‹ Leçons de botaniqueChapitre 27 sur 148 · I.a première • fur |i«-i il «xm · texte numérisé non relu

I.a première • fur |i«-i il «xm

lltrinr à h iinu|ur , mrifi' l»av multiple.

comme l’a <lit Hodwig, lorsqu’on met en heritier les feuilles de l’J?Mfo»u’s regia , de jeunes Imlltes naissent souvent de leur tissu irrité, aptes à multiplier la plante. Ce sont des phénomènes du même genre qui se manifestent dans les arbres retournés. I.es embryons latents des rameaux ne peuvent, dans la terre, se développer en bourgeons et paraissent , sous la forme déracinés , comme les embryons latents des anciennes racines exposées à l’air se développent en bourgeons feuilles. Mais il n’y a ici aucune esjièce de transformation ; d’un côté périssent les libres radicales dont l’extrémité pompait originairement les sucs de la terre, et , d’un autre côté, périssent également les feuilles cl les l*ourgeons qui existaient sur les branches lors du retournement ; les racines et les bourgeons actuels sont îles productions adventives entièrement nouvelles.

Toutes les fois qu’une racine commence à se développer , elle se présente sous la forme d’une espère de pivot qui pro longe inférieurement la base de la tige; mais cette première r, production ne continue pas toujours il se développer ; souvent elle péril, et un faisceau de racines nouvelles prend bientôt sa place. C’est ce qui arrive généralement dans les monocolylédones , et je crois que toutes les fois qu’on trouve des racines en faisceau chez les dicotylédones, les Renoncules , par exemple , cette multiplicité est due également à la destruction de la racine première (1), comme il naît adventivement une foule de rejets du tronc de l’arbre qui a été coupé.

Mais quelles qu’aient été les racines à leur origine , il est ..<• clair que, quand elles sont adultes , on peut les distinguer en deux classes, celles à base unique ( radix slirpàla) (ex . Srneciovul(jaris,f. t5 ),etcellesàbaso multiplc(rad. mullicrfis,

( i) Cela est incontestable pour la Ficaire.

RACINES

ai

Corpi de la rarine; branche» rê-

compostta ) (ex. Poa annua , f. 16). Les premières sont plus souvent rameuses ( rad . ramosœ) ; les secondes plus souvent simples (rad. simplices).

Le tronc principal d’une racine à base unique s’appelle le corps de la racine, le pivot, la racine primaire ( radix prima - ,l,r,lc‘ ria). Les ramifications de toute espèce de racine portent le nom de branches radicales ( rami radicis).

On donne celui de fibrilles (fibrillœ) à de petits filets , r‘hnUr,iCh*" menus, probablement toujours cylindriques, qui émanent de la racine ou de ses branches, et dont l’ensemble constitue ce qu’on nomme vulgairement le chevelu. Quelques botanistes ont cru que les fibrilles devenaient des branches radicales; mais, selon Duhamel, elles périssent chaque année comme les feuilles elles-mêmes. Sans se prononcer sur celle opinion , Link reconnaît que les fibrilles ne se changent point en branches radicales ; il recommande de ne pas les confondre avec ces dernières, souvent très-ténues ; il leur trouve la plus grande analogie avec les poils, et les considère comme des espèces de papilles allongées capables, aussi bien que les véritables raciues, de pomper les sucs de la terre.

Une fonction si importante n’est point remplie par la racine tout entière , mais par son extrémité seule , qui a reçu le nom de spongiole ( spongiola ). Il ne faut pas voir Vn8w dans b spongiole un organe spécial ; c’est un tissu continu avec la racine, mais qui, plus récent, offre une consistance plus molle, ne se compose que de cellules, cl qui souvent est garni de papilles et dépourvu d’épiderme.

Les racines peuvent être considérées , par rapport à leur Sou 5 qnrla rap-

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port» pc

durée, leur consistance, leur direction propre ou relative , *">“<*«*« leur forme et leur surface.

Comme les plantes entières, les racines se distinguent en annuelles, bisannuelles et vivaces (rad. annua, biennie, perennis ).

IIACIVE*.

( .mmupcc On peutégalement les distinguer d’après leur consistance, et dire qu’elles sont ligneuses ( lignosiv ), charnues ( eàmosœ ), creuses (cavœ) , solides (solides).

Quoiqu’elles s’enfoncent généralement dans la terre, leur rwiion rri.- direction n’est cependant pas exactement la même dans toutes les espèces. On les dit perpendiculaires ou pivotantes (perprndiculares), quand elles descendent verticalement; obliques (obliqua;), quand elles dévient à droite ou à gauche; horizontales (horizontales), lorsqu'elles s’étendent presque parallèlement au sol ; enfin descendantes (descendmles), lorsque, après avoir été d’abord horizontales , elles se courbent pour descendre perpendiculairement.

