I.IUTTOOAMF.S
pointe ou un poil. Los feuilles de quelques espèces d’//i//inum, de Leskea, de Uookeria, elc. , sont pourvues de deux nervures ; mais ordinairement celles ci restent fort courtes.
Chez toutes les Mousses connues, les feuilles sont sessiles et simples; souvent on en trouve de décurrcntcs; presque toujours elles sont régulières ou formées de deux moitiés parfaitement semblables ; toujours elles alternent entre elles cl sont disposées en spirale. Les dispositions géométriques les plus ordinaires sont 1/2, 1/3, 2/5, 3/8, 5/13; il est plus rare de trouver 8/21; 13/34 nesc rencontre que dansun très petit nombre d’espèces. Fort souvent on \oil la disposition des feuilles changer sur le même pied, et la spire n’a pas plus de constance dans sa direction , car, lorsqu’elle tourne à gauche sur la tige, elle tourne à droite sur les rameaux et vice versa. Comme je vous l’ai déjà dit , les liges de certaines espèces présentent deux sortes de feuilles , les unes plus grandes , les autres plus petites.
Outre les feuilles normalement développées, on remarque dans quelques Ilypnum de petites feuilles accessoires disposées irrégulièrement sur la tige. Leur position montre assez que ce ne sont ni des bractées ni des stipules , et par conséquent nous devons les considérer comme des excroissances amorphes intermédiaires, pour ain<i dire, entre les feuilles et les radicelles.
Sous le rapport des feuilles , les Hépatiques présentent entre elles les plus grandes différences. Dans les unes, ces organes se montrent régulièrement développés ( Hepaticœ foliosæ , Junyermanneœ) ; dans les autres, ils forment un seul tout avec la lige et les rameaux , cl ces parties confondues ont,commcjc vous l’ai déjà dit (p. 832), jnii.,«iiVK' l’aspect d’un lhallus ; cependant il est à observer que c’est toujours sur la nervure qui représente la tige (V. p. 829) et jamais sur l’expansion foliacée que les fructifications pren-
CRYPTOGAMES
nenl naissance. Les Hépatiques à feuilles soudées n’offrent jamais que la disposition distique ou t/2 ; les Hépatiques feuillécs nous présentent la disposition 1/2 chez les espèces qui n’ont qu’une sorte de feuilles (Jungermanniœ examphigastriatœ ), et la disposition 1/3 chez celles dont les feuilles sont de deux sortes ( Jungermanniœ amphigastrialœ). Il est assez remarquable que chez les Hépatiques on n’ait rencontré jusqu’ici que des feuilles disposées sur deux ou trois rangs, tandis que chez les Mousses véritables la disposition de ces mêmes organes varie presque à l’infini. Les feuilles des Hépatiques offrent beaucoup moins de régularité que celles des Mousses proprement dites, et, dans les amphigastrialœ j la troisième série se compose toujours d’organes appendiculaires plus petits , souvent rudimentaires , que , dans bien des cas , on a de la peine à apercevoir.
§ IV. — Des fleurs.
Il serait impossible de vous faire connaître dans un tableau général les organes qui servent à la reproduction des plantes cryptogames; ils présentent de si grandes différences dans les diverses familles , qu’il faut nécessairement les suivre dans chacune d’elles, et, à moins de rester extrêmement superficiel , je ne pourrais me livrer à un tel travail sans dépasser les limites que me prescrit la nature de cet ouvrage. Je me bornerai donc à vous donner des détails sur la fleur cl les fruits des Mousses et des Hépatiques , les seules cryptogames chez lesquelles les organes de la floraison soient régulièrement développés , celles qui , sous ce rapport, s’éloignent le moins des végétaux d’un ordre supérieur.
iRYPTOt.AMES.
La fleur des Mousses proprement dites se compose p.iu« <i« i. d’un iuvolucre cl des organes sexuels. Ceux-ci sonl mâles ou femelles ; les mâles portent le nom d’anthéridies ou spcrmaphorcs(«nt/imV/irj), et les femelles celui d’archégones, de pistils ou commencements de fruit ( archcgonia , germina).
