‹ Leçons de botaniqueChapitre 13 sur 148 · RS · texte numérisé non relu

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sont point jetés au hasard sur sa lifte ou sur ses rameaux. Un ordre inaltérable a présidé «à leur arrangement, et de là est résultée la plus admirable symétrie.

Depuis un certain nombre d’années , ce mot a été inscrit mille fois dans les ouvrages de botanique; mais on l’a trop souvent confondu avec celui de régularité, et peut-être n’en a-l-on point donné encore une définition bien rigoureuse.

La symétrie, prise dans un sens général, est, si je ne me (rompe , l’ordre dans la disposition respective des parties. Elle dérive d’un principe immuable et infini , dont nous trouvons l'image en nous-méme ; mais la nature diversifiée des êtres ne saurait évidemment admettre un arrangement uniforme dans les parties qui les composent. Je vous ferai connaître la loi si simple qui constitue spécialement la symétrie de la fieur, et, comme vous allez le voir, elle nous conduira à d’utiles conséquences.

Si les fleurs ne déviaient en aucune manière de la symétrie générale, cette variété, qui fait notre admiration continuelle , se changerait en une triste monotonie. Des retranchements et des répétitions viennent donc en apparence troubler l’ordre primitif ; mais dès qu’il reste , dans une fleur, plusieurs sérii's d’organes , la symétrie y subsiste toujours , cl elle nous conduira, quelque incomplètes que ces séries puissent être , à retrouver cc qui manque à l’aide de ce qui existe. Ainsi celui qui cultive la science des végétaux peut , à l’inspection 4’une fhrur incomplète, dire cc dont elle est privée, indiquer avec exactitude la place des parties qui ne sc sont point déve-

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loppées chez elle , et montrer ce qu’aurait été cette Heur, si elle n’eùt éprouvé aucune suppression.

Le peu que je viens de vous dire sur ce sujet UnlJtnLpir rom* montre assez déjà que c’est principalement par des P déviations de symétrie , ou , pour mieux dire , par des répétitions et des retranchements , que les fleurs diffèrent entre elles. Chaque fleur pourrait donc servir à toutes les autres d’objet de comparaison ; mais , si nous prenions pour type une fleur trèscompliquée, ou réduite à une expression très-simple, nos comparaisons seraient souvent fort difficiles , puisque leurs termes seraient eux-mêmes des déviations d’un type général. Je ne crois point que celui-ci existe , dans toute sa perfection , chez aucune plante connue. Cependant certaines espèces s’en rapprochent de très-près , et, quand même il n’en serait pas ainsi , nous pourrions sans peine le recomposer, par cet artifice qu’employa un peintre célèbre pour avoir le modèle d’une beauté parfaite , celui d’en prendre les traits partout où il les trouvait dispersés.

Notre ty|>e offrira tous les développements dont les fleurs sont susceptibles , mais sans répétition aucune , et quand nous lui comparerons une fleur quelconque , nous saurons s'il manque quelque chose à cette dernière, ou si elle offre des multiplications.

Cette opération seule nous conduirait à avoir une idée juste de l’organisation de chaque genre et de chaque espèce considérés isolément; mais, si nous l’étendons , nous arrivons à des résultats encore bien plus satisfaisants pour l’esprit et bien plus utiles pour la science. Supposons un instant qu’on nous

IIIM.OIUS

présente trois plantes, et que nous ayons de l’incertitude sur leurs rapports mutuels; il nous suflira , pour lever tous nos doutes, de rapprocher du type ces plantes l’une après l’autre, et si deux d’entre elles s’éloignent moins de celui-ci que la troisième, ce sont elles qu’il faudra mettre ensemble. C’est ainsi que, pour classer, d’après leur taille, trois hommes qui même seraient fort éloignés les uns des autres , il sutlirait de rapprocher chacun d’eux d’une mesure commune.

