ORGANES ACCESSOIRES DES PLANTES
Parmi les différences qui frappent le plus, lorsque l’on jelto les yeux sur l’ensemble d’une plante, on peut compter surtout celles qui résultent des organes dont sa surface est revêtue. Ainsi , quand il voudra peindre une espèce qui aura excité son attention, l’homme le plus étranger à la botanique ne manquera jamais de dire si elle est couverte d’un léger duvet ou d’une laine épaisse, si elle est lisse ou armée d’aiguillons. Avant donc de vous faire connaître avec détail les organes essentiels des végétaux, je vous parlerai de ces parties accessoires qui émanent de leur épiderme ou de leur écorce , et modifient leur surface, savoir : les glandes, les poils, les aiguillons, et j’y joindrai les stomates et les lenticelles qui se manifestent aussi sur l’épiderme, sans cependant en être des expansions. Comme les poils et les glandes ne couvrent pas toujours la plante entière, je trouve un avantage à vous les faire connaître dès à présent; c’est de n’ètrc pas obligé de vous en entretenir chaque fois que j’aurai à vous parler en particulier d’un des
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organes essentiels de la plante ; de la tige, des feuilles, du calice, de la corolle, des étamines et des carpelles.
§ I. — Stomates.
Les stomates ( stomata ) se voient très-rarement à l’œil nu, et on ne les découvre parfaitement qu’au microscope. Ils présentent sur l’épiderme une ouverture ordinairement allongée et bordée d’un rendement annulaire, ensemble qui rappelle très-bien la forme d’une boutonnière. Quelques observateurs ont pensé qu’il n’y avait réellement pas d’ouverture entre les deux rendements qui bordent les stomates, et qu’une illusion d’optique avait pu seule faire croire à l’existence d’une interruption dans le tissu de la cuticule. Je n’examinerai point cette question qui appartient spéciamont à l'anatomie végétale, je me contenterai de vous dire que des stomates se trouvent en général sur les parties vertes des plantes, principalement sur les feuilles et surtout à leur surface inférieure ; qu’on en voit aussi fort souvent sur les stipules, les calices, les fruits non charnus et les écorces herbacées, mais que les racines, les parties submergées et les fruits charnus n’en présentent jamais.
La présence des stomates communiqué une teinte un peu terne aux parties qui en sont pourvues ; aussi le dessous des feuilles où ils se rencontrent plus communément qu’à leur surface supérieure est-il moins brillant que celte dernière. L’illustre Brown attribue à l’existence des stomates sur les deux surfaces des feuilles ce défaut de lustre qui rend si remarquable l’aspect des forêts de la Nouvelle-Hollande.
On a essayé d’employer les différences qui existent entre les stomates des diverses piaules pour aider à distinguer ces dernières. Toutes les parties des végéiaux doivent faire sans doute le sujet des éludes des botanistes , mais, quand on
OROANK8 A4XKSSOIRES.
n’aura d’autre but que celui de conduire à la détermination des espèces et des genres, on fera bien d’employer des caractères faciles à saisir, si l’on ne veut pas éloigner de la plus aimable des sciences, ceux principalement qui commencent à l’étudier.
On a longtemps appelé les stomates glandes miliaires, Nnmi impropre*
. , , f, i . donna an* itnmi-
glanaes corticales, glandes cutanées . Mais, que le stomate soit formé par une ouverture, ou qu’il présente seulement une portion non modifiée d’épiderme entre des bords proéminents, il est bien clair que le nom de glande ne saurait lui convenir. Il me semble qu’on ne peut non plus, malgré un certain aspect glanduleux , donner ce nom aux proéminences des bords du stomate, car elles se sont formées dans l’intérieur môme du tissu et paraissent devoir leur origine à de grandes cellules pleines de petits grains.
§11. — Glandes vraies et fausses ,• verrues ; papilles ;
papules.
En général le nom de glandes ( glandulœ ) a été appliqué, ( (
d’après des ressemblances apparentes, à des portions d’organes ou des modifications d’organes qui souvent n’ont aucune analogie. Il devrait être réserve pour indiquer des expansions de l’épiderme formées par une ou plusieurs cellules et qu’aucun vaisseau ne traverse, dont la consistance est charnue, la forme ordinairement plus ou moins arrondie, et qui le plus souvent excrètent une liqueur particulière.
