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Quand il existe un tégument unique, il peut être crustacé, coriace, etc. ; mais, très souvent aussi, il est membraneux et même d'une consistance extrêmement mince. Quelquefois la couleur du tégument simple est fort différente à l’extérieur de ce qu’elle est en dedans ; ainsi le tégument unique du Comarum palustre , blanc en dehors, est, à l’intérieur, d’une couleur purpurine.
Comme vous le savez par l’exemple des Euphorbes, le même tégument peut offrir des couches de différente nature. Cette diversité de substance n’autorise pas plus à faire plusieurs téguments d’un seul, qu’on ne serait autorisé à indiquer, dans la Cerise ou la I’êche, deux péricarpes , parce que ces fruits sont charnus à l’extérieur et osseux en dedans. Lors donc qu'un tégument nous offrira des couches de consistance diverse, mais qui ne se sépareront pas d’cllcsménies en lames bien distinctes, nous les décrirons, sans doute, mais sans les rapporter à des enveloppes différentes. Ainsi nous dirons que le tégument du Magnolia grandi > flora , rouge et charnu à l’extérieur, est crustacé et jaunâtre en dedans; nous dirons que les Légumineuses ont un tégument corné en dedans, crustacé eu dehors, et dont la partie cornée est susceptible de devenir gélatineuse par l’humectatiou, etc.
On a assuré autrefois que quelques graines présentaient uue simple amande dépourvue de téguments; mais je crois ,, que, pour celles que l’on citait, les semences des Grami-
nées, du Mirabilis Jalapa, des Avicennia, des observations
nu ut. t t # , ,
incomplètes avaient conduit à un résultat erroné. Ainsi 1 on a dit que V Avicennia n’avait point de téguments, parce que souvent ou voit , sur les rivages des mers tropicales, des embryons de celte plante ballottés par les Ilots et alors parfaitement nus; mais, à cette époque, leur germination est déjà très-avancée, elle a commencé dans l’ovaire, et c’est
cn.\u«.
ilans celui-ci môme que la plante naissante s’est débarrassée de son tégument (V. mon Second mèm. sur les pi. auxquelles on attribue un placenta libre dans les Mcm. du muséum, vol. vi, p. 253). Je suis bien loin , néanmoins, de soutenir que jamais il n’existe de graines sans enveloppe propre ; il m’a été impossible d’en découvrir une dans le Veronica hedera-folia ; son embryon m’a paru uniquement protégé i par le périsperme.
§ III. — Périsperme.
Comme j’ai déjà eu occasion de vous le dire, tout ce que nous trouvons sous le tégument propre de la semence constitue l’amande ( nucléus ) ; et celle-ci se compose ou du seul embryon ou de l’embryon et du périsperme ( perispermum ), que l’on a souvent aussi nommé albumen et quelquefois endosperrne ( albumen , endospermum).
Le périsperme est un corps de structure cellulaire qui est , plus ou moins en contact avec l’embryon, mais qui n’a ja mais avec lui de communication vasculaire.
Quand l’embryon s’est approprié toutes les matières liquides qui s’étaient réunies dans le sac embryonnaire, il n’existe pas de périsperme ; mais lorsqu’au contraire il n’en a absorbé qu’une partie, le reste se concrète, et c’est alors que nous avons un périsperme. Les plus habiles observateurs ont aussi, en différents cas, retrouvé, daus le périsperme , le tissu cellulaire du sac embryonnaire et du nucclle.
Ou détermine la base et le sommet du périsperme de la même manière que ceux de la graine elle même. Sa base répond à l’ombilic , son sommet au point opposé.
Il s’en faut que le périsperme soit toujours de la même nature. Il est, le plus souvent, charnu, corné, ou farineux;
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732 GRAINE
quelquefois on le trouve cartilagineux , coriace , osseux ou môme pierreux ; quelquefois, au contraire, il offre une consistance caséeuse, ou bien il se présente comme une sorte de Sj coiui.uiKc. mucilage ( perispermum carnosum, corneum, farinosum, carfilagincum, coriaceum, osscum, lapideum, caseosum, muctlaginosum ). Un périsperme charnu est tantôt plus ou moins succulent et tantôt presque sec ; très-souvent on y trouve une huile plus ou moins abondante. Celui du Coco ( Cocos nucifera ) ne se concrète qu’à la circonférence de la graine qui, comme vous savez , est énorme, cl il se présente au centre comme un lait d’un goût très-agréable ■v. couif ui Le plus ordinairement blanc ou blanchâtre, le périsperme est, dans quelques cas , jaunâtre, vert, grisâtre, rougeâtre ou d’un brun pâle ; celui du Rhinanlhus Crisla galli , roux quand la semence est sèche , devient noir lorsqu’elle est humectée.
