SKI II. LES
donné un exemple dans le Galant hua nivalit (f. 30, 31).
Quand le pétiole n’esl embrassant qu’à sa base, ses fibres s’inclinent obliquement de droite et de gauche vers sa partie moyenne, de sorte que, dans son ensemble, il présente un triangle plusou moins prononcé (ex. Ranunculus Monspelia • eus, f. 37,- Ângelica Raxulti, f. 38), terminé par une bande étroite. Chez les monocolylédones, le pétiole, né d’un nœud périphérique, n’est quelquefois aussi que triangulaire; mais plus souvent il forme une gaine parfaite ( vagina ) (ex. Poa <mnua,f. 40), parce que, dans ces plantes, les fibres ont une plus grande tendance à suivreunedirection longitudinale. Les Cypéracécs ont une gaine entière ; la plupart des Graminées l’ont eu fièrement fendue(/. 39, 40), et d’autres l’ont fendue dans une partie de sa longueur. Dans VOlyra, le Pluirus et le Uamlmsa ( ex. Bnmbusa a rundinacea , f. 39), genres de la famille des Graminées, la gaine, brusquement rétrécie, se termine par un véritable pétiole, et forme ainsi un passage entre les gaines ordinaires et les pétioles plus ou moins embrassants des Renoncules cl des Omltcllifércs.
On a dit que, dans certains Cartx, la gaine finissait par se déchirer en réseau. La séparation des parties s’y lait à la vérité d’une manière très-régulière; mais il n’en résulte pas de réseau véritable. Voici Indifférence qui existe entre les espèces a réseau prétendu et d’autres où le déchirement s'opère irrégulièrement. Dans le Carex acuta, qui fait partie «le ccs derniers, la portion de la gaine opposée au limbe se c omposed’un tissu cellulaire égal et très-serré ; aussi, lorsque la tige, en prenant de l’accroissement, oblige la galue qui l’entoure à s’ouvrir, celle-ci se sépare en lambeaux irréguliers. La partie de la gainedu C. paludosa , opposée au limbe, présente, au contraire, un tissu cellulaire fort lâche, traversé dans son milieu par une libre longitudinale à laquelle aboutissent, àanglcaigu. d'autres libres qui lui sont d abord
KKLU.LES.
presque parallèles , el partent des bords de la portion de la gaine inférieure an limbe : quand la tige grossit, elle fait effort sur la gatnc ; le tissu cellulaire se déchire et s’oblitère, mais les fibres persistent, et plus la tige prend d'accroissement , plus la portion de la gaine inférieure au limbe attire, étant repoussée, les fibres latérales , et les force à s’écarter de la fibre moyenne.
§11. — De la feuille réduite au pétiole.
Si les pétioles se nuancent cuire eux , ils ne se nuancent pas moins avec le limbe de la feuille.
Quelquefois, dès la base, ils s’épanouissent, à droite el à gauche, en une lame foliacée, pour se rétrécir ensuite, et alors on dit qu’ils sont auriculés (petiolus auriculatus). Le pétiole du Lathyrus sylveslris (f. 41) présente de chaque côté, dans toute sa longueur, une expansion foliacée; séparé de la lame, celui de l’Oranger ( Citrus Aurantium , f. 42) ou mieux encore du Citrus Histrix, ressemblerait encore à une petite feuille j enfin, dans le Dionœa Muscipula ( f 4.1), In partie irritable forme seule le limbe , et la partie foliacée inférieure à la première est, comme Willdenow l’a dit depuis longtemps, un véritable pétiole. On donne le nom d’ailés ( petioli alati) à ceux qui sont ainsi bordés d’expansions foliacées.
Le pétiole de la singulière plante appelée Nepenthcs dis- ( tillatoria ( f. 45) est ailé il la base, puis il cesse de l’étrc , roi»'*-» ■«*
il se courbe, et se termine par une sorte d’urne que ferme un couvercle et qui est remplie d’une eau pure. Dans l’urne, '*"■ il m’estimpossiblc de voir autre chose que la partie supérieure d’un pétiole ailé dont les bords se sont soudés, el je ne vois
FKIILI.DH.