Tantôt les glandes naissent immédiatement de l’épiderme, et alors on les dit sessilcs ($e»*iles)\ tantôt elles sont portées par une soie ou un poil , et on les appelle pédicellécs ( pedicel - , ,m hrmr lahe ) (ex. bords du calice do Y Hgpericum montanum, (ig. 1) ; elles sont fort rarement linéaires ( lin tares ), plus souvent orbiculaires (orbiculares) , ovales (ovatœ), hémisphériques (//<?misphœricte ) ou globuleuses ( globosat ). C’est aux sécrétions
ORGANES ACCESSOIRES
Lf» flUIU'l glan-
tirs distinguée • rn vftiruUiti * cl cuUirri.
VctTPM.
Pupille.
Papale».
(V que sont 1rs f»u»M m glande» di- Iri \ tnciilair. i.
opérées par les glandes qu’un grand nombre de végétaux doivent cette humeur visqueuse qui enduit leur surface.
On donne à l’espèce de glandes dont je viens de vous entretenir le nom de glandes proprement dites, glandes superficielles ou cellulaires ( glandulœ rerœ , superficielles , cellulares ) , afin de les distinguer des fausses glandes ( glandulœ spuriæ), c’est-à-dire les glandes vésiculaires (vesiculares) , qui sont des réservoirs de sucs, et les (vasculares) , qui ne sont autre chose que des organes avortés.
Il faut regarder, comme une simple modification des glandes proprement dites ou superficielles, les verrues ( verrucœ ), dont la consistance est plus solide, plus dure que la leur, et qui ne sécrètent aucun suc. Ces caractères sont peu tranchés, car les glandes proprement dites n’ont pas toujours la môme consistance pendant l’entière durée de la plante, et il arrive qu’après avoir laissé échapper d’abord une humeur visqueuse, elles finissent par ne plus rien excréter. Le mot verrue est, au reste , peu employé par les botanistes.
Au nombre des modifications des glandes superficielles, il faut encore mettre les papilles (papillw ), petites protubérances trés-rapprochèes qu’on observe sur certaines surfaces, et les papules (jiapulœ), proéminences plus pronoucées et succulentes, telles qu’on en voit sur le il csembryanlhemum glaciale. Les papules ne s’observent guère que chez les plantes grasses, et ce mot est encore moins usité que celui de verrues.
Après vous avoir fait connaître les glandes superficielles qui, comme je vous l’ai dit , n’offrent aucun vaisseau, et émanent uniquement de l’épiderme , je vous dirai quelque chose des fausses glandes. Celles qu’on appelle glandes vésiculaires ne sont autre chose que des cellules qui, placées
ORi;A\£S AU CSSOIRKS. t>3
sous l’épiderme, font partie du parenchyme , et serrent de réservoir à différents sucs tantôt colorés et tantôt saus couleur , tels que les huiles élhérées , les gommes et les résines. Ces cellules, distendues par la matière qu’elles renferment, forment des proéminences à la surface de la partie du végétal où elles sont enfoncées. Quand elles sont petites, on dit que cette surface est ponctuée (punciatus) ; elle l’est de rouge, de jaune ou de noir ( luteo-caccinco-nigropunclalus), suivant la couleur que le suc lui communique; enfin, lorsque celui-ci est incolore, et que les cellules où il est contenu font partie d’organes appendiculaires peu épais, tels que les feuilles et les calices , ces organes paraissent marqués de points transparents, et alors on les désigne en latin par l’épithète de pellucido punctatus. Les glandes vésiculaires caractérisent des genres tout entiers, tels que les Orangers, les Mille-pertuis, les Rues, etc. (Ci t rus, Hypericum, liuia). Il faut bien se donner de garde de confondre les glandes vésiculaires, réservoirs de sucs stationnaires , et les vaisseaux du latex, réservoirs fort différents où les sucs ont, à ce que l’on assure, un mouvement continuel de translation.
