CONFORME AUX TRADITIONS DES SAINTS PÈRES
On le voit,
Preuve fondée sur 9. — i) à la manière dont ils qualifient le sti//e des écrivains
le-i déclarai ions po- , r~^ i •..• .en o'xi''
siiives des Pères. sacTCS. — Ouelqucs citatious vout suthrc. baint Irenee enseigne que les Écritures ont été dictées, ou plutôt dites,pdir l'Esprit de Dieu : « Scripturœ... a Verbo Dei,et Spiritu ejus dictœ » (2). — Clément d'Alexandrie prouve que « Scripturarum ne apex iinus prœteribit, qui non perhciatur », parce que « Spiritus vSanctus qui Domini quasi os est, ea est elocutus : xb -^àp ciéiia Kup{ou, TO a^iov nv£U[j.a, èXàXr^aev xauia » (3). — Plus explicite encore, saint Ambroise ne craint pas d'affirmer que l'Esprit-Saint a fourni aux évangélistes l'abondance des expressions avec la fécondité des pensées : « Divino Spiritu ubertatem dictorum
(i) Notons en passant (lu'il ne s'agit poinl des seules proihélien prcprcn^ent diles, par opposition aux autres livres. Il est démontré, en etlet, que l'expression « projihetia Seriptura^ » désignait, chez les .Juifs, loule ÉcrUvre inspirée, de même ([ue le mot « proj hele >> desii;nait tout écrivain, toit homme subissant raclion de î)ieu. Cf. Tatrizzi, De Kvanf/eliis, \\h. 111. di<s. xm, t. II, pp. ii'), ss. ; Gesenius, Thésaurus, pp. 838-8;i(), etc.
(2) Cnnl. /lœres.. lih. II. cap. xx.wui, n. a.
{'.)) Coliort. ad genl., cap. ix.
L'INSPIRATION VERBALIi: ET LI::S PÈKKS 6i
rerumque omnium ministrante » (i). — Saiiil Augustin, dans ses Confessions (2), parle du stf//e vAnérahle de l'Esprit de Dieu: « Avidissime arripui venerabllem stylum Spiritus tui ». Nul doute que ces expressions, prises en leur sens naturel, ne sig-nifient plus que l'inspiration des pensées.
[Veuve loii.iéc siu ^Q — ^\ ^„ g^jj^ resDectueux que les saints Pères mettent à
16 I ©spGci (tes rcrcs ^ »- ^*
pouMes md& lie la commenter les mots mêmes de l'Ecriture, à en recommander à tous l'étude minutieuse. — Ecoutons saint Jean Ghrysostome : npoaé^jwp.sv Toivuv ^.t-zy. àxpiSsfaç.... tw c''pY][jLévcp OOBsv y^p «^^wç
•/£pa(a [j.(a, é^/ei xivà £Y^--^P'J[^^[^^''°'^ 6*r]G-aupov. TOiauia yàp àVavTa xà 7uv£U[jiaTaà (3). Sans doute, il faut faire ici la part du style oratoire, mais enfin l'on ne peut pas ne point reconnaître que l'évêque de Constantinople proclame sans détour l'inspiration des mots dans la Bible (4).
Vins pi ration 11. EuflU LA THÉORIE DE l'iNSPIRATION VERBALE CSt CU-
verf). conformti aux principes de la tlèrcmeut CONFORME AUX DONNEES DE LA PSYCHOLOGIE.
psychologie.
Démonstration.
12. — On sait que la notion théologique de l'inspiration scripturaire se ramène à cette formule précise : Spiritiini Sanctum assumpsisse homines tanquam insù^umenta ad scrlbendum (5). — Il s'ensuit i) que les auteurs sacrés, en tant qu'instruments de Dieu^nQ purent rien dans la rédaction des Écritures sans l'influx divin; car, dit l'Ang-e de l'École, « causa instrumentalis non ag-it per virtutem suœ formae, sed solum per motum, quo movetur a principali ag^ente » (6). — - Il s'ensuit 2) que les auteurs bibliques reçurent cet influx surnaturel exclusivement en vue d'écrire. Par conséquent, leur inspiration eut pour objet, pour terme concret, les mots en même temps que les idées. Aussi, dire que Dieu a fait de l'homme son instrument kB scribendum, c'est affirmer qu'il a saisi chez lui toutes les facultés, dont le concours est nécessaire pour la g-enèse de la. parole écrite ; partant, qu'il s'est emparé de l'intellig-ence et de la volonté, — nous l'avons vu ailleurs (7), —
(i) Jn Luc, lib. I, n. 3.