Pt lioLian» limbe
C^.ni p.iraiann ilt*i feuillet inluilM.iu pétiole iv pc colle* nui V' romiMMcnt u’nn pétiole et il'nnr lame.
dans le couvercle de l’urne que le limbe de la feuille. Si
je pouvais à cet égard concevoir le doute le plus léger, il serait bientôt levé par les analogies les plus frappante. Le pétiole du A epenlhes est ailé à sa base, il n’est pas surprenant qu'il le soit aussi au sommet. Les deux bords des péliolcsont en général de la tendance à se rapprocher, puisque ceux-ci sont en gouttière ; que je suppose à présent les bords ailés du pétiole du Ci t rus I lis trix ou du Dionœa rapprochés et soudés, j’aurai la feuille du Sarracenia {f. H), formée d’une urne allongée véritable pétiole, et d’un couvercle véritable lame; que j’allonge à présent le pétiole du Sarracenia, en le rétrécissant au milieu, cl laissant ses bords libres à la partie inférieure, j’aurai presque exactement la feuille du Nepenthes (f. *5).
Dans les plantes dont je viens de vous parler, le pétiole est démesurément élargi , et le limbe a perdu de sa grandeur dans la même proportion. Chez d’autres, le premier sc développe seul, et alors on a des pétioles sans limbe, comme nous avons vu qu’il existait des lames sans pétiole (feuilles sessiles, p. 1 38). Il est enfin des espèces qui offrent en même temps des feuilles à lame pétioléc et d’autres réduites au simple pétiole; comme il existe, ainsi que nous l’avons vu, des espèces où se trouvent à la fois des lames sans pétiole et d’autres jtetiolées.
Les plantes qui ont, avec des feuilles complètes, des pétioles sans lame, nous aideront à découvrir la véritable nature des organes foliacés de certaines espèces, tous réduits au seul pétiole. Chez certaines Ombellifères (ex. Pimpinella magna , f. 46), je trouve, vers le milieu tic la tige, une lame découpée, portée par un pétiole rétréci au sommet, a peu près triangulaire et embrassant à la base,- audessus de ces feuilles, j’en trouve d'autres où la partie rétrécie du pétiole n existe plus cl où le limbe est devenu plus
FLLUXkà.
stmple ; enfin j'en trouve dans le voisinage des ileurs qui ne présentent que la partie triangulaire et oit je ne vois plus de lame, il est clair que si, dans quelques espèces de la même famille, je vois seulement des organes appendiculaires simples et embrassants, je dois dire que ce sont des feuilles réduites au pétiole : c’est là ce qui arrive chez les Buplcvrum (ex. Buplevrum Pyrenaicum, f. 47). Les Cjpéracées ont généralement un pétiole engainant avec un limbe étalé; mais sou vent (ex. Car ex extenso, (. 48), dans la partie inférieure de leur tige encore débile, le limbe se raccourcit déjà beaucoup; enfin plus bas, il disparait entièrement, cl il ne reste que la gaine : chez certaines espèces (ex. Scirpus palus tris, f. 49) où je trouve uniquement des gaines , je dirai , sans hésiter, que ce sont des pétioles. J’éprouve quelque étonnement en ne voyant dans les Acacias de la Nouvelle-Hollande (ex. Acacia fragrans, f. 52) qu’une longue feuille simple à la place de ces folioles si nombreuses qui caraclérisenlgénéralcment lesMimosécs(ex. Acacia eburnea,f. 50); mais que je jette un coup-d’œil sur V Acacia helerophylla (f. 51), bientôt la vérité me sera dévoilée, car, avec des feuilles supérieures simples et en forme de lame, celte plante en a d’autres inférieures qui, à l’extrémité d’un pétiole lamelliforme, présentent un grand nombre de folioles : où je ne trouverai qu’une simple lame, il est évident que je dois voir un pétiole dont les folioles ne se sont point développées. Les Oxalis ont des feuilles composées d’un pétiole canaliculé et de trois folioles : j’ai trouvé au Brésil une espèce de ce genre, V Oxalis buplevri folia, dont les feuilles sont simples et linéaires; leur ressemblance avec celles des Acacies de la Nouvelle-Hollande me les fit, au premier coup-d’œil, considérer comme des pétioles dilatés, et bientôt je fus confirmé dans cette opinion par la découverte d’individus qui , avec des feuilles simples, en avaient
FBL'fLr.Bfl.