Tantôt cette substance forme, à elle seule, une grande partie de la graine , tantôt elle est extrêmement mince , et quelquefois mémo on a beaucoup de peine à la distinguer
« ir— d’un tégument véritable. On peut établir qu’en général le
périsperme est d’autant plus grand que l’embryon est plus petit ; et l’embryon, au contraire, a d’autant plus de volume que le périsperme est moins abondant.
Le plus généralement, celui-ci offre une seule masse continue ; mais, dans quelques Kubiacées, il se présente sous la forme de grumeaux détachés les uns des autres (per. gru mosum). Dans le Daphné Mczereum on trouve quatre lames d’un périsperme charnu, extrêmement minces, deux appliquées sur les commissures des cotylédons et les deux autres ,.ct ,i1v;.k,„» placées à égale distance des premières. Sans être complètelur ment divisé, un périsperme offre quelquefois deux ou quatre fentes, assez souvent un sillon , plus rarement des lobes; celui des Anonacécs montre extérieurement un très grand
ci' aim:.
nombre de rides transversales, entre lesquelles vont se cacher des expansions qui s'échappent d’un tégument unique.
Dans un petit nombre de plantes, telles que les Nymphœa, les Piper, les Saururus, on trouve deux périspermes qui no sont pas toujours de môme nature. Selon MM. Brown et d,„, Mirbel, le tissu cellulaire du nacelle a formé le premier, et )»la fitrt. le second l’a été par celui du sac embryonnaire.
§ IV. — De l’Embryon.
L embryon ( embryo ) ne doit point être considéré comme O cpi’rtl JVnv uncporliou de la plante chez laquelle il a pris naissance ; 'T " c’est un individu nouveau qui est encore à l’état rudimentaire , mais qui , appartenant à la même espèce que le végétal dont il est la dernière production, présentera un jour les mômes caractères.
Puisque l’embryon (ex. Melochia gramini folia, f. 435) est déjà une plante, il doit nécessairement, comme toutes les plantes, offrir, à l’état complet , la réunion du système axile et du système appendiculaire. Ce dernier est représenté, chez lui, par les cotylédons ( cotylcdones , f. 435, a), qui sont scs premières feuilles j quant à l’axe qui porte les cotylédons et qu’on a nommé blastème ( blastema ), il s’étend plus ou moins au-dessus et au-dessous d’eux, couronné par la gemmule ou plumulc ( gemmula , plumula') , premier snp»rt.r«. bourgeon terminal de la plautc naissante. Quoique l’on appelle généralement radicule (radicula, f. 435, b) toute la partie de I axe qui se trouve au-dessous des cotylédons , des auteurs , comme nous l’avons vu , l'ont rapportée au système ascendant, la considérant comme un premier entrenœud chargé, à son sommet, des premières feuilles; il est incontestable que, dans une foule de plantes, parliculiérc-
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ment dans le Haricot , une partie de la radicule s’élève audessus du sol, à l’époque de la germination, et que, par conséquent, cette partie appartient au système supérieur ; cependant comme, avant que la plante germe, il est impossible, ou presque toujours impossible, d’indiquer le point de l’axe au-dessus duquel il y aura ascension , je crois que, dans la botanique pratique, on peut employer , avec tous les descripteurs , le mot radicule dans le sens où il a été consacré par eux (V. plus bas le chap. xxxv). Mais si, lorsque l’embryon est encore dans la graine, nous ne pouvons déterminer, avec une entière certitude, tout ce qui, chez lui, appartient au système ascendant, c’est-à-dire à la ligclle ou tige naissante (caudiculus ) , nous assurerons du moins que la partie qui porte les cotylédons appartient à cette tigellc, et que celle-ci se prolonge au-dessus d’eux, comme axe de la ptamule : des cotylédons sont des feuilles; or des feuilles ne sauraient naître que de la tige ou des rameaux qui la répètent.
