LE CANON DU N. T. ET LES PÈRES APOSTOLIQUES
2) La AiJàxYi. 7. — Nous devons mentionner 2) la AiBayy) twv à7:ocT6Xo)v.
Elle date de Tan 1 10 environ (i).
« L'Evangile » y est cité comme une collection assez bien déterminée et déjà connue : « Faites... toutes vos actions, dit Fauteur, wç l^sie ev xwEùaYYsXiw tou K'jpiou(2).0r dans ce recueil^ qui est appelé ici Eùa^Y^^iov, se trouvaient sûrement saint Matthieu et saint Luc; car la Aiâayyj fait à Tun et à l'autre des emprunts (3); les Actes aussi y étaient vraisemblablement (4), et peut-être quelques-unes desÉpîtres de saint Paul avec la V^ de saint Pierre (5).
'"^^ ^tlocir ^'^^' ^' — ^) Entendons maintenant saint Ignace d'Antioche (107, ou 116 ap. J.-C).
(( Il faut vous en rapporter^ écrivait l'évêque martyr aux Smyrniotes, aux Prophètes et surtout à l Evangile dans lequel la passion du Christ est racontée et sa résurrection démontrée ». — Et ailleurs, parlant des Docètes : « Ni les prophéties ^ disait-il, ni la Loi^ ni même V Evangile^ n'ont pu les convaincre )>. — Enfin aux Philadelphiens : « Je recours à r Evangile, et aux Apôtres... Aimons aussi les Prophètes )) (6).
Or, nous pensons^ quoi qu^en disent certains critiques paro"lïerïgna'!;e! modcmes, même catholiques (7), que sous la plume d'Ignace l'EùaY^éXtov désigne les livres^ où la doctrine du Christ avait été fixée et résumée. Nous croyons notamment que, dans le passage où \ Evangile est distingué des Apôtres, le saint évêque a voulu spécifier les deux parties principales du Nouveau Testament; — car a) la manière dont saint Ignace s'ex- , prime, la relation qu'il établit entre les 'ATroaioXoi, l'Eùa^Y^^'ov et les TcpoçYjTat dont nous avons les écrits, tout nous autorise à l'affirmer; — de plus, b) il est manifeste que l'Eùa^Yé^iov et les 'kizbdiokoi sont placés sur le même pied que les Prophètes et la Loi.
Canon' d^J^sfignace. 9- — Nous iguorons l'étenduc de rEua7Y£>.tov de saint Ignace. Il est permis de conjecturer que ce recueil renfermait {a Y Évangile de saint Matthieu, cité dix fois, — quatre fois
(i) « Bien des traits de cet écrit, observe Harnack, soit quant à la forme, soit quant au contenu, se comprennent mieux entre 80 et 120, qu'entre 120 et 160 > . Zahn remonte jusqu'à l'an 80.
(2) Cap. i5.
(3) Cf. Jacquier, La doctrine des douze apôtres, pp. /ii-5o.
(4) Cf. Jacquier, op. cit., p. 5i.
(5) Ibid.^ pp. 53-54.
(6) Ignat. ad Smyr., vu, 2;\, 1; Ad Philad., v, i, a.
(7) Funk, op. cit., i, p. 227 ; Loisy, op. cit., pp. 28-29.
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A) L'auteur de la lettre à Diogrnète.
textuellement ou à peu près — par l'évêque d'Antioche, ainsi que è) les Evangiles de saint Jean et de saint Luc, et par suite c) le livre des Actes (i). — Les 'A^éaToXot devaient comprendre les autres écrits ; ce qui est sûr au moins, c'est que le saint martyr fit des emprunts — dont trois sont presque textuels (cf. Ad Smyr.,\, i coll. Rom., i, 3; Ad Ephes., xvni, I coll. / Cor., I, 20; Ad lîom.^ v, i coll. / Cor., iv, 4) — à la plupart d'entre eux (2).
10. — 4) Notre quatrième témoin est Fauteur de la lettre à Diog-nète. Au dire de beaucoup de critiques (3), cette épître appartient à la première moitié du second siècle.
Nous y lisons — au chapitre ix, n° 6 — : « Metus Legis (yb\).z\i) decantatur, et PropJietarum [-aclI '7:po9r^Twv) gratia cognoscitur, et Evangeliorum (y,ai eja^Y^Xi^v) fides stabilitur et apostolorum traditio (y.ai aTrocxoXwv -KapàBociç) custoditur », etc.
N'est-il pas évident qu'ici l'auteur de la lettre mentionne les deux divisions canoniques du Nouveau Testament : xà Eua^Y^Xia (au pluriel) et oî 'AirocioXoi? De plus, il les rapproche intentionnellement de la Loi et des Prophètes, pour mieux marquer sans doute qu'il attribuait à ces différentes parties des Écritures une autorité égale (4).
5) s. Poiycarpe H . — 5) Saint PoLYCARPE (f 1 55) cst uotrc dernier témoin.
Il n'est pas douteux que l'évêque de Smyrne connaissait les Evangiles de saint Matthieu (5), de saint Luc (6) et les Actes (7), puisqu'il les cite. Mais la lettre qui nous reste de lui atteste qu'il s'est servi bien davantage des Epîtres de saint Paul, spécialement des lettres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, aux Ephésiens,aiux Philippiens,de la deuxième aux Thessaloniciens, etc (8). Nous estimons donc, avec nombre de critiques (9), que saint Poiycarpe devait posséder un recueil complet, ou à peu près complet, des Epitres de saint Paul. Ce qui est sûr au moins, c'est qu'il avait en mains une collection des lettres de saint Ignace; le texte suivant en fait foi : « Nous vous envoyons, écrivait-il aux Philippiens, l'épître d'Ignace,
(i) Cf. Funk, op. cit., p. 573.
(2) Cf. Fiiiik, ibid.
(3) Moehler, Hcfele, Alzog, Corncly, etc,
(4) Cf. Ep. ad Diogn., xi. 6. Voir Reuss, op. cit., p. /41.
(5) Cf. Ad Phil., 7, 2, coll. Mal., vi, i.H; xxvi, 4»
(6) Cf. Ad Phil., 2, 3, coll. Mal., vu, 1 ; v, 3, 10, coll. Luc, vi, 37, ao.
(7) Cf. Ad. Phil., 1, 2, coll. Acl., Il, 24. (y) Cf. Funk, op. cit., t. I, pp. 673-574. (9) Loisy entre autres, op. cil., p. 3i .
Basilide.