I.M foliole* de
fi u i lies Iprnèc* el des feuilles digikei en nombre | air par aioilcim nt.
Feuilles pennée».
vanlage, comme dans les Lupios ou le Marronnier d’Inde ( Lupinus , Æsculus Uippocastanum ). Lorsqu’on veut spécifier le nombre de folioles dont se compose la feuilledigitée, on dit qu'elle est quinquéfoliolée, septifoliolée, etc., c’est-à-dire à cinq ou sept folioles (foltolum quinquefoliolatum, septemfoliolalum ).
Il est clair que la feuille composée, soit ternéc, soit digitéo, doit toujours avoir un nombre impair de folioles, puisque toute feuille est partagée en deux moitiés égales ou presque égales par une nervure moyenne, cl que, quand les nervures secondaires sont longitudinales, il y en a autant d’un côté que de l’autre. Ainsi une feuille à deux folioles, comme celle du Zygophyllutn fabago (f. binatum), est une feuille à trois folioles où manque l’intermédiaire; el une feuille à quatre folioles ( f. quatematum) naissant toutes au sommet du pétiole est une feuille à cinq folioles dont la cinquième ne s’est pas développée. Ces défauts de développement, au reste, sont suffisamment démontrés par la place que laisse vide la foliole qui manque , ou même par une pointe ou moignon plus ou moins sensible, qui se montre à l’endroit où devrait se trouver cette môme foliole, si elle avait pu naître.
£i la feuille simplement composée , au lieu d’avoir des nervures secondaires longitudinales, en a de latérales, alors les folioles sont disposées sur l’axe commun comme les barbes d’une plume, et l’on dit que la feuille est pennée ou ailée (folium pinnatum).
Tantôt les folioles d’une feuille pennée sont opposées , et tantôt elles sont alternes (folium ojrpositè pinnatum, folium alterné pinnatum ). Dans le sccoud cas, on compte le nombre des folioles, et l’on appelle la feuille bifoliolée, trifoliolée, quadril’oliolèe ( folium bifoliolatum, tri foliota, untj etc.). Dans le premier cas, on compte simplement le nombre de paires
ntiam.
do folioles (Jugum ), et l’on dit que la feuille est à deux, à trois, à quatre paires (folium bijugum , tri jugum , quadrijuyum, etc.). Une feuille ailée, par conséquent à nervures latérales, peut avoir trois folioles, comme celle à nervures longitudinales -, niais, chez cette dernière, les folioles nais sent toutes ensemble du sommet du pétiole, et, chez la première, les folioles latérales, naissant de nervures transversales, se trouvent placées nécessairement au-dessous de la foliole terminale. La plupart des Oxalis ont trois folioles digitées, résultat de nervures longitudinales •, les Medicago , les Ononis (f. 77) ont des feuilles ailées à trois folioles, dont deux sont le résultat de nervures transversales. Au reste , par la même raison qu’il est souvent difficile de déterminer, dans les feuilles entières, si les nervures secondaires émanent du pétiole, comme la moyenne, ou si elles naissent de la base de cette dernière, il l’est souvent aussi de décider si une feuille à trois folioles est ailée ou digitée.
I.a feuille décomposée, où, comme je vous l’ai dit , les fofioles sontporléespar des nervures secondaires, est susceptible déterminé» »
des mêmes modifications que la feuille partite, la feuille cou- «‘««ET pée et la feuille composée, c’est-à-dire que ses nervures secondaires peuvent être rayonnantes, longitudinales ou latérales.
Quand les nervures secondaires sont latérales, et par çonséquent disposées comme les barbes d'une plume, et que les tertiaires devenues folioles sont disposées de la même façon, on dit que la feuille est deux fois pennée ( bipinnatum , dupkcato-pinnatum), comme dans le Gleditschia triacanthos, f. 71 ) ; lorsque, au contraire, on a des nervures longitudinales qui naissent du sommet du pétiole, et qui , étant au nombre de trois, se divisent chacune en trois autres, on a une feuille deux fois ternée ( folium bitematum ou dupb’catntemalum).