Il ne faut pas croire que tous les embryons nous présentent la réunion des deux systèmes, l’axileet rappendiculairc.il en est quelques-uns qui se montrent réduits au seul axe , nonseulement cher les plantes que leur structure, la nervation île leurs feuilles et le nombre de leurs organes floraux ümlirjrtn* wni placent nécessairement parmi les monocolvlédones , mais encore chez des espèces qu’on ne peut décidément séparer des dicoty lédones. L’embryon de la Cuscute (ex. Cuicuta Europœa, f. 431) se présente, meme parfaitement milr, comme un petit vermisseau; on n’a pas non plus trouvé d’appendices chez les Orchidées, dans VOrobanche ramona, VUtricularia vulgaris , le Draconlium poljphyllum , etc. ; il m'a aussi été impossible de découvrir autre chose dans le Ficaria ranunculoides qu’une petite masse homogène et arrondie. Comme, à la première époque de son développement, tout embryon
CHAINE
n’offre qu’un axe , il est bien évident que celui qui, dans la graine mûre, sc montre encore sans appendices, et qui n’en prend que par la germination, est moins développé que ceux qui en ont déjà dans la semence; en un mot, qu’il est, pour ainsi dire, resté à la première époque de son existence.
Qu’on ne croie pas non plus que, parmi les embryons infiniment plus nombreux qui se montrent pourvus d’appendices, tous atteignent le même degré de développement.
Dans les plantes que les caractères des feuilles et des fleurs e mlnvont «les
, , . , ,, «lirotyUMonr»
nous tout, au premier abord, reconnaître pour des dicoty- « >-
lédoncs, nous voyons deux cotylédons opposés , ordinairement appliqués l’un contre l’autre, mais parfaitement libres (f. 435) cl entre lesquels nous apercevons le plus souvent une gemmule. Chez la plupart des monocotvlédones, au contraire, nous trouvons un embryon qui, au premier coup d’œil, nous semble homogène, comme s’il n’avait point de cotylédons (ex. Cocos nuci fera, f. 432); c’est parla dissection seulement qu’au fond d’une très-petite cavité nous découvrons une gemmule, cl l’analogie seule nous montre un cotylédon dans la partie qui engaîne cette même gemmule, comme elle nous fait voir une radicule dans celle qui est inférieure au colylédou. Ici nous avons évidemment un embryon moins développé que celui des dicotylédones ; mais ces dernières sont, à l’état adulte, des plantes plus élevées dans l’ordre des développements que les monocolylédoncs; il n’est pas étonnant que la différence sc montre aussi chez les embryons, puisque ceux-ci sont déjà des plantes.
Au reste , ce cotylédon unique, qui nous semble former
, | i i 1 i* • de* n-.onoroijrlc.lrt-
autour de la plumulc une gaine parfaitement close ^ ^ m-inri^iosirrnii n» d’abord été ouvert, comme le carpelle, fermé dans la fleur, s’étalait dans le bouton naissant. A l’aide d’un fort microscope M. de Jussieu fils a retrouvé, chez une foule d’embryons (ex. Pothos mnxima, f. 433, empruntée à M. de.l.),
CHAINE
quelque trace de la séparation primitive; une simple loupe nous montre dans les Arum maculai um , Ilalicum et Dracunculus une longue fente formée par les bords de la feuille colylédonairc qui n’ont pu se rejoindre; dans l’Aroïde brésilien, que j’appelle Musopsis, et que les habitants du pays nomment Banana do Brejo (la Banane des marais), le cotylédon est parfaitement étalé, et nous le trouvons tel dans la plupart des Graminées (ex. Triticum sathum, f. 434, a ) où il se présente comme une sorte de bouclier. Quelques naturalistes, voyant, chez les embryons de certaines monocotylédones, de très- grosses radicules qui forment une sorte d’expansion latérale, en Itdltxiona sur ont conclu que le cotylédon des Graminées était aussi une
gi«miiire« « dr. simple expansion de la radicule ou de la tigellc, dans le
monurotjli’ilonrt 1 * ü
.'iwxrâJiruU-. cas où nous n’admettrions point de radicule; mais il est évident que , si nous ne voulons pas que le bouclier charnu des Graminées soit un cotylédon , il ne faudra pas non plus considérer comme tel celui du Musopsis ; la partie latéralement fendue qui, dans IMrwm maculalum ou le Dracunculus, cache la plumulc ne serait pas non plus un cotylédon, et nous finirions par n’en voir dans aucune des plantes que nous appelons aujourd’hui monocotylédones. Il est très-vrai que, chez plusieurs de ces plantes, l’embryon, imparfaitement développé, nous laisse des doutes sur la nature de ses parties; mais pourquoi distinguerions nous ce que la nature semble avoir voulu confondre? partout nous rencontrons des organes mixtes; nous ne savons si les appendices de la tige de diverses monocotylédones sont des limbes sans feuille ou des feuilles sans limbe; quelquefois nous distinguons mal un involucre d'un calice; il existe, dans l’ Vtricularia pollens , des organes que nous pouvons également prendre pour des racines , des feuilles ou des rameaux, etc.; faut-il nous étonner de ne point
bll.tlNF..
