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fleuves, d’autres les lacs, d’autres les fontaines , et on les nomme en latin (lut taies, lacustres , fontinales. Si elles sont entièrement recouvertes par les eaux, on les appelle submergées , en latin submersæ , demersœ ; on dit émergées ( rmerstv ) celles dont une partie s’élève au-dessus de l’eau , nageantes (notantes) celles qui se soutiennent à la surface du fluide, et flottantes (/ luttantes ) celles qu’on voit entre deux eaux.
Parmi les plantes terrestres, quelques-unes vivent entièrement sous la terre, comme la Truffe (7'uAer ciborium ), et portent le nom de souterraines ( sublerraneœ ) ; d’autres, élevant leur tige au-dessus du sol , préfèrent soit un terrain sablonneux, soit une terre argileuse, soit les rochers ou les murs qui ne sont pour le végétal que des roches factices, soit enfin les fumiers ou les décombres. Les expressions latines tVarenarite , argillosœ , rupestres , murales, fumet aria- , ru demies , indiquent les diverses plantes dont il s’agit ici , et l’on sent qu’à ces noms l’on peut en ajouter beaucoup d’autres, suivant les nuances de terrain où vit plus particulièrement chaque espèce.
Si, ne considérant plus d’une manière aussi déterminée la nature du sol , on veut distinguer les végétaux qui , souvent fort différents par leurs caractères, se plaisent néanmoins dans les mêmes lieux, on appellera /watenses ceux dont se composent les prairies, campes très ceux qui croissent dans les lieux incultes et découverts, et sylcaticœ les espèces que l’on trouve dans les bois ; le nom d’arcensc# se donnera aux plantes quand elles naîtront dans les champs cultivés, et le nom de vineales lorsqu’elles croîtront dans les vignes.
J’ai à peine besoin de vous dire que les espèces nées spontanément dans les champs ou les vignes ne sont cependant point indigènes au terrain qui les produit. Lorsqu’un champ de blé, par exemple, était encore en friche, on n’y
DANS LEUR ENSEMBLE
trouvait ni Bluets , ni Coquelicots, ni Agrostemmes ( Centaurea Cyanus , Vapaver RhœaSj Agrostemma Gythago ). Les semences de ces herbes ont été sans doute originairement apportées d’Asie en Europe, avec celles du Froment j les unes et les autres se sèment encore ensemble, et le Coquelicot et le Blucl ne vivent qu’avec le Blé, parce qu’exotiques comme lui , ils ne pourraient non plus végéter dans notre pays ailleurs que dans un terrain préparé par la culture.
Comme la formation de notre Flore européenne, telle qu’elle est aujourd’hui, remonte à une époque où les hommes , uniquement occupés de leurs besoins matériels , ne songeaient point à rassembler des matériaux pour l'histoire des plantes, le raisonnement seul démontre ce que je viens de vous dire des végétaux qui, chez nous, croissent spontanément dans les terrains cultivés. Mais ce raisonnement est entièrement confirmé par les faits que j’ai moimême observes dans l’Amérique du Sud . Là aussi certaines plantes se trouvent à peu prés exclusivement dans les lieux cultivés, et doivent nécessairement être appelées arveruet ; mais, comme ces plantes appartiennent au midi de l’Europe, il est bien clair qu’elles auront été introduites par les conquérants espagnols ou portugais, avec les légumes ou les céréales. Le Ranunculus muricat us , par exemple, si commun dans les champs cultivés du Rio de la Plata, est une espèce des lieux humides de l’Europe méridionale.
Comme on ne rencontre pas les mêmes végétaux à la même hauteur , on a été obligé de distinguer ceux des nd„,,„r. plaines, planiticœ; ceux des collines, collinæ ; des montagnes qui ne s’élèvent pas jusqu’à la ligne des neiges éternelles, mmtanœ ; des monts qui atteignent cette ligne, alpiiue.
Ici encore il n’y a rien de bien tranché ; car la ligne des Rirn tic tranclir
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neiges va toujours s abaissant, a mesure que les montagnes < •«.'><« .»- <• •