Il existe aussi un grand nombre de feuilles décomposées
FEUILLES
qui, pour ainsi dire mixtes, telles que celles du Mimosa sensiliva cl du Mimosa pudica , présentent, avec des nervures secondaires longitudinales, des nervures latérales deveuues folioles, ou, si l'on aime mieux, qui ont des axes digitês à folioles ailées : ces feuilles sont appelées digiteespennées (/. digitato-pinnatum) , et l’on dit en particulier qu’elles sont pcnnécs-conjuguécs, pennées-ternées, pennéesquaternées (f. pinnalo conjugatum , pinnato-tematum , pinnato-quaternatum), suivant que leurs nervures pennées ou axes sont au nombre de deux, de trois ou de quatre. Quand le nombre des axes portant des folioles est pair, il est bien clair qu’une nervure intermédiaire ne s’est point développée, puisque le nombre des nervures longitudinales est toujours impair ; c’est ce qui arrive aussi, comme nous l’avons vu, pour les feuilles simplement composées. f„, ii.» uipir- Les feuilles triplement composées ( supradecompositum )
.luliflRIHT» .DlrC sont celles dont les folioles sont portées par les nervures
rite* parla dilpvv- . . # . I
stiion j. Wun n«r- tertiaires, ou, si l’on aime mieux, dont les folioles sont le
vitre*.
résultat de nervures quaternaires. Ces feuilles sont encore , suivant la disposition de leurs nervures, soumises aux mêmes modifications que les partîtes, les coupées, les pennées cl les décomposées. Ainsi l’on a des feuilles triplement conjuguées, triplement lcrnécs, triplement pennées {f. trigeminalum , Irilemalunij tripinnatum).
On avait cru que les feuilles des Palmiers, ailées ou pal- FeuiUc» a» pu- mées, devaient leurs folioles ou divisions à des déchirures à peu près analogues à celles qui s’opèrent dans les feuilles du Bananier exposées au grand vent; mais il n’eu est point ainsi. M. Hugo Mohl a constaté, par des observations faites au microscope, que , dans l’origioe , une sorte de duvet unissait entre elles ces divisions réellement organiques, et que, par leur accroissement, elles s’écartaient ensuite les unes des autres. Cependant, s’il n’y a pas ici de déchirement,
FEUILLES
il n'en est pas moins vrai que celle union primitive, qui ensuite disparait, forme un intermédiaire entre l’absence totale de division et la séparation qui so manifeste dés la naissance de la feuille.
§ VII. Vrilles. Feuilles unifoliolies.
Dans l'état de développement complet, une feuille composée est toujours terminée par une foliole (ex. Onobrychis sttpina, f. 72) , comme une feuille pinnatiGde l’est par un lobe; mais il arrive fort souvent que celte foliole avorte, et alors la feuille se termine par une pointe ou filet plus ou moins long, qui est l’extrémité de l’axe ou rachis. Souvent ce filet se contourne, il s’accroche aux corps voisins, il les entoure, et alors il prend le nom de vrille ( cirrhus ). La vrille est simple ( cirrhus simplex)(c\ . Orobus tuberosus, f. 73), quand l’extrémité de l’axe avorte seule; mais, quand le parenchyme des folioles latérales supérieures avorte aussi , et qu’il ne reste que leur côte moyenne, on a une vrille rameuse, et l’on dit que la vrille est bifide , trifide , multifidc (cirrhus bifidus , Irifidus , multifidus), suivant qu’elle est à deux, trois (ex. Lalhyrus Tingitanus, f. 74), ou un plus grand nombre de branches, ou, pour mieux dire, suivant qu’elle est le résultat de l’avortement de deux , de trois ou de plusieurs folioles. Le plus souvent, dans les espèces à feuilles pourvues de vrilles, les folioles supérieures sont les seules qui ne se développent point ; mais, dans le Lalhyrus (Aphaca, f. 75), il ne s’en développe aucune, et la feuille tout entière se trouve réduite à un filet sans parenchyme, ou, si l’on veut, la feuille tout entière n’est qu'une vrille.
Les feuilles où la foliole terminale n’avorte point sont
Ce qu'ctl la vrille cites les feuilles.
FfcllLl.KS.
