CHAPITRE VII
NOEUDS VITAUX
Je vous ai fait connaître la tige ; à présent je vous entretiendrai des nœuds vitaux (nodt) qui en forment une partie bien importante, puisque, sans eux, il n’y a point d’organes nttmUtiuuît! k* appendiculaires. C’est des nœuds vitaux que s'échappent les feuilles et les appendices qui en sont des modifications , tels que les cotylédons, les bractées, et les parties de la fleur; ce sont eux qui, à l'aisselle des feuilles, produisent les bourgeons, rudiments des rameaux.
Il arrive assez fréquemment que le nœud vital ne fournit qu’une feuille mal développée ou réduite à l’état d’écaille ; mais il est rare que sa feuille avorte entièrement. L'avortement du bourgeon est moins rare; cependant presque toujours on en retrouve le rudiment qu’un défaut d’énergie laisse stationnaire. Les faibles Graminées de nos froides contrées restent ordinairement sans rameaux; il en nait souvent un grand nombre à l’aisselle de la même feuille chez les Bambous (Bambuta) de l’Amérique équinoxiale.
Quelquefois rien ne distingue le nœud du reste de l’aie
NOEUDS VITAUX
végétal ou la tige, si ce n’est l'apparition de la feuille ; mais plus souvent il forme une proéminence plus ou moins sensible.
Ordinairement il n’occupe qu’une petite partie de la péri- y-j, pherie de l’axe ; assez souvent aussi il en occupe environ la «
1 1 brassantes , i-m -
moitié, et la feuille qui émane de lui prend le nom de semi- "***
embrassante ou scmi-amplexicaulc (semtamplexicaulis) ; ou bien encore il fait complètement le lourde l’axe, et alors s’il donne naissance à une feuille unique , elle ou son pétiole sontdils embrassants ou amplexicaules ( amplexicaulis ). Dans ce dernier cas, la feuille ou le pétiole sonlappclcs engainants (■ vaginans ), lorsqu’ils enveloppent la tige comme une gaine.
Le nœud lui-même prend le nom de partiel (rndus par liait»), s'il n’embrasse pas toute la circonférence de la lige, et, dans le cas contraire, il est annulaire ou périphérique ( annulant , periphœricus).
Quand les nœuds qui entourent la tige sont sensiblement Tl5r proéminents, ou la dit noueuse (caulit nodosus ), et la tige ’ noueuse prend le nom de génie ulèe (gcnicvlatun), lorsqu’elle se courbe brusquement à ses nœuds.
Souvent la tige se brise sans peine au-dessus de chaque nœud, et alors on l’appelle articulée (coulis articulatus), TifP ,rliniU, mol qui siguitie susceptible de se séparer en diverses pièces ou articles. Cette facilité avec laquelle certaines tiges se rompent au-dessus des nœuds tient vraisemblablement à ce -
que, dans cet endroit, leur tissu est d’une organisation plus récente, et que là, par conséquent, il doit être plus faible. Les tiges où l’on observe des feuilles opposées sont celles qui sont le plus souvent articulées, parce que, d’un côté comme de l’autre, il} a faiblesse dans leur organisation ; mais, avec le temps, les articulations prennent de la consistance, et telle tige qui a été articulée dans sa jeunesse cesse de l’être au bout d’un certain temps. i.< • - , .,
NOCUDS VITAUX.
Pô» iMin rripff La position respective des nœuds qui n'occupent qu'une i,.f j,«n<r",i.," partie dc |a circonférence de la tige n'est point la même
dans toutes les plantes : Ou, sur un plan horizontal , il s’en trouve un seul, comme dans le Laurier (Lourui); ou il y en a deux placés l’un devant l'autre, comme dans le Lilas ( Sy ringa ) ; ou enfin il en existe plusieurs qui forment autour de l’axe une sorte de cercle ou de couronne, ainsi qu’on peut le voir chez I cLtjsimachia vulgaris. Dans le premier cas, on les dit alternes (nodi al terni); dans le second, ils sont opposés («or/» oppnsiti); dans le troisième on les appelle verlicillés (w odi verticillati), et leur ensemble prend le nom de verticillo ( nodorum vertirilhw). Les nœuds d’un même verticille sont appelés ternés, quaternés, quinés, sénés, octonés ( nodi terni, quatemi , seni, octonf), suivant qu’ils se trouvent au nombre de trois, quatre, cinq, six ou huit.