Les feuilles de l’iuvolucrc (folia involucralia) entourent les organes sexuels ; elles forment un bourgeon presque clos, composé de plusieurs cycles, et diffèrent toujours des feuilles caulinaires par la grandeur et par (a forme. Selon i nvolucrc . que, dans les espèces monoïques et dioïques, elles envi ronnenl les organes mûtes ou femelles, on lenr donne les noms de feuilles pèrigouiales (folia perigonialia ) ou de feuilles périchctiales (f. pcrichœtialia). Un involucrc formé de ces dernières, et qui, par conséquent , entoure des organes femelles, prend le nom de périchèse (pcrichœtium ) ,• celui qui se compose de feuilles pèrigouiales cl enveloppe des anlbéridies s’appelle périgone (perigonium). Les feuilles périchctiales se distinguent par une forme allongée , et toutes , ou au moins une partie d’entre elles , continuent à prendre de l’accroissement après la fécondation , tandis que les feuilles périgoniales restent stationnaires.
Les anlbéridies remplissent , chez les Mousses , les mêmes fonctions que les anthères, ou plutôt le pollen dans les phanérogames. Ce sont de petits sacs formés d’une membrane cellulaire parfaitement simple, qui ont une forme ordinairement ovale ou ohlongue , rarement sphérique , et qui contiennent une substance mucilagincuse (fovilla). Il est impossible de dire quels rapports morphologiques les anlhéridies ont avec les feuilles . car il n’existe point entre ces deux sortes d’organes d’intermediaires qui tendent à les nuancer, et on n’a jamais vu les anlhéridics prendre la forme des feuilles, ni celles-ci se métamorphoser en anlhô-
Arrhcgonr*
£38 CHYPTOCAMK9.
ridics. Quand ces dernières ont atteint le degré de développement nécessaire, elles se déchirent au sommet, et à l'instant même la substance mucilagincuse s'échappe brusquement.
Sous la lentille du microscope, cette substance se montre formée d’un grand nombre de petits globules transparents dont l’intérieur est occupé par une libre roulée en cercle et semblable à un spermatozoaire. Quelques botanistes ont mémecru reconnaître dans celle libre des mouvements spontanés, et considèrent la fovilla des .Mousses comme étant composée d’animalcules. Quoi qu’il en soit, il est bien évident que nous ne pouvons assimiler le contenu des antheridies à celui de l'anthère des phanérogames ; les premières, en effet, renferment immédiatement la fovilla , et, par conséquent, elles ont bien plus de rapports avec un grain de pollen isolé qu’avec l’ensemble d’une anthère.
Quant aux pistils ou archégones, ils se présentent , à leur naissance , sous une forme cylindrique , et sont arrondis au sommet ; mais bientôt ils se renflent vers leur base, déviennent ovoïdes et prennent à peu près l’apparence du pistil des phanérogames. La couche extérieure ( epigonium ) de la partie renflée ou l’ovaire, sous laquelle on distingue une masse qui a reçu le nom de noyau ( nucléus germinis), finit par devenir une sorte d’involucre intérieur que quelques-uns ont comparé à une corolle; et au-dessus du noyau, commencement du fruit, s’élève un prolongement qui, analogue an style des plantes d’un ordre supérieur, se dilate à son extrémité pour former une expansion semblable à un stigmate. L’ouverture terminale de celte espèce de stigmate parait communiquer avec le jeune fruit , à l’aide d’un canal ménagé entre les deux rangs de cellules qui constituent le style.
Comme chez les végétaux phanérogames , tantôt les
CRVI'TOGVMKS
deux sexes sont réunis dans le même involucre et les Heurs sont hermaphrodites (flores hermaphroditi) ; lanîôl les organes mâles se trouvent dans d’autres involucrcs que les femelles , mais pourtant sur le même pied , et la piaule est monoïque (pl. monoica ) ; tantôt enfin les Heurs mâles naissent sur d’autres pieds que les femelles , et alors la plante est dioïque ( dioica ). Les fleurs femelles peuvent être terminales ( Musci acrocarpi ) ou naître a l’aisselle des feuilles et, par conséquent, être latérales ( M. pleurocarpi ). Les fleurs môles sont également terminales ou latérales et se montrent ordinairement plus nombreuses que les femelles.
Le nombre des organes générateurs varie non-seulement dans les fleurs de la même espèce , mais encore dans celles du même pied. Chez certaines espèces on en trouve très-peu; chez d’autres, on les compte par centaines. Mais , quel que soit le nombre des archégoncs , il s'en développe rarement plus d’un ou deux ; c’est dans quelques espèces seulement que le même périchèse entoure de cinq jusqu'à vingt fruits.