Tels sont en abrégé les principes fondamentaux de celte partie de la botanique comparée qui ne nous montre plus uniquement les rapports des organes d’une même plante ou ceux du même organe dans plusieurs végétaux ; mais qui, pour ainsi dire, met tout à la fois en regard les diverses pièces de deux ou plusieurs lieu rs d’espèces d ifféren tes. Cette subd i vision de la science nous présentera, avec l’exercice le plus séduisant pour notre intelligence, la solution d’une foule de problèmes, et fera disparaître à nos yeux une partie de l’empirisme qui a presque toujours présidé à l'établissement des allinités botaniques.

Je vous ai dit en quoi consiste la science dont je

Utilité de l'or- « 1 • 1 1 • •

canoicraphir véj i- me propose de vous développer les principes ; vous

■**" en montrer en peu de mots le but et l’utilité, ce

sera le complément aussi naturel qu’indispensable de

ce discours.

Puisque toutes les parties de la botanique se rat- * tachent à l’organographie, il est clair que leur utilité rejaillit sur cette dernière. Il faut nécessairement savoir distinguer les organes pour étudier leurs

PRELIMINAIRE

fonctions ; ainsi les avantages que l’agriculture et l’horticulture retirent chaque jour de la physiologie, c’est réellement à l’organographie qu’elles en sont redevables , ou , pour mieux dire , l’une et l’autre se confondent pour prêter à l’agriculteur leur appui tutélaire. Sans elles , son art n’est plus qu’un aveugle empirisme : il en est des plantes comme des hommes ; pour les élever et les bien diriger, il faut les connaître.

Je ne dirai certainement pas que celui qui sccon- *'*

sacre à l’art de guérir a un besoin indispensable d’approfondir tous les mystères de la vie végétale; mais ce n’est point à l’époque où nous sommes parvenus qu’un médecin peut ordonner un remède sans savoir auquel des trois règnes il doit le rapporter ; et il aura, ce me semble, un moyen de plus pour bien comprendre l’organisation animale , s’il cherche un objet de comparaison dans celle des végétaux. Qu’on attribue à une plante quelque propriété ignorée pendant longtemps , il ne reconnaîtra la vérité , sans faire de dangereuses expériences , que s’il a étudié les végétaux, s’il sait les comparer entre eux , et saisir leurs rapports avec sagacité.

Il est des circonstances où le botaniste le plus étranger à la médecine peut aussi avoir le bonheur de contribuer à la guérison de ses semblables ou à celle des animaux qui nous rendent tant de services.

Ii sait que les végétaux organisés de la même manière, présentent en général les mêmes propriétés ; que l’on prescrive une Labiée trop difficile à rencontrer , il en indiquera une autre dont les effets seront également salutaires; veut-on une. antiscorbutique,

IMSCOUItS

il peut choisir parmi les Crucifères ; dcniaiidc-l-nn quelque amère, il présentera une Gentiane. Combien de fois, conduit par ces analogies que la science nous découvre, n’ai-je pas, au milieu des déserts de l’Amérique, indiqué des plantes mucilagineuses dans des cas où la nécessité s’en faisait sentir; et pourtant j ignorais leur nom , je ne les avais pas même aperçues jusqu’alors. La science a consigné dans ses annales un fait que je ne puis m’empêcher de vous citer : Une maladie s’était déclarée parmi les bestiaux de la Laponie; on la croit sans remède, et le cultivateur voit avec désespoir disparaître les ressources de sa famille. Linné arrive ; bientôt il a découvert la source du mal, une plante vénéneuse en est l’unique cause; et, en conseillant aux colons rassurés d’éloigner leur bétail du Cicuta virosa , l’illustre botaniste arrête les ravages d'un fléau redoutable. Peut-être n’ai-je point été inutile à mes semblables, lorsque j’ai soumis aux principes rigoureux de la science l’examen des plantes que les Brésiliens emploient pour le soulagement de leurs maux , et je regrette que de cruelles souffrances m’aient forcé d'interrompre le livre où je consignais le résultat de cette partie de mes recherches (1).

i ùMaeuw Sans cesse au milieu des végétaux, le botaniste sait ce qui convient à chacun d’eux, où ils se plaisent le plus quand ils sont abandonnés à eux-mêmes, quelle est l’exposition qu’ils recherchent, la température qu’ils aiment; et il peut eqsuite instruire le

(i) Piaules usuelles des Brésiliens, à Paris, cher Giünbert.

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