‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 37 sur 251 · DU CANON DES SAINTES ÉCRITURES EN GËNÊRAL · texte numérisé non relu

DU CANON DES SAINTES ÉCRITURES EN GËNÊRAL

LEÇON PREMIÈRE Le Canon. — La Canonicité. — Les livres canoniques.

Étymologic et acceptions diverses du mot Canon. — Différents sens du mot canonique . — Définition du Canon biblique. — Qualités du livre canonique. — Canonique et apocryphe. — Différence entre \3i canonicité et V inspiration. — Deux catégories de livres canoniques. — Définition et énumération des pvoto et des deutérocanoniques.

Étymologie du mot Kavwv.

Ses acceptions primitive, usuelle;

1. — On entend par canon la collection authentique des livres inspirés.

Le mot CANON est d'origine g-recque : Kavc&v (i).

2. — Dans son acception première, ce substantif signifiait chez les Grecs un bâton, une baguette servant à mesurer ou à déterminer une ligne droite.

Bientôt Tusage lui donna d'autres sens au figuré. Ainsi xav(î)v désigna toute espèce de règles en morale, en philologie, en littérature, en histoire. Démosthène appelait les règles de morale twv àyaOwv.. y.avovsç (2).

Saint Paul prenait le mên\e mot à peu près dans le môme sens, quand il écrivait aux Galates : Qidcumgue uk^c, regu- LAM (tw y.avovi) secuti fuerint, pax super illos (3).

(i) Mais le grec jcavwv paraît dériver lui-même du sémitique qânéli, roseau. Cf. Vigouroux, Diciionn. de la Bible, t. I, col. i34.

(2) Pro corona, p. 294. Éd. Didot.

(3) Gai., VI, 16. Comp. Philip., m, 16.

biblique,

patristique. j)e j^ vient, sans doute, que, chez les Pères et les écrivains

ecclésiastiques, le mot xavcbv est fréquemment employé pour signifier aussi une rhcjle de conduite, et spécialement la règle de la vérité religieuse et dogmatique : 6 y.avwv tyjç àXr^OEia;, comme s'exprime saint Irénée (i).

Sens actif de l'adjcclif x.avovi/.o?.

3, — De fait, nos saints livres contiennent les enseignements divins, qui règlent la foi et les mœurs des fidèles. C'est pourquoi l'usage s'établit d'appeler ces livres y.avovr/.à ^'.6Xia : expression qu'on rencontre très fréquemment prise en ce sens actifs surtout à partir du m^ et du iv*^' siècle, soit chez les Pères latins, soit chez les Pères grecs.

Son sens primitif el passif.

Sens primitif de l'expression

4. — A l'origine, néanmoins, le mot y.avovixo; eut plutôt, croyons-nous, une signiûcRiion passive : celle de réglée défini^ disposé d'après une règle (y.ava)v), ayant sa place dans une liste déterminée. C'est ce qui résulte assez clairement de la comparaison à faire avec les mots synonymes de xavovr/.oç. Tous ont une signification passive: tels £v$tàOr//.oç, et âvB'.àôsxo; chez Origène, et chez Eusèbe de Gésarée; y.avov'.^6|jL£vo; chez saint Athanase; a)p'.G[jivoç chez le pseudo-Athanase; è/.y.Xr^Œ'.a- ^6[j.£voç chez saint Cyrille de Jérusalem, etc.

On entendait donc primitivement par P'.5Xia y.avcvty,à les livres qui, d'après une règle établie ou une liste convenue, étaient admis à la lecture publique, ou reconnus comme inspirés.

En conséquence, y.av(î)v désignait la liste qui servait de règle.

Définition du Canon des Écritures.

5. — Donc, le Canon des Écritures, — à l'envisager formellementj — n'est pas autre chose que la règle, la liste de l'Église indiquant quels livres sont divinëjient inspirés.

A le considérer rnatérielleynent , c'est l'ensemble ou la collection authentique des livres inspirés, reconnus C0M3IE tels

PAR LA synagogue (2) OU PAR l'ÉgLISE, VJl PROPOSÉS PAR CELLE- CI AUX FIDÈLES, COMME RENFERMANT LA RÈGLE DE LA FOI ET DES MŒURS.

Trois propriéU's de tout livre cano-

7lif/l(C.

6. — D'où il suit que tout livre canonique est i) un livre d'origine divine, c'est-à-dire écrit, composé sous l'inspiration

(i) Adv. hapres., lib. i, cap. 9, n. f\. , • • 1

(2) En incnlionnani ici la synagO|S?iic, nous rappelons un fait q^rnéraleincnt admis, sans j)ri'l(>ndre nullement que l'anlorilé de la synagogue, en matière de canoniritè.ait été idenli(pic.«'i s.. Il cn.ni.Mr.-.l.le

à raulorilé de l'Eglise.

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