rencontrer de limites bien précises entre des parties qui ne sont pour ainsi dire qu’ébauchées? l.’embryon d’un Palmier brésilien m’a offert, dans la graine, la forme d’un pain de sucre couché sur son arête ; à l'un des points de la base, voisin de la circonférence, sc trouve, dans une cavité presque superficielle, une petite gemmule ; il est bien clair que la partie sur laquelle est immédiatement appuyée celle dernière appartient à la radicule, cl que la paroi de la cavité qui la renferme apparlicntau cotylédon ; mais, dans la masse continue cl homogène qui s’étend au delà, tout à la fois, de la cavité cl de la base de la plumulc pour foi mer le crtne, que devons-nous attribuer à la radicule et au cotylédon ? il est impossible de le dire; c’est une expansion latérale de ces deux parties entièrement confondues.
Nous devons d’abord examiner, dans l’embryon, sa direction propre, sa position dans le périsperme et celle qu’il offre relativement à l’ensemble de la graine ; ensuite nous étudierons en particulier les parties qui le composent, ses cotylédons, sa radicale et sa plumulc. Mais, avant de nous livrer à ces différentes recherches, il faut que nous fixions s^m-oid, r» les deux points qui seront pour nous son sommet et sa base l,,“° “ ' (apex, basis ). Il est évident que nous devons voir cette dernière dans l’extrémité de la radicule ; quant au sommet organique, il est bien certainement celui de la gemmule, puisque le bourgeon terminal de toute plante en est le point le plus élevé ; mais, comme les cotylédons ne s’étalent point , qu’ils sont redressés, qu’ils dépassent la plumulc cl la cachent, ce sera leur extrémité supérieure que nous conviendrons de considérer comme celle de l’embryon lui-même.
Celui-ci, quand la graiuc est sans périsperme, a ordinairement la même forme qu’elle (embryo semini conformis)-, et, en général, au contraire, il ressemble d’autant moins à la semence, que le périsperme est plus volumineux. On s-
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trouve, le plus souvent, des embryons ovoïdes, cylindriques ou en massue; mais il y en a aussi de globuleux, de lenticulaires , de cordiformes, etc. ( embryo ovatus, cyltndrtcus, claratus , globosus , lenticularis , cordatus). Ce sont , en général, les embryons à un seul cotylédon qui présentent les formes les plus singulières ; on en voit qui ont celle d’un fuseau, d’une pyramide, d’un fil, d’une patère, d’un champignon, etc., d’autres qui, très amincis à une extrémité, se renflent à l’extrémité opposée, d’autres qui s’épaississent aux deux bouts et se rétrécissent vers le milieu, etc. ( embr . f tisiformis, pyramidal us. filifnrniis,patelliformis, fungiformïs, hinc incrassalus inde raide altenualus, utrinque incrassalus, etc.).
Tantôt l’embryon est parfaitement droit, tantôt il est plus ou moins arqué; il peut former des zigzagsou un demi-cercle, devenir annulaire, représenter le chiffre G , décrire deux ou plusieurs tours de spirale , enfin se pelotonner comme une boule (embr. reclus, curvatus, arcuatus , flexuosus , senti- S* •' irniion circulons, annularis ,spiralis , in orbem cunlractus). Souvent
sa radicule se replie sur ses cotylédons , quand il y en a deux, cl cela peut avoir lieu de deux manières différentes : ou elle s’applique sur la commissure , et, dans ce cas, on dit qu’ils sont accombants cl qu’elle est latérale (cotyledoncs accumbcnlrs , radicula lalcralis) ; ou bien c’est sur ledosde l’un des cotylédons qu’elle s’applique, et alors ceux-ci sout incombants et elle est dorsale (colgl. incumbcntcs, radie, dorsalis).
