AGE D'OR DE L'ÉCOLE D'ANTIOCÏIE
A l'ccolc de Lucien se rattachent Eusèbe de Nicomédie, Eusèbe d'Enièse, auteur de commentaires sur XEpitre aux Galates^ et le trop fameux Arius. En souvenir de leur maître, ils s'appelèrent Aouy^iavi^ial.
Caractère de Texégè'ïe'ies Anlioohiens
3. — Ce qui caractérisa, dès le début, le genre d'interprédôsie principe. tation adopté par Técole d'Antioche, ce fut
i) larecherche du sens littéral, et — 2) l'emploi de règles herméneutiques fondées sur la grammaire, la critique et Thistoire. Cette méthode était excellente. Lucien eut l'honneur d'en poser les principes, et il sut les appliquer avec autant de sagesse que de succès. On ne s'étonnera pas, dès lors, qu'un certain antagonisme se soit élevé entre l'école d'Antioche et celle d'Alexandrie, dès les premières années du iv^ siècle. Plus tard l'opposition n'alla qu'en s'accentuant.
^^coifdAniiodie?' ^' — ^^"^ ^^ décHn du IV* siècle, et au commencement du v'' (370-430), l'école d'Antioche atteignit son apogée. A ce mo-
Diodore de Tarse, i^ent-là, — de Syo à 394, — Ic célèbrc Diodore de Tarse, aidé de ses amis Evagre (i) et Cartérius (2), enseignait dans les monastères de la capitale syrienne toute une jeunesse avide de recueillir ses savantes leçons.
^®^ éièvcsf^"'' ^^ premier rang des disciples de Diodore, on remarquait
Théodore et Jean. Le second mérita plus tard par son éloquence le glorieux surnom de Ghrysostome; le premier était le futur évêque de Mopsueste.
Diodore écrivit des commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Testament; nous n'en avons plus que des fragments,
Herménenthrue de 5. — Sou herméncutiquc dut être celle de Lucien, mais plus systématisée et plus complète. Elle se ramenait aux points suivants: i) rechercher avant tout le sens littéral; — 2) s'aider dans ce but de la grammaire, de l'histoire et du contexte; — 3) distinguer soigneusement le sens littéral propre du sens littéral métaphorique; — 4) admettre les sens mystiques partout où ils sont dûment constatés; — 5) n'user qu'avec modération et prudence du sens spirituel et allégorique.
Diodore eut à défendre ces principes contre les Alexandrins, dans un ouvrage dont il ne reste que le titre : v,c, Sia^opà
(i) Cf. saint Jérôme, De vir. ilLust., 126. (2) Cf. Socrates, Hist. écoles., vi, 3.
Théodore de Mopsuesle.
Ses exagëralions.
Sa condamnalion.
6£0)p'a<; xal à XXsYopiaç ; De la différence entre l'interprétation ti/pigue et V interprétation allégorique (i).
6. — Celui des élèves de Diodore qui poussa le plus loin les principes d'exégèse grammaticale du maître, fut Théodore de Mopsueste (350-428); par ses exagérations et ses hardiesses il prépara même les voies aux erreurs nestoriennes.On l'a appelé le père du rationalisme. Esprit fécond et perspicace, Théodore était merveilleusement apte à saisir toutes les nuances d'un texte, et à les rendre avec un rare bonheur; mais trop indépendant par nature, il devait se briser à l'écueil de la contradiction. Aussi bien, les doctes travaux qu'il composa pour la défense de l'école d'Antioche, sont-ils remplis d'assertions outrées, téméraires, choquantes; ses commentaires sur Joô et le Cantique des cantiques renferment des faussetés, qui ont valu à leur auteur les anathèmes du v® concile œcuménique. Nous n'avons en entier de Théodore de Mopsueste qu'un commentaire sur les petits Prophètes^ — estimé.
Théodore eut pour principaux disciples Théodoret et Jean, les futurs évoques de Gyr et de Jérusalem, ainsi que le trop célèbre Nestorius.
Jean Chrysostome.
Son exégèse.
Ses ouvrages.
7. — L'autre élève de Diodore de Tarse, Jean, surnommé Chrysostome (847-407)1 sut éviter les écarts de son ami et compatriote, Théodore de Mopsueste. Conformément à la méthode de son maître, il a expliqué le sens littéral des Ecritures avec une précisiorr, une clarté, une élégance, que les autres Antiochiens n'atteignirent jamais. Orateur, théologien moraliste, il occupe sans conteste le premier rang parmi les interprètes de l'Église orientale (2). Son admirable commentaire sur saint Paul est regardé comme son chef-d'œuvre. Nous avons encore de lui de remarquables homélies sur les x\ctes^ sur le premier Evangile et sur le quatrième. Chrysostome a écrit aussi sur l'Ancien Testament ; de ses travaux sur cette partie de l'Ecriture le meilleur et le plus apprécié paraît être le commentaire des Psaumes,
Théodoret.
8. — Dans la première moitié de ce v^ siècle (393-458), Théodoret, élève de Théodore de Mopsueste et grand admirateur de saint Jean Chrysostome, continua les saines tradi-
(i) Cf. Dniidir.m, l^nci/rlop. des scintc. rétif)., t. i, p. 873.
(3) Snr saiul Jraii Chrysoslomo, voir WWvmaiu, Metiuif/es, l. m, j»
a/(0, ss
p.352-3()3; I3alifFoI. op. cit., pp.