Ifuilld prnnt:i'i dites ailées ou pennées avec une impaire ( f . imparipinnetraire* tum), et Pon appelle pennées sans impaire ( folium pari -
pinnatum) celles où avorte la foliole terminale. Je n’ai pas besoin de vous dire que les feuilles bicomposées et triplement composées peuveut avoir, comme celles simplement composées, chaque division pennée avec ou sans impaire, terminée ou non par une vrille.
vniiMdnw- Chez les Smilax (ex. Smilax aspera, f. 76J, on trouve audessous de la feuille deux vrilles sur le pétiole. Cette portion d’organe ne saurait donner naissance à autre chose qu’à des folioles; ainsi, c’est comme des rudiments de folioles que doivent être considérées les deux vrilles dont il s’agit. Par conséquent, tandis que, chez les Légumineuses, les folioles supérieures avortent souvent , ce sont , au contraire , les inférieures qui restent rudimentaires chez les Smilax. I-es feuilles de ces plantes sont réellement une ébauche de la feuille composée, ébauche qui tend à rattacher la classe des monocotylédones, où les organes appendiculaires sont généralement si simples, aux dicotylédones qui présentent le plus de développement dans les organes de la végétation.
Acc«.d (..ri.it D’après tout ce que j’ai eu occasion de vous dire jusqu’à ti.idri rcgrUui. présent, vous voy ez que les principales différences qui existent entre les plantes résultent d’avortements plus ou moins prononcés ou de développements plus ou moins sensibles. De là il ne faudrait pourtant pas conclure qu’un hasard capricieux préside à la formation des végétaux , cl qu’en procurant aux plantes des sucs plus ou moins abondants on ferait rentrer les espèces les unes dans les autres. Nous pouvons, par la culture , changer en rameaux fouillés les épines du Néflier et du Prunier; nous pouvons métamorphoser en pétales les étamines de la Rose ou de l’Œillet, faire avorter les semences delà Banane, du Raisin ou du Berbrris, et gorger de sucs délicieux la Pèche ou la Poire; mais, qucl-
FEUILLES
que mobile que soit l’organisation végétale , il est , pour chaque espèce, des limites de modification qui ne sauraient être dépassées dans aucune circonstance. Excès ou défaut, voilà ce qui constitue, il est vrai, les différences qui se manifestent entre les espèces végétales; mais, dans tous les organes, l’excès ou le défaut sont dans une harmonie parfaite avec les conditions générales de l’existence de chaque espèce. Ainsi les dernières folioles des feuilles de l’Acacia ( llobinia Pseudacacia ) ne se changent point en vrilles accrochantes, son tronc vigoureux n’a pas besoin de vrilles pour se soutenir; chez les Orobus, les tiges sont généralement droites, mais, comme en même temps elles sont fort grêles, leurs feuilles ont déjà des vrilles simples qui , dans certains cas, peuvent ne pas être inutiles; la tige des Vicia, des Lalhyrus , des Pisum serait, au contraire, trop débile pour se maintenir dans une direction verticale, les dernières folioles de leurs feuilles avortent et deviennent des vrilles fortes et rameuses qui, s’accrochant aux corps les plus voisins, empêchent la plante de tomber sur la terre et d’y pourrir. En général, les Composées ou Synanthérécs présentent une tige droite et ferme; des vrilles leur seraient inutiles, elles n’en portent point. Dans le seul genre Mutisia, quelques espèces ont des liges débiles et fort longues, qui ramperaient sur le sol si la nature ne leur eût donné un moyen de se soutenir verticalement comme leurs congénères; les feuilles de ces espèces sont découpées, jusqu’à la côte moyenne, en segments semblables aux foliolesdc notre Vcsce des haies (Vicia sepium) ; les derniers de ces segments avortent, et, a leur place, naissent des vrilles accrochantes. Les Composées et les Légumineuses sont des plantes dont la fructification est extrêmement différente; mais, comme je viens de vous le dire, quelques Composées se trouvent soumises aux mêmes conditions d’existence que certaines Lé-
t'Kl'IM.ES.
gumineuses, cl, par une harmonie dont la nature s’est réservé le secret, ces Composées perdent entièrement l’aspect de leurs congénères , pour prendre celui des Légumineuses qui végètent comme elles. Toutes les plantes à tiges débiles ne se soutiennent point, sans doute, à l’aide de portions de feuilles réduites à la cèle ïuoycnne et métamorphosées en vrilles j la nature a varié ses moyens pour parvenir à des résultats semblables ; mais partout nous trouvous , dans les végétaux, cet accord parfait de toutes les parties de l’organisation, que l’illustre Cuvier nous a si bien fait voir dans le règne animal.
