REFUTATION DU SYSTEME DE BAUR
3) 11 repose suides rapprocbeincnls apbilraires.
28. — 3) Il repose sur des rapprochements arbitraires. Quoi de plus arbitraire, en effet, que de considérer les Actes comme un écrit de conciliation, attendu que ce livre rapporte successivement les gestes de saint Pierre et de saint Paul ? — Comment ose-t-on dire encore que lepaulinismedesPa^^ora/e^ et des petites E pitres de saint Paul soit tempéré de pétrinisme, parce que dans ces lettres ce n'est plus la foi seule qui sauvC:, mais la foi avec l'amour ? — De quel droit soutient-on que V Apocalypse représente le pétrinisme pur, et les quatre grandes Épîtres — aux Corinthiens^ aux Romains^ aux Galates, — le paulinisme le plus absolu ? — Sur quoi s'appuiet-on, enfin, pour regarder notre saint Matthieu actuel comme un Evangile foncièrement pétriniste, retouché dans un sens universaliste, et notre saint Zt^c comme un Évangile /?a2^//nien, accommodé cependant aux idées judéo-chrétiennes (i)? — De telles assertions sont purement arbitraires, et il y a lieu de s'étonner que des esprits sérieux les aient prises en considération (2).
Depuis Baur aucune école nouvelie n'a été fondée en Allemagne.
29. — « Depuis Strauss et Christian Baur, observe Vigouroux (3), l'Allemagne rationaliste n'a produit aucun exégète qui ait ouvert de nouveaux sentiers dans le domaine de la critique biblique. Des savants en assez grand nombre se sont fait un nom par leurs publications, mais ils ont travaillé tous dans un champ déjà défriché par leurs devanciers. Nul d'entre eux n'a créé un système proprement dit et original, comme Eichhorn; nul n'a fondé une école, comme Baur w.Les plus connus de ces critiques sont fiupfeld, Hilgenfeld, Ewald, Knobel, Hitzig, Wellhausen, Stade, Cornill, Duhm, Harnack, Holzmann, etc., etc.
Influence du rationalisme allemand en France.
30. — Le rationaliste allemand a eu des adeptes à l'étranger. Pour ne parler que de notre pays, ses principaux représentants en France ont été, de nos jours, MM. Nicolas, Réville, Havet, Reuss, et surtout Renan. Ce dernier a vulgarisé chez nous les théories des Semler, des Strauss, des
(0 Pour une plus ample réfutation, voir l'abbé Thomas, op. cit., pp. 48-60, et ailleurs pa^sm.
(2) Nous ne dirons rien du système pan harmonique de Ghermar, d'après lequel on devrait réunir d'abord en synthèse les principaux points de doctrine enseignés par la Bible, puis interpréter à leur lumière chacune des propositions de l'Ecriture, — Ce système, qui n'a guère eu de vogue, même en Allemagne où il a vu le jour, repose tout entier sur un cercle vicieux. — iNous ne dirons rien non plus du système que défend actuellement M, Harnack. Les théories de ce savant se ramènent au fond à celles de Semler ou à celles de Strauss. Voir Revue thomiste, mars 1898.
(3) Les livres saints, etc., t. 11, p. 436.
Renan ,
Baur, des Ewald, des Wellhausen, dans son Histoire des ori^ gines du christianisme,
Renan n'était ni un penseur orig-inal, ni un savant critique. Une remarquable habileté littéraire au service d'une érudition de surface fut son principal mérite (i). Il doit surtout à son impiété sa vogue et son triomphe.
(i) Sa récente Histoire d'Israël en est une preuve trop manifeste.