LEÇON UNIQUE
La littérature apocryphe des deux alliances .
Existence d'une littérature apocryphe dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament. — Sens divers et acceptions spéciales du mot apocryphe. — Les apocryphes de la Vulgate. — Les apocryphes des LXX, — Autres apocryphes se rapportant à l'Ancien Testament. — Apocryphes se] rapportant au Nouveau Testament.
li.î^plhfr" «nn'!!."" 1 • — L'étude du Canon nous révèle à côté des livres recondanste^Nouv^Tesu ^^^ commc divlus par rÉg-lise d'autres écrits nombreux, qui jouirent pendant quelque temps d'une certaine vogue, et dont plusieurs même furent admis à l'honneur de la lecture publique, ou cités avec respect par les Pères. Toutefois, cette littérature tomba vite dans le discrédit; on la distingua soigneusement de la littérature canonique, et on l'appela apocryphe.
^^^^kïn.''^"^ 2. — Précisons d'abord la signification de ce terme : apocryphe; nous dirons ensuite quelles sont les principales compositions apocryphes des deux alliances, et comment il.se fit que plusieurs furent mises sur le pied des Écritures inspirées.
^^''^aplcllX^''^ ^- — Étymologiquement, apocryphe (du grec àTOxpu(poç) signifie « caché ». — Dans son application aux œuvres littéraires, ce mot a eu bien des acceptions diverses.
« Les premiers qui s'en sont servis, dit M. Le Hir, y ont attaché une idée honorable » (i).Ils désignaient par là des livres renfermant une doctrine secrète, et qui ne devaient être communiqués qu'aux initiés (2).
(i) Études bibliques, t. II, p. 90. — Voir aussi Reuss, op. cil., pp. 237-238.
(2) Cette littérature secrète était considérable dans l'antiquité païenas (Cf. Movers, art. ^/)9C;'?//)/ie5, dans le Dictionnaire de Goschler, t. I, pp. 409, ss.)
LEÇONS d'introduction l3
Ce genre de littérature exista chez les Juifs dans les siècles voisins de l'ère chrétienne; le iv^d' Esdras entémoig-ne (cf. cap. xiv). Elle exista également chez les gnostiques, et chez d'autres sectaires, qui cachaient leur fallacieuse doctrine dans des écrits connus de leurs seuls adeptes. C'est ainsi que le mot apocrf/p/ie revèlil une signification infamante. On comprit sous ce terme les livres suspects et entachés d'erreurs (i).Or,il estjuste que de pareils ouvrages aient été prohibés et cachés. A ce point de vue, les ouvrages des hérétiques étaient des livres apocryphes par excellence.
mouîiL'Sttchez ^ -4- — Mais l'épitliète à' apocryphe eut dans la langue ecclésiastique des premiers siècles une acception plus large et plus commune. « On tient pour apocrypJies,^\i Rufinjes Ecritures que les Pères n'ont pas admises à la lecture publique » (2). 'Axoy.p'jço; devenait ainsi l'opposé de y.oivéç, public, — de lr^]).6cio;, répandu dans le peuple. Or, les écrits qui n'eurent pas toujours ni partout les honneurs de la lecture publique, furent écartés du Canon, lequel ne s'ouvrait que pour recevoir les livres sacrés ou réputés tels. De là vint que l'usage s'établit aussi de nommer apocryphe tout livre noîi canonique (3).
Sens du mot apo- 5. — Aujourd'hui nous appelons apocryphes ionif^^ ces œu-
cvii'phc chez les • •
modernes. vrcs littéraires qui, par leur titre et leur contenu, semblent se placer au rang des Ecritures canoniques, s'en attribuer l'inspiration et l'autorité infaillible, mais que l'Église n'admet point dans son recueil, — soit parce que leur inspiration n'est pas certaine, soit parce qu'on y découvre des erreurs (4).
Il est certain que cette littérature est considérable; beaucoup de livres cependant ont péri. Ceux que nous possédons ont été réunis dans des collections spéciales par plusieurs érudits modernes (5).
Signalons les principaux, en commençant par les apocryphes conservés dans les éditions officielles delà Bible latine et grecque.
(i) Cf. Glem. Alex., Stroyn., m, 4; Origine, In Mail., scrino xxvui; frcn., Adv. hœres., i, ao; Terlull., De. anima 2; etc.
(2) Comm. in syynb. aposL,n. 38.
(3) CF. Hier., De vtr. UlusL, G.
(4) Cf. Lainy, Inlrod. in sac. Scripl., t. I, p. 7-?, éd. 3. — Oa se rappelle que ces livres sont ap|)elés p^-eudrpigraphes par les protestants, (pii réservent h tenu i d'apocri/phc pour les dcutcrocaiioni(pies.
(f), Notamment |)ar Fahricy au xvni'' siccle, cl de nos jours par Hilî^cnfeld, Thilo, Tischendorf, etc. On trouve les ajjocrvplics du Nouveau Testament traduits en français dans Mitrne, Encuclopédie, t. XXlil et XXIV. = . y A' »
1) Les apocryphes de la Viilgale,