Je vous ai montré la foliole terminale des feuilles composées avortant pour produire des vrilles. Souvent, au contraire,
ce sont les folioles latérales qui avortent cl la terminale qui se développe seule. Nous avons déjà eu des exemples de deux iolioles latérales réduites à l’état de vrille dans le genre Smilax; chez diverses Légumineuses à feuilles ternées ou ailées avec une impaire, telles que YOnonis Natrix (f. 77) et l 'Ànthyllis vulneraria , plantes communes dans nos campagnes, le défaut de développement est souvent complet. Après avoir produit, dans la partie vigoureuse de leur tige, plusieurs folioles à leurs feuilles, ces plantes n’en produisent ,é.i„i,r, plus qu’une seule vers leur sommet épuisé : mais , dans celte
b une foliole. 4 , 4 1 '
foliole unique, on retrouve encore le caractère des feuilles composées, puisqu’elle est articulée à sa base, tandis que la lame des véritables feuilles simples ne l’est jamais. Ici nous trouvons, sur une môme tige, des feuilles à plusieurs folioles et d’autres à une foliole unique, mais toutes également articulées; lorsque ensuite, sur une plante, le Citronnier ( Citrus Medica,f. 79), par exemple, nous voyons constamment des pétioles terminés par une feuille articulée , nous devons naturellement dire que cette feuille n’est autre chose que la foliole unique d'une feuille composée chez laquelle ne
FBCILI.ES.
se seront point développées les folioles latérales. Les feuilles ainsi réduites à une seule foliole prennent le nom de feuilles unifoliolécs ( folia unifoliolalà).
Dans VOnonis Natrix (if. 77), je trouve tout à la fois des feuilles à trois folioles et des feuilles à une seule. Chez l’Ononis variegata (f. 78), l’avortement va plus loin encore, car cette plante n’a jamais qu’une foliole articulée, et, comme il arrive souvent que cette dernière avorte , la feuille se trouve réduite au seul pétiole garni de stipules larges et adhérentes. Au reste, vous savez déjà qu’il n’est pas rare que la lame des feuilles ne se développe pas, et c’est uniquement par occasion que je suis revenu à celte particularité de l’organisation végétale.
Un avortement moins complet que celui de la lame entière donne un aspect parliculieraux feuilles du Sarcophyllum camosum (f. 80), plante du cap de Bonne- Espérance. Ses feuilles étroites et linéaires sont articulées au-dessus de leur milieu et terminées par une petite pointe. Je ne puis dire ici que la feuille entière soit un pétiole, car un pétiole n’est jamais articulé dans sa longueur; au point de l’ariiculation finit nécessairement le pétiole, et l’articulation elle-même indique suffisamment la place de deux folioles qui ne se sont pas développées, comme la pointe indique un avortement terminal ; mais la partie qui se trouve au-dessus d’un pétiole et porte les folioles est un axe, ou si l’on veut, une nervure moyenne : donc la feuille du Sarcophyllum est un pétiole surmonté d’un axe dont les folioles ne se sont pas développées, et , ce qui confirme entièrement cette manière de voir, c’est que la plante dont il s’agit appartient à la famille des Légumineuses, et que toutes les plan tes de cette famille ont des feuilles articulées.
Feuille* da Sar* cophjUutn carr.o tutn.
FEIIU.ES
§ vilï. — Feuilles grasses. Feuilles réduites à l étal d’épines.
Je vous ai parlé jusqu’ici des feuilles les plus communes, celles qui présentent une surface plane ou presque plane, qui, étant très-minces, contiennent fort peu de sucs, et dont les nervures s’étendent en longueur ou en largeur. D’autres, au contraire, ont une épaisseur plus ou moins sensible , avec uue consistance cbarnue, et sont gorgées de <>■,.» v.„t sucs : ce sont celles qu’on nomme grasses ( f crassa). Parmi ces dernières, on en trouve qui se rapprochent des feuilles ordinaires, et ont évidemment deux faces et un bord; mais aussi il s’en rencontre dont les nervures s’étendent en tous sens et qui, au lieu d’être aplaties, présentent un limbe cylindrique ( f. teres , cylindricum) ; semi - cylindrique ( f ; semiteres, semicylindricum) ; triquètre ou à trois faces ( iriquetrum ) \ dello'ide ( delt&ideum ); en forme de sabre, c’est-à-dire à trois faces, un peu caréné et courbé de dedans en dehors (f. acinaciforme ) ; en forme de doloire (dolabri forme), c'est-à-dire à trois angles, rétréci à la base et élargi à son sommet, qui est bossu au dos et comprimé, etc.
