‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 87 sur 251 · PREMIERE PARTIE DU TEXTE HÉBREU · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE DU TEXTE HÉBREU

LEÇON PREMIÈRE L'hébreu biblique. — Ses différents noms. — Ses principaux caractères.

L'hébreu, laneçue de l'Ancien Testament. — Les noms de l'hébreu dans la Bible. — Les noms de l'hébreu dans le Talmud. — Le nom le plus communément donné à l'hébreu. — L'hébreu et les langues sémitiques. — Caractères généraux et particuliers de l'hébreu.

^^'l'Anc/Tefr'^'' 1 • — L'iiébreu est la langue de l'Ancien Testament presque tout entier.

On excepte seulement la Sagesse et le //« livre des Machabées qui furent rédigés en grec, et quelques fragments : Daniel, ii, 4 — vu, 28 ; 7^'' d'Esdras, iv, 8 — vi, 18 ; vi, 12- 26, qui furent écrits en araméen (i).

ihéb^u dan7ia b1! 2. — La lauguc de l'Ancien Testament est désignée par ^^^- cinq noms divers.

Deux sont bibliques, parce qu'on les trouve sous la plume

des écrivains sacrés : langue de Chanaan, langue judaïque.

Le premier se lit dans haïe, xlx, i8. On sait que les Gha-

"ndan. ' ""' uanécus parlaient une langue fort semblable à l'hébreu. Tous

(i) Lin verset de Jérémie, x, ii, est aussi araméen. Nous trouvons encore [Gen., xxxi, 47) sur les lèvres de Laban une expression araméenne; c'est le plus ancien vestige de cette langue dans la Bible. — Sur l'araméen biblique, voir Kautzsch, Grammatik des BUdisch-Aramàisclien, et Vln~ iroduclion de Baumgartner à la Grammaire hébraïque de Strack (188G).

les anciens noms chananéens d'hommes et de villes, tels que Abunélek, Adoni-Bézek^ K iriat- Sep lier ^ K triât- Jearim, sont purement hébraïques de racine et de forme (i). On ne voit pas, du reste, que les Hébreux et les Chananéens aient jamais éprouvé la moindre difficulté pour s'entendre (2). 2) Langue judaï- Lg sccoud se Ht dans IV Rois, xviir, 2G, 28 ; Is., xxxvi,

que. ' 7777 •>

II, i3 ; Neh.^ xiii, 24. C'est surtout depuis le schisme des tribus que l'hébreu fut appelé langue judaïr/ lie.

Noms donnés à 3^ — Dcux autrcs noms par lesquels on dési^-ne l'hébreu

1 hébreu dans le r 1 O

Taimud. sont talmudiqucs, parce qu'on les rencontre principalement

dans la Mischna et dans les ouvrages des rabbins : langue assyrienne, langue sainte,

1) Langue ^.ssî/nen- Lg premier est employé par le Taimud de Jérusalem (traité MeghilL, ii, i). « Ce nom, remarque Wog-ué, a passé abusivement de Véeriture moderne hébraïque (écriture assyrienne, ou carrée) à la langue hébraïque elle-même » (3). Toutefois il exista dans le passé une langue sémitique, dite assyrienne, et qui se rapprochait fort de l'hébreu (4).

Le second revient très fréquemment dans la littérature rab-

2) Langue sainte. , , . ^

binique ; on l'emploie encore aujourd'hui. C'est après la captivité, et lorsqu'il cessa d'être l'idiome courant du peuple, que l'hébreu fut appelé langue sainte, par opposition à la langue « des sages » (ou des rabbins) et à la langue « profane » (ou Lhébreu bibUque (Jes illettrés). — L'ancien hébreu — celui de la Bible — resta

distinct de 1 hébreu ^

rabbinique. douc la lauguc de la religion, de la liturgie, la langue classique

sacrée. Quant à l'hébreu « des sages » ou a des rabbins », il servit aux rédacteurs de la Mischna, et aux commentateurs juifs postérieurs (5). Enfin l'hébreu « profane », ou « des illet-

(i) Cf. Rrnan. Histoire des langues sémiiiques, p. m, éd. 5*. (9.) Voir plus bas, ])]). 2o5 et 20O.

(3) Histoire de la Bible, p. 97.

(4) Voir plus bas, p. r?oi, nol. 7; p. 206.

(5) L'hébreu posl-bibli(iue se distingue par les caractères suivants : i) il renferme nombre de locutions étrangères : grec([ues. araméennes, persanes, etc.; — 2) on y surprend des formes grammaticales et syntaxiques nouvelles: — 3) de nouveaux sens y sont doimés à certains mots, etc. — La littérature de cette langu(; néo-hébraïque comprend (piatre périodes principales : — 1) la période de !a Mischna et des premiers Midraschim juifs : elle s'étend juscpie vers la tin du m* siècle ap. J.-C; — 3) la période des Midraschltn qui parurent du iv' au xi' siècle; — 3) la période du moyen âge; — 4* ^^ période moderne. ((]f, Lehrb . der neuhebraisc/ien Spi^ache und Litteratur de Sifîgfried et Strack, Leipzig, 1884 ; Wogué, op. cit., pp. 106-108). Cet hébreu — surtout celui de la Mischna — est au fond la même langue que l'hébreu de la Bible, mais avec un fort appoint d'aramaïsmes, et de locutions dont plusieurs sont étrangères même aux idiomes sémitiques. H s'ensuit (|U(î la diffénMice entre l'hébreu canonique et l'hébreu mischnique est très sensible; — elle est comparable à cellecpii existe entre le latin de. la grande é|H)(pie, et le latin (]u'on écrit de nos jours (cf. Geiger, Lehrb. zur Sprac/ie der Mischnoh). — Néanmoins, cet hébreu rabbini(pie n'est ]ioint à assimiler au patois hébi'éo allemand {Jiidisch-Deutsch) moderne, dont se servent les Juifs de presque tous les j>ays, surtout en Allemagne el dans les provinces de langue tudescpie.

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