. Le nœud partiel ne fournit jamais qu’une feuille; mais il
r>OiliirD<mi du 1 J ■
':Trtiln‘:>.jly“li~ n’cn est pas ainsi du périphérique. Chez celui-ci cependant '•"i"' |a forcc d’expansion n’est pas toujours la même; tantôt il produit une seule feuille solitaire et embrassante, tantôt il en produit deux qui sont opposées, cl tantôt il en fournit plusieurs. Une foule do feuilles opposées, celles des Labiées, par exemple , sont unies il leur base par une sorte de bride plus ou moins sensible qui indique assez un nœud vital périphérique^. 81), et, chez d’autres, celles qu’on a appelées connées ( folia connota), on dirait une seule feuille plus ou moins fendue à droite et à gaucho ( f . 82, 83). La mémo chose à pou près s’observe chez un très-grand nombre de feuilles vcrlicillées qui, comme celles des H ubia et des Halium , ne laissent voir entre elles aucune lacune. Il y a donc réellement deux sortes de véritables vertieilles de feuilles (verticilli péri) , celui qui résulte d’un verticille de nœuds et celui qui est produit par un nœud unique et périphérique. Dans le premier ras , il existe plusieurs productions-, dans
NOEUDS VITAUX
lo second, il n’y en a, pour ainsi dire, qu’une 1res énergique, et si nous ne faisons attention qu’à l’origine des productions, nous devons affirmer qu’il y a moins de différence entre le verticille de feuilles des Galium et la feuille à pétiole engainant qu’entre cette dernière et celle du Laurier. Si nous jetons les yeux sur l’Aspcrula Taurina, nous verrons qu’une seule des quatre feuilles de ses verticilles offre un bourgeon à son aisselle , et ces bourgeons uniques sont disposés en spirale parfaitement régulière , comme le seraient ceux d’une lige à feuilles solitaires et alternes.
Lorsqu’au milieu d’une lige il émane, d’un nœud pé “ Différence* el riphérique, des feuilles verlicillées , il a pu, à la base de la existent ni ire I-
. , , „ . ’ *, ’ Trrlieilkd' ft.il-
méme tige, lorsqu’elle était encore faible et sans énergie, r|,.u"
naître seulement des feuilles opposées; mais je ne crois pas g*.*1 i“‘
que, quand les feuilles verlicillées partent d’un nœud pé- cak d' riphérique, la faiblesse ou l'appauvrissement puissent amener jamais une feuille unique ; et par ces mêmes causes, au contraire, le verticille de nœuds peut être réduit à deux ou même à un seul, comme des Polygala et des Cuphea nous en fournissent des exemples.
Cependant il n’en est pas moins vrai qu’en réalité il n’y a peut-être pas une très-grande différence entre le nœud périphérique produisant des feuilles verticillées et plusieurs nœuds disposés en verticille ; car si , dans le premier , il n’existe point de lacunes entre les productions, dans le verlicille de nœuds il n’y en a que de très-faibles. On peut môme, en théorie, considérer le verticille périphérique d’où naissent plusieurs feuilles comme un verticille de nœuds qui se sont confondus, et les feuilles connées comme des feuilles intimement soudées ensemble.
La portion d’axe qui s’étend d’un nœud à l’autre, quand
ils sont solitaires sur un même plan , ou de deux nœuds
\ottns vitaux.
opposés à deux autres nœuds opposés , ou bien encore d’un vcrlirille de nœuds àun antre verticillc, porte le nom d’enlrenœud (internodium) , auquel certains auteurs ont voulu substituer celui de mérithalc ( ’merithalus ). l'ini » rrtirillr . f., 'extrême racronrrîssemcntdesentrenœuds, cause par un
défaut d’énergie vitale , peut amener les nœuds à se rapprocher tellement qu’ils semblent placés dans un même cercle et forment un faux verticille(cerfi’ei7b<s spuriui). Comme alors l’entre nœud existe toujours, quoique peu appréciable à nos Autant ii'orpanei sens, il est évident qu’il y a autant de nœnds que d’organes
e|>| if-ml w-ulnirc» » •/ ■ O
■["rjnnnn.A.jant appendiculaires ; tandis que, s’il peut en être ainsi , quand “'™; les organes résultent d’un véritable verticillc de nœnds, nous pouvons pourtant, comme dans les Rubin et les Gnlium; avoir un verticillc d’organes appendiculaires avec un seul nœud, mais qui alors est périphérique.