D’autres fausses glandes sont, comme je vous l’ai dit, les , <> vasculaires, qui diffèrent des superficielles en ce qu’elles “* v n’offrent point une simple expansion do l’épiderme et que les vaisseaux qui les traversent mettent leur substance en communication avec l’intérieur du végétal. Elles sont sessiles ou soutenues par un support épais ; quelquefois elles ont une forme globuleuse , plus souvent celle d’une coupe ou d’un bouclier. Ces glandes ne sont point des organes particuliers; elles sont le rudiment, l’indication, si je puis m’exprimer ainsi, d’organes qui n’out pu se développer. Leur figure est toujours à pea près la même, quoiqu'elles remplacent tantôt un organe et tantôt un autre; mais I nna-
que sont lit « fl indri iUa unitaire»
OIIGAVES ACCESSOIRES.
logic et surtout leur position montrent assez quel est l’organe qu’elles représentent. Si, par exemple, j’en trouve deux ou quatre sur le pétiole des feuilles d’un Passi- /Iora(c\. Passiflora alala, fig. 2), je dirai qu’elles sont le rudiment de deux ou quatre folioles avortées, parce que des folioles peuvent seules se développer sur un pétiole, et qu’il existe réellement des Passiflores à trois folioles. Sur le bord de la feuille elle-même, je dirai qu’elles en remplacent les dents, parce que là il ne saurait véritablement y avoir autre chose que des dentelures, et il est des cas où je ne puis presque savoir si je dois décrire une dentelure ou une glande. Que deux glandes vasculaires se trouvent l’une à droite, l’autre à gauche du pétiole de la feuille d’un Qualea, je dirai qu’elles sont des stipules mal développées, parce que des deux côtés d’un pétiole de feuille il n’y a jamais que des stipules, et, pour peu que je jette les yeux sur le À’oblevtllea Gestasiana, je verrai aux côtés du pétiole, sur un même rameau, tantôt des glandes et tantôt des stipules développées. Lorsqu’au sommet d’un fdel semblable à celui des étamines ordinaires je trouve une glande, il est clair que je ne puis la considérer que comme une anthère avortée. Les glandes que je trouverai entre les étamines et les carpelles seront les pièces d'un disque; si elles se soudent entre elles, j’aurai un anneau glanduleux, et si, en outre, elles se soudent encore avec le fond du calice, celui-ci tno semblera enduit d’une matière glanduleuse. Enfin, si au centre de la fleur je trouve un corps glanduleux, il est clair qu’il ne saurait être autre chose qu’un ovaire mal développé.
Intermediaire Dans le plus grand nombre de cas , on peut aisément vraies, vasculaires décider si une glande doit être considérée comme superlicicllc ou comme le résultat de l’avortement d’un organe et par conséquent vasculaire. Cependant , ici encore , rien n’est
ORGANES ACCESSOIRES
parfaitement tranché. Certaines glandes des bords de la feuille, du calice et de la corolle semblent appartenir autant aux superficielles qu'aux vasculaires ; et l’observateur le plus attentif sera souvent forcé de rester indécis. Enfin les papilles et les papules forment une sorte d’intermédiaire entre les glandes véritables ou superficielles et les vésiculaires.
§ III . — Poils ; aiguillons.
Afin de vous apprendre à distinguer les véritables glandes des organes qui ont été confondus avec elles , je me suis écarté quelques instants du sujet que je voulais spécialement traiter, savoir : les parties qui émanent du seul épiderme , ou tout au plus de l’écorce. J'y reviens pour vous parler dos poils (jnli). Ceux-ci sont des expansions allongées et c« .-m if> menues, simples ou rameuses, tantôt renflées à leur base, tantôt égales dans toute leur longueur, ou amincies par degrés, formées par plusieurs cellules mises bout à bout ou par une cellule unique.
Les poils se trouvent occasionnellement sur toutes les Q„ .1. „ imparties des plantes, et même dans les cavités de leurs péfioles et de leur tige; mais c’est le plus ordinairement sur cette dernière, sur les rameaux et les feuilles qu’on les observe. Quand une seule des deux surfaces de la feuille en est pourvue, c’est presque toujours l’inférieure, et on les voit surtout sur les nervures.
