OBSERVATIONS CRITIQUES, GRAMMATICALES, ORTHOGRAPHIQUES
ETC., DE LEURS PRf:DÉCESSEURS.
Ce qu'étaient les g. -^ Lcs doctcurs îuifs Qui sc livrèrent pendant cette pé-
massoretes, ^ o i jr r
riode à des travaux sur le texte hébreu sont appelés communément massorètes, et le texte, qui sortit de leurs mains accentué et ponctué, texte massorétique . Néanmoins, à parler rigoureusement, le nom de massorètes convient plutôt aux rabbins qui adaptèrent à tous les livres de la Bible hébraïque le système de vocalisation et de ponctuation, inventé dans le courant du vi^ et du VII® siècle (4). On doit donc les distinguer des ponciuateurs proprement dits (5), qui vécurent avant eux.
époque fùfintJoduu 9- — ^T, c'cst à CCS demicrs que revient l'honneur d'avoir
(i) Voir plus bas, p. 240.
(2) Ces détails nous sont fournis par le traité Schahbath. — Sur la question de l'état du texte de l'Ancien Testament pendant la période talmudique, voir Strack, Vrolegomena crit. in V. T. hebv.
(3) La« Massore », du mot IDC, « transmettre » (cf. Ruxtorf, Lexicon taîm., col. i233), comprend
en général tons ce> travaux de critique et d'exégèse, que les docteurs et rabbins juifs ont faits sur le ^ texte sacré, depuis Akiba(j35 ap. J.-C.) jusque vers le xn« siècle de notre ère. Néanmoins on donne ■ plus particulièrement l'épilhète de massorétique à l'époque qui s'étend entre le vi« siècle et le x«, S parce que les Juifs ne s'occupèrent jamais plus activement qu'alors de protéger rinlé^rilé du te.vte des a Ecritures. Or, quatre causes semblent avoir favorisé cet essor de l'activité littéraire de la synagogue : ^ 1) l'élan vers les études thcologiciues que prirent, à partir du vi« siècle, les écoles de l'alcstinc, — surtout celle de Tibériadc, — stimulées par les écoles de Rabylonc (cf. Ginsburg, dans Kitlo's Cyclopœdia, t. lll, pp. 790 790^ — 2) l'aftaiblissement croissant de rinlelligcnce de la langue hébraïcpie ; 3) la diminution, chacjue jour plus sensible, du nombre de ceux qui conservaient pures les traditions orales (cf. Le Savoureux, op. cit., p. 204); — 4) l'antagonisme des karaïtes et dos rabbaniles (cf. Loisy, op. c«7.,pp. iOB-iGq; Wogué, op. cit., pp. 190-197).
(4) lis fleurirtîDt depuis le viii<= siècle de notre ère jusqu'aux xi» et xii». C'étaient « des greffiers consciencieux, dit Wogué, de patients calculateurs, des grammairiens passables; ce n'étaient ni des critiques ni des fondateurs... Ils ne furent (pie DIIDG ^^STl, conservateurs de la (radilion, du texte traditionnel, lettres, accents cl voyelles ». Op. cit., pp. 122-123.
(f)) Ces ponctuateurs sont appelés Tipj "^TJ^.