LES DERNIERS MAITRES DU DIDASCALÉE
lénaires, et en particulier contre un de leurs chefs, Tévcque Népos d'Arsinoé. Dans son ouvrag-e, composé pour cette circonstance, et intitulé les Promesses, ITspl lr.cf.-x^(z\im , l'évêque d'Alexandrie osa mettre en doute l'authenticité de VApoca- Ujpse (i). — Nous n'avons plus que des fragments de son Commentaire sur VEcclésiaste (2).
Les derniers maîtres 14. — A partir de l'au 264, époque de la mort de saint Denys, l'histoire du Didascalée d'Alexandrie devient obscure. Eusèbe rapporte que le successeur de saint Denys fut Achillas (3), dont nous ne connaissons que le nom. A ce dernier succédèrent Théognoste et Piérios (4). S'il faut en croire ? Théodoret(5), Arius (-[-335) aurait pendant quelque temps rempli la charge de catéchiste et d'exégète dans le Didascalée, mais l'opinion de l'évêque de Gyr n'est confirmée par personne (6). Ce qui est plus certain, c'est que Didyme l'aveugle (3o8-397) dirigea la fameuse école pendant près d'un demi-siècle (7). De tous ses commentaires sur les Prophètes, les Psaumes, Joby saint Jean et saint Matthieu, il ne reste que des fragments ; par contre, nous possédons ses Brèves enarrationes in epistolas canonicas, traduites en latin par Épiphane le scolastique.
L'école catéchétique du Didascalée, comme telle, ne survécut pas longtemps à Didyme l'aveugle ; elle disparut dans la première moitié du v® siècle. Néanmoins, l'exégèse biblique continua d'être en honneur à Alexandrie, et l'influence d'Origène y persévéra (8).
i) Voir plus haut, p. i8i.
2) Cf. Eusèbe, HisL.eccles.^ vu, 26, —Voir Fessier, înstilutiones patrolog., t. I, 337-34I.
3) Cf. Hist. eccles.y toc. cit.
4) Cf. Batiffol, Anciennes littéral, chrétiennes; la littérature grecque, pp. i84-i85,
5) Hist. eccl., 1, i.
6) En tout cas, Arius appartient plus encore à l'école d'Antioche, par Lucien, son maître, qu'à l'ée d'Alexandrie.
7) Cf. Sozomène, Hist. ëccL, m. i5.
,8) Sur l'école d'Alexandrie, voir Vig-ouroux, Mélanges bihlici'ues, pp.2o-36; Hevue biblique, année
iSq-î, pp. 54-59; Diction, de la Bible^ t. I, col. 358, ss ; Guericke, De schola quœ Alexandriae fiamit; Jules Simon, Histoire de l'école d'Alexandrie; Harnack, art. Alexandrische Katechetenschule, dans la Realencyclopœd. fur prot. Theol., etc.
LEÇON TROISIÈME L'exégèse biblique dans l'école d'Antioche.
L'école d'Antioche rivale de celle d'Alexandrie; trois périodes dans son histoire. — Les origines de l'école d'Antioche; Malchion, Dorothée, Lucien, etc. — Caractère de l'exégèse antiochieune. — L'âge d'or de l'école d'Antioche. — Diodore de Tarse; ses travaux, son exégèse. — Théodore de Mopsuesle. — Saint Jean Clirysostome. — Théodoret. — l'oiychronios et Isidore de Péluse. — La décadence de l'école d'Antioche; les derniers Antiochiens.
Lccoie d'Antioche. ^ ^ __ L'écoIc d'exég-èsc d'Antiochc fut la rivale de celle d'Alexandrie, au iv*^ siècle. De date plus récente que le Didascalée, elle ne tarda pas à Tégaler, à le surpasser même sous certains rapports.
Origène, Torg-ueil de l'Eg-lise d'Ég-ypte, reste sans doute un maître hors de pair, mais les Antiochiens peuvent lui opposer avec lierté^saint Jean Chrysostome, dont la g-loire est plus pure, et la célébrité non moins universelle,
ih?s?oii^e^'^i?e^7(fco'îe ^^^ critiqucs partagent l'histoire de l'école d'Antioche en trois périodes : les origines, 1 âge d'or, la décadence.
n'Aulioche.
1) r.cs origines. 2. — La période des origines commence à peu près vers
l'an 29O;, et s'étend jusqu'à l'année 870.
Maichiun. Le véritable créateur de l'école paraît avoir été Malchion,
dont les leçons catéchétiques étaient fort goûtées à Antioche (i), et qui se distingua au concile tenu en cette ville (269) contre Paul de Samosate (2), Mais son œuvre fut développée et organisée par deux de ses élèves, les prêtres Dorothée et Lucien, qui couronnèrent l'un et l'autre leur vie par le martyre.
Dorothée. Le premier (mort vers 290), au dire d'Eusèbe (3), connais-
sait à fond les Ecritures qu'il expliquait avec un art merveilleux, en recourant à la langue hébraïque qu'il avait apprise
' Lucien dans ce but. — Le second (f 3r2), non moins versé dans la
connaissance de l'hébreu, dans la science de la critique et de l'exégèse, jouissait d'une réputation telle qu'au pied de sa chaire les disciples accouraient en foule.
(1) Cf. Eusèbe, Ilist. eccl., vu, 29. Malchion avait fondé on cette ville un Trauîe'jTT.stcv, où il réunissait nombre de disciples. Cf. Balirtbl, op. cit., pi>, 187-188. (3) Cf. Balirtbl, op. cit., p. i36.
\3) Cf. llLst. eccli's., vu, 32.