Ils semblent destinés à défendre les organes qui en sont
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couverts contre les piqûres des insectes, h garantir ces or- 1,°“gancs des impressions de l’atmosphère et à empêcher une transpiration trop abondante. Ce qui tend à prouver que les poils sont des organe» protecteurs, c’est qu’ils revêtent principalemeift les parties les plus tendres et les plus délicates du végétal , telles que les bourgeons , les sommités de tiges,
ORGANES ACCESSOIRES
les feuilles encore très jeunes : déjà ils ont atteint toute leur croissance, lorsqu’à peine ces mêmes parties commencent à grandir; celles-ci, devenues plus solides, ont moins besoin d’eux, et souvent alors ils tombent, ou, s’ils persistent, ils se trouvent écartés les uns des autres par l’extension de l’organe qu’ils revêtent, et qui ne peut plus naturellement être aussi velu : ils ne sont pas moins nombreux, mais ils sont répandus sur une plus grande surface. D'un autre Hippo,„ j,, côté, il faut bien qu’il existe de grands rapports entre les
litirr* rl u'X poils, l’atmosphère et la lumière; car non-seulement les parties exposées à l’air sont celles qui deviennent, le plus ordinairement, velues, mais encore les poils se trouvent, en général , moins communément chez les plantes qui croisscut à l’ombre ou dans des terrains gras et humides ; ils disparaissent tout à fait de la surface des individus étiolés, et, au contraire, on en voitdc fort nombreux sur ceux quiont poussé dans les lieux secs, aérés et exposés au soleil ; enfin la même espèce peut être velue ou sans poils, suivant qu’elle est née sur une colline découverte ou dans un bois frais et ombragé.
I)c» differente* Un grand nombre de poils sont évidemment excréteurs
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(put excrelorn). Ainsi on en voit qui se terminent par une glande humide, ou qui portent à leur extrémité une gouttelette visqueuse; et, quand on irrite ceux des Orties ( Urtica ) et de quelques Euphorbiacées, ils laissent échapper une liqueur brûlante. Mais les poils qui paraissent à nos yeux simplement lymphatiques (jtili lymphatici), et auxquels on a donné ce nom , ne sont peut-être pas moins excréteurs que les autres; car ils ont la même origine, et sont organisés de la même manière. Les poils en navette du Malpxghia uren» donnent passage à une humeur caustique; ceux des autres Malpighiacées présentent aussi la forme singulière d’une navette ; comment croire qu’il ne soient pas également excréteurs? Je pense que, jusqu’à ce qu'on ait fait
ORGANES ACCESSOIRES
sur ces organes des observations plus précises, on ne doit point les classer d'après des différences de fonctions qui peut-être ne sont pas réelles, et qu'il vaut mieux employer, pour les grouper, des nuances de formes, généralement assez faciles à saisir.
On a nommé simples ( timplices ) les poils formés par une seule cellule (f. 3), et articulés ou cloisonnés (articulait, phragmigeri , sepligeri) ceux qui en présentent plusieurs superposées longitudinalement (f. *). Mais ces expressions ne sauraient être conservées; car, d’un côté, on appelle communément simples les parties qui ne sont point rameuses, et, d’un autre côté, le mot articulé ne convient pas à un organe où il n’y a aucun point de séparation proprement dite; comme aussi le terme de cloisonné semble devoir être réservé aux fruits où il existe des cloisons. Je crois donc qu’il faudrait appeler unicellulés (unicellulaii) les poils où l’on ue découvre qu’une cellule ( f . 3), et pluricellulés ( pluricellulati ) ceux où l’on en voit plusieurs. D’ailleurs les uns et les autres présentent , dans leur forme, à peu près les mêmes modifications, si ce n'est pourtant que, chez les pluricellulés, les cellules, susceptibles de s’amincir aux extrémités, communiquent à l’ensemble du poil un aspect plus ou moins noueux ou celui d’une portion de chapelet; et de là les expressions latines de pi H nodosi , torulosi, monih'formes.
Les poils sont appelés bulbeux ( bulbosi ) quand leur base est renflée , et glanduliféres ( glcmduliferi) quand ils portent une glande à leur extrémité. Rarement ils sont cylindriques ( cylindrici) ; plus souvent ils sont subulés ou en alêne (*ubulati) (f. 3 et 4) ; quelquefois leur pointe se courbe en forme d’hameçon ( pili uncinaii , kamosi)-, ou bien leur sommet se renfle pour former une tête (pili capitati ) ou une massue ( pili clavati ).