Dans chacune de ces directions, qui ne sont que relatives, ou du moins dans la plupart d’entre elles, les racines en ont Dîrrriioe p,»- une absolue , également variable, celle qui se rapporterait à un axe qu’on supposerait passer par les deux extrémités du corps radiculaire. Ainsi elles peuvent être droites (r. recta-), c’est-à-dire sans déviation dans toute leur longueur ; courbées (curvalœ), flexueuses ou en zigzag (flexuosæ), ou enfin contournées (contorta).

La forme conique est celle qui se rencontre le plus souvent chez les racines. Cependant elles peuvent encore être cylindriques (cylindricœ) ; elles peuvent être tubéreuses (tuberosœ), c’est-à-dire présenter des renflements plus ou moins arrondis ; elles sont fusiformes ou en fuseau (fusiformes), napiformes ou en toupie (napi formes ) , épaissies (incrassalæ) , arrondies (rotundœ) , noueuses ou renflées par intervalles (nodosæ). Je dois vous prévenir cependant que les formes renflées dont je viens de vous faire l’énumération n’appartiennent peut être pas toutes à la racine proprement dite, mais qu’il en est que pourrait réclamer celte partie du système supérieur placée entre les cotylédons

IJAUNtS. 85)

et le collet véritable. J'aurai occasion de revenir bientôt sur ce point important.

Quant à différentes formes que je ne vous indique point j Forma, et qui cependant ont été attribuées aux racines , elles appartiennent , sans aucun doute , à des tiges souterraines auxquelles le nom de racine a été pendant longtemps dounô à tort, et qui sont évidemment garnies d’organes appendiculaires.

La surface des racines varie suivant les espèces aussi bien que leur forme. Les unes sont lisses (laves); d’autres ridées (rugosœ), tubéreuses (tuberculoses) , ou annulées (annulata), .

Aucune racine n’offre plusieurs angles ; il s’en montre un seul sur celle du Polggala Senega, plante médicinale , et il a fait donner à cette racine le nom de carénée ( carinata ).

Les racines à base multiple offrent, dans l’ensemble de leurs • >*>*•

» multiple moins

formes, beaucoup moins de variations que celles à base unique, et présentent généralement un faisceau de fibres ou de k*‘,: productions charnues plus ou moins fusiformes.Dans le premier cas, on les appelle fibreuses (fibroses) (ex. Poa annua, f. 16) ; dans le second, fasciculées ( fasciculatœ) ( ex. Ficaria Ranunculus, f. 17). Quelquefois les racines qui composent le faisceau présentent des fibres plus ou moins semblables à des cordes, et alors on les dit funiformes (funiformes) ; c’est ce qui a lieu pour lePandanus , les Palmiers, le Dracœna.

Quelquefois encore elles sont courtes, fortement entrelacées, charnues quoique filiformes, comme dans VOphris Nidus arisL.j et on les appelle en latin grumosœ, mot qui a été traduit, en langage technique, par celui de grumeuses.

Tels sont les principaux caractères distinctifs des racines J Car artères tirés

1 de# racinra de peu

ils sont, en général , de peu d’usage pour la détermination des plantes, parce que souvent ils varient dans la même espèce, qu’on ne peut pas toujours se procurer les racines

RACINSI*.

des végétaux dont on a facilement obtenu les rameaux et les fleurs, et qu’elles se conservent mal dans les collections. Peut-être, cependant , les modernes, il faut le dire, ont-ils beaucoup trop négligé la distinction spécifique des racines, bien plus étudiées par les botanistes anciens, qui, voyant en elles de puissants remèdes , et leur attribuant , selon les espèces , des propriétés fort différentes , devaient faire des efforts pour ne pas les confondre.

Si l’on excepte certaines cryptogames, tous les végél&ux prNqne mm sont pourvus de racines. Cette partie des plantes sert à les |M>ur'ue* île raci- fixer à la terre ou quelquefois h d’autres corps , et elles y puisent , comme vous le savez , des sucs nutritifs cl réparateurs. Pour quelques espèces, cependant, les ratines ne Le» racines ne remplissent que la première de ces fonctions. D’énormes Cierges végètent avec vigueur plantés dans des caisses dont i a coo* la terre, peu profonde, n’est jamais arrosée. Au milieu d'une contrée où six mois se passent sans qu’il tombe jamais de pluie , j’ai vu , durant la sécheresse , d’autres Cactus chargés de fleurs se soutenir sur des rochers brûlants . à l’aide de quelques faibles racines enfoncées dans l’humus desséché qui s’était introduit dans des fentes étroites.

