‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 233 sur 251 · LE SYSTEME DE BAUR · texte numérisé non relu

LE SYSTEME DE BAUR

— savoir les deux Épîtres aux Corinthiens, l'Épître aux Romains et celle aux Galates. Les pétrinistes opposaient à ces écrits Y Apocalypse (i).

Histoire du conflit 22. — Très vlf au début, le conflit devait progressivement

entre pétrinistes et . . i tvt m . ±

pauiiniens. S atténuer. Les autres compositions du INouveau testament

marquent précisément les diverses étapes de la fusion des deux partis. On vit donc paraître, dans le ii® siècle i) les Actes des Apôtres, qui tiennent la balance à peu près égale entre saint Pierre et saint Paul; — 2) les trois pastorales, où la doctrine du Docteur des nations est tamisée fortement ; — 3) les Epîtres aux Thessaloniciens , aux Ephésiens, aux Cotossiens, celles de saint Pierre et de saint Jacques. Quant aux Evangiles, ils furent aussi les produits raisonnes des niêmes tendances hostiles ; seulement les Evangiles actuels, qui remontent au second siècle, ne sont que des remaniements d'écrits primitifs. Notre saint Matthieu représente V Evangile pétrinïste, modifié beaucoup dans le sens de la conciliation ; notre saint Luc reflète \ Evangile paulinien, également retouché dans une intention pacifique ; notre saint Marc est postérieur aux deux précédents dont il n'est qu'une simple abréviation, faite en vue de la paix et gardant une entière neutralité dans les questions en litige; notre saint Jean, enfin, est la conclusion, le terme, du développement théologique des deux premiers siècles ; c'est dans cette magnifique synthèse doctrinale que le catholicisme nous apparaît pour la première fois tout formé et complet (2).

Conséquences de

23. — On devine les conséquences qui devaient découler huhéorié dualiste de ^,^^^^ semblable théorie par rapport à l'exégèse. En réalité, l'unique, le suprême critérium de l'herméneutique pour Baur était celui-ci : interpréter chacun des livres du Nouveau Testament conformément à la tendance dogmatique qui l'a inspiré.

École de Baur. 24. — Lc professcur de Tubingue fit école et compta nom-

bre de disciples (3), mais de bonne heure la division se mit entre eux. LesTubingiens modifièrent sur beaucoup d'articles

(i) Ces livres seraient donc les plus anciens du Canon ecclésiastique.

(2) Cf. Lichtenberger, Histoire des idées relig. en Allemagne, t. m, pp. 100-112; Thomas, op. cit., pp. 61-100; Godet, Introd. au N. T., t. 1, pp. 5i-54.

(3) Les premiers et les plus ardents furent Zeller et Sclivveg-ler; ensuite vinrent Planck, Kœstlin, Ritschl, puis Hilgenfeld, Volkmar, Keim, Holsteu, etc. Tous se sont fait une célébrité en Allemagne.

les doctrines du maître, même de son vivant (i), et Baur, lorsqu'il mourut, eut la douleur de pressentir que son système ne lui survivrait pas intég-ralement. Aujourd'hui, en efïet, ses théories sont abandonnées par les uns, combattues par les autres ; on ne peut nier cependant qu'elles n'aient laissé de profondes traces dans l'exégèse moderne; la plupart des commentateurs protestants en subissent encore l'influence.

Réfulalion du système de Baur.

25. — Le systè:me de Baur repose sur des bases fragiles, SUR des inductions hasardées, sur des rapprochements arbitraires.

1) Il repose sur des bases fragiles.

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