Dans les feuilles grasses, il est souvent fort difficile de déterminer la limite des deux surfaces, et par conséquent de dire ce qu’on doit appeler le bord. Chez ces mêmes feuilles, on ne voit point de nervures à l extérieur, et souvent la dissection elle-même ne permet pas de distinguer les nervures dans le tissu où elles se fondent, pour ainsi dire, au milieu des cellules gorgées de sucs. Il est à remarquer que, lorsque les feuilles sont grasses, les tiges sont également succulentes; le Passerina hirsuta et quelques autres plantes
t-KI'ILI.»».
forment à retle espèce de loi des exceptions très- rares. Trois familles se composent entièrement de plantes 5 feuilles grasses, savoir : les Cactées, les Crassulacées et les Ficoïdcs.
Quelques espèces à feuilles succulentes se trouvent aussi disséminées dans d’autres groupes; c’est principalement parmi les plantes maritimes qu’on les rencontre.
Sans être grasses, certaines feuilles de monocoQlédones F,„u„ offrent pourtant des contours arrondis. Très-souvent, comme cloison «ici-*, dans l’Oignon ( Allium Cepa) et d’autres Allium, la moelle de ces feuilles s’oblitère, et elles deviennent creuses (f.fistulosum). Quelquefois c’est seulement par intervalles que la substance intérieure disparaît, et , par intervalles, elle acquiert plus de solidité; des espèces de diaphragmes se forment transversalement, et alors la feuille a été très-improprement appelée articulée, nom qu’elle doit échanger contre celui de cloisonnée (/*. loculosum , ex. Juncus lampocarpui).
Des organes appendiculaires qui forment, pour ainsi dire, F,,1;n,1 l’extrême opposé des feuilles grasses sont les épines sèches forn‘t"",é<>,,« cl ligneuses que l’on voit sur la tige des Bcrberis. Ces épines émanent des nœuds vitaux , et , à leur aisselle, naissent des bourgeons qui se développent en rameaux raccourcis charges de feuilles véritables. Peut-être serait- il ridicule de les appeler des feuilles; mais elles occupent la place que celles-ci occupent ordinairement ; ce ne sont point des feuilles proprement dites, mais des feuilles transformées en épines.
Celles bien développées des rameaux portent souvent à leur bord des pointes qui déjà montrent une tendance à celte transformation ; il arrive même qu’on trouve chez les Beiberis des feuilles qui, d’un côté devenues épines, présentent encore, de l’autre, la consistance d’une feuille ordinaire ; et il ne serait pas très-difficile d’arriver, par des intermédiaires, de la feuille épineuse et sèche du Ber b tri s vulgaris à celle gorgée de sucs des Mesembr\j<mthemum ou des Slapcelia.
FKUII.LE6.
§ IX. — Dimensions des feuilles.
Dimension* Jri Il n’y a pas moins de diversité dans la longueur et la lar-
feuille* Lié»- varia- 1 <• •«» 1 1 r . •
mm. gcur des feuilles que dans leur forme, car ou en trouve de
toutes les dimensions, depuis une demi-ligne jusqu’à quinze ou vingt pieds. Quelquefois leur grandeur est proportionnée à celle de la lige; ainsi le Chou-palmiste (Areca oleraceà), avec un tronc de cent cinquante à cent soixantedix pieds, présente des feuilles de dix pieds de longueur dont le pétiole creux et renflé forme une sorte de vase qui peut Peu de constance contenir jusqu’à huit bouteilles de liquide. Mais, si cette
dimensions de i» coïncidence des dimensions de la tige et des feuilles s’ob-
lige cl des feuilles. ü
serve assez généralement chez les Palmiers, elle est infiniment plus rare dans les autres familles de plantes : la feuille de la Patience sauvage ( Rumex aquaticus ) couvrirait plusieurs centaines de fois celle du Mélèze ( Larix Europœa), et l’on trouverait dans la feuille du Bananier ( Musa sapientum) mille fois plus de matière végétale que dans celle du Cèdre du Liban ( Larix cedrus).
§ X. — Position des feuilles.
