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CHAPITRE XXXlll

GRAINE

Partie essentielle du fruit, la graine ou semence ( semen ) est l’ovule qui , après avoir clé fécondé, a mûri et peut, Dr finition «le la

1 1 1 »e mener.

par la germination, donner naissance à une plante nou vellc.

La semence se compose de l’amande ( nucléus ) et d'une ou plusieurs enveloppes ( inlegumenta , f. 436 b. ) qui revêtent cette dernière. L’amande est formée tan («H par le seul embryon, plante à l’étal rudimentaire, et tantôt par l’embryon (même f. d.) et le périsperme ( même f. c.), corps charnu, farineux ou corné, qui entoure plus ou moins l’embryon ou est entouré par lui.

Pour être parfaite, une semence n’a pas besoin de péri sperme; mais l’embryon sans tégument n’est point une semence; des téguments et un périsperme sans embryon

CRAICiE.

n’offriraient qu'une graine imparfaite ( scm. incompletum).

La semence esl le dernier terme de la végétation de la plante mère; en elle commence une végétation nouvelle qui , loin de continuer la première, procède en seus inverse. Tous les organes protecteurs que nous avons jusqu’ici passés en revue, les écailles, les stipules, les calices, la corolle, les carpelles garantissent, du moins immédiatement , des organes qui appartiennent à la même plante qu’eux : dans la graine, les organes protecteurs, c’est-à-dire les enveloppes, appartiennent à une plante, la partie protégée ou l’embryon est une autre plante.

En vous entretenant de la jeune graine ou l’ovule, je vous ai fait connaître scs rapports avec le péricarpe qui l’entoure, et surtout la manière dont elle est attachée. Déjà presque toujours altérés à la suite de la fécondation , ces rapports cessent à la maturité, puisque, le plus souvent alors, la graine se détache et sort du péricarpe (1). Je n'ai donc plus qu’à vous la montrer isolée du reste du fruit, sauf à vous indiquer les différences qu’elle présente lorsqu’elle vient à se souder avec les feuilles carpellaires. Je vous parlerai

(l) Lorsqu’on n’a pu observer la position de l’ovule dans l’ovaire, et qu’on veut y suppléer en indiquant celle qu’ont eue les graines dans le péricarpe , avant qu’elles se détachassent du placenta , on se sert des expressions que nous avons employées pour l’ovule, et on les applique de la même manière. Ainsi on dit d’une semence attachée au fond d’une loge unique qu'elle est dressée ( semen crectum ) ; on dit qu’une graine est inverse (s. inversum) quand elle est lixée immédiatement au-dessous du style, et que son sommet regarde la base du fruit; une semence attachée à un placenta axile ou pariétal , et dont le sommet est tourné vers celui du péricarpe, est ascendante ( s. ateendens }; celle qui naît de l’un ou de l’autre de ces deux placentas, et qui, par son sommet, regarde la base du fruit, est suspendue ( s. suspentum ) ; enfin une graine est dite périlropc ( semen peritropum ) quand son point d’attache correspond au milieu de son grand diamètre.

GHAIIK.

d'abord de ses caractères extérieurs, cl successivement ensuite des parties qui la composent.

§ I. — Des caractères extérieurs de la graine.

Les semences peuvent offrir toutes les dimensions depuis un quart de ligne, ou même moins, jusqu’à un pied environ . Les plus petites sont généralement fournies par des herbes, les plus grandes par des arbres; mais, dans des limites moyennes, des semences de dimensions semblables peuvent être également produites par des plantes herbacées et des espèces ligneuses. C’est parmi celles qui adhèrent au péricarpe qu’on trouve les plus volumineuses, comme la famille des Palmiers nous en offre tant d’exemples. Quand un fruit ne contient qu’une semence, les dimensions de celte dernière sont toujours en rapport avec celles du péricarpe; mais de très-petites graines, si elles sont nombreuses, peuvent se trouver dans un péricarpe assez gros, ainsi que cela a lieu pour le Papacer somniferum. Une même loge offre quelquefois des graines plus petites que les autres; ce sont surtout celles qui , nées au sommet et à la hase du placenta , ont eu moins d’espace pour se développer : mais toutes celles où l’embryon n’avorte pas, les plus menues comme les plus grosses, sont également propres à perpétuer l’espèce.