Mnycnidr <li«tinpiér le* pftiolrt ••n» lame , «l'une lame irritable .
d'autres parfaitement semblables aux premières , mais chargées au sommet d’une, deux ou trois petites folioles presque avortées. Ces considérations me portent naturellement à ne voir que des pétioles dilatés dans les feuilles du Im thyms Nissoh'a ( f. 53) qui, au lieu d’étre composées, comme celles de toutes les Légumineuses de nos contrées, sont linéaires cl semblables à celles des tiramen. Je regarderai aussi comme des pétioles sans lame les feuilles étroites et linéaires du llanunculus gratnineus, si différentes des feuilles souvent très découpées des autres Renoncules.
Je vous ai dit que, lorsque des organes avortaient, il se montrait souvent à leur place des corps glanduleux qui , étant vasculaires , ne doivent point être confondus avec les véritables glandes toujours celluleuses. Ces corps rudimentaires se retrouvent quelquefois sur les pétioles sans limbe, et ils peuvent nous aider à reconnaître la véritable nature de ces derniers. Mais nous a\ons encore un moyen de la deviner , lors même que les glandes n’existent pas , et que l’avortement est complet.
Malgré la dilation qui s’opère chez la plupart des pétioles dont le limbe ne se développe pas, ils conservent cependant quelque chose de la nature des pétioles ordinaires. Au lieu de s’étendre et de se ramifier, leurs fibres marchent parallèlement cl les font ressembler à des fenillcs de Graminées, circonstance qui a fait plus d’une fois donner aux espèces dont les feuilles sont réduites à des pétioles dilatés, les noms de yrornineus et yramintfolius.
Dans ces derniers temps, on a cru devoir indiquer par un mot particulier, celui de phyllodium , les pétioles dilatés dont le limbe ne se développe pas : mais je crois qu’il serait peu philosophique d’admettre ces termes nouveaux qui ne désignent que des modifications d’organes ou même de portions d’organes; la science est bien assez embarrassée de
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mots inutiles, malheureusement consacrés par le temps et par l’usage.
Quelquefois, malgré l'avortement de la lame, le pétiole ne change point de forme , comme cela arrive dans le Lebeckianuda cl dans l’ Indigo fera juncea, et alors on dit que la plante est sans feuilles ( planta aphyllà). Mais plus souvent, comme vous l’avez vu , l’avortement du limbe coïncide avec la dilatation du pétiole, et ici vous avez un exemple de cette loi de balancement ou de compensation , u>i a. b.ior,cequi ne régit pas moins le règne végétal que le règne animal, et qui veut que, quand un organe avorte, l’organe voisin prenne plus de développement.
On a demandé si les feuilles de certaines monocolylédones, telles que celles des Bromelia et des Agace , parfaitement homogènes dans toute leur longueur, n’étaient point des pétioles sans lame. Il est certain que, comme nous voyons, o. q„, sur un même nied d’ÂHsma natans ou de Sagittaire (Saqil- homogènrs «1rs
• * i‘ \ i * M« • ,, Bromrlia, dr» A-
(aria saqtttxfolxa) , des feuilles aériennes composées d’un gm-r et autres mo-
* ' 1 1 norotjledonii a-
limbe et d’un pétiole, et d’autres qui naissent sous l’eau et sont parfaitement homogènes et linéaires, nous devons dire que ces dernières sont réduites au seul pétiole. D’un autre côté, quand je trouve, dans le Galanlhus nivalis {f. 30, 31), un limbe linéaire, plane, homogène, et une gaine fort courte et embrassante, je ne puis m’empécher de reconnaître que, malgré sa brièveté, cette gaine est un pétiole analogue à celui également engainant des Graminées et des Cypéracées ; mais, sur le même pied , à côté des feuilles ainsi péliolées, j’en trouve d’autres où il n’existe plus de gaine et qui sont seulement embrassantes à leur base ; ces dernières ne sont certainement point de simples pétioles, et je ne vois pas en quoi elles diffèrent des Agave et des Aloe.
