‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 226 sur 251 · Parmi les critiques bibliques, nous mentionnerons · texte numérisé non relu

Parmi les critiques bibliques, nous mentionnerons

particulièrement Masius(Van der Maas), né en i5i6, mort en

- 1578, l'un des éditeurs de la Polyglotte d'Anvers, qui parut de

1569 à 1572. — Luc de Bruges, dont nous avons parlé plus

(1) Voii" Daiiko, Des. Snùp'. Comm3n(a>'ius, ^p.3\i-2\o ; Y'i^ouroux, Manuel biblique; Cornel}^ op. cit., pp. 724-732; Zapletal, op. cit., p. 171.

LEÇONS d'iXT. 38

Critiques du xvi's.,

haut, collabora avec le précédent. — Arias Montano (1527- 1698) se distiiig-iia aussi par son érudition critique. etduxvu'. Mariana (1537-1624) est Fauteur d'une savante disserta-

tion sur la Vulg-ate. — Morin (1591-1609), de l'Oratoire, également versé dans la connaissance de l'histoire, de la théologie et des langues, a laissé de remarquables travaux sur le texte hébreu et sur la version des LXX. Il fut Tun des principaux éditeurs delà Polyglotte de Paris, qui parut de 1628 à iG45.

ciitiqiiesciuxvirios, 1 1 . — ^ Bernard de Montfaucon (1655-1741), bénédictin français, s'est rendu célèbre par ses recherches sur les Hexaples d'Origène. — vSabatier (i 682-1 742), du même ordre que le précédent, a travaillé sur le texte de l'ancienne Italique. ^ — Richard Simon (1638-1712), prêtre de l'Oratoire, l'un des hommes les plus érudils de son temps, est regardé par beaucoup comme le père de la critique moderne. Il eut quelques hardiesses, qui lui valurent des reproches sévères de la part de Bossuet et d'autres théologiens (i). — Houbigant (1686- 1783), de la congrégation de l'Oratoire, célèbre par son érudition hébraïque, et ses travaux de critique sur l'Ancien Testament. — Fabricj (i 725-1800) a écrit deux Aolumes de Considérations critiques sur la pureté et l'intégrité du texte original des livres de V Ancien Testament. et du xix=. Bernard de Rossi (i 742-183 1), célèbre orientaliste italien,

est l'un des plus savants critiques des temps modernes. — Vercellone, de Tordre des Barnabites, mort en 1868, nous est connu par ses Varice lectiones Vulgatœ latinœ ; etc. (2).

m) Introductions et Grammaires.

Principaux auteurs 12. — Lc premier qui ait composé une introduction en

(\'Introductio7i.s, ^ ■% ,> , ^y. • . -r^'. p.!

règle, et a peii près complète, aux saintes hcntures tut le dominicain Sixte de Sienne (i520-i569). Sa Bibliotheca sacra était un chef-d'œuvre pour l'époque; elle est encore estimée. — Bonfrère (i 573-1 643), jésuite français, marcha sur les traces du précédent ; il nous a laissé d'excellents Prœloquia in totam s. Script. — Iluet (1630-1722), évêque d'Avranches, a traité dans sa savante /Jemo?ist ratio evangeUca maintes questions se référant à V Introduction. — Ellies Dupin (1657- 17 19) est l'auteur de Prolégomènes sur la Bible. — Masclef

(i) Voir dans la Berne dliistoire cl. de /Ulc'raliire relijieuses (années 1890-1897) plusieurs articles remarques de INIart^ival sur llichard Simon.

(2) De nos jours la crili([ac bibliiiuc compte d3 trop nombreux représentants pour (pic nous les cillons Ions ici.

PRINCIPAUX ARCHEOLOGUES ET GEOGRAPHES SACRES SgS

(i 662-1 728), docte hébraïsant français, a composé plusieurs grammaires orientales. — Le bénédictin Guarin, mort en 1729, est l'auteur d'une g-rammaire hébraïque et d'un lexique; etc.

de gramviaircs et Dc nos jours, Gcsenlus, Wiucr, Beelcu, Schleusner, Wilke, xiq(e6. Preiswerk, Yosen, Chabot, Schelling-, etc., etc., ont pris place parmi les grammairiens et lexicographes bibliques. — Quant aux auteurs d'Introductions, ils sont fort nombreux; citons seulement pour mémoire Kaulen, Vig-ouroux, Cornely, Trochon, Ubaldi, chez les catholiques.

iv) Archéologie biblique.