Outre les organes essentiels que je viens de vous faire connaître, on en trouve encore, dans beaucoup de Mousses, d’autres qui ne sont qu’accessoires et que l’on nomme paraphées ( paraphyses , fila succulenta). Ce sont des filaments qui entourent les organes générateurs ou se trouvent mêlés parmi eux sans aucun ordre. Quelques botanistes ont considéré les paraphjses comme les pétales de la fleur des Mousses ; mais celte opinion semble peu fondée . car les pétales véritables ne se voient jamais au milieu des étamines ou des pistils.
Après vous avoir entretenus de la fleur des Mousses proprement dites , je vous dirai quelques mots de celle des Hépatiques. Chez ces dernières, les organes sexuels ne se distin guent de ceux des Mousses que par leurs dimensions et par
ph. iidiln, monoïque*, «Uniques, aerocarpe», plcvrr*»
carpes.
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Paiaphvsr»
Flem «1er lUpatiques,
Cltl l'TOG AMES.
leur forme; mais il n’en est pas de même des involucrcs, qui , le plus souvent, offrent des différences très-notables. Si, dans quelques espèces, ou voit, comme dans les Mousses, un involucre composé de pièces parfaitement distinctes , le plus souvent les feuilles involucrales se soudent et forment une sorte de calice monophyllc (calyx), qui peut être membraneux ou charnu , uni ou plissé . glabre ou couvert do poils.
§ V. — Des fruits.
Comme celui des phanérogames, le fruit , toujours capsulaire, des Mousses prend, après la fécondation, un accroissement très-sensible ; il est bientôt élevé par un pédicelle ( pcdicellus , pedunculus) au-dessus du périchése; il môril et finit par laisser échapper les corps reproducteurs qu’il tenait renfermes.
partir, du (mit Les capsules des Mousses les plus complètes se présentent « Mouuet. sous |g fornie <i’unc urne qUC recouvre à son sommet une sorte de coiffe et que soutient un pédicelle entouré à la base par une espèce de gaine ou vaginulc (vaginula). v.ginuir Celle-ci, qui a fait donner aux Mousses fouillées le nom
de vagiuulées ( Musci vaginulati, plantæ vaginulatœ ) est un corps charnu, ovale ou oblong, glabre ou couvert de poils, qui ne porte jamais do fouilles. Comme ce corps offre fréquemment à sa surface des pistils avortés , on doit le considérer connue le réceptacle prolongé de la fleur. I.a vaginulc est souvent couronnée par une membrane engainante comme elle et d’une consistance fort tendre. Ce prolongement n’est autre chose que la base de l’involucrc immédiat de l'ovaire ou epigonium, dont la partie supérieure recouvre la capsule sous le nom de coiffe. Toute vaginulc
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ainsi surmontée d’une membrane porte les noms A'ochrea , de vaginula adauctrix ou vaginula membratu/era.
La coiffe ( calyptra) , enveloppe immédiate de l’ovaire, se détache du réceptacle , lorsque , après la fécondation , le pédicelle, qui commence à se former, soulève le jeune fruit. Celte enveloppe , toujours membraneuse , quoique séparée du réceptacle, est souvent susceptible encore d’un développement plus ou moins considérable; souvent aussi elle acquiert les dimensions qu’elle doit atteindre, avant même que la capsule se soit entièrement formée; ailleurs elle reste si petite, que l’accroissement de l’urne l’a bientôt forcée à se fendre; enfin , dans quelques espèces, telles que VArchidium phascoides et tous les Sphagnum , elle ne se détache pas régulièrement du réceptacle, mais elle se déchire eu lambeaux aussitôt que l’ovaire commence à se gonfler , ce qui a lieu aussi chez toutes les Hépatiques. Dans un assez grand nombre de Mousses , et surtout dans celles où la vaginule est couverte de poils, la coiffe l’est également (ex. Orthotrichum , Polylrichum, Lasia); il me parait difficile de déterminer bien exactement la nature de ces poils ; mais, ce qu’il y a de certain , c’est qu’ils ne doivent pas être pris pour des paraphyses desséchées , car ils n’offrent ni la position ni la structure de ces organes accessoires.
