La CANONicrrÉ d'un livre biblique ne doit pas être
canonicité et lins- confonduc avcc SOU inspivation.
piration '
La canonicité est ce caractère officiel, que présente un livre
(i) Par synagogue nous entendons ici l'Église de Dieu dans l'Ancien Testament, et non pas exclusivement cette assemblée de théologiens juifs appelée Grande 5î/na^o^we, et dont rorie:ine^ ne remonte, ce semble, qu'aux temps qui suivirent l'exil. Beaucoup vont même jusqu'à douter de l'existence de celte assemblée. Cf. Richard Simon, Eist. crit. du V. T., liv. I, chap. 8.
(2) Les théologiens juifs exigent d'autres conditions pour la canonicité des livres de l'Ancien Testament. Nous en parlerons plus bas.
(3) Et en partie sur la Tradition,
(4) En cela l'Église suit l'ancienne synagogue. —Sur les offices publics de la synagogue, voir Vitringa, De Synagoga Vet., lib. III, p, II, cap, 7-21.
(5) Introduction au N. T., t. 1, p. 52. Trad. Vairoger.
(G) Cf. Edersheim, Skelches of jewuh life at the time ofJ.-C., chap. xvi.
inspiré, par suite de la constatation que l'Église a faite de son oriî^ine (Jivine.
L'inspiration et la canonicité diffèrent donc sous plusieurs rapports. — i) Celle-ci ne peut exister sans celle-là ; mais la seconde peut exister sans la première; en d'autres termes, un livre peut être inspiré sans être, dès son apparition, reconnu par tous comme canonique. C'est pour ce motif, que les livres dont l'inspiration a fait quelque part, et pendant quelque temps, l'objet d'un doute, sont dits deutérocanoni^ rjues. — 2) L'inspiration a pour fondement un fait psychologique et d'ordre divin, en vertu duquel un écrit mérite d'être appelé parole de Dieu; tandis que la canonicité n'a pour base qu'un fait d'ordre humain, savoir, le jugement explicite, ou implicite (i), de rÉghse constatant, avec l'assistance de TEsprit-Saint, que tel livre fut inspiré. — 3) L'inspiration, en tant qu'elle s'applique à tel ou tel livre, est un fait révélé^ qui devient par conséquent objet de foi: tandis que la canonicité n'est point un fait révélé; elle n'appartient donc pas à l'objet môme de la foi, et constitue seidement un fait dogmati^ gue{2), que l'histoire d'ailleurs peut constater (3).
Deux catégories fie livres canoni-
Origine de celle classificavion.
9. — Les livres que l'Église a déclarés ca?ioniçues,a.u concile de Trente, forment deux catégories : les protocanonioues
et les DEUTÉROGANONIQUES.
Nous devons cette classification à Sixte de Sienne (xvi® s.) (4)r toutefois si la formule est relativement récente, la distinction qu'elle énonce ne l'est pas. Eusèbe déjà, au commencement du rv*^ siècle, distinguait dans le Nouveau Testament les écrits otxoXsYOuij.Eva, et âvTtXsYojj.îva, qu'il opposait aux v60a, sorte à' apocryphes sans autorité divine (5) .
Livres 10. — Or, Ics Hvrcs PROTOCANONiguES (6[j.oXoYo6[j.£va) sont ceux
qui furent toujours, et partout dans I Lglise, regardes comme
^Tanoniques!'' diviuS. LcS livreS DEUTÉROCANONIQUES (àvTlX£Y5îJ.£Va) sout ccux
(ij Lorsque le concile de Trente énnnK'rn solennellement et nomniémenl les livres de l'Écrilurc, il définit et déclara explicitement leur canonicité. Mais (]nand 1' i;lise se conlenic de citer un passat:;e (jnelconque en faisant précéder la citation des formules : Script um est, Sc7'ipfura dicit, etc., ou si encore ell(> produii nn Icxie au même titre, que les textes d'un livre déjà reji^'ardc comme canonique, elle conlessc alors implicitement que ces textes et passagers sont divins et canoniques.
(2) Sur la nalure du fait dogmatique, voir Pescli, Pr.Tlectio7ics doqm., I. I. p. 3rî3.
(3) Il est facile d'entrevoir ia conséquence. Nier rinsj)iration, ou la divinité, d'un livre de TMcrilure serait tomber dans l'hérésie formelle. Mais quiconcjue nierait exclusivement la canonicité, ne serait pas, de ce chef, hérétique ; il serait plutôt suspect d'hérésie, car on le soupçonnerait à bon droit de nier soit l'iiispiralion même du livre, soit au moins l'infaillibilité de l'Eglise, qui a déclaré le livri^ canonique. Or, l'inspiration biblique, et l'infaillibilité de l'Éi^lise sont deux vérités de foi.
(4) liililiotheca sancta, p. 3.
o) Jlist. eccles., lib. ill, cap. •»/<.
PROTOCANONIOUKS ET DKUTÉROCANONIQUES 75
sur rinspiration desquels quelques 'doutes s'élevèrent, et qui pour ce motif ne furent insérés que plus tard dans le Canon. ucmarquc. Rcmarquons que les protestants appellent apocryphes les
livres que nous appelons deutérocanoniques ,ç.i ceux que nous tenons pour apocryphes — tels l'évang-ile de l'Enfance, les évang-iles de saint Pierre, de saint Thomas, etc., — ils les désig-nent sous le nom de pseudcpigraphes .
Proio et deutérocnnoni
11. — Tous les livres de l'Ancien Testament sont protoquesAe l'A. T. canoniques, à l'exception des suivants : i) Tobie; 1) Judith : 3) la Sagesse; [\)V Ecclésiastique ; b)Baruch; 6) le premier livre des Machabées ; 7) le second livre des Machabées, — Exceptons encore 8) les additions du livre à'Esther, x, 4 — xvi, 24; 9) la prière d'Azarias et le cantique des trois enfants dans la fournaise. Dan., m, 24-90; io) l'histoire de Suzanne, Dan., XIII ; 11) l'histoire de Bel et du dragon, Dan., xiv.
l^roto
12. — Tous les livres du Nouveau Testament sont pro- %,â^!\l'S'''r^^'~ focanoniques, à l'exception des suivants : i) l'Épître aux Hébreux; 2) l'Epître de saint Jacques; 3) la seconde Épître de sdiini Pierre : 4) la seconde Epître de saint Jeaîi; 5) la troisième Epître de saint Jean; 6) l'Épître de saint Jude ; 7) V Apocalypse. — Exceptons aussi quelques frag-ments : 8) la conclusion de V Evangile de saint Marc, xvi, 9-20; 9) le passage relatif à la sueur de sang, Lz/c', xxii, 43-44; 10) l'histoire de la femme adultère, Jean, viii, 2-12.
Tous les livres