Voici cependant un autre rapprochement qui tendrait à nous faire considérer comme des pétioles les feuilles de ces
FEUILLES
HG
|>lanlcs. Les liges gigantesques des Bambous, courbées en arcades élégantes, sont ornées , à leurs nœuds, de rameaux chargés de feuilles, et celles-ci présentent , avec une gaine, un limbe lancéolé; mais la plante n'a pas toujours été (elle que je viens de vous la décrire; elle ressemblait d’abord à une lance droite et aiguë , elle n’avait point de rameaux , et offrait à chacun de scs nœuds une large écaille sans limbe, qui est bientôt tombée, et à laquelle ont succédé les rameaux nés dans son aisselle : cette écaille est certainement une gaine sans limbe; et, il faut le dire, clic a une grande analogie avec les feuilles des Agave et des Aloe. Nous avons donc de puissantes raisons pour considérer ces dernières comme des feuilles sans pétiole et d’autres pour les regarder comme des pétioles sans limbe. Tout ceci nous ramènera à une conclusion à laquelle nos observations précédentes nous ont déjà tant de fois conduits. C’est que des définitions rigoureuses ne conviennent jamais qu’aux milieux; que la natures’^ dérobe sans cesse par des intermédiaires, et que les organes ou les parties d’organes se nuancent pur des dégradations insensibles. Quand on arrive aux limites, il ne faut plus chercher à distinguer ce qui ne se distingue véritablement pas. Les appendices de la lige des Agave sont des organes foliacés; voilà ce que je puis dire avec certitude; et déjà, lorsque je décide que, dans les Acacies de la Nouvelle-Hollande, les appendices ne sont que des pétioles, je dois en même temps reconnaître que ces pétioles diffèrent bien peu d’une lame, puisque foliacés et élargis, ils remplissent les mêmes fonctions qu’une lame véritable, qu’ils contribuent à la nutrition de la plante, et servent à l’exhalation des gaz qu’elle renferme.
Ce que je viens de dire des feuilles des Aloe et des Agave. je puis le répéter surtout pour les appendices que l’on a i ciiLi. nommés écailles ( stquamæ ) à cause de leur consistance sèche
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FKCILI.ES.
et membraneuse, tels qu'on en voit sur un grand nombre de tiges souterraines et sur plusieurs tiges aériennes, sur les Lalhrœa (ex. Luthrœa clundcslina , f. 55), les Orobanche ( f . 54), le Linum junceum , la Cuscute, les Asperges (ex. Asparagus acutifolius, f. 56), le Ruscus aeukatus, etc. Dois-je voir dans ces écailles des pétioles sans lame ou des lames sans pétiole, je ne saurais le décider ; ce sont des organes appendiculaires, qui, émanant des noeuds vitaux de la tige, occupent la placequ’ontailleurslesfcuilles véritables, ou , pour m'exprimer en d’autres termes , ce sont des feuilles mal développées , des rudiments de feuilles; voilà tout ce que je puis dire avec certitude.
§ III. — De la lame et des nervures.
Le limite proprement dit est , comme je vous l'ai fait voir , formé par l’expansion d’un ou plusieurs faisceaux de fibres dont les ramifications laissent entre elles des intervalles que remplit du parenchyme. Etalé en lame mince, il a nécessairement deux faces, l’une supérieure {pagina su- .iruI flK„ perior ) tournée vers le sommet de la tige, et l’autre inférieure Iront , la ba,r ri
. . , . loïHOHonit-t.