La capsule ou urne (capu/a, urna,/À«ca) est la partie principale du fruit. Un faisceau cellulaire qui s’élève depuis le pédicelle jusqu’au sommet de l’urne lui sert d’axe et porte le nom de columelic (columclla). Quelques botanistes ont cru retrouver le placenta des phanérogames dans la columelic ; mais elle ne remplit nullement les mêmes fonctions, car les graines ou sporules des Mousses ne se développent point sur un placenta ; elles se forment dans des cellules mères de la même façon que les grains de pollen.
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CRYPTOGAMES
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La membrane extérieure qui eonslitue la capsule propremenl «lite se compose «l’un nombre plus ou moins grand île couches cellulaires, dont l’exlérieuie, colorée en brun ou en jaune, est coriace el ordinairement compacte , tandis que les intérieures offrent un tissu pâle et très-lâche. Entière el close dans toutes les Mousses astomes ( Musci astomi ) , la capsule , dans les autres Mousses , se trouve partagée en deux par une articulation transversale. La partie supérieure, qui, à la maturité du fruit, se détache de l’inférieure, el qui , toujours plus petite, prend le nom d’o|>ercule ( nperrulum ) , se montre tantôt hémisphérique, tantôt conique, el offre souvent à son sommet un bec pins on moins allongé ( op. roslellatum). Quant à la partie inférieure, c’est elle qui, à proprement parler, doit porter le nom d’urne et qui renferme les corps reproducteurs ou sporulcs (sporw/ir) , auxquels la chute de l’opercule laisse une libre issue.
L’urne est, h son orifice ( stoma ), tantôt nue el tantôt cou ronnéc par une rangée de dents dont la réunion forme ce qu’on appelle le périslome extérieur (pcristnmimn eslenus). Comme , après la chute de l’opercule , ce périslome se voit en dehors et semble , au premier aspect , de niveau avec la partie de la capsule qui lui est inférieure , on pourrait croire qu’il en est la continuation ; mais il n’en saurait être ainsi . puisque c’est l’opercule qui , comme je viens de vous le dire , continue réellement la capsule et en forme la partie la plus élevée. Le péristome extérieur , placé sur un plan moins éloigné de la columclle que la capsule ellemême , naît de la membrane qui revêt intérieurement la couche cellulaire intérieure de cette dernière ; c’est , en quelque sorte , un second opercule qui se montre plus ou moins complet , ou que la résorption d une partie de son tissu rend plus ou moins rudimentaire. Cet opercule interne se
CRYPTOGAMES
fenil ordinairement, du sommet à la base, en lanières étroites et parfaitement régulières , que l’on appelle dents (déniés).
Le nombre fondamental des dents du péristome est 4. Dans le genre Tetraphis , il reste parfaitement simple; il est multiplié par 2 dans VOctoblepharum ; par 4 dans les Splachnum , les Grtmmia, les Orthotrichum , etc.; par 8 dans les Trichostomum , les llarbula , etc. ; par 16 enfin dans les Polytrichum; on ne connaît aucune Mousse dont le péristome ait plus de 64 dents.
Au-dessous de l’opercule, l’orifice de l’urne est souvent encore garni d’un organe auquel sa forme a fait *»"«»• donner le nom d’anneau ( annulus , fimbria ) , et qui se compose d’une ou plusieurs rangées de cellules. L’anneau est naturellement simple, lorsqu’il se trouve formé d’un seul rang de cellules: il est, au contraire, composé quand il en offre plusieurs. Dans ce dernier cas, les cellules supérieures sont recouvertes par l’opercule, et se logent dans une rainure circulaire pratiquée intérieurement è la base de ce dernier. Avant la maturité , l’anneau lie étroitement l’opercule à l’rirnc , cl c’est lui qui , après la maturité , contribue le plus puissamment à les séparer. Les cellules qui le constituent, étant très-bygroscopiques , s’imbibent rapidement d’humidité ; elles se gonflent . et , faisant effort sur l’opercule. elles le forcent à se détacher de l’urne. Pour peu que l’on expose à l’humidité la capsule parfaitement mûre d’un Bryum , d’un Hypnum ou de toute autre Mousse pourvue d’un anneau , on se convaincra sans peine de la réalité des fonctions que nous venons d’attribuer à cet organe ; on verra l’opercule se détacher, l’anneau se rouler avec élasticité ou se séparer en cellules isolées et l’opercule lancé par le mouvement qui lui a été communiqué. L’anneau est indispensable dans le* espèces où le péristome est lié a l’opercule par des rudiments de tissu cellulaire, et
fHYPTOG tME£.