L’embnon est ordinairement blanc; cependant celui de VErrum tetraspermum et de plusieurs autres espèces a une couleur jaunâtre ; on trouve des embryons d’un jaune doré dans YOnobrycbis saliva cl le Lalhyrus Nissolia, de verdâtres dnnsV Impatiens Balsamina, \cSalsola Kali, le Violacanina, de verts dans le Pistacia Tercbinlhus , le 1 t'scum album , diverses Myrlées, de violets dans le Theobroma Cacao ; celui
G II Al NC.
du Gomphxa olivæformis est agréablement bigarré de vert et de pourpre.
Quand il existe un périsperme, l’embryon peut être niché dans l’intérieur de celte substance, ou bien il est placé en dehors et, par conséquent, en contact avec clic par une •Sa po«itioo par partie seulement de sa superficie ; dans le premier cas , ou dit qu’il est inclus ( embrtjo inclusus ) , et, dans le second, qu’il est extérieur ( émir . exterior ). Lorsqu’il est inclus, on le trouve, le plus ordinairement, placé dans l'axe du périsperme, s’il est allongé ( embr . axilis), et seulement dans sa base, s’il est court ( basilarisy, beaucoup plus rarement il est situé v«rs le sommet de la semence ou vers quelque point de la circonférence (apiciluris , excentricus). Un embryon extérieur peut entourer le périsperme comme un anneau, ainsi que cela a lieu chez la plupart des Caryophyllées et des Chéoopodécs(e»i6r./>eri/>Â<rnci«), ou bien étreseulementappliqué contre un seul côté de ce même corps ( embr . lateralis), comme chez les liumex; dans le Drosophyllum, le Dionœamuscipula, le Drosera spiralt’s, etc., il est simplement appliqué, par son sommet, contre la base du périsperme, il l’est, par sa base, dans plusieurs Cypéracécs. Lorsque l’embryon est inclus, il arrivcasscz souvent que sa radicule reslclibrc en tout ou en partie; daus V llippophae rhamnoides, au contraire, les cotylédons sont parfaitement libres, et la radicule est. cachée dans une lame très-mince de périsperme, qui forme autour d’elle comme une sorte de petite gaine.
Quoique la position de l’embryon dans le périsperme soit loin d'étre sans importance , celle qu’il offre par rapport à l’ensemble de la graine en a bien davantage encore, puisqu’elle est le résultat nécessaire delà direction de l’ovule, et qu’elle a une grande constance dans les familles les plus naturelles. Quand l'embryou a sa radicule tournée vers le hile, ou, si l’on veut, sa base tournée vers celle de la semence, cl i>S"mkîcPdî o que scs cotylédons regardent le point opposé, on dit qu’il *
r;nAiN»:.
est dirigé dans le même sens que la graine ou qu’il est dressé ( embr . ereclus , ex. Melnchia gramini folia, f. 43 G) ; il est, au contraire, inverse (embr. inver sus, ex. Urticadioica , f. 437), lorsque ses cotylédons regardent le hile (mime f. a) et sa radicule le sommet de la graine. Un embryon peut aussi avoir ses deux bouts dirigés vers le hile, comme dans la plupart des I . ègumineuses et des Cary ophy liées, clalorson le nomme arnphitrope (embr. amphitropus , ex. Chenopodium album, L., f. 438 a hile'). Enfin on trouve d’autres embryons dont ni l’une ni l’autre extrémité , c’est-à-dire la radicule cl les cotylédons, ne regardent la base de la semence; ceux-ci ont été nommés hétérotropes (embr. heterotropus, f. 439,
4 40), expression qui, comme la précédente, est fort peu usitée. Il est bien clair que ces derniers embryons, tout en conservant leur caractère principal , sont susceptibles cependant d’avoir des positions très-différentes; en effet , celui qui se montre transversal (embr. transversus ), c’est à-dire parallèle au plan du hile, comme chez les Plantains et les Pi imulacées ( ex. G/aux maritima , f. 4 39), n’aura ni sa radicule ni ses cotylédons tournés vers ccltccicalricc (a), ou, si l’on veut, sera hélérotropc, et un embryon oblique par rapport au hile , comme dans les Graminées (ex. grain du Trilicumsativum. coupé longitudinal! ment,/'. 440; a, direction du hile ; b, pèrisperme ; c, embryon), pourra également ne se diriger vers celle mémo cicatrice ni par l’une ni par l’autre de ses extrémités. Si un embryon peut être oblique et hétérotrope, il pourra aussi ne point être hêlèrotrope et cependant rester oblique; alors il aboutira au hile ou sera tourné vers ce dernier, en lormanl avec lui un angle aigu , différant alors de l’embryon vraiment dressé, en ce que celui-ci tombe perpendiculairement sur la cicatrice.