( pagina inferior) qui regarde sa base. La première est ordinairement plus lisse, plus luisante, moins chargée de poils, d’un vert plus foncé, et manque souvent destomates. La seconde est communément plus velue; les nervures, dont je vous entretiendrai tout à l’heure, s’y montrent d’une manière plus saillante ; elle offre des stomates, et elle est moins colorée que la supérieure , parce que son épiderme , pellicule transparente , adhère mal au parenchyme sous-jacent, plein de globules verts. Le point où les deux surfaces de la
FEUILLES
feuille se rencontrent forme le bord de cette dernière (i margo ); la partie la plus voisine du pétiole est la base du limbe (basis); l'extrémité opposée en est le sommet (apex). La description d’une feuille ne sera evidemmment complète que lorsqu’elle aura fait connaître ces diverses parties.
En passant du pétiole ou , quand il n'existe pas , de la lige dans le limbe ou la lame , les faisceaux fibreux prenrorru.r.. nent le nom de nervures (nervi). Presque toujours une de ces dernières, plus prononcée cl immédiatement continue avec le pétiole ou avec son milieu , traverse la lame dans sa partie moyenne et la divise en deux parties égales ou presque égales : on la nomme nervure moyenne, côte moyenne (cosla media, nervus médius). Les nervures secondaires ou latérales (nervi secundarii , latérales) sont celles qui émanent immédiatement de la nervure moyenne ou naissent avec elle de la base de la lame; dans le premier cas, on les appelle plus spécialement nervures transversales (nervi transversales), et dans le second, nervures longitudinales (nervi longitudinales). Les ramifications des nervures secondaires portent le nom de nervures tertiaires ou veines (nervi tertiarii , venœ), et enfin les dernières ramifications celui de veinules (venulœ).
Je ne dois point omettre de vous dire que les nervures secondaires, lorsqu’elles sont longitudinales (f. 58), se présentent toujours en nombre pair ; il y en a autant d’un côté de la nervure moyenne que de l’autre côté, cl, par conséquent, le nombre total des nervures, celle dernière y comprise, est nécessairement impair.
La nervure moyenne est, comme je vous l’ai dit, presque toujours plus prononcée ; les secondaires le sont moins , et ainsi de suite jusqu’aux dernières, qui se perdent dans le tissu. Au point où naissent les nervures, elles sont généralement plus sensibles, elles vont en diminuant de dia
FEUILLES
mètre , depuis leur base jusqu’à leur somme!. Quelquefois on ne les aperçoit poi ni à l’extérieur de la feuille; plus souvent elles y dessinent un réseau d’une couleur pâle. En général clics sont plus proéminentes à la surface inférieure du limbe, et souvent elles sont indiquées à la surface supérieure par des lignes enfoncées.
La disposition des nervures dans les feuilles ou, comme disent les botanistes, la nervation (nerua/to) a une grande impor- K(.rïâllu„. tance;car,cn général, ellecontribueàfairedislinguer au premier aspect les monocotylédones des dicotylédones. Ainsi les Différence* nervures des premières partent le plus souvent ensemblede la base de la feuille, et la traversent dans sa longueur, droites et co,rlcdo”''‘ serrées les unes contre les autres(cx. Amaryllis mUata,f. 57).
Dans les dicotylédones, au contraire, des nervures secondaires naissent assez généralement de la côte moyenne (ex. Fugus syhalica, f. 59), et, lorsqu’il en part plusieurs ensemble de la base du limbe, elles sont moins nombreuses que chez les monocotylédones, et réunies pardes veines diversement anastomosées (ex . Melastoma comi folia, Rich ., f. 58).
Je n’ai pas besoin de vous rappeler que lorsque , chez les dicotylédones, on trouve des feuilles à nervures fines et parallèles, on doit presque toujours dire que ce sont des pétioles élargis dont le limbe a avorté. D’ailleurs , malgré- les différences très- sensibles que je viens de vous indiquer et qui se rencontrent dans le plus grand nombre de cas, il n’y a pourtant pas de limites parfaitement tranchées entre la nervation des monocotylédones et celle des dicotylédones; en effet, les Musa, les Arum, les Dioscorea, les Smilax, les Alstrœmeria sont bien certainement des monocotylédones, et ces plantes ont, les unes , des nervures qui naissent d’une côte moyenne comme les barbes d’une plume, les autres, un très-petit nombre de nervures longitudinales unies entre elles par des veines anastomosées, d’au-
FEUILLES
très colin des nervures transversales avec des longitudinales convergentes.
