CHAPITRE VIII
FEUILLES
Les nœuds vitaux me conduisent naturellement à vous „
Ui ganc * apprit -
parler des appendices qui en émanent, et qui, outre la feuille, sont : les cotylédons, les bractées, le calice, les pétales, 'rpt les étamines, les nectaires, les carpelles et les téguments séminaux ; organes qui ont, il est vrai, des formes très-variées et souvent remplissent même des fonctions fort différentes , mais qui ne sont pourtant que des modifications d’un seul type , c’est-à-dire de la feuille proprement dite.
Dès 1750, Linné avait déjà proclamé celte vérité ; Goéthc ïiüm|,Uii l’a démontrée dans son admirable Traité de la Métamorphose Jc* pU"""' des Plantes y publié en 1790. Longtemps cet ouvrage fut considéré comme le fruit d’une imagination poétique ; mais, pendant qu’on l’oubliait, les esprits mûrissaient pour le comprendre et, de 1810 à 1825, des Français qui n’avaient jamais lu le livre des Métamorphoses et ne communiquaient
FEUII.LES.
poinl entre eux, MM. IVIIelier-Sautelet , de Candollc , Dunal, Turpin, arrivèrent, chacun de leur côté, aux mêmes résultats que l'auteur de Faust. La doctrine de cet illustre écrivain est aujourd’hui professée par la plupart des botanistes, cl de longues observations m’ont convaincu qu’elle seule , vraie et philosophique, pouvait expliquer les phénomènes de l’organographic végétale cl les lier entre eux, en répandant sur cette partie de la science un charme inexprimable (V. le Discours préliminaire, p. 12).
Les cotylédons, presque toujours entiers, se fondent, pour ainsi dire, avec les feuilles qui naisscul immédiatement au-dessus d’eux ; ces dernières ont plus de vigueur cl souvent commencent déjà à se diviser davantage; d'autres souvent plus découpées, viennent ensuite, et la feuille lli«toire moi- parvient au plus haut degré de l’expansion. Mais l’épuisement arrive à son tour; peu à peu la lige perd quelque chose de sa force; elle devient plus grêle, les feuilles qu'elle produit sont plus petites et moins découpées; les bractées naisscul , puis les loliolcs calicinalcs et enlin les autres parties de la fleur, toutes nuancées avec les cotylédons cl les feuilles les plus développées par des dégradations insensibles. En vous parlant de la fleur, je reviendrai avec détail sur ces altérations successives ; mais je vais d'abord vous entretenir de la feuille proprcmeul dite regardée avec raison comme le type des organes appendiculaires, puisque c’est par faiblesse et par épuisement qu’ils s’écarleul de sa forme habituelle (l).
(i) Quelques botanistes d’un haut mérite ont pensé que tout végétal était uniquement composé de feuilles qui, réunies par la partie inférieure, formaient ce que nous appelons la tige. L’examen de cette théorie appartient à l'anatomie végétale, et n’es! pas du ressort de cet ouvrage. Mais, quand elle serait reconnue pour vraie, il faudrait toujours admettre, dans les plantes, des pailles libres s’étalant au dehors, et une
FECILLEH.
Ou peut dire eu général do lous 1rs organes appendicu- iwiimu.» j..