D’après ce que nous venons de voir, l’embryon est susceptible de prendre dans la graine quatre positions principales : il est dressé, inverse, amphitropc ou hétérotrope. Je v ais vous
Oll VINE.
tnoolriT a préseul que ees positions résultent , comme je vous l’ai déjà fait pressentir, de la direction primitive de l’o>ule. Quand l'embryon est inverse (f. 437), il a ses cotylédons tournés vers le hile (a) , cl sa radicule dirigée vers lu point opposé (b) ; mais celle-ci aboutit généralement au mi- 0ii41„ ilrt i(i. cropy le , donc la graine chez laquelle l’embry on est inverse a i” 'àü?.'. son micropylediamétralemcntopposé au hile ; or il en est seulement ainsi dans les graines qui résultent d’un ovule orthotrope (comparer les f. 395 et 437 ) ; par conséquent, toutes les fois que nous trouverons le bile et le micropyle aux deux extrémités d’une graine, nous pourrons, sans la disséquer, dire que son embryon est inverse cl vice vers.'l. Si, au contraire, la radicule est tournée vers le hile (/V 436, a ), tandis que les cotylédons regardent l’extrémité opposée (embryon dressé), c'est que le micropyle se sera fort rapproché du hile; mais ces circon tances ne peuvent se rencontrer que dans le cas où le cordon ombilical se sera soudé avec l’ovule, sans que celui-ci se soit courbé ; or tels soûl les caractères de la graine résultant de l’ovule analrope ( comparer les f. 397 et 436); ainsi, toutes les fois que l’embryon sera dressé, nous dirons avec assurance que c’est dans un ovule analrope qu’il a pris naissance, et quand, d’un autre côté, nous verrons chez une graine, sans aucune apparence de courbure, le hile cl le micropyle fort rapprochés, nous pourrons prédire, presque avec autant de certitude, que l’embryon y est dressé.
Lorsque ce dernier est courbé cl que s-'s deux extrémités aboutissent au hile, ou, si l’on veut, lorsqu’il est amphitrope. il est bien évident que le micropyle s ra très- rapproché de la. cicatrice, puisque généralement la radicule n’abandonne pas le micropyle; mais une graine chez laquelle ce dernier s'est rapproché du hile en se courbant est le résultat d’un ovule campulilropc (comparer les f. 396 et 438); donc nous pourrons dire qu’à cette sorte d’ovule a dû né-
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ccssaircmcnt succéder la graine où l'embryon courbe a scs deux extrémités dirigées vers le hile j et réciproquement nous dirons d’une graine dont le hile et le mieropylc se touchent, et qui nous offre des marques de courbure, qu’elle renferme un embryon amphitrope. F.n jugeant, d’après l'extérieur, qu'une semence ne peut contenir aucun des trois embryons, le dressé, l’inverse et l’ampliitrope, nous conclurons naturellement que celui qu'elle renferme est hélérotrope; c’est-à-dire qu’il n’a aucune de scs extrémités tournée vers le bile, position due, d’après M. Mirbel, à l’inégalité des accroissements ; mais si, lorsque l’embryon hétérotrope est oblique par rapport au hile, nous n’avons , le plus souvent, que des moyens d’exclusion pour arriver, sans dissection , à la connaissance de sa position ; si nous ne pouvons pas non plus toujours dire, à l’aspect de la graine, quand l’embryon hélérotrope est parallèle au hile, du moins l’assurerons-nous dans les deux cas les plus ordinaires : chez une graine déprimée, celle qui, étant aplatie, a le hile sur sa face, le parallélisme existera toujours (ex. les Plantains, f. i30), et l’expérience m’a appris qu’il existe aussi chez la graine anguleuse , quand son crtlé extérieur est convexe et parallèle au bile (ex. une foule de Primulacccs et de Myrsinées, f. 439).