Les graines sont le plus communément globuleuses, ovoïdes ou réniformes (sem. globosa, ovoidea s. ovala, reni forma)-, mais on en trouve aussi d’oblongucs, de cylindriques , de turbinées ou en toupie (sem. oblonga, cylindrica , turbinata) ; elles peuvent être rectilignes, plus ou moins courbées et même repliées (sem. recta s. rectilinea , curvala, replicata ) ; plus ou moins aplaties, lenticulaires ou anguleuses (complanata, lenticularia , angularia). Quelques-unes

Dinienftiort'.

Forme,

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ressemblent à de la sciure de bois, d’autres à certains insectes; enfin il existe une foule de formes intermédiaires qui tendent à nuancer celles que je viens de vous indiquer.

Souvent nous trouvons, dans un même fruit, dans une même loge, des semences de forme différente; c’est le résultat d’une pression inégale exercée par le péricarpe, ou que les graines elles mêmes ont exercée les unes sur les autres.

Quand les semences sont aplaties, leurs bords se montrent quelquefois saillants et épais ( semina marginc elevata ); d’autres fois ils sont membraneux (sem. marginc membranacca) , et, dans quelques cas, la membrane marginale se déchire plus ou moins (sein, marginc lacera).

Chez certaines semences, l’expansion membraneuse prend une largeur très sensible; alors on lui donne le nom d’aile (<//«), et l’on appelle ailées (s. alata ) les graines pourvues d’ailes. Il ne faut pas croire que de telles expansions soient particulières aux semences aplaties; on en trouve également sur celles qui sont plus ou moins arrondies dans leurs contours. Tantôt l’aile environne toute la semence (sem. peripterata) , tantôt elle part d’un seul point; le plus souvent il n’en existe qu’une, quelquefois on en compte trois (sem. unilata , trialata).

La surface des graines est loin d’offrir toujours les mêmes caractères; elle peut être lisse, ridée, striée, sillonnée, présenter une sorte de réseau, des points enfoncés, des fossettes plus ou moins profondes, des espèces d’alvéoles, des papilles, des tubercules, des pointes plus ou moins pronon cées (sein, lævia, rugosa, striata, sulcata,reticulata, excavatopunclata, scrobiculata, foveolata , alvcolata, papillosa, tuber culata, muricala, aculeata).

Comme la plupart des parties du végétal, les graines peu vent être glabres ou velues ; tantôt des poils les revêtent en-

CR.Ui'Ib.

fièrement, tantôt on n'en voit que sur quelques points.de leur surface : lorsque, dans ce dernier cas, ils forment une sorte de touffe, on leur donne le nom de chevelure (coma). et l’on appelle chevelues les graines qui présentent ce caractère (sem. comosa). Voici quelques exemples de diverses sortes de chevelures : chez les Ëpilobium , les ovules ascendants portent déjà dans la fleur, au point diamétralement opposé au hile, un bouquet de longs poils blancs et simples, qui continuent à se développer pendant la maturation ; l’ovule des Tamariscinécs (1) est parfaitement glabre, mais, à son

( i ) Comme il y a toujours quelque chose de puéril dans les réclamatious qui ont pour objet l'antériorité, je n’avais point songé à revendiquer le faible honneur d’avoir constitué la famille des Tamariscinécs; mais, m’occupant dernièrement de celle famille , je me suis aperçu que M, de Candolle , dans son Prodromus , et, d'après lui, plusieurs bolanislcs célèbres non-seulement attachaient au groupe des Tamariscinécs un autre nom que le mien, mais qu’ils indiquaient mon travail sur les Tamarix comme étant de l’année I8if>, tandis qu’un autre travail relatif au même sujet et resté manuscrit jusqu’en 1825 aurait été présenté à l'institut en 1815. Ici il est évident qu’il ne s’agit plus d'une question de priorité. Si j’avais publié en 18 1 G, sans le citer, ce qui avait été lu à l'Institut en 1815, je me serais laissé aller à une préoccupation singulière ; mais je n’ai rien de semblable à me reprocher. Mon Mémoire sur les plantes auxquelles on attribue un placenta central libre, où je traite des Tamarix, imprimé seulement en I81G à cause des lenteurs qu’éprouvaient alors les publications du muséum d’histoire naturelle, avait été lu à l’institut le 20 septembre 18 13, comme le prouvent les registres de cette société savante; dans leur rapport , inscrit tout entier sur les mêmes registres en la date du 28 mars 1821, MM. de Jussieu et Palisot de Iîeauvois disent expressément : « Le Tamarix est un autre « genre placé avec doute dans les Portulacées et qui doit s’en éloigner...; « selon M. Saint-Hilaire il doit définitivement devenir le type d’un « ordre nouveau ; > enlin , dans l'extrait de mon mémoire imprimé au /iulletinde la Société philomathique, sous la date de janvier 1815, signé lirisscau-Mirbel et indiqué comme emprunté à une séance de l'Instilut, de 1 8 1 4 , on lit ce qui suit: « L’auteur pense, au reste, que