Principaux ar- 13. — Parmi Ics anciens écrivains catholiques qui ,onl

chéologues sacrés . «vii ii <•/

catboiiques. traite cette matière, les plus connus, ou les plus estimes, sont

le jésuite de Pineda, que nous avons déjà nommé. Son traité De rébus Salomonis fait autorité. — Villalpand, dont l'ouvrage sur la ville et le temple de Jérusalem jouit encore d'une haute estime. — Calmet, dont le Dictionnaire biblique et les savantes Dissertations servent de mine aux érudits de nos jours. — Bernard Lamy (1640-1715), prêtre de l'Oratoire, dont le traité sur le Tabernacle mosaïque^ Jérusalem et le temple, n'est pas sans valeur. — Le carme Chérubin de saint Joseph, mort en 17 16, dont la Bibliotheca criticœ sacrœ accuse une connaissance approfondie des antiquités juives. — Les deux cisterciens Bartolocci et Imbonati au xvii® siècle, Joseph Assemani et Ugolini au xviii% ont bien mérité de l'archéologie sacrée, en recueillant les traditions hébraïques, ou en collectionnant les meilleurs travaux parus sur la matière. Les savants modernes ont beaucoup puisé chez ces auteurs des siècles passés, comme il est facile de s'en convaincre à la lecture de leurs ouvrages. Les plus renommés de ces érudits, en notre siècle, sont Jahn, Biasi, Scholz, Allioli, Schegg, etc.

Archéologues Chcz Ics protcstauts on compte de nombreux archéologues

hétérodoxes. ^ ^ . .

sacrés : parmi les anciens. Spencer, Reland, Vitringa, etc. ; parmi les modernes : Ewald, Saalschûtz, Rosenmûller, Keil, Kinzler, — sans parler des critiques qui ont écrit dans les Encyclopédies de Winer, de Herzog, de Schenkel, de Kitto, de SchafP, de Macpherson, etc.

v) Géographie biblique.

Les anciens géogra- 1^:. — Daus le xvi« ct Ic xvu^ sièclc uous Tcncontrons deux phesdeiaBibie. ^^ographcs plus célèbrcs, Adrichomius et Ouaresmius. — Le

SgO LEÇONS D'INTRODUCTION GENERALE

premier (i533-i585), reg-ardé comme Tun des pères de la science géographique sacrée, a fait preuve de connaissances solides et exactes dans son Theatrum Terrœ sanctœ. — Le second {\ iGGo) appartient à Tordre des Franciscains ; il a décrit avec soin la Palestine, qu'il avait étudiée à fond, et nous met au courant des traditions locales. Son ouvrage est pieux et théologique en même temps.

Les géographes mo- ^5 — ^y xix® sièclc, la e"éo""raphie biblique a réalisé d'im-

dernes de la Bible. =■ ^ ^ i-i-ii /-./•

menses progrès. Tobler, Raumer, van de \ elde, Ciuérin, de Vogué, de Luynes, Robinson et Smith, Conder, et les savants du Palestine Exploration Fund, de la Zeitschrift des deutschen Palœstina Vereins, — sans compter les autres, — ont contribué pour beaucoup aux développements de cette branche des sciences bibliques (i).

(i) Nous avons mentionné plus haut, pp. 44i-442, les auteurs qui ont composé des traités proprement dits d'herméneutique sacrée.

LEÇON HUITIÈME L'exégèse biblique chez les protestants.

Faux principes de l'exégèse protestante. — Conséquences désastreuses qui en découlent. — Le socinianisuie; comment il a conduit au rationalisme biblique moderne. — Trois périodes dans l'histoire de l'exégèse protestante. — Les cinq principaux exégètes de la i" période. — Les exég-ètes, les critiques, et les archéologues protestants de la 2" période. — Les principaux exégètes protestants du xviu* et du xix« siècles. — Remarques sur la valeur de l'exégèse protestante en général.

queîs^rlpîsrrher- "^ * — PouF prcndrc quelque idée de l'herméneutique protesunte"^''^''^ P'"''*^"" tante et "de ses évolutions, il est utile de'T'emonter aux principes adoptés par les prétendus réformateurs du xyi^ siècle.

Trois de ces principes surtout méritent d'être rappelés. — i) La Bible est l'unique source de la foi, et le fondement de la relig-ion (i), celle-ci devant reposer sur la parole de Dieu et non sur la parole des hommes. — 2) Le sens de la Bible est clair par lui-même (2), et l'intellig-ence en est donnée à tous les Chrétiens. — 3) Pour entendre l'Écriture, pas n'est besoin de recourir à l'Ég-lise ni à la tradition ; il suffit de « s'en rapporter à son jugement particulier, c'est la voie naturelle » (3).