Classification Je vous ai fait connaître les deux principales dispositions
des uerrnrc*. .... rit
des nervures; mais ensuite il se rencontre une toule de modifications secondaires qui se nuancent de diverses façons, et qu’on essayerait vainement de soumettre à une classification rigoureuse. Je vous indiquerai cependant celle qui peut-être serait la moins imparfaite. Ou plusieurs nervures longitudinales partent, comme je vous l’ai dit , de la base même de la feuille; ou bien des nervures transversales naissent des deux côtés d’une nervure moyenne, se rendant de celte dernière vers le bord . Dans le second cas, elles son t disposées commclesbnrbcsd’une plume, et, pour celte raison, on appelle la feuille ymnincrvièe (foliumpennincrvivm,f. 59), quels que soient le nombre des nervures latérales et l’angle qu’elles forment avec la moyenne, qu’elles divergent ou convergent plus ou moins, qu’elles u’atlcignent point le bord de la feuille ou parviennent jusqu’à lui , de quelque manière enfin que les réunissent les veines et les veinules qui s’étendent de l’une à l’autre. Dans le premier cas, celui où des nervures uaisscut du pétiole avec la côte moyenne , il peut arriver qu’elles soient droites, qu’elles soient arquées et convergentes, ou bien encore qu’elless’étendent en divergeant. Quand elles sont droites, comme cela a lieu dans la plupart des monocolylédones, elles ne diffèrent point ou différent peu de la moyenne ; elles sont nombreuses, rapprochées, et enfin presque parallèles, ce qui a fait nommer la feuille rectinerviée (fol. rectinervium, f. 57). Lorsque les nervures longitudinales sont arquées et convergentes , la feuille porlele nom de curvinerviée (fol. curvitiervium)-, souvent alors les nervures se montrent fort nombreuses, mais souvent aussi elles se présentent en nombre déterminé, et on dit la feuille trinerviée, quinquénerviée, septem no-
miLLES.
Iftl
vemnerviée(/<>/. lrinermum,cx. Mtlaslomacornifolia, Rich., f. 58, quinque-seplem-novemnerviuin) , suivant que l’on compte 3, 5, 7 ou 9 nervures, la moyenne et de chaque côté un nombre égal de secondaires. Si , enlin , au lieu de converger, les nervures s’étendent en divergeant plus ou moins ou même en rayonnant, la feuille est appelée digitinerviéc (f. digitinervium ) (ex. Tropœolum majut , f. 61). Mais ce qui vous prouvera combien cette classification, quoique établie sur une Irés-largc base, est pourtant peu rigoureuse, c’est qu’il se trouve une foule de feuilles où l’on voit en même temps des nervures qui parlent de la côte moyenne et d’autres qui naissent du pétiole avec cette dernière. Les nervures longitudinales d'autres feuilles ne commencent pas précisément à leur base , mais elles s’échappent de la côte moyenne à peu de distance de cette même base (/b/, triplinervium, ex . Melastomamultiflora, Rich., f. 60, quintuplinervium, septuplinervium, etc., feuille triplinerviêe, quiutuplinerviée,elc.). Il y a plus encore : on ne saurait décider si, dans certaines plantes, les nervures latérales partent de la base de la côte moyenne, ou si elles naissent avec elle du pétiole. Les feuilles à nervures arquées, mais très-nombreuses, des Convallaria et surtout des Tradescantia, nuancent les curvinerviées avec les rectinerviées. Enfin l’on trouve des feuilles à nervures longitudinales dont les extérieures divergent et dont les intérieures sont plus ou moins convergentes.
