HISTOIRE DU CANON DE L'ANCIEN TESTAMENT
ration. A maintes reprises il cite ou mentionne un corps d'Écritures : Nunquam legistis in Sgripturis (èv xafc; ypa^a^ç)? — Erratis nescientes Sgripturas (xàç YP*?^<ï) î — Quomodo implebuntur ScRiPxuRiE (ai Ypaojai) ? — Scrutamini Sgripturas (xàç Ypacpaç) ; — Sicut dicit Sgriptura (y; Ypacp'r]) (i); etc. cet^/crirunTauto- ^^ ^^ ])\\\s^ CCS Écnturcs ont à ses yeux une autorité supériié infaillible, rieure, infaillible : Non potest solvi Sgriptura (2), dit-il. Et ailleurs : Quotidie eram apud vos... et non me temiistis, sed ut iMPLEANTUR Sgriptur^ ; — Nou dc omnibus vobis dico.., sed ut ADiMPLEATUR Sgriptura (3). — Il s'appuie sur ces Écriliore'àeToL^^'''^^' ^"^'^^ divines pour affirmer sa mission : Scrutamini Scripturas...\\A.i^ sunt quœ testimonium perhibent de me. — Et incipiens aMoijse et omnibus prophetis, interpretabatur illis in omnibus qu^de ipso erant. — Sic scriptum est, et sicovowiE- BAT Christum pati, et resurgere a mortuis tertia die (4). c) Il mentionne la Enfin, c) Jésus-Ghrist rappelle même la division tripartite
division tripartite ... ^
du recueil sac. du rccucil scripturairc, telle que ses contemporains Tadmettaient : Necesse est impleri omnia guœ scripta sunt in lege Moysi, et Prophetis, et Psalmis c/e me (5).
Le Sauveur sanctionnait donc par là déjà — d'une manière Conclusion indirecte, implicite, — le Canon juif de l'Ancien Testament.
2) Usage que J-- 4. — 2) UsAGE que Jésus-Clirist et les apôtres firent des
c. et les apôtres ont , , i i> a •
fait LIVRES PROTOGANONIQUES et DEUTEROGANONIOUES dc 1 AnClCU
Testament, ainsi que de la version des LXX.
a) des protocano- q\ jj ggt certain Quc le Sauveur, les apôtres : saint Matthieu,
niques, ... . .
saint Paul, saint Pierre, — et les écrivains du Nouveau Testament, en général, ont tous fait de nombreux emprunts aux livres protocanoniques du Canon hébreu , sauf aux deux livres à'Esdras^ à VEcclésiaste, à Est/ier, au Cantique, à Abdias, à Nahum — qu'ils n'eurent vraisemblablement pas occasion de citer.
b) des deiitéroca- ^) H est Certain encore qu'ils ont fréquemment employé plu-
noniques de lAnc. ^ . * ^ .
Test.. sieurs des deutérocanoniques du recueil alexandrin, sans éta-
blir aucune 'différence, sous le rapport de l'autorité ou de l'orig-ine divine, entre eux et les protocanoniques. Les textes suivants de Jésus-Christ: Si dimiseritis hominibus peccata eorum, dimittet et vobis Pater vester cœlestis peccata vestra (cf. Mtt.y VI, il\, coll. Eccli., xxviii, 2); — de saint Paul:
(1) Matth.,x:K\, 42; xxii, 29; xxvi, 54; Jecm, y, Zg; vu, 38. (3) Jean, x, 35.
(3) Me, XIV, 49; Jean, xni, 18, etc.
(4) Jean, v, 39 ; Luc, xxiv, 27, 46.
(5) Luc, XXIV, 44. - -
c) e( de la liiblc des LXXt
Quicum sit splendor fjloriœ^ et figura substantiœ ejus(cï, Heb., I, 3, coll. Sap., vu, 26) ; — de saint Jacques : Sit omnis homo velox ad audiendum, tardus autem ad loquendum^ et tardus ad iram (cf. Jac, i, 19, coll. Eccli,^ v. i3); etc., sont autant de réminiscences des deutérocanoniques (i) de l'Ancien Testament (2).
Enfin, c) il est certain que Jésus-Christ, les apôtres et les écrivains du Nouveau Testament se sont servis très souvent de la Bible grecque desLXXde préférence au texte hébreu (3), — même dans les passages où la version diffère de l'original (4). « Inter 35o citata, remarque Zschokke, 60 tantum e versione LXX non fuisse desumpta videntur » (5).
Corollaires.
