‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 95 sur 251 · MILIEU DU 11^ SIÈCLE DE NOTRE ERE · texte numérisé non relu

MILIEU DU 11^ SIÈCLE DE NOTRE ERE

Sans doute, le texte du Pentateuque fut fixé dès Tépoque des LXX. Celui des Pî^ophètes et des Hagiographes le fut ' Comment sopéra ^crs la fui du i^'^sièclc avaut Jésus -Christ {2). Mais Vuniford^Sé Seîf" ^''^^^ dans la transcription des exemplaires date seulement du I i®r siècle de l'ère chrétienne, — de Tépoque d'Akiba mort en i35. C'est probablement même à ce rabbin, ou au moins à l'école juive g-aliléenne, dont Akiba fut en son siècle le représentant le plus illustre, que nous devons cette uniformisation textuelle. On dut choisir un exemplaire des Écritures plus soig'né, et on le canonisa.^ « tel qu'il était, avec toutes les fautes qu'il contenait, et qui n'existaient certainement pas dans toutes les copies au moment précis où l'autorité qui l'adopta crut devoir le consacrer tel qu'il était » (3). C'est à ce texte stéréotypé (4) que se rattache la récension massorétique — le textus hehrœus receptus^ — que nous lisons aujourd'hui.

On s'explique donc que le Talmud ait pu dire des sopherim : « Ces hommes ont transmis la Loi^ les Prophètes et [q^ Hagiographes unis en un (volume) » (5).

(i) Pirkè abolh, 1.

(2) Voilà pourquoi Josèphe écrivait de son temps avec une légère teinte d'exagération : « Quanta veneratione libros nostros prosequamur, re ipsa apparet. Quum enim totjam saecula effluxerint, nemo adhuc nec adjicere guicgùam illis, nec demere, aut mutare aliquid est ausus ». Cont. Apio., lib. 1, n. 8. — Cf. Mail., v, 18; Luc , xvi, 17.

(3) Loisy, op. cit., p. 187. — La perfection et l'uniformité du texte sacré n'étaient, on le volt, que relatives. Voilà pourquoi le texte hébreu reçu dans les écoles talmudiques de Babylone différait en maints endroits du texte adopté par les écoles de Palestine (cf. Cornely, op. cit., p. 276). — Mais ces variantes furent sans importance.

(à) II est probable que la synagogue posséda alors un manuscrit type que l'on s'attacha k reproduire intégralement, et d'où découlent les éditions ultérieures du texte hébreu. C'est à cet exemplaire type que se rattache le texte massorétique, qui est devenu le texte traditionnel. — Cornely (cf. op. cit., p. 276} est d'un avis contraire.

(5) Baba bathra., i3 b., i5 a.

LEÇON CINQUIÈME Le texte hébreu biblique pendant les périodes talmudique et massorétique.

Etendue des périodes talmudique et massorétique. — Travaux des rabbins sur le texte pendant la période taimudic[ue; en quoi ils consistèrent. — Travaux des rabbins sur le texte pendant la période massorétique. — Deux catégories de massorètes. — Travaux des premiers massorèles pour la vocalisation du texte; les signes de prononciation et d'accentuation. — Travaux des derniers massorètes pour appliquer les signes trouvés par leurs devanciers. — Les principaux massorètes.

tiq^?s Ter"rabbTns ^- — ^^^ tfavaux cHtiques des docteurs et rabbins juifs sur s^pôur^uh^enuprè" ^^ ^^^^^ sacré dc TAncien Testament ne finirent point avec le '®"°^- second siècle de notre ère. Ils se poursuivirent pendant les

âges suivants.

Étendue des pério. ^^^ deux périodcs — talmucUque et massorétique — que des talmudique et nous étudious ici, s'étcndcnt depuis le nie siècle jusqu'au xiie.

massorétique. ' i J l

Travaux des rab- ^' PeNDANT LA PERIODE (( TALMUDIQUE )>, SOIT DEPUIS

bins sur le texte le III^ SIECLE JUSOu'aU VI^ (i), LES SCRIBES JUIFS COMPLE-

pendant la période ^ \ / '

talmudique. TERENT LES TRAVAUX CRITIQUES DE LEURS DEVANCIERS PAR DES

OBSERVATIONS ET DES SIGNES GRAPHIQUES PROPRES A PREVENIR TOUTE ALTÉRATION DANS LA TRANSCRIPTION DU (( TEXTUS RECEP- TUS ».

Remar ue réii- 3. — Rcmarquons d'abord que les scribes dont nous parlons ici n'appartenaient probablement pas à cette classe de docteurs qui compilèrent les Ghêmaras de Jérusalem et de Babylone (2). C'étaient, croyons-nous, de simples '^gcf.\j.\}.T:z\ç, copistes de profession, et chargés en outre d'enseigner la jeunesse à la maison d'école, de faire les lectures à la synagogue, de rédiger certains actes officiels, — par exemple les lettres de divorce, etc. (3).

minaire

[r"avairdesscHbes 4. — Lc travail critiquc de ces scribes pendant la période talmudique eut surtout un triple objet.

le travail des scribes sur le lexle^ du iii" s. au v^.

(i) On sait que les deux Talmuds de Jérusalem et de Babylone furent achevés pendant ecUe période, — i. le premier vers 35o, et le second vers i35o. (3) Cf. Graetz, Mon«<S6c/iW//. p. io5. , . . , , , -^ 0/

(3) Cf Stapfer, op. cit., p. r86 ; Simon, i Education des enfants chez les anc. Juifs, p. 34.

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