Expériences d*Airy eur le diamant et la Mende
Airy a le premier ^'^ observé les phénomènes que nous venons de décrire, et c'est ainsi qu'il a été conduit à la découverte de la polarisation elliptique par réflexion à la surface de lames transparentes et très-réfringentes. Il a essayé de produire ces phénomènes nonseulement avec le crown et le flint, dont les indices sont assez petits, mais encore avec le diamant et la blende, dont les indices de réfraction sont très-grands. II a trouvé que les phénomènes pour ces deux corps ressemblent à ceux qui ont lieu à la surface des métaux. On peut employer un diamant de petite dimension, sur une des faces duquel on place une lentille de verre convexe. On observe les anneaux avec un microscope à faible grossissement : on voit alors la tache centrale noire s'ouvrir pour une incidence inférieure de 3 ou l\ degrés à l'angle de polarisation maximum; la tache colorée qui la remplace atteint son maximum d'étendue quand l'incidence est égale à l'angle de polarisation maximum. Si l'incidence dépasse cet angle, la tache colorée se resserre, et, lorsque l'angle d'incidence est supérieur de 5 ou 6 degrés à l'angle de polarisation, elle disparatt pour faire place à la tache noire. C'est donc dans un espace de 8 à 1 G degrés que se trouve restreint pour le diamant un phénomène qui, pour les métaux, apparaît dans un intervalle de ko à 5o degrés. La blende présente le même phénomène.
On voit que pour ces corps la composante du rayon réfléchi, polarisée perpendiculairement au plan d'incidence, n'éprouve pas
t*^ Camhr, Tratu., IV, a 19.
Veidet, VI. — Optique, H. lUj
60i KÉFLEXION ET RÉFRACTION DE LA LUMIÈRE POLARISÉE.
un changement de phase brusque lorsque l'incidence est égalo à l'angle de polarisation, mais bien un changement de phase graduel, qui donne de la lumière réfléchie polarisée elliptiquement. La lumière réfractée doit aussi être polarisée elliptiquement, et ces corps se prêteraient mieux que les métaux à l'étude de la polarisation elliptique par réfraction.