De tout ce qui précède , il faut conclure que des verticulcs d’organes appendiculaires peuvent se former par Vrrtic îIIm d’or- deux causes entièrement différentes. La vigueur produit
fanr» «pprndieu • 1
j»r les vcrticilles véritables , résultat de nœuds réellement ver*
• leux <*au«r« diffc-
licillés ou de nœuds périphériques; l’affaiblissement produit les faux vcrticilles, résultat du rapprochement de plu* sieurs nœuds.
Une mémo plante peut offrir les uns et les autres. A l’a1 pogée de ses développements, elle fournira de véritables verlicillés émanant de vcrticilles de nœuds, puis elle ne produira plus que des feuilles alternes, et une faiblesse plus grande encore amènera les ver ticil les floraux.
11 n’ést pas même néée<sanre d’aller jnsqu’à ta fleur, dernière expression de l'affaiblissement des organes appendiculaires, pour avoir des vcrticilles par rapprochement ou faux vcrticilles. Nous en voyons déjà un ou plusieurs dans celte réunion dé petites feuilles altérées , à laquelle on a donné le nom de collerette. Il y a plus : nousavons aussi des vcrticilles
M>fcl US tli )tl.
de véritables feuilles, produi ts par le simple rapprochement, chez la Frilillaire impériale (Frit, imperialis) et divers Alstrœmeria dont les tiges, à leur origine, portent des feuilles alternes. Anresto, il n’est pas excessivement diflicilede dis • rit on
• , . iv ul distinguer !r-
tmgucr les faux verticilles de feuilles, des véritables; car U* %.r«...iirr «i. les premiers, n’étant formés que par le nipprorhemeut de uM'*feuilles en réalité alternes, ne peuvent présenter qu’une spirale, tandis que les autres en offrent plusieurs qui tourneu parallèlement autour de la lige.
Si les nœuds sont périphériques, il est bien clair qu’ils doivent être superposés ; mais, puisque les {tarliels sont disposés en spirale, ils ne peuvent jamais être placés dans une même ligne verticale, lorsqu’ils sont alternes, ni jamais sur deux rangs, lorsqu’ils sont opposés (I).
Il n’est pas moins vrai cependant que les feuilles, produc Feuille» tout n«rt
, | , , , * , , du nié inc « «îur.
lion des nœuds partiels, se tournent souvent du meme cote ( folia secundo) , par une inclinaison plus ou moins sensible, soit parce qu’elles cherchent la lumière, soit pour toute autre cause ; mais les nœuds restent certainement toujouis alternes ou opposés.
Quelquefois un défaut d’énergie vitale ne permet point à des nœuds de se développer dans la partie supérieure delà lige la plus voisine de la fleur, et alors, entre celleci et les dernières feuilles, on voit un long intervalle entièrement dépourvu d’organes appendiculaires. Dans CC O qu’un «linl
• . ,, t . cntrodie |>»r un
cas, les botanistes ont dit que la fleur était portée par un r'iuncui» pédoncule terminal (pedunculus terminait*) ; mais , comme le nom de pédoncule iudique généralement un rameau axillaire, c’est-à-dirc une production de seconde gêné ration, il est clair qu’à moins de vouloir confondre toutes
(I) V. la p. 39 et le chapitre intitule Disposition géométrique des feuilles.
NOEUDS VITAUX
les idées , nous ne devons point ie donner à une portion d’axe qui fait partie d’une génération première. Lors donc que l’extrémité d’une lige présente un long intervalle sans nœuds et par conséquent sans organes appendiculaires , nous devons dire simplement que cette lige est nue à sa partie supérieure ( caulis supemc nudus).
; • ” » * *>t| 'i(l «S* ! , ’li.-. M
, ! -w'üpÿtdl fulKli!Hf 'ill
'i’iKoqqo fnoa ali üj'ïïol
. i .'tîjJriü^néqoa itnr
-•> "■ ' ■ «Une Ini'i&HfoJ y« , cfaii * o»j
••• dülrt a^dcniî i::; •>»;!> il ;
>:<*• , «î iiniîriîoflj c >!!■/
-v eînfi't. vA ânn:
• • ’ri1 '
Miè([ne'Wlv- wW?nnf> t
•ÎIt» I.:
uli. guoi ntflior r'j
vj épu'J .üvjjfcl- ■iroirtiiii.i’i
filf »r.q O'ihoq ï2fii > :
!tl*> rf'jJs
. ?*UK'r ; '
'»tî>«icT tin ,'n ■
Ihj j-*
W at • . ; .
•,r -il. r; .
mm-'. !-• •
- \î iW ’ii* i