(2) Lib. VII, cap. xxi. n 27.
(3) In cap. IV Gen., hom. xviii, n. 4-
(4) Voir encore saint Basile, Liber de Spir. S., cap. xi,n. 2 ; saint Athanase, Epist. fesllv., x.vxix ; De interprel. psalm., ad Marcellin,, n, 2, 9, 10 ; saint Augustin, In Juan,, tract, cxx ; saint Bernard, In cant., serm. lxxii, etc.
(5) Eacyc. Provident. fJeus, p. 38.
(6) Summ. theol., t. III, quœst. 62, art. i. . (7j Voir plus haut, pp. 22-26.
Conclusion.
ainsi que de rimaginalion. Cette dernière faculté préside à la formation des signes graphiques de la pensée humaine ; — (( Vox, enseig-ne saint Thomas, d'après Aristote {De anima, lib. 11)^ ex imag-inatione procedit » (i), — soit parce qu'elle conserve Timag-e (2) des caractères ou des mots, soit surtout parce qu'elle rend cette image actuelle et lumineuse (3), au regard de rintelligence,qui la réclame et l'appelle. L'inspiration de Dieu, passant comme un souffle sur cette puissance, la détermina donc, la pénétra, agit en elle, par elle. Et aussitôt le signe, excité par cette vertu divine, s'offrit pour Tidée, — de telle sorte que ce n'était pas l'homme, mais Dieu, auteur principal, qui écrivait : « Ita eos... movit, ita scribentibus adslitil, ut ea omnia eaque sola quœ ipse juberet... apte infallibili veritate exprimèrent » (4). Pensées, mots, paroles, style, tout appartient à Dieu, non parce qu'il a tout i^évélé, mais parce qu'il a tout inspiré : c( Ipse... auctor sacraî Scripturœ universœ » (5). Voilà comment nous comprenons l'inspiration verbale, corollaire logique de l'inspiration doctrinale (6).
(1) Cf. Summ. iheoL, 1, quœst, 34, arl. i. — Voir Sylvius, Comm. in h. l.
(2) Imagines sonovum, dit saint Augustin {De Trinii. XV, 10).
(3) Cf. Signoriello, Philos. Christ, in camp, red., t. I, p. 126, éd. 8; Sanseverino, Philos. Christ., t. V, pp. ib6, 191.
(4) Encyc. cit., p. 40.
(5j Encyc. cit., p. 4o.
(6) Pour la solution des objections, nous renvoyons nos élèves à L'Inspiration, pp. 174-175, 170, 189-204.
LEÇON NEUVIEME Conséquences de l'inspiration plénière des saintes Écritures.
Trois conséquences de l'inspiration plénière. — Textes de l'Écriture renfermant la pafole immédiate de Dieu. — Texles renfermant seulement la parole médiate de Dieu. — Assertions de l'Ecriture divines exclusivement ralione scriptionis. — Comment tous les textes authentiques de la Bible sont exempts d erreur . — Dans quel sens tous les textes authentiques de l'Ecriture sont objet de foi.
Trois consé(juences principales.
Les texles de la Bible paroles de Dieu :
soif formellement.
soit matériellement.
1. — On peut ramener à trois chefs les conséquences qui découlent de l'inspiration plénière des Ecritures. — i) Tous les textes authentiques de nos saints livres sont paroles de Dieu, dans Tun ou l'autre des sens que nous allons déterminer.
— 2) Ces mêmes textes sont aussi tous exempts d'erreur.
— 3) Enfin tous sont oôjet de foi.