‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 88 sur 251 · NOMS ET CARACTERES DE LTIEBREU · texte numérisé non relu

NOMS ET CARACTERES DE LTIEBREU

très », fut l'idiome populaire, et devint la langue des deux Ghemaras de Babylone et de Jérusalem (i).

T.e nom donné le plus souvent à la laniTiie de l'Ane.

Test.

4. — Mais le nom présentement le plus répandu pour désigner la lang-ue de l'Ancien Testament est celui de larigue hé' braïque, ou à' hébreu (2).

Cette dénomination ne se trouve pas dans les livres du Canon judéo-palestinien. On la rencontre pour la première fois sous la plume de l'auteur du prolog^ue de V Ecclésiastique. Les écrivains du Nouveau Testament l'employèrent plus tard (3), ainsi que l'historien Josèphe (4). Elle est passée dans la langue de la Mischna au ii^ siècle, et finalement tous les rabbins du moyen âg-e l'adoptèrent.

De nos jours, cette appellation est devenue commune chez les grammairiens et les exégètes, pour désigner Tidiome dans lequel sont écrits la plupart des livres de Talliance ancienne.

La place de Thé- 5. — L'hébreu appartient au groupe septentrional (5) des kiTomes* sTmiUques! laugucs sémitiqucs (6), lesquelles — on le sait — se divisent en quatre rameaux : l'assyro-babylonien (7), Taraméen (8), le chananéen, Tarabe (9).

(i) La langue de la Ghemara de Babylone se rapproche beancoup de l'araméen oriental ; celle de la Ghemara de Jérusalem est un dialecte de l'araméen occidental. Cf. Strack-Baumgartner, Gramm. héb., Introd.

(2) L'adjectif ibrl, d'où le mot hébreu dérive, ne vient point de Héber (cf. Gen., x, 2i-24\ l'ancêtre d'Abraham, mais il paraît plutôt avoir été une épithète signifiant « d'au delà «.Les Chananéens

.auraient désigné ainsi la famille de Tharé, lorsque cette tribu émigrante passa l'Euphrate et le Jourdain pour venir se fixer dans leur territoire.

(3) Cf. Luc, xxui, 38; Jean, v, 2; xix, i3, 17, 20; Ad. ,x\yi. i4, etc. — Dans ces passages, il s'agit de Vuraméen parlé en Palestine au temps de Jésus-Christ, plutô^ que de Vhébreu proprement dit.

(4) Antig., i, i, 2.

(5) Le territoire des, langues sémitiques s'étendait depuis la Méditerranée à l'ouest jusqu'au delà des grands fleuves de la Mésopotamie à l'est; depuis les montagnes de l'Arménie au nord jusqu'aux rivages méridionaux de l'Arabie au sud. Il embrassait donc la Palestine, la Phénicie, la Syrie, la Mésopotamie, la Babylonie, l'Assyrie, l'Arabie, etc. Par conséquent l'hébreu se rattache géogra^phiquernent, — comme le phénicien, — aux idiomes sémitiques du nord.

(G) Cette dénomination date de la fin du xvin* siècle. Grâce surtout à Schlozer et à Eichhorn, elle a été adoptée par les linguistes, mais elle ne laisse pas d'être défectueuse, car nombre de peuples qui parlaient des langues sémitiques, — les Phéniciens par exemple et plusieurs tribus arabes, — étaient issus de Cham (cf. Gen^, x), tandis qu'au contraire des peuples issus de Sem — les Élamites, etc., se servaient d'un idiome qui n'était point sémitique.

(7) L'assyro-babglonien, parlé 4000 ans avant notre ère sur les bords de l'Euphrate, est l'idiome des inscriptions cunéiformes de la Chaldée et de l'Assyrie. Il ne faut pas le confondre avec l'araméen parlé également dans l'empire assyro-chaldéen, au sein des nombreuses tribus araméennes qui vivaient sur les rives de l'Euphrate et dans la basse Chaldée. — Voir J. Menant, /e.*" Langues perdues de la Perse et de l'Assyrie; Delitzsch, Assyrische Grammatik ; Vigouroux, la Bible et les découv. mod., t. I, pp. 4o2-43o, éd. 5

(8) L'araméen tire son nom de Aram [Gen., x, 22, 23), — mot qui signifie « pays élevé », ou « pays désert», et qui géographiquement désigne non seulement la Syrie proprement dite, mais encore la Mésopotamie, l'Assyrie, etc. (cf. Gesenius, s. h. v.). La langue des pays d'Aram comprend plusieurs idiomes qu'on peut ranger en deux groupes : le groupe occidental et le groupe oriental. — Au premier se rattachent 1) l'araméen biblique f sur l'araméen de la Bible, voir Kautsch, Grammatik der Biblisch-aramàischen) ', 2) le dialecte samaritain (cf. Renan, op. cit., pp. 235-24i); 3) le dialecte des inscriptions palmyréniennes, nabalhéennes, l'idiome des Targums, etc. (cf. Strack-Baumgartner. op. cit. y introd. ). — Au second groupe se rattachent i) le syriaque (cf. Renan, op. cit., pp. 208- 278); 2) le mandaïte (cf. Nôldeke, Mandaïsclie Grammatik).