S’ils n’offrent aucune ramification , c’est alors que véri-
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l'aillrllc*
Foujfre».
tablcment on doi I les appeler simples (, smph'ces ) (f. 3 , l ) ; et, au contraire, on dira qu’ils sont ramcux (ramosi) quand ils auront deux ou plusieurs branches (f. 6, 7, 8).Queleurs divisions, au nombre de deux , soient coniques et placées sur une même ligne horizontale, on aura des poils en navette ( pilt malpighiacei ) ( f. 5); qu’elles se redressent plus ou moins, l’on aura des poils fourchus ou en Y (pili bifurcati) (f. 6 ) ; si elles sont au nombre de trois , partant d’un seul point, le poil sera trifurqué ( p. trifurcali)-, quand les deux branches d’un poil fourchu se divisent elles-mêmes en deux autres branches , on dit qu’il est dichotomc (pi7* dichotomi ) (f. 7); les poils sont dentés ( denlati ), lorsque, dans toute leur longueur, se succèdent des branches très-courtes et presque avortées ; que plusieurs rameaux naissent de la base d’un poil, étaient une position presque verticale, on le dit fas ciculé ( pili fasciculati) -, si, au-dessous de son extrémité supérieure, scs branches forment autour de lui un ou plusieurs cercles, il est verticillé (p. vcrticillati) -, que les divisions naissent vers le sommet , le poil est en pinceau ou en goupillon (pili penicilli formes ) (f. 8); le poil est glocbidé (pili glochidati) , quand ses divisions , encore terminales, sont courtes et courbées en hameçon (f. 9); si les branches, naissant prés de la base du poil , s’étalent horizontalement , on dira que le poil est étoilé ( pili stellati) (f. 10); enfin, que les rameaux des poils étoilés se soudent entre eux, il se formera des écailles discoïdes, fixées par le centre, tellement différentes des poils ordinaires, par leur aspect, que la plupart des botanistes les ont prises pour des organes distincts cl leur ont donné le nom de paillettes ou d’écaillcs ( lejndes, tquanue), mots que les modernes ont bien fait de changer en ceux de pili sentait, poils en écusson (f. lt ). d„ Les poils se modifient encore de plusieurs autres manières. Chez les Fougères, par exemple, des cellules ne se
ORGANES ACCESSOIRES
superposent pas toujours uniquement une à une; plusieurs cellules se rapprochent souvent les unes des autres, en formant une surface plane, et alors on a des écailles ou pailht tes (paleœ) de formes diverses qui, par une singularité fort remarquable, reflètent quelquefois les couleurs de l’arcen-ciel.
Qu’au lieu d’une couche unique de cellules accolées il s’en agglomère un grand nombre dans tous les sens, alors se forme un aiguillon (acu/eus), tel qu’on en voit, par exemple, sur les Rosiers et sur les Ronces (Ex. Rubus fruticosus, f. 13). Les aiguillons qui s’endurcissent bientôt ont une base élargie; ils sont plus ou moins coniques, souvent courbés, et se terminent par une pointe aiguë et piquante; ils sont, pour les plantes, une sorte d’arme défensive, bien plus puissante contre certains animaux que les poils proprement dits. Simple modification de ces derniers, ils peuvent, comme eux, naître sur toutes les parties aériennes des plantes ; cependant je ne crois pas que l’on en voie sur les étamines et les pétales , organes trop délicats pour leur donner naissance. Quand on les trouve disposés deux à deux, on les appelle géminés («c«/et geminati ); si plusicnrs sont rapprochés les uns des autres, on les dit fascicules ( fasciculati). Les nuances qui se manifestent dans leur forme, en général assez peu nombreuses, se rendent par des expressions généralement empruntées au langage vulgaire ; ainsi on dit qu’ils sont courbés (curvi) (f. 1 2), ou droits ( récit) , coniques ( conta), subulés( subulati ) (ex. ceux du sommet de la tige du Rubus glandulosus , f. 13), comprimés (compressi) , etc.
Il faut bien se donner de garde de confondre les aiguillons avec les épines ( spitue ) ; les premiers, purement cellu- Lm leux et superficiels, doivent leur origine à l’épiderme ou tout au plus, à l’écorce ; les secondes , traversées par des *,tc k‘ ,|MB“
70 ORGANES ACCESSOIRES
fibres ligneuses, tiennent au tissu intime de la plante, et sont ou des extrémités mal développées de liges et de rameaux, comme dans le Prunier sauvage (Prunus spinosa), ou des feuilles et des stipules métamorphosées comme chez le Berberis et le Pictelia. Le Rosier sauvage a des aiguillons ; le Jujubier a des épines (Hosa canina , Zizyphus saliva).