Je vous ai indiqué les principaux noms que les botanistes ont donnés aux feuilles considérées d’après leur nervation : on en a imaginé d’autres encore ; mais il est mieux, ce me semble, de recourir à des périphrases qui peuvent peindre toutes les nuances, que d’employerdes mots barbares qui indiquent seulement un petit nombre de modifications.
Quoi qu’il en soit, la disposition des nervures a la plus
Influence «le la
FEUILLE»
nervation mtr la grande influence sur la forme des feuilles; ainsi une feuille où les nervures seront droites et parallèles sera nécessairement linéaire (v. p. 156), et celle où elles s’étendent en rayonnant aura nécessairement une forme orbiculaire ou à peu près orbiculaire (1. c.)- De deux feuilles où les nervures seront disposées de la même manière, l’une pourra être entière et l’autre plus ou moins profondément divisée ; mais leur périphérie sera toujours à peu près la même. En un mol, l’on peut dire que les nervures des feuilles forment la charpente de ces dernières ou, si l’on veut, leur squelette.
r.«X'.Mlc ,lc‘ Certains insectes, en rongeant tout le parenchvmc des feuilles, laissent quelquefois ce squelette à découvert; on peut aussi l’obtenir par la macération , ou en frappant sur la feuille avec une brosse rude à coups légers et multipliés ; enfin la nature elle-même nous offre des squelettes de feuilles dans quelques-unes de celles qui naissent sous les eaux. Chez le Cabomba cl le Ranunctdus aquatilis (/". 62), on voit des exemples frappants de ces feuilles aquatiques appelées disséquées par les botanistes (f. dissecta), et celles de VIlydrogeton fenestralù ( f. 63), plante de Madagascar, présentent uniquement des nervures et des veines qui, s’anastomosant à angle droit, forment une sorte de châssis à jour.
Feuille, où u Dans toutes ces feuilles , le parenchyme manque entière-
qur,.,nnwT».iir. ment . majs j| en d’autres , comme celles de cerlaiues Àroïdes, où il ne manque que par intervalles, et qui semblent avoir été rongées par les insectes : on les appelle feuilles perluses (folia perfusa). Ces lacunes, au reste, ne forment point un caractère constant. On a observé au jardin des plantes de Paris qu’elles ne se retrouvaient plus chez les individus souffrants et maladifs, et qu’on pouvait les multiplier en procurant à la plante une plus grande énergie
FtllU.ES.
vitale. Il faut les considérer comme la première ébauche de ces découpures, qui, faisant exception chez les monocotylédones , caractérisent un nombre assez considérable d’Aroïdes.
11 arrive souvent aussi qu’un défaut de parenchyme se montre à l’extrémité de la nervure moyenne ; alors la feuille se trouve terminée par une pointe, et on l’appelle mucroncc, quand la pointe est assez sensible ( f . mucronatum), et apiculée (apiculalum) lorsqu’elle l’est moins. Le défaut de parenchyme peut aussi se manifester à l’extrémité des nervures latérales, et alors on a une feuille épineuse sur les bords (f. tpinosum), comme cela arrive dans plusieurs Chardons (Carduus, Cm ms).
Ou peut se demander si la pointe terminale et les pointes
114 tract «lu j>ir»n-
latérales, au lieu d’étre dues à un épuisement qui empécherait le parenchyme de se développer autour d’elles , ne le seraient pas plutôt à un excès d’énergie qui développerait outre mesure la côte moyenne et les nervures latérales. L’analogie peut seule, jusqu’à un certain point, résoudre le problème. Je serais plus porté à regarder les pointes des feuilles comme le résultat de l'épuisement que celui de la vigueur; parce que la culture qui procure aux plantes des sucs plus abondants tend, en général, à faire disparaître les piquants et les épines.
