LE SYSTÈME DE VOCALISATION DU TEXTE HEBREU
le système de voca- im^ejité le systciiie des signes fort inç^énieux, qui ont fixé la
lisation du texte ^ ^ «^ ^ . .
hébreu. vocaUsatioii du texte hébreu biblique (r).
Ce système ne fut point l'œuvre d'un seul homme ni d'une
seule époque. Commencée vraisemblablement dès les premières
Travaux des pre- auuées du vii° sièclc (2), cettc entreprise fut continuée pendant
miers massorcles. ^ ^ ■' » i • •
tout le siècle suivant. Les résultats acquis furent perfectionnés graduellement. Ce n'est même que vers le ix^ siècle, qu'on arriva à une entente définitive.
Deux catégories de signes de vocalisation.
10. — Le système de localisation massorétique comprend deux catégories de signes : les uns fixent la prononciation, les autres la récitation.
Les signes de prononciation sont les points-voyelles; les signes de récitation sont les accents.
1) Les signes do prononciation .
11. — Pour indiquer \2. prononciation des consonnes, on inventa tout un système de points, simples ou combinés, de petits traits, horizontaux ou verticaux, et de signes servant soit à représenter les voyelles, soit à marquer certaines propriétés des consonnes (3), (consonnes à redoubler, à prononcer avec aspiration ou non, etc.) — On plaça ces signes au-dessus, au-dessous, ou au-dedans des consonnes.
Quels furent les inventeurs des signes de prononciation.
12. — D'après plusieurs critiques modernes, ceux qui eurent lapremière idée de ces signes de vocalisation furent des maîtres
(i) Jusqu'à répoqucde la clôture du Talmud (55o), le texte hébreu ne présentait que des consonnes. Les talmudistes, qui connaissaient assurément la prononciation biblique, paraissent ig-norer tout signe quelconque de vocalisation. Cf. Preiswerk, 07). cit., p. XLI, not. 3; Loisy, op. cit., pp. i58-i6o.
(2) Le rabbin Luzzato parle même des premières années du vi". Son sentiment nous paraît exagéré.
',3) Dans le début, on se contenta vraisemblablement d'un simple point, ou d'un trait ayant une valeur diacritique, et servant à distinguer des mots ditTérents écrits avec les mêmes lettres. Le point en haut devait marquer les voyelles longues â. ô ; le point en bas, les voyelles brèves é, i. Inséré dans le corps d'une lettre, le point marquait soit le redoublement de cette consonne, soit la non-aspiration des lettres bet, ghimel, dalet, kaph, phe, thav. Au-dessus du shin^'û difFérenciait la prononciation sch de la prononciation s. Peu à peu l'emploi du point diacritique se développa; on le combina avec les consonnes, on le réunit à d'autres points juxtaposés; on se servit aussi de traits pour représenter certaines voyelles; bref, tout un système graphique de prononciation fut inventé. Ainsi, pour marquer la voyelle d (long), on plaça un point à gauche au-dessus de la consonne (• — ou ib.)," pour marquer la voyelle û (long) on mit encore le point à gauche de la consonne, mais dans le milieu de la lettre vav (l) qu'onjuxtaposa (ïj^,); pour marquer la voyelle u bref on rangea transversalement trois points
sous la consonne f^j; de même deux points disposés horizontalement (••) sous la consonne représentent le son ê \^\; disposés en triangle (v) ils représentent e (bref) ; un seul point combiné avecl'iorf ("?.), et placé sous la consonne, représente î (long), et sans la combinaison de Viod il représente i bref h'2. bi; 3, bi); si les deux points sont écrits verticalement au-dessous de la consonne ils marquent l'e muet. Les voyelles du son a sont indiquées par des traits •■ - =^ â (long); ' = « (bref). Le son 0 (bref) est aussi marqué par ^. Enfm en combinant les points avec les traits, on arriva à former quelques voyelles (celles du son a, e, 0) très brèves; ainsi -:= a très bref; •••: = é très bref,/ : î= 0 très bref.
d'écoles de Palestine et de Babylonie (i), soucieux de faciliter à leurs élèves la lecture du texte inspiré. De fait, les noms par lesquels sont désig-nés les points-voyelles paraissent bien être des termes pédagog-iques (2). Ce qui est sûr, c'est que les Syriens orientaux et occidentaux possédaient, dès avant le vie siècle, un système graphique de vocalisation; il est donc permis de croire — avec Jahn (3), Luzzato, Wog-ué (4), etc. — que les docteurs juifs de Tibériade et de Babylonie se proposèrent de les imiter, et qu'ils inventèrent à leur exemple des points-voyelles pour marquer la prononciation du texte sacré (5).
La prononciation
La prononciation de l'hébreu varia au cours des siècles.
13. — Mais quelle prononciation les ponctuateurs de la péque fixèrentiesmus- l'iodc massorétiquc out-ils prétendu fixer? Ce n'était certes
soretcs. i l
point absolument l'ancienne prononciation, en usage lorsque les différents livres de la Bible furent composés.
Depuis Moïse jusqu'à l'exil, et depuis l'exil jusqu'au vii° siècle après notre ère, la prononciation de l'hébreu subit plus d'un changement. Il est sûr, en effet, que la prononciation au temps des LXX, par exemple, différait pour beaucoup de mots de la prononciation massorélique. Cette divergence atteignait même les consonnes . « La prononciation des LXX, remarque Preiswerk, se rapprochait de la prononciation araméenne, et quelquefois on croirait reconnaître une certaine influence du dialecte égypto-judaïque ; ou bien ils adaptèrent les sons hébreux à la manière de prononcer des Grecs » (6).
Les Juifs conservèrent oralement la prononciation du texte sacré.
14. — Tout le monde reconnaît cependant que, malgré ces variations inévitables, les Juifs gardaient par tradition orale le secret de la prononciation du texte sacré (7). Les sopherim postérieurs à Esdras, les docteurs juifs des premiers siècles de notre ère, et les rabbins qui enseignaient dans les écoles
(0 II est difficile de d^'iîider si ce fut en Palestine, à Tibériade par exemple, ou en Babylonie (à Ncbardoa, \x Sora, à l'ouinbedita) que prit naissance le système de vocalisation du texte biblique (cf. Stade, Lehrb. d. hebr. Gr., % 33, 37; Pinsker, Einl. in das babyl. hebr. Punckdionssysl.; Loisy, op. cit., i03-iG6l. M.iis t^râce à l'activité littéraire des rabbins de Palestine, cl au prestige dont jouissait la çrande école de Tib,;riadc, le système de ponctuation babylonien dut coder le pas au système palestinien, qui prévalut à partir du x" siècle.
(2) (If. Derenbourjiç, Journal asiatique, 1870, 11, 3o3; Loisy, op. cil., p. i63, note i.
(3) CÊrumm. hebr., p. 19.
(4) Cf. \Vo;]^ué, op. cit., pj). r-i/j-iaT). — C'est aussi rOj)iniou de C.uruoly, op. cit., p. :>78; de Loisy, op. cit., pp. iGo-iOi; etc.
(b) Hicliard Simon {op. cit., p. 1/17) i)cnse cpie les Juifs ont voulu imiter aussi !cs Arabes. (0) Gramm. hef)r., p. XLllI, n. 1.
(7) Cf. Kich, Simon, op. cit., p. i48.