LES APOCRYPHES DE LA VULGATE, DES LXX, ETC
6. — Dans la Vulçate, nous trouvons deux livres entiers et quelques compositions de moindre importance, qui ne sont point canoniques. — Les deux livres entiers sont le m* et le iv' d'Esdras. — Les compositions moins importantes sont la prière dite de Manassé, la préface aux Lamentations de Jérémie (r), et le prolog-ue de V Ecclésiastique.
2) Les apocryphes de la Bible grecque.
7. — Dans la Bible des ZXX, nous trouvons i) un psaume apocryphe (ps. i5i<^) où David chante sa victoire sur Goliath. Personne ne l'admet comme canonique. — 2) Deux fragments également apocryphes, insérés dans le poème de Job, savoir un discours de la femme de Job (entre les versets 9 et 10 du chap. lie de la Vulg.), et une généalogie du patriarche (à la fin du chap. xlii*^ de la Vulg.). — 3) Un livre entier, le m'' des Machabées. Il date probablement du i*^^' siècle, et ne raconte pas, comme on pourrait le croire, l'histoire des Machabées, mais une persécution que les Juifs d'Egypte subirent sous Ptolémée IV Philopator (222-205 av. J.-G.) (2).
Autres cryphes.
apo-
8. — Outre ces compositions apocryphes que nos Bibles conservent, nous en signalerons quelques autres isolées. On les attribue, ou elles se rapportent, à des personnages soit de l'Ancien, soit du Nouveau Testament.
a) Apocryphes de l'Ane. Test.
9. — Dans la première catégorie, nous rangeons,!) le livre Le livre d'Hénoch. cl' fJénocky sovte d'apocalypsc où sont consignées les révélations que le patriarche aurait reçues touchant la chute des anges, la rédemption messianique, le mouvement du monde, des astres, etc. C'est une œuvre de plusieurs mains, mais la partie principale a été composée, croit-on, au i^^' ou au n® siècle avant Jésus-Christ (3). Jusqu'au v^ siècle de Tère chrétienne, ce livre fut assez en honneur auprès des saints Pères (4) ; plusieurs critiques soutiennent même que saint Jude l'a cité (v. i4 et suiv.) ; toutefois cette référence n'est pas certaine (5).
(i) Elle se trouve aussi dans les LXX (éd. de Sixte V).
(2) On mentionne encore unIV"« livre d.^s Machabées que plusieurs, — saint Jérôme entre autres fcf. De vi)\ ilL, i3), — attribuent à Flav. Josèphe. C'est un récit amplifié du martyre d'Éléazar et des sept frères Machabées, d'après // Mach., vi, i8-3i ; vu, i-4i.
(3) Cf. Batiffol, art. Apocalypses apocnj., dans le Dictionn. de la Bible, t. 1, col. 268-260; Peter, Le livre d'Hénoch; De Faye, Les Apocalypses juives, pp. 2o5-2i6.
(4) Cf. l*eter, op. cit.,, pp. 20-26.
(5) Cf. Gornely, op. cit., pp. 221-228»
Les psaumes de ^Q — 3) Les dix-hu'U Psaiwies de Salomon. Ce sont des
oalomon. '
prières composées à Toccasion de la prise de Jérusalem, et dans lesquelles le poète demande à Dieu la restauration d'Israël. Ces psaumes datent de l'époque qui suivit le siège de Jérusalem par Pompée.
^^^'""lésf^^ ^^^^' ^) L^ Iwre des Jubilés, — appelé aussi Petite Genèse, — est une sorte d'abrég-é de la Genèse canonique, et probablement l'œuvre d'un juif palestinien, contemporain d'Hérode le Grand.
L'Assomption de 4) L'Assomption de Moïse, — recueil de prétendus entretiens de Moïse avec Josué sur les destinées futures d'Israël. Cette composition appartient à la même époque que le Livf^e des Jubilés; un écrivain juif en est l'auteur (i). Il n'est pas démontré que saint Jude (v. 9) ait fait un emprunt à cet apocryphe.
xiiVuiaS". ^^ 5) Le Testament des XII patriarches, œuvre judéo-chrétienne, datant probablement du u*^ siècle (2). L'auteur y rapporte des discours qu'auraient tenus les fils de Jacob avant leur mort. Les Pères et les écrivains ecclésiastiques mentionnent assez souvent ce livre curieux (3).
i)Apocryphe3 du 11- — Daus la sccoudc catégorie, — livres attribués ou se rapportant à des personnages du Nouveau Testament, — nous distinguons des Évangiles, des Actes, des Épîtres, des Apocalypses.
Évangiles apo 12. — Parmi les Evangiles, signalons i) le Protévangile
le PiotJvangiiê de de Jacques (Ic Miueur). On y raconte les premières années de
acqueb , Marie, la naissance de Jésus, l'adoration des Mages. Cette
composition a beaucoup de rapports avec Y Evangile de la
nativité de 3Iàrie, qui est d'une autre époque et d'une autre
main.
rÉvangiie arabe ; 2) \J Evangile arabe de V enfance du Sauveur, vérilable tissu de fables et de superstitions orientales ; il date, croit-on, du V® siècle (4).
^ ' Seuxf ' 3) V Évangile des Hébreux (ou des Nazaréens, des Douze),
œuvre d'un judéo-chrétien, qui utilisa probablement le premier Evangile canonique,
(i) Cf. De Fay3, op. cil., pp. 67-7/4.
(2) Cf. de Fay;, op. cit., ])p. 317-221.
(3) Pour les a itrcs coinposilioiis apocryphes se raftnrhaiil à rAnricn ToslamtMit, voir, outre les ou» vrai^cs déjà citéi, \c Dicl. de la Bible, t.. 1, col. 756-772; Corncly, op. cit., pp. 221-227, ^^^'
(4) Cf. Bosl, les Évangiles apocryphes de l'enfance. Iiilroductiou.