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Pi'riatorav ir.
tifur.
là il existe toujours; nouvelle preuve «le l’accord parfait que l’auteur de la nature a voulu établir entre les differentes parties de tous les êtres.
Dans la capsule extérieure ou urne que je viens de vous faire connaître, il en existe une seconde, qui renferme immédiatement les sporulesou organrsde la reproduction, et qui se trouve unie à la capsule extérieure à l’aide d’un tissu lâche ou de filaments articulés et transversaux. Celle capsule intérieure, qu’on peut se représenter comme une sorte de sac membraneux, a reçu le nom de sporange ou saesporophore ( sporangium , sporangidium). Le sporange peut rester entier comme la capsule des Mousses aslomes , celles qui ne se partagent point transversalement , ou bien il peut être ouvert à son sommet. Dans ce dernier cas , il est garni d'un péristomc chez les Mousses qui déjà en ont un extérieur, et chez les autres Mousses son orifice reste le plus souvent nu. te. Lcpéristomcdu sporangeoupérislomeintérieur(pemtomiMm intérim ) a moins de consistance que l’extérieur , et le nombre de ses dents, auxquelles on donne les noms spéciaux de cils ou processus («'/«a, processus), varie seulement de 8à 16. Entre les cils principaux qui se présentent toujours en nombre invariable et alternent constamment avec les dents du péristome extérieur , il se trouve fort souvent des cils accessoires ou intermédiaires (cilia inlerjecta, ciliola), dont le nombre n’est pas déterminé.
Puisque le sporange n’est réellement qu’une capsule intérieure , son sommet , représente par le péristome interne, doit être analogue à l’opercule de l’urne ou capsule extérieure, cl par conséquent la forme véritablement normale de ce péristome est celle du segment transversal d’un œuf , ou, pour mieux dire, celle de l’opercnle de l’urne ou capsule extérieure. Celle forme s'observe réellement dans plusieurs Mousses, chez les liuxbaumiacées, le sporange se con-
CIU l'TOG AMKS
tinue jusque dans l’operculc de l’urne sans sc déchirer à sa partie supérieure; dans les llymenostomum , il s’élève aussi au-dessus de l’urne , rongé seulement à son extrémité.
Quand ni l’urne ni le sporange ne sont garnis d’un péristome, on appelle le fruit gy ronostome {caps, gymnostoma ; ex. le genre Gymnoslomum ). Lorsqu’il n’existe de péristomc qu’à 1 ‘ l" "“° m la capsule extérieure, on dit que le fruit a un péristomc simple et extérieur [ perist . simplex exterius). Il est fort rare que la capsule extérieure soit dégarnie de péristome et qu’il en existe un au sommet du sporange ; mais, quand cela arrive , on indique le fruit comme ayant un péristomc simple cl interne ( perist . simplex intérim). Si enfin 1’urne et le sporange sont tous les deux couronnés par des dents, on dit que le fruit a un péristomc double ( capsula iliploperistoma).
La columelle , comme nous l’avons vu , est formée par un faisceau cellulaire qui occupe l’axe de la capsule et au- te
. il* lacolumeJle quand
tour duquel sont rangées les sporules , mais sans y être alla- Uc.ifl«Mdcuci,e. chées. Quand l’opercule se détache, il emporte avec lui la partie supérieure de la columelle, brisée à la hauteur de l’orifice de l’urne ; dans quelques espèces cependant ( ex. les Splachnum ) , cet axe sc détache à son sommet de l’intérieur de l’opercule , et il reste entier, s’élevant au-dessus de l’orifice de l’urne. Dans les Polytrichum le sommet de la columelle se dilate cl s'étend horizontalement en une membrane cellulaire qui ferme l’urne et qu’à tort l’on a considérée comme un péristome interne.
L’espace qui existe entre le sporange et la columelle se trouve primitivement rempli par un tissu cellulaire trèslàcbc qui lui-môrac contient une niasse granuleuse. A mesureque la maturation s'opère, on voit danschaque cellule >p^™ao" se développer quatre grains qui finissent par la remplir, d’où lui vient le nom de cellule mère. A l’époque de la maturité, toutes les cellules se trouvent résorbées, et l’on
iKYl'IOGAMbS.
n’eu découvre plus que des fragments dispersés |*armi les sporules, qui alors se trouvent entièrement libres. C’est absolument de la même façon que se forment dans les anthères les grains de pollen , qui, déplus, ont des formes analogues aux sporules des Mousses et la même composition chimique.
