Voici notre réponse
La déclaration faite par Josèphe {Cont. Apion., i, 7), et les conditions differentes des juifs de jérusalem et d'Alexandrie suffisent pour expliquer comment les uns n'admirent pas, et les autres admirent dans leur Bible des livres, auxquels tous d'ailleurs reconnaissaient un caractère SACRÉ.
La déclaration de Josèphe.
13. — Josèphe {loc. ciV.) affirme positivement que l'absence dans le Canon biblique palestinien de tous les écrits, postérieurs au règne d'Artaxercès, était motivée « propterea quod minus explorata fuit successio [vel traditio, ^laBoyjjv) prophetarum ». Or, ces paroles reçoivent des conditions diverses,
(i) Cf. Mich. Nicolas, art. Canon, dans l'Encyclopédie de Lichtenberger, t. II, p 583.
(2) Vigoureux, Magnier, etc. — Nous admettons nous-mêmes (cf. plus naut, pp. 97, ss.) que les Rabbins de Jérusalem proscrivirent au synode de Jamnia les deutérocanoniques, mais nous ne pensons pas que ces livres aient été admis dans ce temps-là officiellemenl et en droit dans le Canon scripturaire.
loG LEÇONS D'INTRODUCTION GENERALE
OÙ se trouvaient respectivement les Juifs de Palestine et ceux d'Egypte, au point de vue religieux, une lumière qui nous permet d'en saisir mieux la portée.
liv^j'^dim-enfe^des ^^* — ^'^ ^^^^ qu'cu Palestine le ministère prophétique Juifs palestiniens, avait cessé depuis Malachie. Les hommes suscités d'en haut pour remplir une mission publique devenaient aussi plus rares. C'étaient les scribes, et surtout les scribes pharisiens, qui à cette époque régnaient en maîtres de la science à Jérusalem (i). Au temps du Sauveur, ils étaient assis sur la chaire de Moïse (2), interprétant la Loi^ l'entourant d'une « haie » de mille et une prescriptions soi-disant « traditionnelles », se livrant à d'interminables discussions, imposant à tous leurs décisions et leurs arrêts. Personne n'ignore combien ils avaient l'esprit méticuleux et étroit; combien exagéré était leur attachement aux traditions des anciens; avec quelle haine, enfin, ils proscrivaient la littérature grecque (3). Est-il surprenant, dès lors, que leur exclusivisme, sans aller jusqu'à réprouver des livres d'origine relativement récente, mais qui après tout étaient l'œuvre de Juifs, et qu'on vénérait généralement comme sacrés, ait réussi, du moins, à ne les pas faire admettre dans le Canon officiel des Ecritures, et à rabaisser même quelquefois dans l'opinion le caractère inspiré de leurs auteurs ?
T'^^^d^ns ^^' — Quant aux Alexandrins, ils échappaient davantage à
l'influence pharisienne. Le milieu où ils vivaient les protégeait contre l'exclusivisme des docteurs de Palestine. D'ailleurs, ils étaient familiarisés avec les productions du génie grec.
On s'explique donc assez leur plus grand libéraHsme théologique, qui leur permettait de considérer toutes choses d'un point de vue plus large et plus élevé. Ainsi comprend-on qu'ils ne répugnèrent point à insérer, dans leur Bible, des livres nouveaux, tout en faisant néanmoins sur leur canonicité des réserves, commandées par l'orthodoxie mesquine et ombrageuse de Jérusalem.
, , 16. — A partir du iour où le Canon judéo-palestinien fut
Inniicncc de la *■ '^ ^ ^ ...
syiiagogiic de Jcru- çIq^. q^ arrêté î)ar le rabbinisme pharisien triomphant, la syna-
Siilem sur celle d'A- A ^ . .
le^iandiie par rap. o-oiruc alcxaudrinc sc soumit, ct (lut udopteT la Bible mutilée
j)ort à la lixalii>n O c5 '
dtiiniiivedu Canon (.^ incomplètc dc Jérusalcm. Aussi re;»ard()ns-nous comme très
hébraïque. i ^
(1) CI Anl. jud.,\\h. XII, cap. 2, n. i3.
(2) Ct\ Malt., xxiii, 2. — Coiup. Luc, SI, 62.
(3) Ci* Anlig., Wb. XllI, cap. 16, n. b; lib. XX, cap. 11, n. 2.