ROIDEIJRS ARTICULAIRES DES DOIGTS. OÙ
n'avez en vue que la cicalrisation, et une fois qu'elle est obtenue, vous croyez avoir accompli votre devoir et guéri votre malade. Il y a une roideur articulaire et un
doigt impuissant.
Un malade atteint de fracture de l'extrémité inférieure du radius est placé dans un appareil qui immobilise les doigts et les tient allongés; le chirurgien enlève son appareil après quarante jours : la fracture est bien certainement consolidée, mais le malade est beaucoup plus infirme qu'au moment de l'accident, il a tous les doigts affectés de roideurs articulaires.
Mais là ne s'arrête pas la malheureuse influence du chirurgien; il s'a[)erçoit bien, en effet, que son malade a les doigts roides et la main inhabile à rempUr ses fonctions; celui-ci a, du reste, l'habitude de s'en plaindre hautement. Mais si, consulté, le chirurgien répond, comme le font la plupart : Cela reviendra avec le temps, il en résulte que, comme le mouvement d'une articulation ne revient que par le mouvement, le malade pourra définitivement êire estropié, tandis que par des mouvements faits à propos et convenablement exécutés vous pouvez le guérir. Mais je dois vous signaler ici un autre genre d'erreur : au lieu de s'en remettre au temps, on dit au malade de faire des mouvements; celui-ci les exécute plus ou moins consciencieusement, mais s'arrêtera toujours, soyez-en sûrs, devant la douleur très vive qu'ils provoquent, de sorte qu'il ne fera que des mouvements incomplets qui ne l'empêcheront pas, après trois ou quatre mois écoulés, d'avoir une infirmité fort grave, sinon irrémédiable. Enfin, tant ce sujet a jus-
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qu'ici élé peu étudié, une erreur non moins (îommuue 6t non moins |)réjudicial)le nu malade consiste à lui faire croire que des bains de différente nature pourront le guérir. 11 en est de célèbres : c'est ainsi que les bains de tripes, les bains de sang de bœuf encore fumant, jouissent, auprès de malades et de médecins, de la plus grande notoriété. Mais il y a des bains bien plus célèbres encore et dont l'efficacité paraît incontestable à nombre de médecins : j'ai nommé les eaux et les boues sulfureuses, et en particulier Baréges etBngnères. Il y a environ cent ans qu'un journal de médecine publiait, pour la première fois, les vertus de ces eaux, excellentes pour rendre l'usage des membres, et à l'appui de ces assertions donnait le résumé û\ine observation fort mal faite, prise sur un malade qui avait ressenti leur heureuse efficacité, mais qui n'avait pas voulu attendre fen guérison complète. Baréges (1) réclama bientôt, et dans un article analogue fit valoir ses vertus non moins grandes et non moins spéciales ; on donnait aussi une observation, cependant on convenait ne pas avoir constamment réussi. Depuis cette époque, sans que j'aie pu autrement découvrir pourquoi ces deux stations thermales se sont arrogé le premier rang , la France tout entière et l'étranger sont leurs tributaires et y envoient force malades. L'Etat ayant un établissement thermal à Bourbonne, il est également admis qu'à Bourbonne on rend aux membres leur usage ; cependant ses eaux ne sont pas sulfureuses, mais elles guérissent : ainsi de beaucoup d'autres.
(<) Joumnl d,- médecinr, 1763, t. Xl^, p. 210 et 250.