LES ALTÉRATIONS DU TEXTE HÉBREU AVANT L'EXIL
et les captifs qui revinrent le rapportèrent dans la patrie. On s'explique parla que le texte de \i\. Loi, — et vraisemblablement le Penfatcuque entier, — dut subir moins d'altérations et de retouciies que les autres parties du Canon hébreu.
2o preuve, 6. — 2) Au surplus, le Pentateuqiœ samaritain (i) peut
"^îite samaritain!' être iuvoqué dans l'espèce comme un témoin des accidents de transcription survenus au texte hébreu antérieurement à l'exil. Ainsi Tétude comparative du texte samaritain, du texte hébreu et de la version des LXX, a révélé que celle-ci est en désaccord avec le samaritain en près de mille endroits (2). Ce qui permet de supposer que les manuscrits hébreux dont se servirent les traducteurs g-recs ne concordaient point avec les manuscrits des Samaritains. Or, d'après l'opinion la plus commune (3), c'est vers la fin du viii^ siècle ou au commencement du vii^, que ces derniers reçurent un exemplaire hébreu du Pentateuçue (4), qu'ils ont gardé depuis avec un soin jaloux, à l'exclusion des autres livres de l'ancienne alliance. Nous en concluons que, depuis le vii° siècle au moins jusqu'au m® (époque des LXX), le texte hébreu primitif — sans excepter la partie du Pentateuque — ne fut point à l'abri des altérations. Objection. Ou dira que ce sont les Samaritains plutôt que les Juifs qui
Réponse. furcut Ics auteurs de ces chang-ements. — Sans doute, les Samaritains ont pu retoucher ici et là leur texte au préjudice des Juifs, mais ce serait se tromper que de leur attribuer toutes les , diverg-ences, qui existententre leur texte et la version grecque; d'autant que celle-ci concorde en plus de mille endroits avec le samaritain contre l'hébreu massorétique (5).
Les altérations du 7. — Mais Ics altératious du texte hébreu biblique anté- ^^l^idl^TuT!'^ rieur à l'exil n atteignirent pas la substance des doctrines ni des faits.
Ce qui le montre, c'est l'entière conformité, dans tout ce qui est essentiel, des textes samaritain et hébraïque, « qu'il faut, observe Richard Simon, regarder comme deux copies d'un
(i) Le Pentateuque samaritain offre le texte hébreu des livres de Moïse écrit en caractères samaritains (sur l'alphabet samaritain voir Ph. Berger, op. ciL,pp. 199 et suiv.).Cf. Wallon, Pro^egomen«, cap. vu, dans Migne, Cursus script, s., t. I, col. 879 et suiv. ; Rich. Simon, Hist. crit. du V. T., pp. 63, 83 ; Gesenius, DePent. sam. origine, indole et auct.;. Gaminero, Manualeisag., pp. 1 71-176; Zschokke, Hist. s. Ant. Test., pp. 888-391; Gornely, op. cit., pp. 266-270. — Sur les Samaritains, leur origine et leur caractère, voir Yigouroux, Mélanges bibliques, pp. 363, ss. ; la Bible et les découv. mod., t. IV, pp. 157-178, 5* éd.
(3) Cf. Vigouroux, Manuel biblique, t. I, p. i36, éd. 3.
(3) Gf. Gornely, op. cit., p. 266-267 ; Vigouroux, Trochon, etc.
(/i)Gf. LV Rois, xvii, 27, 28.
(5) Gf. Vigouroux, loc. cit.
même orig^inal » (i). Les divergences qu'ils présentent ne portent guère que sur des détails d'orthographe, de chronologie ou d'ordre littéraire (2). Au reste, Dieu devait à son honneur de protéger sa parole contre toute interpolation grave qui l'eut faussée et travestie (3).
Le texte hébreu ^* AprÈS l'eXIL ET JUSQu'aU COMMENCEMENT DE NOTRE ERE,
qurversTe'comien- ^^ TEXTE HEBREU SUBIT ENCORE DE NOMBREUX ACCIDENTS DE cementde notre ère. TRANSCRIPTION, MAIS DEJA LES DOCTEURS d'iSRAEL TRAVAILLERENT A LE FIXER.
1) Il subit des retouches.
9. — i) L'étude comparative de la version des LXX(3° siècle avant Jésus-Christ) et du texte massorétique nous autorise à croire que le texte hébreu subit nombre de retouches et de remaniements pendant les siècles qui s écoulèrent depuis l'exil jusqu'au christianisme. « Quand on a fait la part, observe Loisy, des divergences qui proviennent de la maladresse, de la négligence ou de l'arbitraire des traducteurs grecs, — et cette part est considérable dans certains livres, — il reste encore une somme très notable de variantes et de différences plus ou moins graves, additions, omissions, transpositions, qui ne sont pas imputables aux traducteurs, mais qui existaient dans leurs manuscrits hébreux... Au surplus, ces manuscrits ne présentaient pas que des fautes involontaires de copistes, il y avait des modifications voulues du texte primitif » (4).
Motifs de ces retouches.
Où ces retouches
10. — Beaucoup de ces modifications s'expliquent par le besoin qu'on eut de rendre le texte plus clair. Les scribes se permirent donc d'ajouter ici et là quelques mots, quelques détails qui constituent autant de variantes (5).
C'est principalement dans les livres des Rois et des Paralisont les plus nom- pomèncs. daus Job et dans les Proverbes, dans les Psau?nes
breuses. -^ ' ^ ^
et dans la prophétie de Jérémie^ que l'on rencontre ces divergences. Tantôt ce sont des lacunes et des altérations qui vont jusqu'à rendre le texte assez obscur; tantôt ce sont des leçons différentes, des transpositions, des interpolations. Remarque. cnliu dcs corruplions orthographiques (6). — Remarquons
(i) Cf. Rich. Simon, op. cit., pp. 65, 73.
(a) Cf. Fabricy, op. cit., pp. 399 et suiv. ; CoriK-Iy, op. cit.^ pp. (3) Cf. Bellarniiii, De Verbo Dei, lib. H, cap. 2. Opp., t. I, p. (j2 {^) Histoire cril. du texte de l'Ane. Test., pp. 107, 108,
(b) Voir quelques exemples dans Loisy, op. cit., pp. 108-110.
(0) Pour les exemples voir Loisy, op. cit., pp. 1 1 i-iib ; Le Savoureux, op. cit.. pp. l()3-i88, clc.
Ses travaux sur le texte hébreu.