Si l'on doit soigneusement distinguer les épines des aiguillons, il ne faut pas davantage prendre pour des poils Kao.poJ. les arêtes des Graminées (arislœ), qui sont des prolongements de la nervure moyenne de leurs glumcs. Malgré les noms de poils et de soies qui ont été donnes, comme nous le verrons plus tard, aux nervures sans parenchyme des calices des Composées, il ne faut pas non plus prendre ces organes appendiculaires avortés pour des poils véritables.
Des modifications de poils beaucoup moins remarquables que les paillettes et les aiguillons , ont cependant reçu des i.i>uio>. noms particuliers. Ainsi ou a appelé étrilles ( strigæ ) de petits poils rudes, renflés à leur base et couchés sur la sursit» face qu’ils revêtent ; on a donné le nom de soies (setœ) tantôt à des poils plus roides, moins transparents que les autres , et tantôt au poil unique qui se trouve quelquefois au sommet des organes appendiculaires ; enfin on a nommé cils (ci lia) les poils qui bordent les diverses parties du végétal.
\*s oiganr* êc- Nous trouvons certainement des différences extrêmement (ml eulie eux. grandes entre les organes superficiels que je viens de vous faire [connaître , lorsque nous examinons seulement ceux auxquels peuvent convenir certainesdéfinitions rigoureuses j mais tous ces organes se nuancent , et l’on pourrait dire qu’il n'y a qu’un organe superficiel plus ou moins modifié. En comparant avec le poil simple et unicellulè, les écailles arrondies qu’on appelle lepides , personne ne voudraiteroire que ces dernières sont des poils , et cependant l’élude des
ORCAMKS ACCESSOIRES.
intermédiaires ne peut, à cet égard, laisser aucun doute ; les papules lient les poils aux glandes , le poil bulbeux peut être considéré comme une glande chargée d'un poil, et la glande pedicellée comme un poil glandulifèrc ; enfin on trouve fréquemment sur un même rameau tous les passages possibles entre le simple poil et l’aiguillon le plus robuste (ex. Rubus glandulosus , f. 1 3).
Il ne faut pas croire non plus qu’une surface velue ou . I
1 » » de poils sur une
cotonneuse soit toujours couverte d’une seule espèce de poils.
Comme, chez les animaux, des poils fort longs en cachent souvent de plus pelits mêlés avec eux ; le poil simple croit à côté du rameux , et le glandulifèrc visqueux à côté de celui qui semble ne point sécréter de fluides.
Ordinairement on ne découvre aucun ordre dans la dis- Disposition irposition réciproque des poils et des aiguillons. Cependant il des aiguillonsest, principalement chez les fleurs, des poils qui se montrent placés avec régularité; cl si, le plus souvent, les aiguillons sont complètement épars , c’est des seuls angles de la tige qu’ils naissent dans le Rubus fruticosus ( f . 12), et audessous des feuilles dans le Ribes Uva crispa.
Parmi les plantes qui ont entre elles le plus de rapports, les unes sont chargées de poils cl les autres en sont dépourvues; aussi ne doit-on considérer la présence et l’absence de ces organes que comme des caractères spécifiques et souvent même des caractères de variété. Ici, cependant, la fa- »•-
mille des Gen lianées présente une exception, car, en général, r*.
elle ne comprend que des plantes sans poils. Dans la forme de ces orgaucs, on trouve assez généralement plus de constance que dans leur présence, ou leur plus ou moins de rapprochement : les Malvacées ont toutes des poils étoilés ; les Malpighiées des poils en navette. Les glandes sont moins communes que les poils, et n’ont pas même autant de valeur que ce» derniers. Quant aux aiguillous, ils sont fort
ORGANES ACCESSOIRES
rares relativement au grand nombre de végétaux qui couvrent notre globe; une foule de familles de plantes n’en présentent aucun ; à la vérité, on en rencontre très-communément dans un petit nombre de genres, tels que 7?« bus, Rosa , Zanthoxylum mais je doute qu’il y ait un genre qui en présente, sans aucune exception , dans toutes les espèces cl les variétés qu’il comprend.