Jusqu’ici je vous ai uniquement entretenus des feuilles considérées isolément; j’ai à peine besoin de vous dire de quelle manière elles peuvent être placées sur la tige, car je vous l’ai déjà indiqué en vous parlant des nœuds vitaux , et FcuiUa aiuran, vous savez que les feuilles peuvent être alternes , opposées
FEUILLES
ou verticillées (f. alterna, f. 149; opposita, f. 148; verticil - ojjjMMee* , r milata, f. 91). On dil en particulier de celles en verticilles “ '
qu’elles sont tcrnécs, quaternées, quinécs, disposées par six ou par huit (f. tema, quatema , quitta ,sena , octona), suivant le nombre qu’offre le verticiilc. Enfin on appelle autMpn. feuilles distiques ( disticha ) celles qui émanent de nœuds alternes et placés sur deux rangs.
Les feuilles que l’on a nommées éparses ( folia sparsa ) sont Cellndiletcpirdes feuilles alternes et par conséquent en spirale (p. 29), mais qui, au premier coup-d’œil, semblent disposées sans ordre, soit parce qu’elles sont fort rapprochées, soit à cause de l’avortement de quelques-unes d’entre elles.
Les auteurs décrivent aussi certaines feuilles comme étant Ollcs dites fitfasciculécs ou en faisceau (f. fasciculala) -, mais cette expression est encore moins rigoureusement exacte que celle d’éparses. Les feuilles dites fasciculées naissent solitaires , mais sur des rameaux fort raccourcis , et si elles paraissent en faisceau , c’est uniquement parce qu’elles sont très-rapprochées. Souvent aussi, sous le nom de feuilles fasciculées, on a confondu la feuille de la tige et celles nées à son aisselle d’une branche peu développée, ou, pour mieux dire, on a confondu des productions appartenant à deux générations différentes. Les feuilles en faisceau du Berberis appartiennent à un court rameau qui a poussé à l’aisselle de l’épine; les feuilles fasciculées du Mélèze ( Larix Europcea) sont la pousse de l’année d’une branche extrêmement raccourcie qui souvent est le résultat de plusieurs pousses successives.
Dans les feuilles géminées des Pins (Pi nus), on ne doit voir autre chose non plus que la production d’un rameau avorté, sur lequel ces feuilles sont réellement solitaires et alternes.
Quand les feuilles sont opposées, une sorte de petite bride, comme vous le savez déjà (p. 1 30), s’élève souvent entre elles et les réunit (ex. Phlomis frulicosa,f. 81). Cette bride peut
PKI IM. ES.
prendre une largeur fort sensible (ex. Dipsacus laciniatus, f. 82) ; quelquefois même elle arrive à être à peu près de niveau avec le bord des deux expansions opposées, et on dirait alors une feuille unique traversée par la tige dans le milieu de sa longueur. Ces sortes de feuilles portent le nom de con FtniUfi nées ( f . connala, v. p. 130), et l’on appelle perfoliée ( caulis perfoliatus) la tige dans laquelle elles semblentétre enfilées. I.e Chèvrefeuille des jardius (I.onirera Caprifolium) et le Crassuln perfoliala (f. 83) fournissent des exemples remarquables de feuilles connées. Ces feuilles sont , comme le pétiole embrassant des Ombellifères et des Renoncules , la production unique d’un nœud vital périphérique ; mais c'est une production qui s’épanche d’une autre manière que les pétioles embrassants. Étalé au lieu d’élre appliqué contre la tige et non fendu à sa base , le pétiole périphérique et sans lame du Buplevrum rotundifokum(f. 8i) a reçu le nom de feuille perfoliée (J. perfoliatum).
Les feuilles sont portées tantôt par les faces cl tantôt par les angles des axes qui leur donnent naissance. Celles des Labiées émanent toujours des faces; relies du Galium cruciatum toujours des angles.
Assez souvent on voit au-dessous de chaque feuille une lame foliacée qui, continue avec elle et adhérente à l’axe, s’étend en manière d’aile jusqu’à la feuille inférieure. Les feuilles qui présentent ce caractère ont été appelées décurwu.rn,!,. rentes^, decurrentià), comme pour indiquer que la feuille descend sur l’axe ; mais la végétation procède de bas en haut, et non de haut en bas; ce n’est point la feuille qui se prolonge sur In tige en une aile foliacée, c’est celle aile qui se continue dans le limbe de la feuille par lequel elle est termiuée. L’aile est , en réalité, la partie inférieure de la feuille qui ne s’est point encore dégagée de l’axe, et chaque entre-nœud ne s’étend pas de la lame d'une feuille dccur
reciiXES. 179
renie à une autre lame , mais de la partie inférieure de chaque aile à la partie inférieure de l’aile voisine.