5. — Nous en concluons i) qu'ils reconnaissaient aux deutérocanoniques de l'ancienne alliance a) une origine divine, puisqu'ils les plaçaient sur le même rang que les protocanoniques, et b) une autorité normative en matière de foi et de morale, puisqu'ils appuyaient sur eux leur doctrine et leur argumentation ; — 2) qu'ils approuvaient par cette manière d'agir et « canonisaient » implicitement la collection alexandrine ; car les premières communautés chrétiennes pouvaient légitimement, durent même voir dans l'usage que Jésus- Christ et les apôtres faisaient des deutérocanoniques, non seulement un encouragement pour elles à s'en servir, et à les confondre avec les livres du Canon hébreu, mais encore une manifestation authentique, quoique indirecte, du témoignage divin, certifiant l'infaillibilité de ces écrits et leur divine inspiration, — partant leur canonicite,
6. — Toutefois comme les apôtres ne définirent rien en théorie, et se contentèrent d'affirmer en pratique leur conviction intime, on comprendra que des doutes et des dissentiments se soient produits, dans les siècles suivants (6), au sujet du Canon scripturaire, — jusqu'au jour où l'Eglise interpréta
(i) Voici encore qucl([ucs autres références assez évidentes : Matlh., xxviIjSq, seq. coll. Sap.^ ii, 17; ïlcb., XI, 34-35, coll.// Mach., vi, 18, vu, 43; / Cor. u, 10 coll. Judith., viii, i4; / Pet., i, G, 7, coll. Sap.,ui, 5-7; Eph., VI, 13-17, coll. S ap. v, 18-20; etc. — Cf. lluot, Demonst. éiang., Prop. jv, pp. 33o, 232, 267, etc.; Vincenzi, Sesslu iV Concil. Trid. vindicata, pars prima, pp. i5-24.
(2) Il est vrai (pic J.-C. et les ai)ûtres ne citent point expressément comme Écrilure les deiilérooanoniques, mais ils en font autant i)our (piehpies textes des protocanoni(pies. En tout cas, ils ne distinguent jamais entre tels ou tels livres ; tous ont la incme autorité à leurs yeux.
(3) Cf. Kautsch, De locis N. T. a Paulo allegalis ; \io\\\,A. T. Citate.
(4) Témoin les passat^es suivants : Mall/i., xV, 8 coll. Is., xxix, i3; Rom., ix, 33 coll. Js., xxvni, lO; Ileb.f x,5, s(i(i. coll. Ps. xxxix, 7,
(b) ZschoUke, op. cil., p. 307, "«le 3.— Voir plus bas, Seclioniyo, 1'" partie, Leçon première, n" 35. (G) Voir plus bas, pp. 119 et suiv.
Remarque.
LE CANON DE L'ANC. TEST. AU Ile SIÈCLE ET AU 111° m
dogmatiquement les faits traditionnels, et se prononça d'une manière définitive sur le Canon.
le cînordelTères 7.— LeS PÈRES APOSTOLIQUES ONT RECONNU ET ATTRIBUÉ
^i^^'^^'- INDISTINCTEMENT A TOUS LES LIVRES, SOIT PROTOCANONIQUES
SOIT DEUTÉROCANONIQUES, DE l' ANCIENNE ALLIANCE, LA MEME
AUTORITÉ NORMATIVE EN MATIERE DE MORALE ET DE FOI, ET LA MÊME INFAILLIBILITÉ.
Démonstration, 8. — En effet, Saint Clément, saint Polycarpe, Hermas, —
sans parler des autres, — ont inséré et fondu oans leur style maints passages, empruntés visiblement aux deutérocanoniques (i). Or, ils les produisent au même titre que les textes pris par eux dans les protocanoniques. De plus, ils les allèguent à Tappui d'une vérité à établir, ou d'un conseil à faire accepter. Cela prouve qu'ils regardaient tous les livres de la première alliance comme absolument égaux en autorité, et qu'ils voyaient en eux la règle infaillible de la vérité et du devoir. C'était reconnaître équivalemment et en pratique leur inspiration et leur canonicité.
Cependant les Pères apostoliques ne dressèrent pas plus que les apôtres un Canon proprement dit |de l'Ancien Testament.
4= assertion Q, pENDANT TOUTE LA PERIODE QUI s'ÉTEND DES TEMPS
e Canon depuis le \ rt^ '
11- siècle jusqu'à la APOSTOLIQUES A LA FIN DU IIl'^ SIECLE, LES JrERES ET LES ECRIlin du 111".