LES ACCENTS DU TEXTE HEBREU
^2711^2(1 Til) , conservèrent certainement et transmirent les règ-les d'une lecture bien assurée. Comment douter aussi que la vénération scrupuleuse, superstitieuse môme, que les Juifs avaient pour la lettre des Ecritures, surtout après la ruine de Jérusalem, n'ait exercé une jurande influence sur la tradition de la lecture, principalement par rapport à la récitation publique dans les synagogues (i) ?
La prononciation massorétique représente la prononciation traditionnelle du texte.
Preuves.
15. — Or, la prononciation massorétique représente cette prononciation traditionnelle de l'hébreu biblique.
Nous en avons une première preuve dans ce fait, que les plus vieux Targ-ums (2) et le Talmud ont lu à peu près comme nous lisons aujourd'hui; c'est ce qu'attestent les traductions, ou encore la discussion de certains passages, dont l'interprétation dépend des voyelles assignées aux consonnes.
Nous en avons une seconde preuve dans ce fait que les transcriptions données par Origène du texte hébreu, en caractères grecs (3), s'accordent en substance avec la prononciation massorétique (4)- '
2) Les signes de \Q ^ — La sccoudc Catégorie de siç^nes inventés parles ponc-
recttalion du texte ^ '^ . / ^
''^'^'■eu- tuateurs du vn^ siècle devait fixer la y^écitation du texte
hébreu. Ce sont les accents.
Rôle des accents
17. — Pour bien comprendre le rôle des accents massorétidans le texte hébreu, qucs, il faut sc rappeler que la lecture des livres saints dans les synagogues était modulée d'après le sens et le groupement logique des mots. C'est cette modulation que les accents règlent, et c'est ce groupement des membres ou des mots de la phrase qu'ils déterminent. Nous pensons même, avec Wogué (5) et d'autres critiques, que ces signes toniques eurent
(i) Les rouleaux de la Loi et des Prophèles, dont les rabbins modernes se servent dans les syna" gogues, ne portent ni points-voyelles ni accents A voir la facilité avec laquelle ils en lisent le texte par le seul exercice, sans commettre la moindre faute, on comprend mieux comment la prononciation de l'hébreu biblique a pu se conserver pendant de longs siècles chez les enfants d'Israël.
(2) Voir plus bas, Section IV", la Leçon sur les Targums.
(3) Voici un exemple : Gen., 1, 20.
n^n iz^sj li^xû
(4) Voir aussi saint Jérôme ad Damasum, dans Pair, lai., t. XXII, col. 456-458.
(5) Op. cit., pp. 119, not. 2; 125, not, i.
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!3o LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE
dans le principe pour but de ponctuer le texte. Donc, chaque mot fut pourvu d'un accent, marquant la relation log-ique de ce mot avec le suivant, ou, au contraire, son indépendance relativement aux autres mots qui viennent après ; on indiquait ainsi la lin d'un membre de phrase, laTm d'une proposition, la fin d'une phrase, d'un verset. Et comme ces accents affectaient d'ordinaire la syllabe tonique, il arriva qu'ils furent à la fois des signes de ponctuation et des signes de modulation (i).
sorètes, aux viii« et ix« s.
Travaux des mas- 18. — Tels furcut Ics travaux qu'entrcpHrent Ics docteurs juifs du vii^ siècle pour la vocalisation du iextus receptus. Continués au vni^ siècle, ils ne paraissent avoir été achevés que vers le milieu ou la fin du ix^ C'est à cette époque (2) que les massorètes proprement dits introduisirent dans le texte de tous les livres du Canon hébreu (3) les points-voyelles et les accents, en même temps qu'ils consignèrent par écrit toutes les observations critiques, grammaticales, orthographiques de leurs devanciers, auxquelles ils joignirent les leurs. Rien n'échappa à leur minutieuse perspicacité. Tout fut examiné, discuté, précisé, noté. Les versets, les mots, les lettres même de chaque livre furent comptés; toutes les particularités d'un mot furent signalées : on mentionna combien de fois un mot est écrit avec une orthographe pleine ou défective, avec telles voyelles ou tels accents ; combien de fois il se trouve au commencement, au milieu, à la fin d'un verset^ avec telle préposition, avec tel sens, etc., etc. (4).