On dit que les feuilles sont caulinai res (f. caulinà), quand eaulinaui** et elles sont portées par la tige, et raméales ( { . ramea ) par les rameaux. Dans une foule de livres vous trouverez des feuilles décri les comme une production du collet de la racine et appelées pour cette raison radicales ( f, . radicalia). Vous sa - cdiw h,,.. ... vcz déjà (p. 77) que le collet de la racine est la surface sans épaisseur qui unit le systèmeaérien et le système descendant; des feuilles ne peuvent naître de cette surface, toutes émanent de la tige ; cependant il est bon de conserver le mot de feuilles radicales pour celles qui sont très-voisines de la racine, et qui, par la forme, diffèrent souvent des autres. Dans les plantes appelées acaules ou sans lige , on disait que les feuilles étaient radicales; mais nous savons que les prétendues plantes acaules sont tout simplement des plantes écourtes tiges (p. 93), et encore ici, par conséquent, les feuilles radicales seront des feuilles nécessairement fort rapprochées de la racine.
Les feuilles sont ordinairement, par rapport à l’axe qui les porte, dans une position horizontale ou presque horizontale. Cependant il est à cette loi de nombreuses exceptions.
On trouve un grand nombre de feuilles plus ou moins obliques (f. obliqua), et quelques autres presque verticales {f. ver- J v*lll"iîÿT ticalia). Dans ce dernier cas, elles appliquent souvent leur surface supérieure contre l’axe qui les porte (J. adpressa), et lorsqu’en môme temps elles sont fort rapprochées les unes des autres, l’inférieure recouvre de sa surface supérieure une partie de la surface inférieure de celle qui sc trouve au-dessus; ces feuilles placées, pour ainsi dire, comme les tuiles d’un toit, sont celles qu’on appelle imbriquées (f. imbricata). Quelquefois le pétiole est trop faible pour soutenir le limbe dans une position horizontale, et
FCtlLLKS.
|>r D'Unie*
Frtiillt» itfr'i l»nlr» ; feuilles • loque*.
alors la feuille devient pendante (folia pendenlia). Quand une plante souffre, scs feuilles s'inclinent aussi fort souvent vers le sol ; c’est ce qu’on peut observer chez 1rs Balsamines et les Reines-Marguerites ( Impatiens Bnlsamina , Aster St'nensis ) qu’on vient de transplanter. La sécheresse est une des principales causes qui rcndentles feuilles pendantes; lorsque, durant un des hivers si chauds et si secs des tropiques, je traversais les bois dépouilles qu'on appelle catingas,"]e n'y vis d’autre plantccnflcurqu’unepetile Acanthéedonl les feuilles pendantes attestaient la langueur ; à la fin de l’été, le Galeopsis Ladanum , si commun dans les plaines do la Beaucc, n’a plus que des feuilles inclinées vers le sol : un peu d’eau leur rendrait une position horizontale.
Tout ce qui précède semblerait devoir me conduire à vous parler ici de la disposition spirale des feuilles sur la tige ; mais, comme, sous ce rapport, les bourgeons nés à leur aisselle sont soumis aux mémos lois qu’elles , et que les bractées, feuilles altérées, ne sont point placées autrement que les feuilles véritables, je vous entretiendrai à la fois de la position géométrique de tous les organes de la végétation , immédiatement avant de passer à ceux de la fructification.
§ XI. — Durée des feuilles.
Dans sa jeunesse, la feuille tient assez fortement h la tige; *' mais peu à peu l’adhérence devient moindre, une articulation se forme , la feuille se détache et tombe. Quelques feuilles cependant ne s’articulent jamais , et par conséquent elles se flétrissent sur la tige, elles s’oblitèrent peu à peu , mais ne tombent pas ; c’est ce qui arrive chez plusieurs Palmiers, le Primula officinalis, etc. Les folioles des feuilles ailées de plusieurs Astragales ( Àstragalus ) tombent; mais
FClILI.es.
le pétiole reste fortement attaché à la lige, et l’axe des folioles qui le termine devient une pointe dure et épineuse.
Les feuilles qui s’articulent sur la tige et tombent portent le nom de caduques (J. caduca ); les autres doivent être appelées persistantes ( f . persislentia).