P'aussefé de ces principes.

2. — Ce n'est point ici le lieu de montrer au long- la fausseté de pareilles assertions. Disons seulement que le premier principe dont se réclame le protestantisme est démenti par la doctrine même de Jésus-Christ et des apôtres (4), non moins que par toute l'histoire de leur vie. — Le second principe est en contradiction avec l'évidence même. — Le troisième, enfin, est condamné par la pratique des siècles chrétiens, et conduit droit au rationalisme, au scepticisme, à l'impiété.

séquTnc'r'de''7el 3. — Et dc vrai, les patriarches de la Réforme ne tardèrent

Squ?/" ^'''^"'^" pas à s'apercevoir que leurs théories tendaient à renverser

l'autorité de la Bible. De son temps déjà Luther s'en plaignait

amèrement (5), et de fort bonne heure il fallut réunir des

II) Voir la Confef^sion d'Augsbourg, art. xv.

(2j Cf. Luther, opp. lat., t. m, p. 178 ; Zwingle, Sermon surla clarté de la Parole de Dieu.

(3) Cf. Monod, Lucile, p. 122.

(4) Cf. Malt., xxvni, 19-20; Marc, xvi, i5-i6; Eom,, x, 16-17 ; // Thess., 11, i4; / Joan., 11, 24 ", etc.

(5) Cf. De veritate corporis Cfiristi confia Zwinglium.

synodes, ou a consistoires », qui fixèrent quelques articles fondamentaux devant servir de base dogmatique à l'interprétation des livres saints. Rien n'y fit. La confession des Luthériens d'Augsbourg- (i53o), les confessions des Calvinistes de Suisse (i536, i55i, i556), la confession des protestants français (1559), approuvée et revue par le synode de la Rochelle (167 1), ne purent enrayer le mouvement antibihlique. Le Le socinianisme. XVII® sièclc Commençait à peine, que déjà les deux Socin (Lelio Socin, 1 525-1 562, et Fauste Socin, 1 589-1604, neveu du précédent) avaient tiré les conséquences des principes. Le socinianisme était fondé. Or, le socinianisme est au fond un véritable rationalisme, — « un rationalisme supranaiuraliste. Il cherche surtout à ramener les doctrines chrétiennes à des conceptioiis conformes aux exig-ences de la raison, et en même temps il croit à une révélation surnaturelle contenue dans la Bible, étayée sur le miracle et l'inspiration divine des saints livres, et par conséquent il s'ing-énie à interpréter l'Ecriture de manière que ses enseignements soient toujours, et en tout, d'accord avec la raison socinienne (la raison indépendante). Il en résulte nécessairement un grand arbitraire dans son exég-èse... Cl^st la Bible, et à proprement parler le Nouveau Testament qui fournit à l'homme la connaissance de Dieu. Les livres qui lé composent ont été écrits par des hommes, divino Spiritu impulsi, eorjue dictante, du moins quant aux doctrines. La raison est l'organe, par lecjuel nous devons en démêler le vrai sens, puisqu'elle nous a été donnée pour discerner le vrai du faux, et que le sens réel de l'enseignement révélé ne peut lui être contraire. Par conséquent, tous les dogmes contraires à la raison doivent être co7isidérés comme non scripturaires » (i).

Le socinianisme 4. — Ou était bicu loiu du pHucipe de Mélanchthon: Internausmé.^ ^" '^''^'"" prctatio donum piorum est ; — et de la théorie de Flacius : Sanctus Spiritus (est)... explicator Scripturœ.

Malsrré la réaction des Quakers et des Piétistes, dans la seconde moitié du xvii^ siècle, les idées sociniennes gagnèrent du terrain. On en vint bientôt à rejeter l'inspiration de la Bible, et à traiter celle-ci comme un livre ordinaire, de provenance purement humaine. L'Ancien Testament ne fut plus que l'histoire, authentique ou non, du i)euple d'Israël, et le Nouveau Testament fut assimilé à ces annales religieuses qui rappor.

(i^A. Réville, art. /l/?/i//'m//a//r.s, dans Vh'iici/clopcdi^dc Lichlenberger, t. 1. p. 387. — Voir Rabaucl, Histoire de la doctrine de l'inspiration, pp. 87 cl suiv.

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