N MÉTALLIQUES ET PEU RÉPRIISGENTS
399. Expériences de H. Jamiii. — Les faits que nous venons de faire connattre relativement h la polarisation elliptique produite par ia réflexion de la lumière sur des corps non métalliques, transparents et doués d'un fort pouvoir réfringent, ont conduit M. Jamin à penser que tous les corps transparents, même ceux qui sont peu réfringents, peuvent présenter des phénomènes du même genre dans le voisinage de l'angle de polarisation, c'està-dire polariser elliptiquement la lumière par réflexion lorsque l'angle d'incidence diffère peu de l'angle de polarisation.
La difficulté de constater la polarisation elliptique produite par la réflexion est beaucoup plus grande pour les corps transparents que pour les métaux, et cela tient à deux causes. En premier lieu l'intensité de la lumière réfléchie parles corps transparents est beaucoup plus faible que Tintensité de la lumière réfléchie par les métaux , et ensuite , les métaux ne polarisant jamais la lumière que partiellement, les intensités des deux composantes du rayon réfléchi, polarisées parallèlement et perpendiculairement au plan d'incidence, ont des intensités comparables, tandis que les corps transparents, surtout au voisinage de l'angle de polarisation , polarisent presque complètement la lumière, et qu'alors la composante polarisée perpendiculairement au plan d'incidence n'a plus qu'une intensité très-faible, et c'est précisément sur cette composante qu'on doit rechercher le phénomène de la polarisation elliptique par réflexion.
M. Jamin , dans ses expériences ^^^ est parvenu à tourner ce dernier obstacle. Il fait arriver sur la surface réfléchissante un rayon polarisé dans un plan presque perpendiculaire au plan d'incidence : la composante du rayon réfléchi, polarisée perpendiculairement au plan d'incidence, aura une intensité très -grande, et la composante pola-
'•'^ Atm. de ckim. et de phys., (3), X\IX, 363.
risée dans le plan d'incidence une intensité très-petile. En faisant varier Tincidenco, l'intensité de la première composante peut, en s'affaiblissant beaucoup plus que la seconde, lui devenir comparable dans le voisinage de l'angle de polarisation,. et, si alors la réflexion introduit une diiïérence de phase enti^ les deux composantes, il y aura polarisation elliptique. Comme cette polarisation elliptique sera toujours très-faible, il faudra, pour la rendre sensible, se servir de la lumière solaire.
Pour reconnaître la polarisation elliptique de la lumière réfléchie, M. Jamin s'est servi du compensateur de M. Babinet, que nous avons décrit précédemment (208) et qui est représenté fig. lA. Ce compensateur se compose de deux prismes droits, égaux, taillés dans un cristal de quartz : ces prismes ont pour bases deux triangles rectangles très-allongés et sont accolés par leurs faces hypoténuses, de manière à constituer un prisme droit à base rectangulaire ABCD (fig. i/i). Les faces latérales du prisme qui passent par AB et par CD contiennent Taxe, mais dans la première AB est parallèle à l'axe, tandis que dans la seconde CD est perpendiculaire à l'axe; d'où il résulte que, par rapport aux rayons qui tombent sur la face AB, les sections principales des deux prismes triangulaires dont se compose le compensateur sont rectangulaires. Si' donc on fait arriver sur la face AB un rayon polarisé, ce rayon se décompose en deux autres rayons dont chacun traverse l'un des prismes triangulaires à l'état de rayon ordinaire, et l'autre à l'élat de rayon extraordinaire.
Un rayon tel que MN, qui tombe au milieu du compensateur, traverse les deux prismes sous des épaisseurs égales et, par suite, chacun des rayons en lesquels il se décompose parcourt des chemins égaux à l'état de rayon ordinaire et à l'état de rayon extraordinaire, d'où il résulte que la polarisation du rayon MxN n'est pas altérée par son passage à travers le compensateur. Mais il n'en est pas de même pour les rayons qui tombent de part et d'autre de xVIN. Considérons, par exemple, le rayon PQ, qui traverse le premier prisme sous une épaisseur égale à e et le second prisme sous une épaisseur égale à finies deux composantes de ce rayon, suivant les deux sections principales du compensateur, présenteront au sortir du compensateur une diff'érence de marche égale à celle que produirait une lame de