PI. ANTE CONSIDÉRÉE
Amérique, qui, chez nous, meurent après avoir donné des fruits une seule fois. Le Cuphea Halsamona , espèce du Brésil, excessivement commune, présente souvent, dans le même coin de terre, des tiges mouocarpiennes et d’autres polvcarpiennes. Le Cuphea ligustrina , autre espèce brésilienne , est , sous les tropiques, un sous-arbrisseau qui se ramifie hors de terre ; au delà des tropiques, près du Rio de laPlata , ce n’est plus qu’une plante à tige souterraine produisant , chaque année , un rameau simple qui s’élève au-dessus du sol cl simule une lige annuelle. Il y a plus : le rameau qui se développe tous les printemps sur l’arbre de uos climats peut, jusqu’à un certain point , être assimile à une plante annuelle sur laquelle naîtront à leur tour d’autres plantes annuelles, et l’arbre tout entier présente réellement une sorte de polypier composé d’une suite de générations superposées. Enfin il est permis de dire que, dans la plante vivace , chaque rameau termine par une fleur est monocarpicn; car un rameau véritable ne fleurit jamais qu’une fois , puisque la fleur est le terme de la végétation. Au reste, si la division des plantes en mouocarpiennes et polvcarpiennes n'est point exactement rigoureuse , il faut nous en prendre à la nature elle-même, qui, nuançant tous les êtres, repousse sans cesse le* coupes que la faiblesse de notre esprit nous force d’introduire dans la science, coupes rigoureuses seulement poulie milieu de l’intervalle compris entre leurs limites.
§ IL — Patrie.
Après avoir considéré l’ensemble du végétal relativement à la durée de son existence , je vais vous faire connaître de quelle manière on indique les différences qui résultent pour
DANS LEUR ENSEMBLE
les plantes, des lieux où elles végètent. On conçoit sans peine que toute organisation ne peut être également en harmonie avec tous les agents extérieurs. Les diverses espèces de plantes ne croissent point indifféremment sous la mémo n.biuii»n latitude ; elles ne naissent pas indifféremment dans le même milieu , à des hauteurs semblables et dans les mémos terrains. Elles peuvent donc être distinguées relativement à leur habitation ( habitatio ) ou leur éloignement de l’équateur, et relativement à leur station ( statio ), c’est-à-dire les lieux divers où elles croissent sous un même parallèle.
Des noms empruntés à la géographie font connaître, dans Nivms i|iii wrdes limites plus ou moins étendues , l’habitation des plantes • naître l'Iinliilation ainsi on les dira équinoxiales , extratropicales , hjperboréennes, américaines, européennes, asiatiques, méditerranéennes et ainsi de suite (pl. équinoxiales , extralropicœ , hyperboreœ , americanœ , eurojaeœ , asiaticœ , médit erraneœ).
Dans la station , nous devons distinguer les milieux , les qu,on doil terrains et les hauteurs. SEf '*
Les milieux dans lesquels végètent les plantes sont l’air, la terre cl l’eau. Il est assez rare qu’elles vivent dans un seul de ces milieux ; le plus souvent elles végètent à la fois dans la terre par leurs racines et dans l’air ou dans l’eau par leur tige ; et souvent encore une partie de leur tige et de leurs feuilles se trouve plongée dans l’eau, tandis que l’autre partie s’élève au-dessus du sol. Sans avoir égard aux différences secondaires , on dit qu’une plante est terrestre ( pl. terrestris), quand elle végète en tout ou en partie dans un sol qui n’est point recouvert d’eau , et aquatique (pl.aquatica) , lorsqu’elle vit dans l’eau en tout ou en partie. rum*. .nu.--
Sides plantes habitent la mer, on les appelle marines ( pl . '
ma rime) , et on les dit simplement aquatiques quand elles vivent dans l’eau douce. Parmi celles-ci , les unes préfèrent les aquatique»