Comme j’ai déjà eu occasion de vous le dire , en vous entretenant des cryptogames en général , les corps reproducteurs de ces plantes se distinguent des graines des phanérogames en ce qu'ils n’ont ni embryons ni cotylédons vérilaivcv.ioi., final blés. Les sporules des Mousses ne font nullement exception 1 1,1 ’ à celte règle. Quand ces sporules se développent, il s’en échappedes filaments con fer voïdes .articulés, extrêmement délicats, qui, d’abord simples, se rami tient bientôt et portent la première nourriture a la nouvelle piaule. Celle-ci , s’étant formée peu à peu sous le tégument de la sporule , se présente d’abord comme uu bourgeon composé de deux ou trois feuilles , et de ce bourgeon s’élève bientôt la jeune tige fouillée , tandis que du côté inférieur descendent des radicelles capillaires et articulées. Les filaments qui ont leuu lieu de cotylédons à la Mousse naissante subsisteut encore longtemps après qu’elle s’est entièrement développée, et quelquefois même on les retrouve pendant toute la durée de la plante. Les fonctions qu’ils remplissent leur ont fait donner le nom de faux cotylédons ( pseudo-colyledones ), auquel on a voulu, dans ces derniers temps , substituer celui de proembryon ( proembryo). Au moment où ces fdets s’échappent delà sporule, ils ressemblent assez exactement aux tubes polliniques, quand ceux-ci sortent de la poussière fécondante pour s’enfoncer dans le stigmate. Cette circonstance ajoute encore a l'analogie des sporules avec le pollen ; elle tendrait à confirmer la doctrine de M. Scbleiden sur la fécondation , et, si la vérité ‘de celle doctrine était bien démontrée, les
CH\ P1UG V>ltS.
cryptogames se trouveraient rattachées aux phanérogames par des liens plus intimes.
Je vous ai démontré d’une manière évidente que le fruit des phanérogames était le résultat de la métamorphose d’une ou plusieurs feuilles; mais jusqu'ici aucune observation morphologique ne nous a conduits à expliquer d’une manière très satisfaisante la composition de la capsule des Mousses. Cependant les botanistes feront bien , peut être, d’examiner si, après avoir considéré le pedicelle et la columelle comme une continuation de la tige, il ne faudrait pas, à peu près comme l’a fait M. Liudley, assimiler la coiffe à une réunion de feuilles qui se sépareraient horizontalement de leur propre hase de la même manière que le calice du Uatura Stramonium ou de VEscholtzia (V. p. 350, 374); si l'urne proprement dite chargée de stomates ne serait pas une seconde réunion de feuilles qui tantôt resteraient unies et tantôt se sépareraient au-dessus de leur milieu pour former un opercule semblable à celui du Calyptranthes et de l'Eucalyptus (V. p. 35i>); si dans la membrane interne de l’urne, couronnée par le péristome, il ne faudrait pas voir une autre réunion de feuilles soudées originairement avec les premières ; si les dents du péristome ne seraient pas la partie supérieure des feuilles devenues libres; si enfin le sporange ne doit point être assimilé à un autre assemblage de feuilles dont le tissu, à l’cxcpplion de l’épiderme inférieur, se serait transformé eu sporules, comme le tissu intermédiaire des pétales se transforme en pollen.
La capsule des Hépatiques se distingue de celle des Mousses proprement dites en cc qu’elle n’est formée que d’une membrane simple qui renferme immédiatement les sporules. Elle n’est jamais non plus pourvue d’un opercule; mais, lors de la maturité, la membrane capsulaire se déchire presque toujours régulièrement en quatre lanières ou
Cotixidrralioui
niorj.li logiques.
Capsule de» Hépatiques.
CHYPTOGAMES.
valves (i mlvæ) qui se roulent en arrière , cl c’est entre les valves que s’échappent les sporules. Outre ces dernières , qui sont parfaitement analogues à celles des Mousses, on trouve dans les capsules des Hépatiques une quantité plus ou moins grande de tubes parfaitement clos dans l’intérieur desquels on découvre une libre spirale. Ces tubes , qui portent le nom d’élatères (clateres) , remplissent des fonctions analogues à celles de l’anneau dans les Mousses proprement dites ; par leur élasticité ils contribuent non-seulement à la séparation des valves capsulaires, mais encore à la dissémination des sporules auxquelles ils sont mêlés cl qu’ils lancent au dehors.