('bfyrkir.

CHAINE

I oiiUur.

sommet, il existe un petit tubercule «|ui bientôt s’allonge et se garnit de poils horizontaux ; on ne voit non plus aucun poil sur l’ovule des Asclepias, mais la chevelure ne se développe pas sur un prolongement particulier de la graine, elle prend naissance sur celle-ci même, à un point qui regarde le sommet du péricarpe, et dont le hile se trouve , suivant les espèces, plus ou moins rapproché. Il est bien clair qu’avec la chevelure il ne faut pas confondre l’aigrette (pappus), qui, comme vous le savez (V. p. 364), n’est autre chose qu’un limbe caliciual réduit à de simples nervures.

Très-souvent les semences sont males ; assez souvent aussi l’on en voit de luisantes : leurcouleur, généralement foncée, n’est jamais ou presque jamais en rapport avec celle de la corolle. La plupart d’entre elles sont rousses, brunes, grises ou noires; quelques-unes cependant ont des teintes trèsvives ; on en trouve plus rarement de blanches et surtout de verdâtres; le Lysimnchia vulgaris m’en a offert de jaunâtres tirant sur la couleur de chair; je n’en ai jamais vu de bleues ni de roses, du moins à l’extérieur. La couleur des graines est généralement constante dans la même espèce; cependant la culture parvient quelquefois à la faire varier, et même sans amener dans la plante aucun autre changement notable.

Chez un grand nombre de semences, on distingue, au premier coup d’œil, uuc cicatrice, souvent un peu enfoncée,

« le Tamarix est destiné à être le type d’une nouvelle famille à laquelle « ou pourra donner le nom de Tamariseinées, et il prouve déjà, par « la comparaison des Tamarix germanica et gallica , qu’il y a plus « de différence entre ces deux espèces qu’entre une foule de genres n généralement adoptés. » D’après le registre des procès-verbaux de l’Institut, le travail cité par M. de Candolle comme antérieur au mien a été lu dans la séance du 7 août 1815 sous le titre de Note sur une nouvelle famille de botanique appelée Tatnariscinéc .

i.rvi.M..

rarement proéminente, ordinairement mate et d’une couleur pôle, quelquefois d’une teinte obscure; c’est le point par lequel l’ovule était attaché soit au cordon ombilical ou «a», funiculc, soit immédiatement au placenta ; en un mot, c’est le hile ( hilum , umbilicu t, p. 538 ; f. 429 a, 430 a ). Au rentre de cette cicatrice ou vers l’un de ses côtés, on aperçoit un ou plusieurs trous fort petits , auxquels on a donné le nom peu usité d’omphalode ( omphahdtum ), et qui Ompbalode indiquent le passage des vaisseaux du funicule dans la graine. Suivant les genres et les espèces, on peut voir le hile sur tous les points de cette dernière ; mais c’est principalement à l’extrémité la plus amincie qu’on l’observe dans les semences allongées. Pour faire connaître plus facilement la direction de l’embryon et donner une idée exacte de la graine prise dans son ensemble, le botaniste descripteur doit, lorsqu’elle est plus ou moins oblongue , indiquer, par rapport à son grand diamètre , la place du hile , et dire , quand elle est aplatie, si c’est dans son bord ou sur un de ses côtés que se trouve la cicatrice ( hilum ad extremitatem seminis angusliorem situm ; hilum marginale , in medio seminis facic situm, etc.). Quelquefois le tégument forme, autour de celle dernière, un bord assez élevé; plus souvent sa surface est, a cet endroit, aussi égale qu’aillcurs. Le hile peut présenter la forme d’un croissant ou d’un cœur, être linéaire, oblong, orbiculairc ( hilum lunulatum, cordatum, lincare, obhngum , orbiculare, etc.). Quelquefois très-large chez les grosses semences, il est souvent, au contraire, fort difficile à distinguer chez celles qui sont petites; dans ces dernières , il n’est pas extrêmement rare qu’on reconnaisse sa place à la présence d’une petite pointe qui ne saurait être qu’un reste du funicule ou du moins des vaisseaux qui le traversaient.

