‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 221 sur 251 · CLÉMENT ET^ ORIGÈNE 5G · texte numérisé non relu

CLÉMENT ET^ ORIGÈNE 5G

iScriplurairc; nous savons cependant qu'il expliqua la Bible clans des leçons orales, — peut-être aussi dans des commentaires écrits (i). L'exégèse de saint Pantène fut souvent allégorique.

Sa principale gloire est d'avoir été le maître de Clément.

Les successeurs de 9. — Clémcut (160-217?), — l'uu dcs csprits Ics pIus brillants et les plus cultivés de l'antiquité chrétienne, — jeta sur le Didascalée un très vif éclat, tant par son érudition classique 1) Clément. quc par sa profonde science des Ecritures. 11 fut cependant moins exégète que théologien ; ses explications du texte sacré sont fondues dans son enseignement, comme on peut s'en convaincre en lisant le Uçioq 'EXXïjva;, le U.v.^oL-^(ù^[6q et les ZTpbiimxziç, On croit que son autre ouvrage, intitulé Y-jîotutugjjeiç, se rapportait plus directement à la Bible (2), mais nous ne l'avons plus.

Caractère de son exé- Gc qui distiuguc Tcxégèsc dc Clément, c'est i) une érudi- ^^^'^' tion hellénique peu commune; — 2) une tendance déjà trop

marquée à l'allégorisme, et — 3) une vive piété.

Clément devait être surpassé par Origène, son disciple.

2)0rigène. 10. — Origènc (i85-253) fut la lumière de son siècle, et

l'orgueil du Didascalée : « Inter Orientales (Patres), dit Léon XIII, principem locum tenet OrigeneS^celeritate ingenii et laborum constantia admirabilis » (3).

Nommé à dix-huit ans, par l'évoque Démétrius, professeur et chef de l'école d'Alexandrie, il étonna ses compatriotes par son immense savoir et la prodigieuse activité de son génie. Aucune des sciences humaines ne lui était étrangère; mais c'est encore à l'étude des saints livres qu'il s'adonna le plus passionnément. Exégète, critique, théologien, prédicateur, Origène fut tout cela, et à un degré rare.

Ses succès prodigieux excitèrent contre lui l'envie de plusieurs. Contraint de s'exiler, le célèbre Alexandrin se retira à Césarée de Palestine, où il créa une école qui, sous son habile direction, devint de bonne heure florissante, et que fréquenta saint Grégoire le thaumaturge (4).

(0 Voir cependant Clément d'Alex., S^/'om., I, I.

(2) Cf. Eusche, Hist. ecc/es., lib. vi, cap. i3, 14.

(3) Ericyc. cit., p. 12. . ,

(4) Nous ne savons pas trop ce quedevint cette, école de Césarée après la mort d Origene. Une chose paraît certaine, c'est que vers la fin du ui" siècle ou au commencement du iv% Pamphile, g'rand admirateur dOrigèiie et du prêtre Dorothée, — il avait suivi les leçons de ce dernier à Antioche, — rétablit à Césarée l'ancienne école exégélique, où Eusèbe, l'auteur de VHistoire ecclésiastique, l'ut appelé un des premiers à expliquer les saints livres. L'école de Césarée n'a point une physionomie à part dans l'histoire; ses docteurs dépendent à la fois de l'école d'Anlioche et de celle d'Alexandrie.

508 LEÇONS D'INTKODUCTION GENERALE

Ouvrages dOrigène. ^^ — Noiïibreux soiit Ics ouvragcs d'Origène sur la Bible (i); nous ne parlerons ici que de ses travaux exégétiques.

On les range en trois catégories : i) les homélies; — 2) les commentaires (ou xqj.ot); — 3) les scolies. Ces dernières sont perdues. — Quant aux homélies et aux commentaires, nous en possédons encore d'importants fragments.

Caractère de son 12. — L'cxégèsc d'Origèuc accusc i) une érudition im- ^^^^ ' mense; — 2) une hardiesse et une originalité de vues peu com-

munes; — 3) une passion pour l'allégorisme, qui le pousse parfois jusqu'à négliger trop le sens littéral (2). Sa théorie des sens g^ théoric dcs scus dc l'Ecriture était conforme à la doctrine

scripturaires.

tricliotomique de Platon, qu'il professait; conséquemment, il admettait trois sortes de sens bibliques : i) le sens corporel, 10 ao)[jLaTr/.6v (littéral et historique), — qui sert de base à tous les autres, et qu'on peut garder tant qu'il ne renferme rien d'étrange, ni de contraire à la morale chrétienne (3); — 2) le sens ps?/chique, ib ij^uyixév (moral et tropologique), qu'on doit substituer en certains ^as au sens corporel; — 3) le sens pneumatique, ib :iv£U[j.aiaov (mystique, anagogique, allégorique), qui est le plus excellent de tous, et celui qui mérite les préAtrences de Texégète initié aux secrets de la vraie gnose. Le système d'interprétation allégorique d'Origène a été réprouvé par l'Eglise, et par la tradition, dans ce qu'il a de faux et d'exagéré (4).

L'école d'Alexandrie 13. — Après lamort d'Origèuc, l'école d'Alexandrie déchut

après Origène. p • i • i •

peu à peu de sa splendeur. Toutefois le maître avait laissé des disciples, dont plusieurs jetèrent encore quelque éclat sur l'histoire de l'exégèse en Egypte, au m® siècle. Denys d'Alexandrie. Uu principalement cst rcsté célèbre, saint Denys le Grand (200-264). Quand Héraclas, successeur d'Origène, fut nommé évêque d'Alexandrie, en 23 f, Denys le remplaça à la tète du Didascalée, jusqu'au jour où il fut lui-même promu à l'épiscopat (248).

Saint Denys suivait dans son interprétation de l'Écriture la méthode d'Origène, hormis les exagérations ; il eut moine à défendre les principes du grand Alexandrin contre les mil-

(1) Voir plus haut, j)p. 290-299.

['>.) (If. Oi'igrne, Us?'- àp/,ô)v, iv, i5; InJonn., tom. x, 3. Voir plus haut, pp. 4^->. 47<ï«

[W] InNwn, homil., xi, i; Hîfî àf/.^". 'V, 12.

(4j Voir plus haut, pp. 470-47 ».

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