Comme je vous l’ai annoncé, je ne m’étendrai pas davantage sur les cryptogames; les détails dans lesquels je suis entré suffiront pour vous faire voir que l’auteur de la nature n’a pas déployé dans ces humbles plantes moins de puissance et de sagesse que dans les arbres les plus majestueux, et qu’elles sont également dignes des recherches des naturalistes et de leur admiration.
Autant que ma faiblesse me le permettait, j’ai passé en revue et vous ai expliqué les divers phénomènes que présente la structure extérieure des végétaux; ma tâche est remplie. Mais, ne nous le dissimulons point , nous ne connaissons que l’écorce des choses ; une foule de mystères sont encore à expliquer. Je m’incliueet je m’écrie avec Linné : Eom expergefaelus transeuntem a tergo vidi et obstupui! Legi aliquot Ejus vestigia per creala rerum in quibus omnibus , etiam in minimis, ut fere nullis , q me vis! i,uanla sapiential quant inox (rien bilis perfectio !
EXPLICATION RAISONNÉE
DES FIGURES
I. Fig. 1 , bords d’une foliole calicinale de I ' Hypericum montanum chargés de glandes vraies et pédicellécs, simples expansions de l’épiderme ; — fig. 2, péliole du Passiflora alala , portant quatre glandes vasculaires , en forme de burette , que leur position nous fait reconnaître pour des folioles rudimentaires.
II. Fig. 3, poil simple unicellulé, 4 simple pluriceliulé ; — fis- 5 à 1 1 , poils rameux , 5 en navette , 6 fourchu , 7 dicliotome, 8 en goupillon, 9 glochidé, 10 en étoile , 11 en bouclier.
III. Fig. 12, tige du Rubus frulicosiu , munie d’aiguillons, organes superficiels qu’on peut détacher sans endommager le
EXPLICATION RAISONNER
|,ois; fi g. 13, tige du Rubus glandulosus , offrant tous les passages possibles entre le poil simple et l’aiguillon le plus robuste, et montrant qu’il n’existe qu’un seul organe superficiel plus ou moins modifié; —fis- H, tige du Prunus spinosa chargée d’épines , qui , bien différentes des aiguillons , tiennent au tissu intime delà plante et sont des rameaux avortes.
IV. Fig. 15, racine à base unique du Senccio vulgaris ; —fis- 16 et 17, raciues à base multiple, fibreuses dans le Port annua 16 , fasciculées dans le Ficaria ranunculoides 17.
V. Fig. J8,troncdu Robinia Pscudacacia; — fig. 19, tige du Chriranthus marilimus, L. ; —fig 20, chaume du Kœhleria villosa ; — fig. 21, stipe d’un Palmier.
VI. Fig. 22 , tige souterraine et indéterminée du Primuln officia ali s , détruite ;\ son extrémité la plus ancienne ( racine mordue), offrant à sa surface la cicatrice des feuilles qui n’existent plus , chargée vers son extrémité de feuilles vivantes et d’une hampe fleurie et axillaire . terminée enfin par un bourgeon qui doit la perpétuer; — fig. 23, tige du Mcnianthcs trifoliata , végétant au fond de l’eau et offrant à peu près les mêmes caractères que celle du Primula ojficinalis ; — fig. 24, tige souterraine et indéterminée du Scirpus palustris, différant de celle du Primula ojficinalis , en ce que ses feuilles , réduites à la consistance d’écailles , restent sous le sol ; les prétendues tiges de cette plante , terminées par un épi , sont , comme la hampe du P. ojficinalis, des pédoncules axillaires; — fig. 25, Scirpus mullicaulis ; il se distingue du S. palustris uniquement parce que les entre-nœuds de sa tige souterraine et indéterminée sont extrêmement courts , et que , par celte raison , ses pédoncules ou prétendues tiges se trouvent fort rapprochés; — fig. 26, tige souterraine du Carcx divisa , formée de pousses ou rameaux déterminés , nés les uns des autres en quatre années différentes , l’un de quatre ans en partie détruit , le second de trois ans qui terminé par un épi sc desséchera après la floraison, lctroi-
DES Fie; LUE*.
siènic île deux qui n’est pas encore arrivé à l’époque où il doit fleurir, et enfin les bourgeons de l’année ; — fig. 27, tige souterraine de l' Euphorbia i/utc s , formée d’une succession île rameaux déterminés et annuels , tous desséchés et plus ou moins détruits, à l’exception du dernier qui est en fleurs et porte à sa base le bourgeon destiné à le remplacer.