Cependant , comme la plupart des piaules se nourrissent principalement par le moyen de leurs racines , on pourrait s’imaginer que celles-ci sont toujours en rapport avec la ’ J," »‘v grandeur des liges et des branches. Mais il it’en est réelle- ,i.«. riar.b,,o- menl pagaie, Los Palmiers elles Pins(Pu/m<e, Pmi) ont des racines peu volumineuses relativement à lewrprodigieuse élévation , tandis que les racines de certaines plantes lierbacées, par exemple, celles de la Luzerne et de la Bryonc ( Medicago sativa , Bryonia dioïca ) deviennent énormes , comparées à la tige. ! c

\ lunit' „ Dans une. même espece , cependant , le vahuuadus ratines

est assez généralement en rapport avec relui des branches;

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lUCl.XKS

ainsi, par exemple, plus les rameaux d'un Chêne ( Quercus IWt celui tle*

» N . , . , , . Uaoclic» du» uuc

robur) seront nombreux, plus il aura de racines, et en *v«.

même temps celles-ci seront plus développées du côté où les branches le seront davantage. Mais pourtant une foule de circonstances tendent à inodiüer cette règle générale. De deux individus de la même espèce et du même Âge , celuilà aura les racines plus ramifiées qui aura été planté dans lu lerre la plus meuble. Que la racine d’un l'in maritime ( Pinus maritime ) , espèce propre aux terrains sablonneux , rencontre un banc de glaise, elle cesse de pivoter comme elle faisait auparavant -, elle s'arrête et projette au-dessus delà glaise, qu’elle ne peut pénétrer, une sorte de faisceau de fibres. Lorsqu’une racine rencontre un filet d’eau , elle se ramifie en fibrilles innombrables, et forme ce que les jardiniers appellent queue de retient; les Saules (Salir) plantés au y„w ,i.- ... bord des eaux four nissen l sans cesse des exemples de ces productions, et les conduits en terre qu’on place dans les jardins sont souvent obstrués par le développement des fibres qui , s’insinuant par la plus faible ouverture, se ramifient bien,-, tôt en un épais chevelu.

§ II. — Racines des parasites ; racines aériennes.

Vous savez déjà que les racines des végétaux tendent généralement à s’enfoncer dans La terre. On a cité les espèces parasites et surtout le Gui ( Viscum album ) connue uuc exception à celte loi ; mais elle me semble plutôt confirmée qu’intervertie parla végétation de ces plantes. LcGui ne vitpoint sur la terre, il puise sa nourriture dans les branches des arbres et y enfonce ses racines ; que sa graine tombe à Ja partie supérieure ou à la partie inférieure d’un rameau, clic y germe également , et souvent il arrive que la lige regarde

Le Gui lie fait ims exception a la loi <|tii régit la «lire* lion <ic> raciue»

RACINES

la terre et la racine le ciel ; mais il faut remarquer que la branche d’un arbre est pour le Gui ce que la terre est pour les autres plantes ; sa racine s’y plonge, parce qu’elle y trouve sa nourriture , comme celles des autres végétaux pénètrent de plus en plus dans la terre qui leur offre des sucs ; par une force vitale qui échappe à nos moyens d’observation , ces diverses racines se dirigent également, de plus en plus, vers le milieu qui leur convient, ainsi que les branches et les fleurs se tournent du côté où elles trouvent le plus d’air et de lumière.

La racine du Gui dont je viens de vous parler et celles des autres parasites ont été appelées cramponnanles ( rad. adh- Gai »ne* cratn- garni) , parce qu’elles servent à fixer ces végétaux aux corps sur lesquels ils vivent ; mais il est difficile de subdiviser, d’une manière satisfaisante, Ic9 racines dont il s’agit; car chacune des espèces chez lesquelles elles se rencontrent a , pour ainsi dire, une manière de végéter qui n’appartient qu’à elle , et , si j’ose m’exprimer ainsi , des mœurs qui lui sont propres.