Après avoir parlé du bile, je vous dirai quelque chose de

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Iialair . raj*1i * la chalazc ( cltalazu ), qui, lorsqu'elle existe, se trouve communément vers le point de la semence diamétralement opposé au hile. C’est tantôt une proéminence plus ou moins sensible, tantôt une sorte de mamelon entoure d’une dépression circulaire, tantôt une simple tache, plus ou moins obscure , qui ne se présente point comme une cicatrice, mais qu’on aperçoit dans le tissu du tégument, et dont les limites sont ordinairement mal déterminées. Do la chalazc vers le hile descend, dans le tégument, une ligne plus ou moins obscure, plus ou moins large, quelquefois un peu proéminente; c’est le raphé graphe). Avec une chalazc, il existe nécessairement un raphé, mais il n’est pas toujours visible à l’extérieur.

Dans l’ovule, la chalazc était, comme vous le savez (p. 539), le point où l’enveloppe intérieure naît de l’axe; c’était, en quelque sorte, un hile interne; par conséquent, chez les semences qui résultent d’un ovule décidément orlholropc ou d’un ovule normalement campulilrope, et dans lesquelles le hile et la chalazc n’ont jamais cessé d’élre l’une au-dessus de l’autre dans un mémo plan, tous les deux doivent se trouver - confondus ( f . 395, 396 ), et là nous ne trouverons pas de chalazc proprement dite, distincte du hile. Nous aurons, au contraire, une chalazc dans les graines qui proviennent d'un ovule analropc, puisque la cicatrice à laquelle on y applique le nom de hile n’est pas le point où le funiculc a donne naissance à l’ovule, mais celui où, après avoir été soudé depuis le hile cl la chalaze véritable jusqu’à l’extrémité opposée de la graine, il est devenu libre (/". 397). Si, comme je l’ai déjà fait (p. 544) , nous comparons la graine provenant d’un ovule anatrope à une fleur penchée sur un pédoncule plus long qu’elle, et que nous supposions ce pédoncule soudé avec l’enveloppe florale dans toute la longueur de celle dernière, le point d’attache du pédoncule sur le calice sera la

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chalazc, celui où ce même pédoncule deviendra libre sera le hile , le pédoncule dans la partie soudée sera le raphé : que la fleur n’eût pas été penchée, nous n’aurions eu que le point d’attache du pédoncule sur le calice, comme nous n’avons pas de chalazc proprement dite, distincte de l’ombilic, dans la graine qui succède à l’ovule orlhotrope. De tout ceci , il résulte réellement que, dans les graines où nous voyons une chalaze, celle-ci provient non-seulement de la chalazc proprement dite, mais encore du véritable hile ; que la chalazc peut être le point où , dans la graine analrope, les vaisseaux du funiculcont originairement pénétré dans l'ovule, celui où il a pris naissance; enfin . que la cicatrice , qu’ici nous appelons hile, n’est, à proprement parler, qu’un hile secondaire, un hile artiliciel. Ce qui montre que la chalaze de la graine mure ne doit point être considérée comme le simple résultat de la chalaze de l’ovule, si , chez ce dernier, nous appliquons le nom de chalazc seulement au point d’attache de l'enveloppe intérieure, c’est que les Renonculacécs, qui , suivant Schleidcn, offrent à leur ovule une enveloppe unique, montrent pourtant une chalazc sur leur graine.