(9) L'arabe est la plus riche des langues sémitiques. Ses dialectes sont très nombreux. On dis-

C'est au rameau chananéen qu'on rattache l'hébreu, ainsi que deux autres dialectes (i), analogues à l'hébreu, le phénicien (2) et le moabitc (3).

Les caractères généraux de l'hébreu.

l)La Iriiiltérité.

2) Les racines verbales.

3) La déflexion,

4) Le changement des nuances littéraires par les mutations de voyelles.

5) Le verbe mare quant U qualité d-

l'action.

6. — Apparenté aux langues sémitiques, Vhébreu présente des caractères communs avec elles, tant au point de vue grammatical et syntaxique qu'au point de vue lexicographique.

Voici les principaux.

i) L'hébreu a pour base la trilitéritté des radicaux, c'est-àdire que les mots de son vocabulaire se rattachent presque tous à une racine composée de trois consoniies (4).

2) Cette racine trilittèrc est ordinairement un verbe. Les verbes dénominatifs, c'est-à-dire dérivés d'un substantif, sont rares.

3) L'hébreu est un idiome à déflexion, c'est-à-dire que pour modifier l'idée primitive exprimée par un mot il n'exige pas l'addition d'une désinence, mais un changement de voyelle ou de vocalisation dans les consonnes du radical (5).

4) En hébreu, les mutations de voyelles à l'intérieur de la racine changent moins le sens de cette racine, qu'elles n'indiquent les nuances dont le sens du radical est susceptible. Prenons pour exemple les trois consonnes m l k. Les nuances de l'idée générale qu'exprime cette racine varient avec la vocalisation : mâcak, « il a régné » ; melôk, « régner » ; môlêk, « régnant » ; mélêk, a roi » . Il n'en va pas de même en français. Avec les trois consonnes/? / r, si l'on change les voyelles, on obtient^ des sens très différents : piler, pelure, polir, pâleur, plier.

5) En hébreu, le verbe ne marque pas précisément la circonstance du temps dans lequel faction se fait, mais plutôt la rjua-

tlivuc i) le dialeclc himyariquc (sabéeu, minceii, elc); 2) le koraïschitc, ou arabe littéraire classique; c'est la laniçue du Corau; 3) le ^hez ou éthiopien, idiome de la littérature tliéoloe^ique des Abvssiiis' 4) raniharicjue (lui, depuis le xiv» siècle, a remplacé le t^hez comme lanu^ue courante; 5) l'arabe vuli'airc ou moderne, dont les dialectes varient av(;c les tribus, etc. — L'une des meilleures e^rammaires arabes est celle de Caspari, Arabisdie Grammatik, 4' éd. 1876. Elle a été traduite en français. Paris, 1881.

(ij^Les idiomes de Chanaan furent plus nombreux. Dans Neh., xni, 24, il est fait mention du dialecte d'Asdod (Azot); aux environs de Biblos on parlait le gibtite. Ces dialectes, qui n'étaient guère différenciés entre eux. nous sont aujourd'hui très peu connus.

(2) Le p/u'nicien nous est connu par des inscri[)tions qui datent, les plus anciennes du vu' siècle av. J.-C, et les plus récentes du m» siècle de l'ère chrétienne. Il comprend deux dialectes principaux : le sidonien ou p/iénicien propreuient dit, parlé à Sidon, à Tvr et sur tonte la côte, et le punique ou carlJiaqinois, parié à Carthage et en Afrique. Cï. Renan, op. cil., ])\). i8i-2i3; Schroder, Die Pfup-

nicische Sprache.

(3) Le moabite ne nous est connu que par la stèle de Mésa (cf. Vi|L^ouroux, la Rihle et les déc. mod., t. IV, i)p. 5r)-r)3, éd. 5"; Sayce, Fresh ligliL... chap. IV). C'est un dialecte (pii mérite à peine d'être distingué de l'hébreu. Cf. naumt;artner, op. cit., y. 8(), not. 1.

(4) Ouchnies racines cependant durent être, ù rorit;,ine, bililtùrcs ou môme monosyllabi(iucs. Cf. Renan, op. cit., pp. «l^-O^^. 137.

(5) Cf. Reitiach. Manuel de philologie, t. I, p. ia3.

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