégèse des livres saints dans les discours de J.-C, et dans les écrits des apôtres. — L'exégèse scripluraire chez les Pères apostoliques, — L'école exégélique d'Alexandrie. — Le Didascalée. — Saint Pantène, Clément, Origène. — Les successeurs d'Origène. — Les derniers maîtres du Didascalée.

Lcxégèsebibiique ^^ — L'exég-èsc scrlpturalre n'attciç^nit point du premier

chez les Chrétiens , <^ ^ .

eut de modestes couD dans rÉûlisc Ic dcffré dc ijerfection qu'elle possède au-

coinmencements. ^ '^ "^ *• , ^ *

jourd'liui. L'herméneutique chrétienne eut ses commencements, — qui furent modestes; peu à peu elle se développa. Le temps et l'expérience aidant, on posa des principes, on fixa des règ"les; bref une méthode d'interprétation fut créée.

Les progrès, comme les transformations, de cette méthode chrétienne d'exég"èse sacrée s'exphquent par les circonstances de temps, de lieux et de personnes; nous allons le voir.

jésus-christ inter- 2. — L'histoirc dc Tcxégèse chrétienne des Ecritures complète des Ecritures, j^gnce à Jésus-Christ, et aux apôtres.

Nul doute que les explications du texte biblique données par le Sauveur n'aient été infaillibles; c'était la A^éritable exégèse authentique de la parole inspirée. « A l'aide des Écritures, dit Léon XIII, le Christ montra qu'il était Dieu, et envoyé de Dieu. C'est aux Ecritures, qu'il emprunta ses enseignements pour les transmettre à ses disciples; c'est leur témoignage qu'il invoqua contre les calomnies de ses détracteurs, qu'il opposa aux Saducéens et aux Pharisiens.... Enfin, c'est encore l'Écriture qu'il expliqua à ses apôtres après la résurrection » (i).

Remarque. Mais Ic Maître n'interprétait ainsi les livres sacrés qu'en

passant.

Les np.Mrcs intpr- 3. — Los apôtrcs fircut dc mcmc. Cependant leur exéiii'èse

pn-tcs des Lcrilu- i i> • ii» i »• i 1^1

les. des textes de 1 ancienne alliance est déjà plus étendue, plus

(i)Cf. Encyc, cU., p. G. — Voir Matt., xiii, i4, i5; xv, 8-(); xx, i3; Marc iv, 12 vu, G ; xv, 17; Luc, XIX, 4G; XXIV, 27, 44-4G; Jean, xii, 4o.

L'EXÉGÈSE AU IIo f:T AU IIÏ^ SIÈCLES 565

dog-ma tique. Saint Pierre rappelle et commente au long des passages de la Loi mosaïque, pour prouver qu'elle sert de base Saint Paul. à la Loi chrétienne (i). Saint Paul surtout excelle dans l'interprétation littérale et mystique des Écritures. Il avait été élevé à l'école rabbinique de Gamaliel (cf. Act., xxir, 3; GaL, i, i4), et certainement son exégèse a g-ardé de la méthode du célèbre docteur jérosolymitain la vigueur, la subtibilité, et une tendance marquée pour la typologie (2), — sans compter maintes formules et expressions, qui dénotent quelque peu l'influence du pharisaïsme (3).

Saint Paul fut le fondateur de l'exégèse théologique chrétienne.

L'exégèse aux deux £^ — Sous la plume dcs Pèrcs et des écrivains des deux

premiers siècles. ...

premiers siècles, l'interprétation scripturaire alla se dévelop- Ses difrérentes paut davantage. Elle affecta tantôt la forme épistolaire, comme dans les lettres de saint Clément pape, de saint Ignace, de saint Polycarpe; tantôt la forme parénétique, comme dans le Pasteur d'Hermas; tantôt la forme apologé^ tique ou polémique, comme dans les savants ouvrag-es de saint Justin (4) et de saint Irénée (5).

Au sein des assemblées chrétiennes, l'exégèse des saints livres se faisait sous forme à' homélies; c'était l'antique haggada juive, moins les exagérations et les puérilités.

Développements d exég me s.

l'exégèse biblique au 5. — Avcc Ic lu® sieclc S ouvrc uuc pcriodc nouvelle, plus riche en travaux de longue haleine sur la Bible. Alors parurent les premiers commentah^es proprement dits. — L'heure était propice. Le christianisme sortait vainqueur de la lutte avec le polythéisme. Partout la foi divine s'implantait; les sièges épiscopaux devenaient plus nombreux. Aussi bien cet époque vit-elle surgir ces fameuses écoles de catéchèse, dont le programme ne contenait guère autre chose que la lecture, l'explication, la défense des saintes lettres (6).

L'école exégétique d'Alexandrie.

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