En vous disant que les semences résultant des ovules orthotropes ou des campulitropes ne pouvaient point avoir de chalaze, j’ai eu soin d’ajouter qu’il fallait que les caractères de ces derniers ne s’écartassent pas du véritable type ; en effet, lorsqu’un ovule campulilropc a commencé par se développer comme un ovule analrope, ou que des inégalités d’accroissement plus ou moins sensibles ont eu lieu dans 1 ovule orthotrope , nous pouvons encore avoir sur la graine une chalaze plus ou moins éloignée du hile. Chez les Renonculacécs, qui sont , comme je vous l’ai dit , analropes , la chalazc est généralement située à l’extrémité de In graine opposée au hile; dans plusieurs espèces de Ranunculus, au

CIIAIXE.

JU icropylr

contraire, je l’ai trouvée Irès-rapprochéc de cotte cicatrice; il est impossible que cette différence ne soit pas aussi le résultat de quelque inégalité d’accroissement.

Avec le hile et la chalaze, ou simplement avec le hile quand la chalaze n’existe pas , on peut encore trouver sur la graine un point blanchâtre ou une très-petite fente, qu’on nomme le micropylc ( micrnpyle ). Ce n’est autre chose que le dernier reste de ces ouvertures qui , à l’époque des premiers développements de l’ovule, se sont montrées fort grandes â l’extrémité des téguments, cl que plusieurs botanistes appellent , chez les graines naissantes, endostome et cxoslome, tandis que d’autres leur donnent déjà les noms de micropylc intérieur et de micropy le extérieur (V . p. 530). Tantôt le micropylc nous offre encore, chez la graine, une faible ouverture mal fermée par un tissu lâche; tantôt l'ouverture n’existe plus, les téguments se sont entièrement rejoints à leur sommet, mais, à cet endroit, ils sont d’une contexture moins serrée et moins ferme. Le micropylc répond presque toujours au point de la semence où, originairement, se trouvait l’extrémité du nucellc ; dans les graines qui résultent d’un ovule décidément orthotrope ( f . 395), ce point est diamétralement opposé au hile, puisque, chez ces graines, le hile, la chalaze et le bout du nucellc sont restés dansun mémeaxe parfaitement droit, ex. Daphné Mezereum ; au contraire, dans les semences qui proviennent d’ovules anatropesou campulitropes ( f . 397, 39G), chez lesquels sc sont opérées des courbures de diverses espèces, le micropylc doit nécessairement sc trouver rapproché du hile, ex. Polychnemum arvense.

Des excroissances charnues ou calleuses sc montrent quelquefois sur les graines, tantôt à un point, tantôt à un autre, suivant les genres et les espèces. On leur a donné des noms différents selon leur consistance et la place qu’elles

chaise.

occupent; mais, comme elles sont loin de sc rencontrer Slt toujours, je crois que, pour ne pas surcharger la lermino logie, les botanistes descripteurs peuvent simplement les indiquer sous les noms de caroncules, de callosités, de tubercules (caruncula , callus , tubcrculum) , en disant quelle est leur nature, leur forme et surtout l'endroit où elles se sont développées. Les caroncules, de forme trèsvariée, que l’on voit souvent au-dessus du bile dans les semences suspendues, celles, par exemple, des Euphorbia, des Polygala , des Ricïnus (ex. R. incrmis , f. 427), ne sont autre chose que les bords épaissis cl proéminents du micro pvlc, bords qui, dans l'origine, formaient un entonnoir, et sc sont rapprochés peu à peu par des accroissements successifs ; ainsi, dans les semences dont il s’agit, ce n’est pas ailleurs que dans la earoncule elle-même qu’il faut chercher le inicropjde. Comme ce dernier, chez les graines mûres ou presque mûres du Ricinus inermix, sc voit au dos de la caroucule ( f . 428; a. micropyle ), c’est-à-dire le côté de celleci qui, dans le fruit ( f . 427), regarde l’extérieur du péricarpe, on ne comprend point, au premier abord, comment la fécondation a pu s’opérer; mais, pour peu qu’on étudie les développements successifs de l’ovule, on se convaincra qu’originaircmcnl ce même micropjlc sc trouvait du côté qui regarde la coluuiclle, et que là il a pu sc trouver facilement en contact avec le tube pollinique.