§ IV. Mots employés pour peindre les modifications que les organes superficiels font éprouver à la surface qu’ils revêtent.
On emploie des expressions différentes pour peindre les modifications que les diverses sortes d’organes superficiels font éprouver à la surface qu’ils revêtent. Quand une surface ne présente ni poils ni inégalités, on lui donne le nom de lisse ( lœvis ), et la seule absence de poils apparents s’indique par le mot glabre, en latin glaber. Souvent une plante ne parait point velue, et pourtant on seul de petites aspérités lorsqu’on passe scs parties entre les doigts; celte impression est quelquefois produite par la base des poils qui se sont détachés, ou plus souvent par des poils extrêmement courts, que l’on n’aperçoit bien qu’à l’aide de loupes très-fortes : les mots scaber et asper ont été consacrés pour désigner les surfe» nui»», surfaces rudes au toucher. Une surface glabre peut être en (•Miluo, , relue. ; même temps rude au loucher ( scaber ) ; mais il est évident qu’à l’épithète de lævis, lisse, on ne peut jamais joindre celle de scaber. On appelle pubescentc (pubescens ) une surface couverte de poils courts, mous et peu pressés ; poilue ( pilosus ) « elle qui est parsemée de poils longs et écartés ; velue (villosus ) celle où l’on voit des poils assez longs, mous, blancs et rapprochés ; l’épithète de soyeuse (sericeus) s’applique à la partie revêtue de poils longs, couchés et brillants ; une
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surface est hérissée, quand scs poils sont droits et roides, et, dans ce cas, le mot hirtus s’emploie pour désigner ceux qui sont assez courts , hirsutus des poils plus longs, et hispidus ceux qui sont longs et plus roides ; le mot cotonneux ( tomen losus) s’applique à un duvet composé de poils assez courts, mous et entre-croisés; lanatus (laineux) s’emploie lorsque les poils sont longs, couchés, pressés, crépus, mais peu feutrés; velouté (velutinus,holosericeus), quaud le duvet est court et doux au toucher comme du velours ; arachnoïde ( arachnotdeus ) , lorsque les poils sont longs, très-fins , fort mous et qu’ils imitent, par leur entre-croisement, la toile d’une araignée : strigosus indique la présence des poils appelés slrigœ, setosus des soies, ctlialus des cils, paptllosus celle des papilles, papulosus des papules, glandulosus des glandes, verrucosus des verrues, aculeaitis des aiguillons, lepidotus des poils en boucliers; enfin on dit d’une partie qu’elle est barbue, quand elle se termine par un simple bouquet de poils (barbatus), cl ciliée (ctlialus), quand ses bords sont garnis de cils. Par opposition, ou se sert du mol inertnis pour dire d’une plante qu’elle est sans aiguillons, et du mot glandulosus , qu’elle est sans glandes. Quelques autres termes ont été imaginés pour peindre des nuances intermédiaires; mais, entre elles, il en existe d’autres encore, et doublât-on le dictionnaire déjà si volumineux de la terminologie, le botaniste qui décrit hésiterait souvent encore pour savoir quelles expressions il doit choisir, tant l'auteur de la nature a mis de variété dans ses oeuvres.
§ V. — • Lenltcelles.
Bien différentes des aiguillons, des poils et des glandes, les lenticellcs ( Icnticellæ ) n’ont aucune influence sur l’aspect général des plantes. Ce sont des points proéminents qui se
ÜHGANE8 ACCK8SOIBES.
montrent d'une manière irrégulière 5 la surface des arbres et des arbrisseaux de la classe des dicotylédones. Quoiqu'elles ne frappent point au premier abord , elles sont pourtant si faciles à distinguer sur l’écorce encore jeunu, qu’il suffit souvent aux jardiniers de considérer celle-ci, pour reconnaître à quelle espéccappartiennentcerlains arbresdépouillés de leurs feuilles.