Tandis que certaines feuilles manquent de parenchyme , , p d’autres, au contraire, en ont plus qu’il n’en faut pour rem- ",^.dr p"rrn’ plir l’espace qui se trouve entre leurs nervures, et alors il se forme des proéminences à leur surface. On donne à ces feuilles le nom de ridées ( folia rugosa, ex. Phlomis fruticosa , f. 51), et on les appelle boursouflées (folia bullata), quand les proéminences sont plus sensibles. Il arrive quelquefois que, le milieu du limbe ne changeant pas , l’excès du parenchyme se montre seulement au bord de la feuille,
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Nervation t)cj feuille i grajsrx .
Divntilc ilau* la fut oie tle* fi uil-
et alors on dit qu’elle est crépue^. crispum). Quelques-unes le sont naturellement, comme celles du Maha crispa , qui servent à l’ornement de nos desserts, du Mentha crispa, du Jllentha undulata, etc.; maison produit facilement ce caractère par la culture, comme le Céleri (/ipsum graveolens), le Cresson alènois (Lepidium sativum), le Chou ( Brassica oleraced) en fournissent des exemples.
Au lieu de s’étendre sur une surface plane, les nervures des feuilles grasses se développent souvent en tous sens , comme nous le verrons plus tard. Nous trouvons, en quelque sorte, une ébauche de cette organisation dans ces productions coniques cl piquantes qui, au dehors, s’échappent du tissu même des nervures de quelques feuilles, et les font paraître plus ou moins hérissées d’épines ( spinœ foliares, MirbA Ce sont des expansions de même nature qui s’élèvent sur les feuilles d’une charmante variété de Chou ( Brassica oleracea) cultivée dans quelques parties du désert de Minas, et dont la réunion imite une forêt de petits arbres dépouillés de leur feuillage.
§ IV. — Forme des feuilles.
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La nature s’est plu à répandre dans la forme des feuilles la plus étonnante variété. Plus de quarante mille espèces de plantes ont été décrites, et il n’en est pas deux dont les feuilles soient parfaitement semblables. On s’étonne de celte diversité merveilleuse , lorsque l’on parcourt les herbiers, ou que l’on passe en revue les plates-bandes d’un jardin de botanique. Mais, il faut le dire, la méthode que nous sommes obligés d’introduire dans l’arrangement de nos collections en bannit les contrastes, qui donnent tant de charmes à la
rEunxfes
variété. Ce sont eux surtout qui transportent le naturaliste, lorsque, traversant les contrées équinoxiales, il voit rapprochées les unes des autres des milliers de formes qui n’ont entre elles qu’un trait de ressemblance, l’élégance et la grâce; lorsqu’il voit le feuillage délicat des Mimoses s’agiter au-dessus de la feuille gigantesque des Scitaminées, ou la Fougère, mille fois découpée, croître sur le tronc des Eugenia avec les Bromélies et les Tillandsia aux feuilles roides et immobiles.
Il y a bien plus encore : nous ne trouvons pas dans la nature doux feuilles exactement semblables, et quelquefois le même individu en réunit qui se ressemblent beaucoup moins que celles de deux espèces entièrement différentes.
Le sommet et la base d’une foule de tiges portent des feuilles entières, et leur milieu des feuilles profondément découpées.
Le Mûrier à papier ( Rroussmelia papy ri fera) a des feuilles les unes en cœur et les autres lobées. Celles du Ranunculus aquatilis(f. 62) sont réduites à de simples nervures, quand elles croissent sous l’eau , et elles ont une forme arrondie quand elles se développent à sa surface.
Malgré le peu de constance que les feuilles présentent dans leurs formes, il n’en est pas moins vrai que ce sont encore elles qui établissent entre les espèces les différences les plus faciles à saisir. Quand on veut indiquer seulement les caractères les plus saillants d’une espèce, on se contente généralement de décrire les feuilles du milieu de la tige ; dans une description complète, il faut distinguer celles du milieu, de la base et du sommet. Des noms ont été donnés aux diverses modifications des formes de la feuille ; je vais vous faire connaître les principales.
Une surface comprise entre deux portions d’ellipse plus ou PrilK; moins allongées, tclleest la forme de feuille lapluscommunc. Lorsque les deux bords sont presque parallèles et que la
paie* mois «le* forfcuiUc