On a tâché de déterminer le sommet et la base des SC* Han-, fournir menées d'après leur position dans le péricarpe ; mais comme, à l’époque de la maturité, elles se trouvent le plus souvent détachées du fruit, cl que d’ailleurs, dans une même loge, leur situation n’est pas constamment semblable, c’est évidemment chez elles-mêmes, indépendamment des parties qui les ont environnées, que l’on doit chercher leur base cl leur somtncl.La bascorgauiqucd’uncscmcncccst évidemment le point

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où elle a commencé, celui par lequel elle était a t lâchée au funiculc; mais, comme cette base est indiquée par le hile dans les graines orthotropes et les campulitropcs , tandis qu’elle l’est par la chalazc chez les anatropes, il est l>on, dans la botanique pratique, de choisir un point plus fixe, et de considérer, avec la plupart des descripteurs, le hile comme étant constamment la base (basis) de la semence. (juanlau sommet, si, en réalité, il est indiqué par le micropyle , nous devons cependant admettre aussi, pour les descriptions, un sommet arbitraire; car le micropvlc n’est pas toujours visible, et souvent il se confond avec le hile, ou du moins il en est extrêmement rapproché ; le sommet (apex) que nous admettrons , avec M. de Candollc, sera l’extrémité d'un axe idéal , droit ou courbe , qui , parlant du milieu du bile, parcourrait la semence dans toute sa lougucnr.

C’est ainsi que doivent, pour la plus grande clarté , être considérés le sommet et la base de la graine; mais, comme tous les carpologisles ne sont pas d’accord sur ce point, il est bon, avant «le consulter un ouvrage descriptif, de s’assurer du sens que l’auteur a attaché aux mots dont il s’agit.

Si l’on ne peut indiquer, d’une manière précise, le sommet et la base de la semence par sa position dans le péricarpe, ses côtés, du moins, ou, comme disent les botanistes, son dos et sa face (faciès , dorsum ) sont susceptibles d’être parfaitement distingués à l’aide de celle position. Une telle distinction serait sans but quand la graine , solitaire dans le fruit , est d resséc ou inverse , ou bien encore lorsque son grand diamètre se trouve, dans un fruit poljspcrme, perpendiculaire au placenta ; mais souvent il est fort utile de déterminer le dos et la face des semences, lorsqu’elles sont suspendues, ascendantes ou perilropes (V. p. 543, ”16), et qu’en même temps leur grand diamètre et le placenta sont parallèles. Dans ce cas, la face de la graine est le côté qui

cn.w.xE.

regarde le placenta , et le dos est le côté opposé. Lorsque le hile se trouve sur l’une des surfaces larges d’une semence décidément aplatie , nous n'avons pas besoin de voir celleci dans le fruit pour dire quel est son dos et quelle est sa face : le côté qui portera le hile sera nécessairement la face, puisque c’est lui qui aura été appliqué contre le placenta.

Dans la semence aplatie , la jonction des deux surfaces larges sera le bord ( margo ), et quand le hile se trouvera dans le bord, il ne pourra plus y avoir ni dos ni face, mais seulement des côtés (/atern); car la face, chez la graine [date, suppose nécessairement que le bile est situé sur l’une des deux surfaces élargies. Une graine aplatie, où cette cicatrice est ainsi placée, prend le nom décomprimée (mn. comprcssum, ex. Cytisus Austriacus , f. 429 , a hile) ; on donne, au contraire, celui de déprimée (sem. depressum , ex. Planlago Chilensis, H. 1'., /. 430, a hile ) à la semence qui a un dos cl une face , celle qui porte le hile sur une de ses surfaces larges.

§ II. — Des téguments.