Louis-Claude Richard a prouvé, il y a déjà longtemps, que la position de l'ovule ou de la graine devait être déterminée par rapport au péricarpe, et que celle de l’embryon devait l’élrc par rapport à la graine; cl, en effet, chez les fruits à semences nombreuses , l'embryon, placé de même Position a, dans toutes, n’a souvent pas, chez toutes, une position Ü"^r.n0 frj" semblable relativement au fruit. Cependant, c mime celte dernière ne varie pas de même lorsque le péricarpe ne contient qu’un très-petit nombre de graines, on pourrait, sans inconvénient, dire alors, avec quelques botanistes, que la
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radicule est supère (rad. supera), quand, prolongée, elle s’élèverait au-dessus du sommet du fruit; infère, quand elle descendrait au-dessous de sa base (inféra)-, centripète (cen(ripeta)si elle regarde son axe; centrifuge, sa circonférence (cenlrifuga). Mais uous n’avous pas besoin d'indiquer la position de la radicule par rapport au fruit; nous l’avons déterminée d’une manière implicite, en faisant connaître celle de l’ovule dans l'ovaire, puis celle de l’embryon dans la semence. En effet, lorsque nous décrivons l’ovule comme suspendu ou bien inverse, ce qui signifie un hile regardant le sommet du péricarpe, et que nous ajoutons ensuite que la radicule est tournée vers le hile, c’est absolument comme si nous disions que , prolongée, celle ci s’élèverait au-dessus du stigmate; annoncer, au contraire, un ovule ascendant ou dressé avec la radicule dirigée vers le bile, c’est désigner assez une radicule infère; des cotylédons tournés vers la cicatrice dans une graine inverse ou suspendue indiqueront une radicule également infère, et, avec la même position , ils indiqueront la radicule comme étant supère dans la graine dressée ou ascendante; qu’une graine soit péritrope sur son placenta axile, sa radicule, si elle regarde l’ombilic, sera évidemment centripète; si elle regarde la partie extérieure de la loge, elle sera centrifuge; enfin le contraire arrivera lorsque le placenta sera pariétal.
Après vous avoir exposé les principaux caractères de l’embryon considéré dans son ensemble, je passe à l’examen de scs différentes parties eu commençant par les cotylédons (cotglcdones).
Ceux-ci, comme vous le savez, sont généralement solitaires ou au nombre de deux; cependant, chez quelques plantes telles que les Ceratophyllum , cl diverses Conifères, on trouve jusqu’à douze cotylédons, toujours disposés en verlicille. .Malgré cet excès de développement, ces mêmes
Nombre «le* co- Ictbms.
GRAINE
plantes , loin tic pouvoir être rangers parmi celles qui sont très-élevées dans le règne végétasse rapprochent plus qu’une foule d’autres des monocolylédoncs ; de même que ces dernières réclament, au commencement de leur série, les Graminées qui, du côté opposé à leur véritable cotylédon, nous en offrent un second dans cette écaille rudimentaire connue des botanistes sous le nom d’épiblastc ( epiblastua , f. 434 d ); tant il est vrai que les végétaux les plus dissemblables ont encore quelques rapports entre eux.
Les cotylédons sont ordinairement charnus, planes à leur face, convexes en dehors; mais souvent aussi, cl surtout Lear consU- quand le pcrispcrnic est très-volumineux , on les trouve planes sur les deux surfaces, et, dans ce dernier cas il n’est pas rare que des nervures plus ou moins prononcées s’v dessinent comme sur les feuilles caulinaires. i'“r iorf*cf . Chez la graine, les cotylédons ne sont jamais velus; mais quand les feuilles de la tige offrent dans leur tissu des glandes vésiculaires, comme riiez les Myrtées, on peut souvent en retrouver sur les cotylédons.
Ces petites feuilles peuvent, comme celles de la tige, être ousessiles, ou réduites à un simple pétiole, ou bien encore être pourvues tout à la fois d’un pétiole et d'une lame. Nous savons que les premières feuilles caulinaires d’un grand Cotylédon* te»- nombre de monocotvlédoncs ne sont que des pétioles sans
•Un rc- a * -
duiu au pétiole |amc qui formcnl une gaine; quand nous vojons une gaine dans l’embryon des mêmes plantes, nous devons naturellement conclure que ce n’est autre chose non plus qu’un simple pétiole; l’analogie nous montrera aussi un pétiole dans le cotylédon étalé des Gramens ( f . 434, a), et nous seronsfrappés de la parfaite ressemblance de formeque ce cotylédon présente, dans des dimensions infiniment plus petites , avec les écaillés sansjamc d’une foule de Bambous(V. p. 146). Chez les dicotylédones, M. Bcrnhardi nous a aussi montré