Parmi les parasites dont les racines pénètrent immédiatement dans l’intérieur d’autres végétaux , je me conlentc- Cciir. j» cw. rai de vous citer le Gui. Cette plante, dont je vous ai déjà parlé tout à l’heure, enfonce ses racines dans le liber d’une branche d’arbre , et, à mesure qu’il devient bois, elles s’y incorporent et se fondent , pour ainsi dire , avec lui ; mais, au-dessus de ces premières racines, devenues inutiles •, il 1 s’en forme de nouvelles . qui s’introduisent dans le nouveau liber, et ainsi de suite jusqu’à ce que le Gui ou la branche périsse.

du T.alhrira Les racines du ÏMthrira squamaria ne s’introduisent pas immédiatement dans celles des arbres aux dépens desquels la plante est destinée à végéter ; mais c’est, dans la terre même qu’elles s’allongent avant de parvenir au point

RACINES

où ollcs doivent se fixer; la tige du iMthrœa est souterraine et couverte de feuilles en forme d’écailles ; de leur aisselle partent des fibres radiceltaires qui viennent s'implanter sur la racine de quelque arbre voisin , à l’aide d’un tubercule terminal -, ce tubercule perce l’écorce de la racine sur laquelle il s’est fixé , il pénètre dans l’aubier, y détermine diverses productions morbides , cl s’arrête brusquement là où commencent les couches du vieux bois.

D’autres racines, avant d’arriver atix corps qui leur fournissent leur nourriture, sont d’abord libres dans l’atmosphère , et portent , pour celte raison , le nom d’aériennes Racines actun-

: ne».

( rait . aefeæ). Je citerai d’abord la Cuscute (Cmcuta). Sa pre- ou*»* uc«.»

miére racine périt bientôt , et la plante entière périrait avec

elle, si la nature n’avait pourvu à sa conservation , en fah|

sant naître sur sa tige débile et sans feuilles des racines

supplémentaires; celles-ci, espèces de verrues appelées suçoirs

(hauetorium) , se collent aux plantes voisines, et puisent

dans leur substance des sucs nutritifs. Le Lierre ( Hedera auu.r,r.

hélix } reste enraciné ; mais sa tige , trop faible pour se sou-

tenir elle-même, s’appuie contre les arbres ou les vieilles

murailles, et s’y cramponne à l’aide d’un nombre prodigieux

de petites racines. L’arbre des forêts primitives qui porte ,

au Brésil , le nom de Cipô matador ou Liane meurtrière a dr la Liane

.... ,, • mruilriôrc.

un tronc aussi droit que ceux de nos Peupliers ; mais, trop

grêle pour se soutenir isolément , il trouve un support dans

un arbre voisin plus robuste que lui ; il se presse contre sa

tige à l’aide de racines aériennes, qui, par intervalles,

forment un cercle autour d’elle ; il s’assure et peut défier

les ouragans les plus terribles. Le Cipô d Jm6é, autre plante du C’»|K» «l liul c.

des forêts vierges , appartenant à la famille des A roules ,

croli à une hauteur prodigieuse sur le tronc des arbres les

plus élevés ; sa souche embrasse leur circonférciico, et forme

autour d’eux une sorte de couronne; d’où s'élèvent des

RALI.NfcN

iltt Rhiiophoi a

rnangle.

E«mn»ioii df racine* «rrirnoM l*cu |*i« i*c.

rameaux, tortueux ; la marque des feuilles qui autrefois couvrirent ces rameaux les fait ressembler à autant de serpents ; une touffe de feuilles nouvelles, grandes et sagitlées les surmonte , et enfin de la partie inférieure de la plante pendent d'immenses fibres radicales , droites comme des fils à plomb.

On a rangé parmi les aériennes les racines du Hhizophora Mangle , arbre qui croit en Amérique, dans les terrains vaseux des bords de l'Océan ; mais, chez les individus que j’ai observés sur la côte du Brésil, et ceux que M. Turpin a vus aux Antilles, les racines étaient réellement bien différentes de toutes celles dont je vous ai entretenus tout à l’heure. Lorsque j’arrivai près de Villa da Victoria , dans la province du Saint-Esprit, je vis sur le rivage des Rhizophora d’une hauteur assez considérable pour cette espèce ; leur tronc ne commençait qu’à huit ou dix pieds au-dessus de la vase; là il donnait naissance à de grosses libres radicales qui allaient chercher le sol, et l’arbre semblait (vorté en l’air sur des espèces de cordes obliquement tendues. Je n’ai point suivi cet arbre dans les diverses phases de son existence ; mais il me semble qo’on peut seulement expliquer sa végétation singulière, en supposant que sa première racine s’est détruite, après que des racines advenlives se sont échappées au-dessus d’elle de la partie inférieure de la lige ; que cette partie s’est oblitérée à sou tour avec les racines qu’elle avait fait naître; qu’une portion de tige plus élevée a également produit des racines bientôt détruites de la même manière , cl que des formations et des destructions successives n’ont cessé de sc répéter, jusqu'à ce que la tige se soit trouvée portée par de longues racines advenlives à une élévation considérable au-dessus du sol. •

Les divers exemples que je viens de vous citer suffisent pour prouver combien est peu précise la dénomination de

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