On a pense un moment que l’enveloppe de la graine u’étail autre chose qu’une feuille qui protégeait l’embryon , comme la feuille véritable cache, à son aisselle, le bourgeon naissant ; dans le tégument, que l’on croyait toujours unique, on distinguait, de même que dans les feuilles caulinaires , deux épidermes et une substance intermédiaire -, on avait désigné ces trois parties par des noms différents , ceux de lest, de mésosperme et d’endoplèvre ( testa , mesospermum , mdoplerra ) , et, suivant que la graine présentait réellement un , deux ou trois téguments, ou disait que sa feuille s’élait conservée dans son intégrité, ou qu’un ou deux des epi-

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Comment ■loit considérer téguments de graioe.

dermes s’élaient séparés de la substance intermédiaire. Cette théorie était ingénieuso, sans doute ; mais nous ne pouvons l'admettre aujourd'hui , connaissant, jusque dans les moindres détails, les différentes parties qui , dans l’origine , ont « composé la graine. Si ces parties ne subissaient aucune alté- •* ration , nous aurions , dans la semence complète , à l’extérieur, un tégument qui répondrait à la primine, et, à l’intérieur, un autre tégument qui serait la second i ne ; mais il n’en est pas ainsi. Les observations de M. de Mirbel cl de M. Schleiden nous montrent que souvent, pendant la maturation, tous les téguments se confondent en un seul, et que, souvent aussi, un seul tégument se divise en plusieurs lames. Je vous citerai un seul exemple de ces singulières métamorphoses : sur le tégument crustacé cl d’une couleur obscure de la graine des Euphorbes se trouve une couche blanche et pâteuse, qui est d’une extrême ténuité, et que l’on peut gratter avec la pointe d’une aiguille ; un peu avant la maturation, celte couche était succulente et semblait faire partie du tégument crustacé, comme la chair adhérente de certains fruits ne forme qu’un seul corps avec le novau ; M. Schleiden a reconnu que cette même couche avait originairement formé, à clic seule, le tégument extérieur de l’ovule. D’aprcs tout ceci, il est clair que, lorsqu’on n’a pu suivre les développements successifs d’une graine et qu’on veut la décrire, il faut indiquer le nombre et la nature de scs enveloppes, indépendamment de ce qu’elles ont pu être dans l’origine et des changements qu’elles ont pu subir. On doit surtout ne donner comme téguments que les lames naturellement séparées les uues des autres, et non celles dont on obtiendrait la disjonction d’une manière ariiticicllc , ou bien encore celles que, d’après telle ou telle h)polhésc , on supposerait avoir été primitivement distinctes.

Très-souvent ou ne trouve qu’une enveloppe dans la se-

mcncc; assez souvent aussi elle en présente deux, bien plus rarement elle en offre trois. Selon les théories qu’ils avaient cru devoir adopter, les auteurs ont donné à ces enveloppes une foule de noms différents : celui de test (testa) a été i-™r< »«»>• souvent admis pour indiquer le tégument quand il est unique, ou l’extérieur quand il y en a deux ; et, pour désigner, dans ce dernier cas, le tégument intérieur, on a employé le mol endoplèvrc (endoplevra). Il n’y a pas , sans doute, de graves inconvénients à se servir de ces expressions-, mais, conformément à ce que je vous ai dit plus haut, je crois qu’alin d’éviter toute confusion il faut bien mieux encore faire connaître simplement si l’enveloppe est unique ou double (integumentum simplex, duplex) , cl décrire successivement celles qui existent, en les désignant, quand il y en a plusieurs , par les noms de tégument extérieur cl tégument intérieur (integumentum exterius , int. interius). Je n’ai pas besoin de vous dire que, quand il arrive qu’il y a trois enveloppes, c’est-à-dire que le tégument est triple (int. triplex), un des trois téguments devient l’intermédiaire (tnt. intermedium).

Le tégument intérieur, généralement mince, membraneux et transparent (int. inlerius membranaceum), enveloppe exactement l’amande. L’extérieur est, lepluscommunément, uj£" crustacé, osseux, subéreux ou coriace (int. exterius crus ta ceum , osseum , suberosum)-, c’est à lui que la semence doit sa couleur -, c’est lui qui limite ses contours. Quelquefois , comme dans le Parnassia palustris, les Droscra rotundifulia et Anglica , le Monotropa hypopithys , etc., l’amande, recouverte d’un tégument, n’occupe qu’une Irés-pelitc partie d’une enveloppe extérieure trois ou quatre fois plus grand»; qu’elle, et semble môme y flotter-, celte enveloppe n’est autre chose que le tégument extérieur, dont le tissu interne, fort lâche, s’est plus ou moins oblitéré.

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