Parmi les feuilles caduques , il en est qui tombent dans l’année même où elles sont nées ; d’autres ne sc détachent que l’année suivante ou même, comme celles des Conifères, restent sur la plante durant plusieurs années.
Quand des feuilles ne tombent point dans l’année où elles se sont développées , elles sc rencontrent nécessaire - Aibrr» *rit* ment avec les pousses de l’année suivante. Les arbres qui sont dans ce cas ne sont, par conséquent, jamais entièrement dépouillés , cl c’est là ce qui leur a fait donner le nom spécial d’arbres verts, tels que la plupart des Conifères, le Buis, le Houx, l’Oranger, etc.
Lorsqu’on s’éloigne des tropiques, le nombre des arbres verts va en diminuant dans une progression rapide. A Porto- Allègre, par le 30' degré de latitude sud, je trouvai, dans la saison la plus froide, les arbres presque tous chargés de feuilles; à Saint-Francisco de Paula, près Rio-Grandc, par le 3i* degré, à peu prés le tiers des végétaux ligneux avaient perdu les leurs, et enfin, à deux degrés plus au sud^vers Jcrcbaluba et Chuy, un dixième des arbres seulemen^onservaient leur feuillage. A Montpellier, les campagnes, en hiver, ne sont déjà plus dépouillées de verdure, et Lisbonne, Madère et Ténériffe offrent un nombre d’arbres toujours verts bien plus considérable encore.
Il ne faut pas croire, cependant, que, sous les tropiques, tous les arbres soient toujours verts. Même dans les gigantesques forêts qui bordent la côte du Brésil, et où la végétation est maintenue dans une activité continuelle par scs deux agents principaux, la chaleur et l’humidité, il existe
FEUILLXS.
des arbres, tels que certaines Bignonècs, qui, chaque année, perdent, comme les nôtres, toutes leurs feuilles à la fois, mais immédiatement après ils se couvrent de fleurs, et bientôt réparait leur feuillage. Je vous parle ici des bois qui croissent dans celles des régions équinoxiales où , comme chez nous , les pluies et la sécheresse n’ont point d’époque déterminée. Mais, dans les pays où à six mois de pluies continuelles il succède six mois d’une sécheresse non interrompue, il est des bois qui, chaque année, restent, pendant un temps considérable , entièrement dépouillés de verdure , et le voyageur qui les traverse est brûlé par les feux ardents de la zone équinoxiale , en ayant sous les yeux la triste image de nos hivers. On a vu la sécheresse se continuer deux années, et les arbres rester deux années sans feuillage.
§ XII. — Du degré de constance qu’ont dans les familles naturelles les divers caractères tirés de la feuille.
JTÜiT La forme des feuilles est très-rarement semblable dans dan, l'ilncncn ou toutes les plantes de la même famille. L’absence ou la
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oon, présence des découpures a bien plus de constance , et les divisions, comme je vous l’ai déjà fait observer, ont souvent d’autant plus de profondeur qu’il se manifeste dans l’ensemble des divers groupes une plus grande force d’expansion. La plupart des familles monocotylédones ont des feuilles simples; aucune n’en a de composées. Les dicotylédones apétales n’en présentent non plus jamais de composées et assez rarement de découpées. Chez les dicotylédones monopétales, on n'en voit point encore de composées, mais un grand nombre d’espèces en ont
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do découpées. Entia, parmi les dicotylédones |>olypélales, on trouve des familles formées entièrement ou en partie de feuilles composées, telles que les Rulacces,lcs Térébiuthacées et les Légumineuses.
Il est des familles où l’on trouve tout à la fois des feuilles alternes et des feuilles opposées; mais, en général, la position Position «les des feuilles a beaucoup de constance dans la même famille. '«*
Aucune monocotylédone n’a de feuilles opposées. Parmi les dicotylédones, les Plantaginées, les Plombagiuées, les Chicoracées, les Sapotèes, les Malvacécs, les Renonculacées, les Magnoliées, les Berbéridées en offrent constamment d’alternes, cl l’on en voit toujours d’opposées chez les Labiées, les Gentianées, les Dipsacécs, les Caryophyllées, etc. Les Salicariéesct les Polygalées, au contraire, présentent tout à la fois, et souvent sur le même individu, des feuilles alternes, opposées cl vcrticillécs. Les Rubiacécs européennes sont toutes à feuilles vcrticillécs; celles d’Amérique presque toutes à feuilles opposées.