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— M. Jamin^') a cherché d'autres vérifications dans Tînfluence de la couleur de la lumière incidente sur la réflexion métallique. H détermina, pour divers métaux et pour les différents rayons du s|>cctre, les angles de polarisation maximum, ou, ce qui revient au même, les angles d'incidence qui donnent une différence de phase
égale h t entre les deux composantes du rayon réfléchi. Ces angles,
nous l'avons vu, sont ceux pour lesquels, après deux réflexions, la polarisation rectiligne est rétablie. M. Jamin mesura, en outre, l'angle formé par le plan de polarisation du rayon réfléchi avec le plan d'incidence. Pour comparer ses résultats à ceux de la théorie^ M. Jamin s'est servi des formules de Cauchy. Ces formules lui fournissaient deux équations contenant m et x» 6t par conséquent il pouvait déterminer ces constantes au moyen d'une seule observation. Il pouvait ensuite employer les formules, en y remplaçant m et X P^r leurs valeurs, à calculer d'autres résultats, et vérifier si ces résultats concordaient avec ceux de l'expérience.
C'est ainsi que M. Jamin a calculé les pouvoirs réflecteurs de différents métaux sous l'incidence normale, pour les différents rayons du spectre; la comparaison de ces intensités donne une explication complète de la couleur des métaux. Il a pu également vérifier d'anciennes expériences de Bénédict Prévost, qui ont montré que la couleur des métaux change lorsqu'on fait réfléchir plusieurs fois la lumière à leur surface. Il a calculé les intensités des rayons de différentes couleurs pour dix réflexions, et a trouvé des résultats concordant avec l'expérience.
M. Jamin a étudié la réflexion sur sept métaux qu'il a rangés eu trois catégories. L'argent, le bronze des cloches, le laiton, le cuivre et le métal des miroirs ont donné un pouvoir réflecteur décroissant du rouge au violet. Faible pour l'argent, cette variation est assez
Ann. (le cliiin. el de phys. , (3 ), XXII , 3i i . — C, R», XXV, 71a; XXVI , 83.
forte pour le bronze, le cuivre et le laiton. La seconde catégorie comprend l'acier, qui est blanc et oi!i la variation est très-faible, et la troisième catégorie le zinc, pour lequel le pouvoir réflecteur va en croissant du rouge au violet. Voici le tableau des pouvoirs réflecteurs sous rincidence normale après une seule réflexion.
POUVOIRS RéPLBCTBURS SOUS LMNCIDENGE NORMALE APRÈS UNE R^FLEMON.
BROKXE M^TAL
CODLIOM. AMEHT. . , . LAITOK. CUITRI. , . . AGIIR. ZISC*
des doches. des miroira.
Rouge.... 0,999 o,7&7 0,790 0,689 0,699 0,609 0,576
Orangé . . . 0,909 0,796 0,689 0,698 o,65& o>6oo 0,696
Jaune 0,906 0,706 0,669 0,660 o,639 0,699 0,60*1
Vert 0,909 o,63o 0,619 0,670 0,626 0,698 0,616
Bleu 0,878 0,691 0,698 0,636 0,606 0,608 0,698
Indigo. . . . 0,876 0,678 0,656 o,693 0,699 0,606 o,636
Violet 0,867 0,566 0,698 0,606 0,699 0,699 o,636
On voit que pour l'argent la variation est faible, et que la couleur de ce métal , vu par réflexion , sera le blanc tirant légèrement sur le jaune. Pour le bronze, le laiton et surtout le cuivre, l'intensité des rayons de l'extrémité rouge du spectre est prédominante et leur couleur sera d'un jaune tirant, sur le rouge. Pour l'acier, la variation est très-faible; ce métal doit donc être blanc. Enfin, pour le zinc, c'est l'intensité des rayons de l'extrémité violette du spectre qui domine ; aussi ce métal a-t-il une coloration bleuâtre.
Les résultats relatifs à l'effet de dix réflexions successives sont plus marqués, et on peut en déduire des conséquences importantes.
POUVOIRS RiFLECTEURS SOUS L'INCIDENCE NORMALE APRÀS DIX RiPLEXIONS.