Les lenticelies n’avaient point échappé aux botanistes du dernier siècle, etGuellard, en particulier, les appelait glandes lenticulaires. En 1826, elles devinrent le sujet des observations de M. de Candollc, qui leur donna le nom qu’elles portent aujourd’hui , et soutint qu’elles étaient le bourgeon de ces racines adventives que certaines circonstances font naître sur la tige et les rameaux. M. L. C. Trcviranus, ayant ensuite porté son attention sur le même sujet, reconnut les lenticelies pour des organes superficiels , sans aucune communication avec le tissu intime de la plante, et auxquels par conséquent les racines adventives ne devaient point leur origine. Plus récemment, M. Hugo Mobl, après s’élrc livré à de profondes recherches sur les parties extérieures des arbres, le liège et le faux liège, a positivement déclaré que les lenticelies n’étaient en aucune manière une production du bois, et il ajoute qu’on doit voir en clics une formation subéreuse due à une excroissance du parenchyme cortical intérieur.
Modifications Tantôt vers la fin de la première année, tantôt dans les ilniSiP'oi.Iî années suivantes, dit M. Mobl, la cuticule se déchire longi-
la dorée do leur #
ratumeo. ludinalcmcnt par-dessus les lenticelies, qui alors se changent en verrues souvent partagées en deux lèvres par un sillon , et, tandis que la surface de ces verrues est le plus ordinairement colorée en brun, leur substance se montre, jusqu’à une certaine profondeur, sèche, friable et subéreuse. A mesure que la circonférence du rameau devient plus grande, les leuti-
ORGANES ACCESSOIRES
celles s’étendent en largeur, et elles arrivent à devenir des stries transversales. Enfin, sur de vieilles tiges, lorsque l’écorce produit du liège ou du faux liège , c’est dans les lenticelles que commence le déchirement, et bientôt on ne peut plus les reconnaître ; ou bien, lorsque les parties extérieures de l’écorce tombent sous la forme d’écailles , les lenticelles tombent avec ces écailles, et l’on n’en trouve plus aucune trace.
§ VI. — Excrétions.
Ce ne sont pas seulement les organes superficiels qui modifient la surface des plantes , elle l'est souvent encore par les substances qui s’échappent de leur tissu. Une poussière glauque très-fine, très-fugace, revêt les feuilles du Chou (Brassica oleracea), des Mesembryanthemum et d’un grand nombre de plantes grasses. Comme elle est d’une nature cireuse, elle empêche ces feuilles d’être mouillées , et, diminuant l’intensité de leur couleur, elle leur fait prendre cette teinte grisâtre ou glauque qu’elle a elle-même. C’est elle qui couvre nos Prunes, et que l’on désigne vulgairement sous le nom de (leur. On a donné en latin le nom de pruina à la poussière glauque , et celui de pruinosus aux surfaces qui en sont revêtues.
Une foule de plantes ou seulement quelques-unes de leurs parties sont enduites d’une humeur gluante. Cette humeur est souvent sécrétée par les glandes et les poils, mais souvent on l’observe sur des parties qui, comme un grand nombre de bourgeons , ne présentent aucun organe superficiel , cl alors , sans doute , elle s’échappe par des pores inappréciables à nos moyens d’observation. Les noms de viscidus et de viscosus s'appliquent aux surfaces visqueuses , et on leur donne relui de glutinosus, quand la liqueur sécrétée est très-tenace.
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ORGANES ACCESSOIRES
Souvent elle l’est assez pour retenir les insectes , et de là les noms de muscicapa et museipula donnés par Linné à certaines plantes visqueuses. J’ai rapporté d’Amérique des échantillons de Cuphea vitcosissima couverts de petites mouches qui ont péri embarrassées dans la liqueur abondante excrétée par les poils de cette espèce. Mais aucune plante peutêtre n’est plus visqueuse que la Graminée appelée Melinis minutiflora par les botanistes, et Capitn gordura (herbe à la graisse), par les Mineiros : lorsqu’on a brûlé une forêt vierge pour cultiver le terrain qu’elle ombrageait, le Capim gordura s’empare bientôt de ce terrain; tyran .ambitieux , il fait disparaître tous les autres végétaux, et l’on ne peut traverser les campagnes qu’il couvre, sans avoir scs vêtements enduits d’une humeur gluante et fétide.
Il no faut pas confondre avec les excrétions qui modiiwiàc r*n fient la surface des plantes une poussière farineuse qui couvre les feuilles du Oienojtodium album et de quelques espèces voisines. Cette poussière est formée par de petites cellules qui émanent de l’épiderme , mais qui s’en détachent très-facilement. Elle pourrait être rangée parmi les glandes et les papules.