VII. Fig. 28 , tiges volubiles , a celle du Convolvulns septum , tournant de gauche à droite , b celle de l’ Humulus Lupulus , tournant de droite à gauche.
VIII. Fig. 29 , la bulbe indéterminée et tuniquée du Narcissus Tazctia , coupée dans sa longueur et montrant au sommet d’un plateau conique le bourgeon terminal destiné à continuer la plante , à côté de lui la gaine qui coutient les fleurs de l’année, puis les tuniques concentriques ; — fig. 30, bulbe indéterminée et tuniquée du Galanthus nivalis, qui , sous des tuniques extérieures desséchées , en offre trois fraîches , dont deux extérieures embrassantes et l’intérieure semi-embrassante , puis une gaine et deux feuilles entre lesquelles est la hampe fleurie : que nous coupions celte bulbe horizontalement, fig. 31, nous trouverons autour du bourgeon central et de la hampe latérale une enveloppe semi-embrassante qui est la base de la feuille intérieure , ensuite la base tout à fait embrassante de la feuille extérieure et enfin la base également embrassante de la gaine ; or nous avons deux tuniques fraîches embrassantes et une semi-embrassante; donc celles-ci ne sont que la base des feuilles de l’année précédente , et , dans les tuniques desséchées , nous devons voir la base de celles d’une troisième année plus ancienne; — fig. 32, bulbe écailleuse du Lilium candidum ; — fig. 33, bulbe superposée du Crocus
sa /tous.
IX. Les tubercules terminés par une fibre radicale, comme dans l’ Orchis bifolia , fig. 35 , et par plusieurs , comme dans l’O. odorat issima, fig. 36, prouvent que ceux qui sont parfaitement arrondis, chez V Orchis Morio,fig. 34, et autres espèce»
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analogues , sont des racines épaissies dont l’extrémité a avorté.
X. Le pétiole, à peine embrassant à sa base dans le Ranttnculus Monspeliacus , fig. 37, le devient entièrement dans V Angelica Razulii , Jîg. 38 , et n’est plus rétréci qu’au sommet; — le rétrécissement diminue encore chez le Bambnsa arundinacea , ftg. 39, et la partie qui lui est inférieure, serrée contre la lige , engaîne entièrement cette dernière ; — tout le pétiole n’est plus qu'une gaine dans le Pna annua, fig. 40, et la plupart des autres Graminées.
XI. Le pétiole du Lalhyrus sylveslris , ftg. 4 1 , est ailé à droite et à gauche ; — les deux ailes s’élargissent dans l’Oranger, fig. 42 ; — elles sont plus larges encore chez le Dtomra Muscipula y fig- 43 , et le limbe s'y rapetisse dans la même proportion ;
— encore très-grandes dans le Sarraccnia,fig. 44, les ailes s’y soudent par leurs bords pour former une sorte d’urne allongée que couronne un limbe fort petit , imitant un couvercle;
— supposons à présent qu’au-dessous de cette urne le pétiole se prolonge dégarni d’ailes pour en reprendre à sa base qui ne soient pas soudées , nous aurons la feuille singulière du Nepenthes , fig. 45.
XII. Le Pimpinella magna , ftg. 46 , et d’autres Ombellifères offrent , au milieu de la tige , des feuilles dont la lame découpée est portée par un pétiole rétréci au sommet et élargi à la base ; au-dessus de ces feuilles nous en voyons d’autres où le rétrécissement est moins sensible et où la lame est beaucoup plus simple; enfin il en existe, dans le voisinage des fleurs, qui sont réduites au seul pétiole : lorsque nous ne trouvons que des feuilles semblables ù ces dernières dans les Buplcvrum, qui appartiennent aussi aux Ombellifères , et en particulier dans le B. Pyrenaicum, fig. 47, nous devons évidemment dire que , chez ces feuilles , la lame a disparu et qu’elles n’ont que le pétiole.
XIII. Les liges de diverses Cypéracées , celles, par exemple.